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L'actualité du Festival d'automne à Paris (théâtre, danse, cinéma, musique...). Tous les billets consacrés à cette manifestation pluridisciplinaire sur Saisons.

Mort d'Alain Crombecque, directeur du Festival d'Automne

Posté par Nedjma le 13.10.09 à 17:20 | tags : théâtre, festival d'automne

La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre, soudain, et triste. Alors que le festival d'Automne, dont il est le directeur depuis 1993, bat son plein, Alain Crombecque est mort hier d'une crise cardiaque, à l'âge de 70 ans.


« Ce pourrait être des visages de spectateurs. Des visages qui ne seraient plus que l'expression de ces spectateurs. Rires, étonnement, trouble, indifférence, stupéfaction. Chacun reconnaîtra le sien, se souviendra avoir été, de spectacle en concert, d'exposition en projection, celui-ci ou celui-là. Tous sans doute. Non sans humour, parfois avec une monumentale gravité, ces curieux masques de Ugo Rondinone nous accompagneront tout au long de cette trente-huitième édition, totems que l'on espère bienfaiteurs d'une société en quête de réenchantement ». La phrase résonne curieusement aujourd'hui. Elle est signée Alain Crombecque, et ouvre l'éditorial du programme de cette trente-huitième édition.

L'homme, ami des artistes, défricheur de talents, a conseillé Patrice Chéreau, aux débuts des Amandiers, Jérôme Savary, et présidé aux destinées de manifestations théâtrales majeures en France : le festival d'Automne donc, mais aussi le festival d'Avignon. Il dirigea la vénérable institution entre 1985 et 1992, entre deux « épisodes » Bernard Faivre d'Arcier.
Plus discret que certains de ses pairs, il a initié quelques temps essentiels, et moments forts d'Avignon. Quelques-unes de ces nuits de théâtre mémorables, dont la ville bruisse encore et les spectateurs sont fiers de clamer : « J'y étais ». Parmi eux, « Le soulier de satin » mis en scène par Antoine Vitez, en 1987, dans la Cour d'honneur, ou « Le Mahâbhârata » mis en scène par Peter Brook, à la Carrière de Boulbon, en 1985. Avec lui, Avignon s'ouvre à de nouveaux horizons, plus lointains : 1992 voit l'organisation d'un programme traditionnel dédié à l'Amérique latine. Féru de poésie, Crombecque programme aussi nombre de lectures de poètes contemporains - Michel Leiris, René Char, Louis-René Des Forêts - et de rencontres avec des comédiens qui ont marqué l'histoire du festival : Maria Casarès, Jeanne Moreau...
Au festival d'automne, il avait invité Merce Cunningham et Pina Bausch, Bob Wilson et Carmelo Bene, et célébré le TG Stan - qui soufflera ses 20 bougies en fin de festival - ou Guy Cassiers.


Illus Festival d'Avignon.

Lire aussi :

L'histoire du festival d'Avignon

Voir le diaporama des spectacles de la rentrée 2009




Sous le Volcan au Théâtre de la Ville

Posté par JdF le 02.10.09 à 18:46 | tags : festival d'automne, théâtre, théâtre de la ville

Guy Cassiers, qui avait déjà donné, l’an passé, son Triptyque du pouvoir au théâtre de la Ville, revient présentement avec Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry, qui raconte le dernier jour de la vie de Goeffrey Firmin consul britannique alcoolique, en poste dans une bourgade du Mexique, à la fin des années 1930. ce choix s’inscrit dans la longue série de romans que Cassiers à mis en scène (de Marcel Proust à Klaus Man) et dans laquelle il persiste puisqu’il s’est récemment attaqué à L’Homme sans qualité de Robert Müsil.
Dans Sous le Volcan, le dispositif est simple : sur la scène nue, ou presque, les acteurs surgissent de derrière un écran sur lequel sont projetées des images filmées au Mexique, évoquant moins la réalité qu’une nébuleuse de sensations visuelles et auditives qui traversent l’esprit embrumé (et pourtant lucide quant à sa propre déchéance) du consul. Dispositif assez statique, qui permet cependant un effet de va et vient entre extériorité et intériorité, entre les silhouettes tenues, raides parfois des acteurs, qui ne laissent paraître, de l’émotion ressentie par leurs personnages, que des bribes savamment mesurées, alors que derrière eux, le chocs des verres sur la tables, le foisonnement des paysages, les images de rodeo, renvoient à un maelström mental.
Comme toujours dans les spectacles de Guy Cassiers, les acteurs sont extraordinaires. Josse De Pauw, dont la lourde et large silhouette incarne à merveille le consul qui semble porter sur ses épaules tout le poids de son existence, est aussi l’adaptateur du roman. Katelijne Damen, déjà sublime, dans un double rôle, dans Mephisto for Ever, livre une interprétation bouleversante d’Yvonne, l’épouse de Firmin, qui lui revient après en avoir divorcé, pour se confronter de nouveau à l’impossibilité de leur amour.

Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry.
Adaptation Josse De Pauw, mise en scène Guy Cassiers, avec Josse De Pauw, Katelijne Damen, Bert Luppes, Marc Van Eeghem.


Jusqu’au 9 octobre au Théâtre de la Ville (www)

 

Illus. © Koen Broos







Le festival d'automne au beau fixe

Posté par Nedjma le 17.12.08 à 17:27 | tags : danse, musique sur scène, théâtre, festival d'automne
Le festival d'automne s'achève et, à l'heure des bilans, place à la satisfaction. Les 61 projets présentés dans 26 lieux de Paris et d'ailleurs, entre septembre et décembre,  ont accueilli 128 200 spectateurs, soit une hausse de fréquentation de 25% par rapport à l'édition 2007. La 38e édition, à l'automne 2009, célèbrera notamment le quatre-vingt dixième anniversaire du chorégraphe Merce Cunnigham, en partenariat avec le Théâtre de la Ville. Parmi les thèmes retenus, l'inspiration documentaire et l'adaptation pour la scène de grands textes littéraires du XXe siècle -avec notamment la présentation de spectacles adaptés de Scott Fitzgerald ou William Faulkner. Plus de détails sur les réjouissances à venir en mai prochain...



Festival d'automne: un dernier tour et puis s'en va...

Posté par Nedjma le 12.12.08 à 10:16 | tags : festival d'automne, danse, musique sur scene

Cela n'a échappé à personne. C'est bientôt l'hiver, et le changement de saison marque aussi la fin du festival le plus dense à Paris. Commencée en septembre dernier, la trente-septième édition du festival d'Automne qui a déroulé son fil dans un foisonnant mélange des arts, comme toujours, s'achèvera le 21 décembre prochain. Avant de baisser le rideau donc, quelques dernières réjouissances.

La reprise du délicieux Marivaux aux Bouffes du Nord, "La seconde surprise de l'amour", se termine le 20 décembre.

Au rayon danse, Caterina Sagna propose "POMPEI, 2e fouille", au Théâtre de la Bastille. Bruno Beltrao livre "H3" à la Ferme du Buisson et Raimund Hoghe "L'après-midi" à la Cité Internationale.

Côté musique enfin, deux concerts à l'affiche: Jörg Widmann, Toshio Hosokawa notamment revisitent le "Quatuor pour la fin du temps" de Olivier Messiaen à la Maison de la culture du Japon, le 17 décembre. Enfin, Karlheinz Stockhausen est à l'honneur d'un concert dirigé par Peter Rundel et mis en scène par Carlus Pedrissa (illus Bernard Perrine). Le compositeur disparu l'an dernier a offert au Festival certains de ses plus grands éblouissements. Parmi eux, "Inori" en 1974, "Sirius" en 1976 et "Momente" en 1998. Le concert explorera plusieurs grands moments de son oeuvre.
Ce sera les 13 et 14 décembre à la MC 93 de Bobigny.

Festival d'Automne, jusqu'au 21 décembre.

 

 




Voyage borgésien à Beyrouth

Posté par JdF le 02.12.08 à 16:34 | tags : théâtre, festival d'automne

 


Un homme assis à une table, derrière lui un écran. Le dispositif est bien statique pour le récit d'un voyage... Mais la suite montrera que le voyage dont il est question ne se passe pas tant dans l'espace que dans le temps. Tel un conférencier, Tiago Rodrigues nous expose comment il se retrouva à Beyrouth un jour d'été 2007 à devoir trouver son chemin sur un plan de la ville qui datait... de quand au juste ? On ne le saura jamais précisément.

