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Le Festival d'Avignon à l'honneur. Tous les billets consacrés à cette soixantaine édition sur Saisons. Lire aussi le guide des 10 temps forts 2006 en Rubrique Théâtre.
Avignon : l'heure des bilans Traditionnel exercice du bilan, mardi matin, au Cloître Saint-Louis. Le festival n'était pas encore terminé, mais déjà, les directeurs du In dressaient quelques lignes fortes d'une édition très attendue après les polémiques qui ont secoué Avignon l'an dernier.Donc, côté comptable d'abord: 152 000 places à la location, 134 000 vendues. Soit un taux d'occupation de 88%, satisfaisant. Et des jeunes spectateurs présents en nombre: 12% du public. De quoi rendre les directeurs "heureux d'une participation fidèle et active du public". Côté artistique, Vincent Baudriller évoquait "la maîtrise du geste, la puissance créatrice des artistes invités et le dialogue". Dialogue entre les arts, dont Paso Doble, création signée Nadj et Barcelo, est le témoignage le plus marquant, dialogue entre les cultures aussi. On retiendra aussi l'émotion de Josef Nadj, son coup de bec amusant contre la presse féminine (!), son coup de colère contre certains medias, qui a donné lieu à un règlement de comptes un peu mesquin entre artistes, spectateurs et plumes critiques, comme Armelle Heliot - du Figaro - ou Jean-Pierre Léonardini -de l'Huma-. Enfin, cette jolie phrase de Georges Banu, qui l'aura lui-même empruntée à Jean Vilar - à l'honneur dans la cour avec Olivier Py en clôture : "Si on a réussi quelque chose, on a réussi le public". D'ailleurs, il reste quelques heures pour découvrir l'exposition de la Maison Jean Vilar qui rend précisément hommage au public. Un hommage intelligent, acéré, drolatique aussi parfois. [Illustration : cc - Peutch, pdimension.net] Si ce n'est toi... Alain Françon / Edward Bond Trois pièces de Bond mises en scène par Françon sont à l'affiche cette année. On n'a vu ni Naître, dont l'écho critique et public a été franchement sévère, ni Chaise, qui a davantage enthousiasmé les foules.Pour ce qui est de Si ce n'est toi, on est un peu... perplexe. Dispositif scénique vu, et revu. La boite de théâtre. Noire. Les murs, gris. Les chaises, grises. Les costumes gris.On serait le 18 juillet 2077. Une femme assise. Silence interminable. On cogne à la porte. Re-silence interminable, et l'arrivée du mari, obscur militaire. L'intrus de la porte, qui se présente, se prétend le frère de la femme. Attention, chamboulement en perspective. Il y a là quelque chose d'un questionnement sur l'espace public et l'espace privé, et ce qui advient quand l'un s'immisce trop dans l'autre. Par surprise. Insidieusement. Edward Bond, l'auteur, qualifie l'oeuvre d'un "mélange de farce et d'autre chose, quelque chose d'étrange". Il y a effectivement de la farce dans la façon dont les dialogues s'emballent, et les personnages sont poussés dans leurs extrêmes retranchements, dont la relation dérape, sur un petit rien. Incompréhensible. Mais aussi de la tragédie dans l'issue du récit. De très bons comédiens (Luc-Antoine Diquéro, Dominique Valadié, Abbès Zahmani), une petite forme, efficace. Il y a pourtant quelque chose de daté dans cette pièce du futur et d'un peu convenu sur le mode du grain-de-sable-et-ses-dégats-irréparables. [Illus : Naître © Christophe Raynaud de Lage] Les Barbares de Gorki / Eric Lacascade La Cour d'honneur vendredi soir, trois jours après une première où les interluttants se sont invités sur scène, histoire de dire que non, non, rien n'a changé.
Il fait son entrée sur scène, le cheveu en bataille, la barbe grisonnante, l'habit usé. Jeune et pourtant déjà vieux, gratte sèche en bandoulière, il chante - faux - des chansons folk. Dylan, Noir Désir en anglais dans le texte. Le paumé du village, à la marge, qu'on retrouvera, quelque temps après, attaché à une chaîne tel un chien. Imaginé par Gorki voilà tout juste un siècle, celui-là nous en rappelle tant d'autres, qu'on croise matin et soir dans les métros parisiens. Mais ici on est dans une petite ville russe, oubliée, figée dans la médiocrité depuis longtemps. Rien ne s'y passe, rien ne peut s'y passer jusqu'à l'arrivée de deux ingénieurs, deux bâtisseurs. "On va construire une voie ferrée et on va vous la démolir votre petite vie, bourgeoise, patriarcale et arriérée", lance l'un d'entre eux. Trois heures plus tard, c'est vrai, la vie est démolie, l'équilibre précaire a volé en éclats. Qui sont-ils, les Barbares : les petits-bourgeois au quotidien étriqué ou les semeurs d'illusions ? les étudiants et penseurs sans cause ou les manipulateurs ? les sans grades, ou les politiques cyniques, les quêteurs de pouvoir ? Gorki ne donne pas de réponse, Eric Lacascade non plus.
