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L'actualité du Festival d'automne à Paris (théâtre, danse, cinéma, musique...). Tous les billets consacrés à cette manifestation pluridisciplinaire sur Saisons.
Mort d'Alain Crombecque, directeur du Festival d'Automne
L'homme, ami des artistes, défricheur de talents, a conseillé Patrice Chéreau, aux débuts des Amandiers, Jérôme Savary, et présidé aux destinées de manifestations théâtrales majeures en France : le festival d'Automne donc, mais aussi le festival d'Avignon. Il dirigea la vénérable institution entre 1985 et 1992, entre deux « épisodes » Bernard Faivre d'Arcier.
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Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry.
Illus. © Koen Broos
Le festival d'automne au beau fixe Le festival d'automne s'achève et, à l'heure des bilans, place à la satisfaction. Les 61 projets présentés dans 26 lieux de Paris et d'ailleurs, entre septembre et décembre, ont accueilli 128 200 spectateurs, soit une hausse de fréquentation de 25% par rapport à l'édition 2007. La 38e édition, à l'automne 2009, célèbrera notamment le quatre-vingt dixième anniversaire du chorégraphe Merce Cunnigham, en partenariat avec le Théâtre de la Ville. Parmi les thèmes retenus, l'inspiration documentaire et l'adaptation pour la scène de grands textes littéraires du XXe siècle -avec notamment la présentation de spectacles adaptés de Scott Fitzgerald ou William Faulkner. Plus de détails sur les réjouissances à venir en mai prochain...Festival d'automne: un dernier tour et puis s'en va...
La reprise du délicieux Marivaux aux Bouffes du Nord, "La seconde surprise de l'amour", se termine le 20 décembre. Au rayon danse, Caterina Sagna propose "POMPEI, 2e fouille", au Théâtre de la Bastille. Bruno Beltrao livre "H3" à la Ferme du Buisson et Raimund Hoghe "L'après-midi" à la Cité Internationale. Côté musique enfin, deux concerts à l'affiche: Jörg Widmann, Toshio Hosokawa notamment revisitent le "Quatuor pour la fin du temps" de Olivier Messiaen à la Maison de la culture du Japon, le 17 décembre. Enfin, Karlheinz Stockhausen est à l'honneur d'un concert dirigé par Peter Rundel et mis en scène par Carlus Pedrissa (illus Bernard Perrine). Le compositeur disparu l'an dernier a offert au Festival certains de ses plus grands éblouissements. Parmi eux, "Inori" en 1974, "Sirius" en 1976 et "Momente" en 1998. Le concert explorera plusieurs grands moments de son oeuvre. Festival d'Automne, jusqu'au 21 décembre.
Voyage borgésien à Beyrouth
![]() Un homme assis à une table, derrière lui un écran. Le dispositif est bien statique pour le récit d'un voyage... Mais la suite montrera que le voyage dont il est question ne se passe pas tant dans l'espace que dans le temps. Tel un conférencier, Tiago Rodrigues nous expose comment il se retrouva à Beyrouth un jour d'été 2007 à devoir trouver son chemin sur un plan de la ville qui datait... de quand au juste ? On ne le saura jamais précisément.
Mais toujours est-il que rien, sur le plan, ne correspond à la ville que le personnage découvre. Ville palimpseste qui, telle ces parchemins maintes fois grattés pour servir de support à d'autres mots, est le lieu où se déposent, par strates, les vestiges laissés par les temps anciens. Le récit, habilement construit, réseerve bien des surprises, que nous ne révèlerons pas ici, mais dont je peux dire qu'elle relève d'un imaginaire à la Borges : mirages et ubiquité sont les prodiges auxquels le personnage est confronté et qu'il accepte, conscient qu'il est, une fois posé le pied dans cette ville, d'avoir passé les frontières du rationnel. L'Homme d'hier de Tiago Rodrigues, Rabih Mroué et Tony Chakar, avec Tiago Rodrigues, jusqu'au 7 décembre au théâtre de la Bastille (www) Festival d'automne (www). © photo : Magda Bizarro Des robots comédiens au Japon
Cela s'est passé, voilà quelques jours à l'université japonaise d'Osaka. La comédienne Minako Inoue a partagé l'affiche avec Momoko... robot humanoïde! Conçu par la société Mitsubishi, cet acteur d'un genre tout particulier joue pour l'heure les cobayes à durée limitée: une pièce de vingt minutes, écrite et mise en scène par l'artiste Oriza Hirata. Celui-là même qui a eu les honneurs du Festival d'Automne, dans le cadre duquel il a présenté le spectacle "Tokyo Notes" au Théâtre de Gennevilliers. La pièce pourrait être prolongée et présentée au grand public d'ici l'année prochaine. Si le système se généralise, notre ministère de la culture, soucieux de régler le sort des intermittents des spectacle, aura trouvé la méthode la plus radicale qui soit pour y parvenir! Monnier/La Ribot : femmes au bord de la crise de nerfs Sur un mode burlesque mêlé d'esthétique post-punk, le duo de chorégraphes Mathilde Monnier/La Ribot propose au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival d'Automne, une interprétation tragi-comique, au seuil de la folie, de l'expérience du deuil.Deux femmes chorégraphes, de vraies meneuses, leaders chacune dans leur