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Le Festival d'Avignon. Tous les billets consacrés à cette édition 2005 sur Saisons. Voir aussi l'actualité du festival d'avignon 2006
Après la catastrophe Après avoir suscité quelques remous lors de sa présentation au Festival d'Avignon, After/Before se joue actuellement au Théâtre de Gennevilliers. Le spectacle de Pascal Rambert, soutenu par les magazines, type Mouvement, villipendé sur le blog de Tadorne, utilise des extraits d'interwiews filmés dans les quels quelques quidam,
anonymes ou nommés Christine Angot ou Olivier Py, répondent à la
question de savoir ce qu'ils souhaiteraint conserver de ce monde-ci
après qu'une hypothétique catastrophe l'ait réduit à néant. Jusqu'au 26 février au Théâtre de Gennevilliers, du 8 au 11 mars à la Comédie de Caen. Avignon en sTOCk
Un dessinateur, un chroniqueur. TOC Magazine a édité un blog d'actu en direct du 59e festival d'Avignon. Chroniques du In en texte, croquis du in en off et en images, Francois Olislaeger (dessin) et Laurent Geffroy (texte) ont passé un magnifique été à buller. Vivement la rentrée. A retrouver ici.
Avignon : Résultat des courses 2005Posté par JdF le 29.07.05 à 16:39 | tags : festival d'avignon 2005
MAJ : Voir aussi l'actualité du festival d'Avignon 2006 Avignon, Bruxelles, Belgrade - La Trilogie de Biljana Srbljanovic
La Trilogie de Belgrade raconte le conflit Yougoslave du début des années 90 à travers les histoires de trois groupes de Serbes exilés en Europe, aux Etats-Unis et en Australie : l'impossibililté de rester au pays, l'arrachement, les difficultés rencontrées en exil, d'autant plus terribles qu'inavouables à ceux qui sont restés... La Trilogie de Belgrade, mise en scène Yves Claessens, Compagnie Petite âme, au 59ème festival d'Avignon (off) Dura Vita Sed Vita - Durax Lex de Marianne GrovesMAJ : Voir aussi l'actualité du festival d'Avignon 2006
Dure vie que celle du festivalier qui, à peine commence-t-il à s'acclimater à un univers, est aussitôt catapulté dans un monde totalement autre.C'est ainsi que je passai avec pour seule transition un rapide panini, de l'univers éthéré et silencieux de l'Italien Roméo Castellucci (Berlin B. #03 ) au monde bavard et bien réel de l'Américain Stephen Adely Guirgis. Dura Lex (Jesus hopped the 'A' train en version originale), troisième pièce de ce jeune auteur New Yorkais encore inconnu par chez nous, raconte comment Angel se retrouve en prison pour avoir tiré sur le gourou de la secte qui détient son meilleur ami. Dans le quartier d'isolement, il croise Lucius, tueur en série en fauteuil roulant qui a rencontré Dieu. Son avocate, la jeune Mary Jane, se prend de compassion pour lui mais rate complètement sa défense. Il écope de 35 ans. Peu de moyens pour cette compagnie parisienne : décors, costumes, accessoires, lumières, tout est très simple et sans éclat. Le texte, bien que très dense, est tout à fait honorable, avec son lot de répliques bien lancées à la manière de ces personnages des séries policières qui trouvent toujours la petite expression ironique parfaite dans les pires moments. Un petit côté série B donc, pour cette pièce qui vaut malgré tout le détour d'une part pour ceux qui n'ont pas la télé et sont par conséquent en manque de ce genre de programmes, et d'autre part pour la qualité du jeu d'acteur très "méthode américaine" : personnages pleinement incarnés, action / réaction, émotions vraies. Du bon vieux jeu de comédien comme on n'en fait plus guère. Dura Lex de Stephen Adly Guirgis, traduit de l'américain et mis en scène par Marianne Groves, au 59ème festival d'Avignon (off) Présence Pasteur du 8 au 30 juillet 2005 à 21h30 [illus. © Florence Dugowson]