 

Mais toujours est-il que rien, sur le plan, ne correspond à la ville que le personnage découvre. Ville palimpseste qui, telle ces parchemins maintes fois grattés pour servir de support à d'autres mots, est le lieu où se déposent, par strates, les vestiges laissés par les temps anciens.

Le récit, habilement construit, réseerve bien des surprises, que nous ne révèlerons pas ici, mais dont je peux dire qu'elle relève d'un imaginaire à la Borges : mirages et ubiquité sont les prodiges auxquels le personnage est confronté et qu'il accepte, conscient qu'il est, une fois posé le pied dans cette ville, d'avoir passé les frontières du rationnel.

L'Homme d'hier de Tiago Rodrigues, Rabih Mroué et Tony Chakar, avec Tiago Rodrigues, jusqu'au 7 décembre au théâtre de la Bastille (www) Festival d'automne (www).

© photo : Magda Bizarro




Des robots comédiens au Japon

Posté par Nedjma le 28.11.08 à 14:55 | tags : festival d'automne, théâtre

On n'arrête plus le progrès! Après les robots ménagers, les robots jouets, voilà les robots comédiens...

Cela s'est passé, voilà quelques jours à l'université japonaise d'Osaka. La comédienne Minako Inoue a partagé l'affiche avec Momoko... robot humanoïde! Conçu par la société Mitsubishi, cet acteur d'un genre tout particulier joue pour l'heure les cobayes à durée limitée: une pièce de vingt minutes, écrite et mise en scène par l'artiste Oriza Hirata. Celui-là même qui a eu les honneurs du Festival d'Automne, dans le cadre duquel il a présenté le spectacle "Tokyo Notes" au Théâtre de Gennevilliers. La pièce pourrait être prolongée et présentée au grand public d'ici l'année prochaine. Si le système se généralise, notre ministère de la culture, soucieux de régler le sort des intermittents des spectacle, aura trouvé la méthode la plus radicale qui soit pour y parvenir!




Monnier/La Ribot : femmes au bord de la crise de nerfs

Posté par Magali le 18.10.08 à 16:40 | tags : danse, festival d'automne
Sur un mode burlesque mêlé d'esthétique post-punk, le duo de chorégraphes Mathilde Monnier/La Ribot propose au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival d'Automne, une interprétation tragi-comique, au seuil de la folie, de l'expérience du deuil.

Deux femmes chorégraphes, de vraies meneuses, leaders chacune dans leur style propre de l'art d'occuper un plateau, s'affrontent sur scène, se déchirent et se retrouvent dans un sentiment commun de perte. De grands rideaux noirs encadrent le plateau drapé lui aussi d'un voile noir froissé sous lequel les danseuses peuvent se cacher, pour échapper au réel. Le spectacle débute par une longue scène de gémissements outrés, performés par les deux danseuses perchées sur des talons hauts. Le chagrin, réel ou feint, va distiller son ambiguïté comique tout au long du spectacle, pour s'achever sur le double portrait simultané, énoncé à voix haute, d'une femme pleurée, « artiste, drôle et sexuelle », selon Mathilde Monnier — Gustavia, en laquelle on reconnaîtra chacune des chorégraphes.

Mathilde Monnier, directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier, et La Ribot, chorégraphe-danseuse madrilène dont le travail se situe aux confluences de la danse, de la performance et des arts plastiques, ont quitté le trop sérieux post-modernisme pour affronter sur scène leur questionnement respectif sur la danse, et, pour Mathilde Monnier, « faire une critique de métier et de parcours ». Gustavia, selon La Ribot : « Un clown sexuel, une comtesse du Lac Léman, une amazone futuriste ».


Gustavia, de et avec Mathilde Monnier et La Ribot, Centre Pompidou en partenariat avec le Théâtre de la Ville, dans le cadre du Festival d'Automne, jusqu'au 26 octobre 2008.