style propre de l'art d'occuper un plateau, s'affrontent sur scène, se déchirent et se retrouvent dans un sentiment commun de perte. De grands rideaux noirs encadrent le plateau drapé lui aussi d'un voile noir froissé sous lequel les danseuses peuvent se cacher, pour échapper au réel. Le spectacle débute par une longue scène de gémissements outrés, performés par les deux danseuses perchées sur des talons hauts. Le chagrin, réel ou feint, va distiller son ambiguïté comique tout au long du spectacle, pour s'achever sur le double portrait simultané, énoncé à voix haute, d'une femme pleurée, « artiste, drôle et sexuelle », selon Mathilde Monnier — Gustavia, en laquelle on reconnaîtra chacune des chorégraphes. Mathilde Monnier, directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier, et La Ribot, chorégraphe-danseuse madrilène dont le travail se situe aux confluences de la danse, de la performance et des arts plastiques, ont quitté le trop sérieux post-modernisme pour affronter sur scène leur questionnement respectif sur la danse, et, pour Mathilde Monnier, « faire une critique de métier et de parcours ». Gustavia, selon La Ribot : « Un clown sexuel, une comtesse du Lac Léman, une amazone futuriste ». Gustavia, de et avec Mathilde Monnier et La Ribot, Centre Pompidou en partenariat avec le Théâtre de la Ville, dans le cadre du Festival d'Automne, jusqu'au 26 octobre 2008. Dates de tournée : Cuvier du Feydeau, Artigues (18-19 novembre), Mercat de les Flors, Barcelone (21-23 novembre), Théâtre municipal de Perpignan (25 novembre), Festival du Centre de Développement chorégraphique de Toulouse (21-22 janvier), Escena Contemporanea, Madrid (19-22 février), Les Antipodes - Le Quartz, Brest (6-7 mars), La Comédie de Genève (10-14 mars), Bonlieu, Annecy (17 mars), Le Lieu Unique, Nantes (27-28 mars), Culturgest, Lisbonne (3-4 avril), Les Halles de Schaerbeek, Bruxelles (23 avril), Le Cratère, Alès (5 mai), Pôle Sud Festival, TNS, Strasbourg (22-23 mai). Photo : Marc Coudrais Rodrigo Garcia rase gratis...Posté par Nedjma le 09.11.07 à 17:30 | tags : festival d'automne, rond-point, spectacle à paris, théâtre
"Je ne pousse pas un cri. Ce serait plutôt une rumeur. Mais ce qui est susurré là n'est pas agréable à entendre ; peut-être même que cela fait encore plus mal aux oreilles qu'un hurlement." Ainsi Rodrigo Garcia, auteur-metteur en scène argentin installé à Madrid évoque-t-il son nouveau spectacle, "Et balancez mes cendres sur Mickey", présenté au Théâtre du Rond Point dans le cadre du Festival d'Automne. La note d'intention pourrait s'appliquer à toutes ses créations-manifestes tant l'homme manie (plus ou moins habilement d'ailleurs) l'art de la provoc. Quoi qu'il en soit, Garcia est un auteur, un créateur, et a des choses souvent intéressantes à dire. Les habitués savent qu'elles ne sont pas toujours bonnes à entendre... Aujourd'hui, c'est une drôle de polémique qui enflamme le milieu autour de "Et balancez mes cendres...". Rodrigo Garcia a, une fois de plus, comme il le fait régulièrement, sollicité des figurants, avec une annonce parue à la fois sur le site de l'ANPE spectacle et du Théâtre du Rond Point. "Urgent : le Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle (...) 15 jeunes femmes acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle". Rodrigo Garcia rase gratis. Enfin, presque. La rémunération est quand même de 200 euros bruts. La comédienne Sophie Caffarel et le très progressiste chroniqueur Alain-Gérard Slama notamment, s'émeuvent de ce fait et s'indignent que des directeurs de théâtre acceptent "pareille infamie". Et d'évoquer un spectacle "dégradant", renvoyant aux pires heures de notre histoire. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, qui ne devrait pas empêcher un public curieux, et ouvert, d'aller voir, par lui-même, de quoi il en retourne. Illus © Christian Berthelot "Et balancez mes cendres sur Mickey" de Rodrigo Garcia, au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 18 novembre. (www) Blessed : que reste-t-il quand il n'y a plus rien ?
Native de la Nouvele Orléans, Meg Stuart a voulu évoquer le ravage produit par le cyclône, il y a deux ans. Alors, bien sûr, cela peut sembler dérisoire face à la réalité du cataclysme qui a frappé la ville et les habitants qui n'avaient pu la fuir. Mais le spectacle est émouvant car Meg Stuart a conscience de la relative impuissance de l'artiste face aux désordres du monde : le danseur finit par faire corps avec le boue de carton dans laquelle il roule, geste par lequel il paraît à la fois lucide et résigné. Kotomi Nishiwafi, de son côté, fait une apparition spectaculaire (combinaison moirée, bottes blanches à talons XXL et la tête surmontée d'une coiffure à plumes), parade sur scène avec conviction dans ce qui semble une tentative désespérée de nier l'évidence de la destruction. Blessed, jusqu'au 2 novembre au Théâtre de la Bastille : 01 43 57 42 14 (www) Photo © Chris Van der Burght |
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