Les cochons ont-ils une âme ? Disco Pigs d'Edna Walsh Sur les conseils de Julien, je me suis retrouvée un soir au Collège de la Salle pour voir Disco Pigs d'Edna Walsh, mis en scène par Arnaud Anckeart. Bien m'en a pris ! Les deux boules de nerf qui s'agitent, hurlent et narrent leur existence dans un double monologue rempli de mots bizarres ont de quoi stupéfier le spectateur le plus blasé. L'un s'appelle "avorton", l'autre "cochon". Tout un programme. Ce sont deux adolescents en crise, enfermés dans un univers fantasmatiques, liés l'un à l'autre par une relation fusionnelle. Leur gestuelle, tout autant que cette langue étrange qui ne semble appartenir qu'à eux est déstabilisante. Sur quelle planète sommes-nous ? Sûrement pas au pays de Candy, en tout cas.Disco Pigs d'Edna Walsh, au 59ème festival d'Avignon (off) Mis en scène par Arnaud Anckaert (Théâtre du Prisme) Du 8 au 30 juillet au Collège de la Salle [Photo : © Agence Enguerand Bernard] Lutte des classes - Cairn d'Enzo Cormann Premier matin à Avignon. Encore ni tout à fait remise d'Anathème vu la veille ni tout à fait dessaoûlée d'un 14 juillet particulièrement festif, je choisis de démarrer la journée tranquillement avec un spectacle pas trop loin de mon QG. Ce dernier étant localisé à Monclar, derrière la gare, périphérie d'Avignon beaucoup moins splendide que les alentours du Palais des Papes. C'est justement là qu'est basée de façon permanente, dans un lieu nommé l'Entrepôt, la compagnie Mises en scène. Eh oui, à Avignon, on rencontre aussi des compagnies avignonnaises. Pleine du désir d'agir en phase avec la vie du quartier, la compagnie Mises en Scène se montre particulièrement attirée par les textes contemporains porteurs d'un message social. Choisir de monter Cairn d'Enzo Cormann (site web), pièce clairement et radicalement de gauche, ne relève donc pas du hasard.Jonas Cairn, représentant du personnel moustachu dans une usine qui fabrique des poêles, s'oppose à la direction. Whisky contre gros rouge. Costume contre jean/baskets. Névrose du riche contre névrose du pauvre. Nous assistons à une véritable joute verbale où les patrons osent enfin exprimer sans ambages tout le mépris qu'on les a toujours soupçonné d'éprouver pour leurs ouvriers, et où Jonas Cairn, en Robin des Bois du salariat, se montre si intelligent et si posé qu'il mériterait bien de gagner. Mais de projet de délocalisation en grève en plan social, les gros finissent bien par écraser les petits. Le texte d'Enzo Cormann est un vrai régal : l'enchaînement des idées suit une logique impressionnante et chacune des répliques est digne de figurer dans le dictionnaire des citations à ressortir lors d'un prochain meeting syndicaliste. La Compagnie Mises en scène (quel nom terrible, décidément) sait jouer sur les variations de rythme inhérantes à l'écriture d'Enzo Cormann - l'auteur de théâtre est également musicien de jazz et ça s'entend. Les comédiens dosent très bien comique et réalisme dans leur interprétation de la classe dirigeante. Le public est converti. Du théâtre intelligemment politique. Cairn d'Enzo Cormann, mise en scène Agnès Régolo au 59ème festival d'Avignon (off) du 12 au 27 juillet 2005 à 11h00, relâche les 13, 15, 17, 19, 21, 23 à l'Entrepôt Réservations 04 90 88 47 71 Quelques pas de danse dans le off - Nathalie Béasse Au Grenier à Sel où je m'étais rendue pour voir un spectacle d'objets (c'est bien, les objets, c'est souvent moins agaçant que les humains) sans avoir pris garde au fait que le spectacle en question ne commençait que la semaine suivante, je me suis trouvée, un peu par hasard, devant un spectacle de danse/théâtre. C'était chorégraphié et mis en scène par une certaine Nathalie Béasse (qui a notamment travaillé avec le mirifique groupe Zur ndlr). Ce spectacle m'a confirmé qu'une même personne n'était pas forcément apte à assumer les deux rôles. Dans le cas précis, le spectacle est découpé en trois scénettes : les deux premières étant plutôt des sketches joués sans parole (ou dans des langues étrangères), la troisième étant dansée. Nathalie Béasse parle, dans la plaquette consacrée au spectacle, de trois "paysages", d'où le titre. Personnellement, je distingue difficilement la relation entre cet énoncé et le spectacle : il n'est pas vraiment question de paysages (pas même de paysages intérieurs) mais de rapports interpersonnels entre des hommes et des femmes. Ces rapports sont montrés dans les deux premières scènes de façon minimale et pour tout dire assez fruste : gestes d'approche, mouvements non synchronisés aussi évoquant - on peut du moins l'imaginer - l'incompréhension mutuelle. Heureusement, les deux danseurs, intervenant dans la troisième scène, donnent au spectacle la tension et le lyrisme qui lui manquait précédemment. Carole Bonneau donne à ses envolées une chaleur et un dynamisme qui fait pendant à la danse de son partenaire, Ivan Fatjo, remarquable d'intensité retenue, évoquant par des mouvements entravés et comme involontaires, par des tremblements et des déséquilibres maîtrisés, un personnage miné par l'angoisse et la prostration. Landscape de Nathalie Béasse au 59e Festival d'Avignon (Off) Reprise. Au Grenier à Sel jusqu'au 18 juillet [photo Jeff Rabillon DR] Puur porte mal son nom - Wim Vandekeybus