Dates de tournée : Cuvier du Feydeau, Artigues (18-19 novembre), Mercat de les Flors, Barcelone (21-23 novembre), Théâtre municipal de Perpignan (25 novembre), Festival du Centre de Développement chorégraphique de Toulouse (21-22 janvier), Escena Contemporanea, Madrid (19-22 février), Les Antipodes - Le Quartz, Brest (6-7 mars), La Comédie de Genève (10-14 mars), Bonlieu, Annecy (17 mars), Le Lieu Unique, Nantes (27-28 mars), Culturgest, Lisbonne (3-4 avril), Les Halles de Schaerbeek, Bruxelles (23 avril), Le Cratère, Alès (5 mai), Pôle Sud Festival, TNS, Strasbourg (22-23 mai).

Photo : Marc Coudrais



Rodrigo Garcia rase gratis...

Posté par Nedjma le 09.11.07 à 17:30 | tags : festival d'automne, rond-point, spectacle à paris, théâtre

"Je ne pousse pas un cri. Ce serait plutôt une rumeur. Mais ce qui est susurré là n'est pas agréable à entendre ; peut-être même que cela fait encore plus mal aux oreilles qu'un hurlement." Ainsi Rodrigo Garcia, auteur-metteur en scène argentin installé à Madrid évoque-t-il son nouveau spectacle, "Et balancez mes cendres sur Mickey", présenté au Théâtre du Rond Point dans le cadre du Festival d'Automne.

La note d'intention pourrait s'appliquer à toutes ses créations-manifestes tant l'homme manie (plus ou moins habilement d'ailleurs) l'art de la provoc. Quoi qu'il en soit, Garcia est un auteur, un créateur, et a des choses souvent intéressantes à dire. Les habitués savent qu'elles ne sont pas toujours bonnes à entendre... Aujourd'hui, c'est une drôle de polémique qui enflamme le milieu autour de "Et balancez mes cendres...". Rodrigo Garcia a, une fois de plus, comme il le fait régulièrement, sollicité des figurants, avec une annonce parue à la fois sur le site de l'ANPE spectacle et du Théâtre du Rond Point. "Urgent : le Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle (...) 15 jeunes femmes acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle". Rodrigo Garcia rase gratis. Enfin, presque. La rémunération est quand même de 200 euros bruts. La comédienne Sophie Caffarel et le très progressiste chroniqueur Alain-Gérard Slama notamment, s'émeuvent de ce fait et s'indignent que des directeurs de théâtre acceptent "pareille infamie". Et d'évoquer un spectacle "dégradant", renvoyant aux pires heures de notre histoire. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, qui ne devrait pas empêcher un public curieux, et ouvert, d'aller voir, par lui-même, de quoi il en retourne. Illus © Christian Berthelot

"Et balancez mes cendres sur Mickey" de Rodrigo Garcia, au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 18 novembre. (www)




Blessed : que reste-t-il quand il n'y a plus rien ?

Posté par JdF le 01.11.07 à 13:55 | tags : bastille, festival d'automne

Au Théâtre de la Bastille et dans le cadre du festival d'automne, se joue Blessed : un homme, Francisco Camacho, évolue, tel Robinson, dans un décor en carton : une cahute, un cygne géant et un palmier. Mais la pluie vient et le décor se voit peu à peu réduit à de la bouillie, un magma informe qui rappelle le papier mâché.

Native de la Nouvele Orléans, Meg Stuart a voulu évoquer le ravage produit par le cyclône, il y a deux ans. Alors, bien sûr, cela peut sembler dérisoire face à la réalité du cataclysme qui a frappé la ville et les habitants qui n'avaient pu la fuir. Mais le spectacle est émouvant car Meg Stuart a conscience de la relative impuissance de l'artiste face aux désordres du monde : le danseur finit par faire corps avec le boue de carton dans laquelle il roule, geste par lequel il paraît à la fois lucide et résigné. Kotomi Nishiwafi, de son côté, fait une apparition spectaculaire (combinaison moirée, bottes blanches à talons XXL et la tête surmontée d'une coiffure à plumes), parade sur scène avec conviction dans ce qui semble une tentative désespérée de nier l'évidence de la destruction.

Blessed, jusqu'au 2 novembre au Théâtre de la Bastille : 01 43 57 42 14 (www)

Photo © Chris Van der Burght






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