Même pas mort ! Jean-François Sivadier monte La Mort de Danton "Enfin du théâtre !" pourrions-nous nous écrier, s'il fallait hurler avec ceux qui se plaignent de ce qu'Avignon n'est plus Avignon, parce qu'il n'y aurait pas de "théâtre" cette année dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes. Encore faudrait-il s'entendre sur le terme. Parce que sans être ni vraiment de la danse, ni vraiment du théâtre, ni vraiment une installation, un spectacle peut quand même être quelque chose. Sans en avoir forcément besoin d'en conclure par l'hybridation des genres... Bref, ce n'est pas le moment d'entrer dans le débat car si je suis venue me visser devant cette machine aujourd'hui, c'est pour parler de La Mort de Danton : le spectacle de Jean-François Sivadier. Ici, à Fluctuat, on avait déjà parlé La Vie de Galilée qu'on avait beaucoup aimé. Avec La Mort de Danton, Sivadier démontre à nouveau que ce sont des motivations sincères et réfléchies qui l'ont guidé dans le choix qu'il fait de mettre en scène un texte. La Mort de Danton a été écrit par Georg Büchner alors qu'il désespérait de voir un jour advenir une république dans les Etats allemands, en Hesse, en l'occurrence. Les mouvements révolutionnaires de 1830 avaient été réprimés et Büchner pensait que le moment était peut-être venu d'engager une réflexion sur le devenir d'une révolution, celle qui servit de modèles à tous les révolutionnaires du XIXe siècle : la Révolution française. Tous les personnages de Büchner sont pétris de contradictions, Danton, Robespierre et les autres sont face à une aporie. Il s'agit de continuer la révolution et faire advenir un état social plus juste, sortant le peuple d'une misère qui l'entraîne à s'en prendre à tous ceux qu'il soupçonne de conspiration ou d'accaparement des biens de consomation qui font si cruellement défaut. C'est une escalade de violence institutionnelle qui finira pas coûter le vie à ceux-là même qui l'avaient prônée. Dans la pièce de Büchner, on n'en est pas encore là : l'heure de Thermidor n'a pas encore sonnée. Danton est condamné pour avoir mené un train de vie indécent eu égard aux privations endurées par ceux dont il se dit le représentant. En plus, c'est un jouisseur, ce qui n'a pas l'heur de plaire à Robespierre, qui entend incarner une vertu qu'il dit "révolutionnaire". Büchner utilise des discours qui ont réellement été tenus par des protagonistes de sa pièce, qu'il mêle à des chansons populaires allemandes et à bien d'autres chose, obtenant ce que la modernité a appelé un montage. Cela, Sivadier en tient compte puisqu'il prend quelques libertés avec le texte en remplaçant les chansons qui étaient familières aux oreilles de l'époque par un poème d'Aragon mis en musique par Brassens. C'est bien trouvé car Aragon est le poète français qui a, pour beaucoup, incarné l'idéal révolutionnaire (c'est du moins ainsi qu'il se définissait) tout en s'attachant à perpétuer une tradition lyrique présente dans le répertoire populaire. Par ailleurs, Sivadier utilise des éléments de décor mobiles qui ont de multiples fonctions, le spectacle étant rythmé par des rupture de ton permanentes. Nicolas Bouchaud qui incarne Danton est aussi convainquant qu'il l'était en Galilée (cf chronique et entretien sus cités). Les personnages féminins qui ont, dans la pièce, un relief tout à fait remarquable pour un temps où le féminin était reduit à quelques images d'épinal, ont ici des actrices à leur mesure. C'est donc avec ferveur et inventivité que Jean-François Sivadier réussit à redonner vie, non à Danton, mais aux mots de Büchner. La mort de Danton mise en scène JF Sivadier, au 59e Festival d'Avignon Christian Rizzo au festival d'AvignonPosté par fluctuat.net le 14.07.05 à 10:35 | tags : festival d'avignon 2005
Signalons ici la reprise de Soit le puit.. au festival d'Avignon. Nous avions vu au théâtre de la Ville en juin la dernière création de Christian Rizzo. Non seulement vue, mais appréciée, aimée, et chroniquée (lire l'article "Du concept rêveur", en rubrique Scènes du mag). Le titre complet du spectacle ? Soit le puits était profond, soit ils tombaient très lentement, car ils eurent le temps de regarder tout autour. Un clin d'oeil à Lewis Carroll... The Biography Remix, Marina Abramovic par Michael Laub
Où sont les barbares ?![]() Comme son titre l’indique, Anathème rappelle dans une litanie les tueries et massacres perpétués tout au long des pages de l’Ancien Testament. Dieu s’y montre impitoyable, ordonnant inlassablement à son peuple de persécuter les adorateurs d’idoles et autres infidèles. Durant les deux tiers du spectacle, la cour du Cloître des Célestins est désertée, un tableau représentant de grands espaces paradisiaques et vides d’humains est projeté sur le fond de scène. Les acteurs, chanteuse et musiciens sont situés sur des estrades juchées en hauteur, de part et d’autre du plateau. Durant la dernière partie, le fond de scène s’ouvre sur un couloir tapissé d’un papier réfléchissant, un homme en sort, il est noir et sa tête est bandée. Il se dévêt et sort d’un sac en papier un tête d’homme. Qui pourrait être la sienne. B.#03 Berlin de Roméo CastellucciEndogonida, signifie « qui se reproduit soit-même par scission ». Le principe de cette série organique est en effet de générer un système dramatique, sur le thème de la tragédie et de ses déclinaisons actuelles, à partir du territoire géographique et symbolique de chacune des villes abordées. B.#03 Berlin est à fois la parabole de la vie d’une femme, confrontée à la violence, la mort et à l’enfantement, et une allégorie de l’Allemagne dans son rapport à la barbarie et la métamorphose. Un épais rideau de gaze vient partiellement dérober la scène au regard, installant entre eux une distance froide : tous les éléments de la Tragedia, et B.#03 en particulier, sont très cinématographiques et marquants visuellement. Plusieurs plans symboliques se superposent et se croisent constamment, Castellucci jouant en permanence sur l’équivoque des symboles et les frontières entre cauchemar et conte de fée. A l’instar de Lenz Rifrazioni, autre metteur en scène italien venu d’Emilie Romagne, et de son travail remarquable sur Blanche-Neige (Biancaneve) de Grimm en 2001, Castellucci montre la violence sous-jacente aux récits populaires. Dans B.#03 les figures enfantines, arc-en-ciel, lapins en peluches, mobile en forme de lune, deviennent littéralement effrayantes. Rappelons que Roméo Castellucci a fondé la Societas Raffaello Sanzio en 1981 avec sa compagne Chiara Guidi et sa sœur, Claudia Castellucci. Il y tient les rôles de metteur en scène, de scénographe et de créateur lumière, dans un souci constant de générer ensemble les matériaux plastiques et dramatiques. La semaine prochaine, c’est le 4e opus, BR. #04 Bruxelles, pièce sur les représentations du vieillissements, qui sera à l’affiche. Par ailleurs, dès le commencement du cycle de la Tragedia Endogonidia, Castellucci et la Societas Raffaello Sanzio avaient conçu des « Crescite », série de « croissances » qui sont autant de variations à partir de chacun des spectacles-étapes. Ils présentent à Avignon Crescita XII et Crescita XIII. B.#03 Berlin de Roméo Castellucci, 59e festival d’Avignon Au Théâtre Municipal jusqu’au 16 juillet 2005, 19h BR.#04 Bruxelles du 20 au 23 juillet, Gymnase du Lycée Réné-Char, 18h Crescita XII Avignon, les 14,15, 16 juillet au Cloître Saint Louis (studio de l’ISTS) Crescita XIII Avignon les 18, 19, 20 juillet, navette devant la Grande Poste [Festival d'Avignon, Photo © Luca del Pia] Avignon, le public réinventé ?Ouverture du 59e festival d’Avignon, du 8 au 27 juillet MAJ : Voir aussi l'actualité du festival d'Avignon 2006 |
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