Après des années d'un sillon profond creusé dans l'oeuvre de Tchekhov, le directeur du CDN de Normandie se penche sur Gorki, comme une forme de prolongement. On est loin des portraits au cordeau, de l'écriture ciselée de Tchekhov. Celle de Gorki est plus directe, plus rapide, plus brute. Ici, pas de personnage principal, mais une multitude de destins qui, entre social et intime, s'entrecroisent et s'influencent l'un l'autre, jusqu'au drame final. Pas de longs monologues à l'adresse du public ou de face-à-face qui s'installent, mais un foisonnement, un mouvement quasi-permanent. Pas possible de résumer l'intrigue à "une tentative d'assassinat, trois hommes désespérés, du sang et au milieu de tout cela l'amour triomphant", comme le fait l'un des deux ingénieurs. C'est bien plus complexe, même si le texte nous a semblé manquer d'intensité. De compréhension parfois. Peut-être à cause de l'adaptation de Lacascade qui a opéré quelques coupes franches et touches modernes dispensables dans la traduction d'André Markovicz. Mais Eric Lacascade est un artisan de la matière, un magicien. Après Platonov voilà quatre ans, l'homme investit, de nouveau, la Cour, en maîtrise l'espace, comme personne. Sur scène, une vingtaine de comédiens d'une grande vivacité -dont Christophe Grégoire, toujours très bon, impossible de les citer tous-. Et ça donne quelques images mémorables.
Des corps en ombres chinoises sous les voûtes, des guirlandes de loupiotes qui s'envolent vers le ciel, une fanfare pétaradante qui surgit de nulle part pour rythmer un bal populaire et mélancolique, une boule à facettes sur les épaisses murailles, un banquet scénographié comme un ballet... Eric Lacascade, qui se réserve aussi le rôle de Pritykine, est un meneur de troupe tout autant qu'un grand metteur en scène, épaulé par le talent très sûr du scénographe Philippe Marioge. La fresque qu'il dessine à petites touches est généreuse, belle, même avec ses failles, et ses longueurs. Et vous embarque durablement. Jusqu'au 25 juillet, 22 h, Cour d'honneur. ![]() Crédits photo : Christophe Raynaud de Lage L'Iliade par Vassiliev Les deux spectacles que Vassiliev a présenté cette année en Avignon a suscité la perplexité. En particulier, son adaptation du chant XIII de l'Iliade qui a suscité nombre de commentaires mitigés. Donné dans la carrière de Boulbon, il rassemblait une vingtaine de participants pour un spectacle choral où les acteur/chanteurs/danseurs/ lutteurs psalmodiaient, proféraient le texte d'Homère (en russe) avec une violence tout à fait en accord avec le propos, se battaient à coup d'épées et de lances ou composaient une chorégraphie étrange qui évoquaient des danses guerrières venues d'Asie. Alors évidemment ceux qui étaient venus avec leurs bambins, pensant assister à une sorte d'Iliade illustrée, ont été sûrement déçus : mais pour moi, une fois l'effet déstabilisant des premières scènes passé, le spectacle m'a pour ainsi dire aspiré dans cet univers à la fois violent et ritualisé où le plateau semblait une toile et les acteurs des tâches de couleur mouvantes. Un tableau animé et sonore, en quelque sorte, où le récit (c'est un peu répétitif l'Iliade, certains doivent s'en souvenir) s'évanouit au profit d'une action parfaitement dessinée et rythmée. Alors c'est long (trois heure quasi) trop long sans doute, surtout pour ceux qui, comme moi, avaient attendu presque minuit avant que la pièce commence parce que la scène avait été détrempée par une de ces pluies intempestives qui a donné tant de serpillères à retordre aux organisateurs du festival. Mais l'impression qu'on en garde est marquante. La Poursuite du vent : grâce à Viviane de Muynck, Jan Lauwers se rachète Après le décevant Bazar du Homard, je me suis quand même rendue au Théâtre municipal pour assister à la Poursuite du vent, un texte autobiographique de la poètesse Claire Goll, interprétée magistralement par Viviane de Muynck. Seule en scène, sur un plateau nu, sur lequel descendent des spots dont l'intensité lumineuse varie au cours du spectacle, l'actrice campe une Claire Goll sur la fin de sa vie qui raconte ses jeunes années, sa relation avec Yvan Goll et ses autres amants, les femmes et les hommes qui l'ont marqué et qui ne sont autres que Dali, sa femme Gala, Malraux, Brecht ou Helena Rubinstein.D'une simplicité sans rature, le spectacle se met au service du texte et d'une actrice qui s'allient formidablement l'un à l'autre. La théâtralité dicrète et fait sûrement regretter à ceux qui avait vu la Chambre d'Isabella une scénographie plus foisonnante. Mais que voulez-vous ? Jan Lauwers s'en est donné à cœur joie avec son homard, et sans trop de discernement. Ici, il se fait un peu oublier... Rats et poulets : le bestiaire de Copi par le Théâtre des Luciole Cette année, au Festival d'Avignon, le Théâtre des Lucioles présentaient deux spectacles. J'ai déjà donné mon avis sur le premier, la Tour de la Défense, c'est à présent au tour du second qui en regroupe en fait deux : Les Poulets n'ont pas de chaises et Loretta Strong. Loin du clinquant de la Tour de la Défense, ce double spectacle est servi par un dispositif scénique circulaire qui tient du cabaret (sauf que les spectateurs ne sont pas attablés). Et c'est en effet à une revue que nous convie d'abord la troupe des Lucioles : le spectacle commence par une projection animée des dessins de Copi. Puis les acteurs viennent à leur tour jouer des sketches en intégrant les dessins dans leur jeu : le femme sur la chaise est flanquée de son poulet et ses filles faussement niaises ne perdent pas d'occasion d'écraser un escargot, pourtant fort sympathique au deumeurant ... Dans une seconde partie, Marcial di Fonzo Bo est seul en scène ...si l'on peut dire... car il n'y a bientôt plus de scène. L'action de Loretta Strong commence sur le plateau circulaire qui entoure le public, mais se continue au milieu des spectateurs. Loretta Strong, depuis sa navette spatiale où elle est supposée se faire féconder par des rats, est en communication téléphonique avec une certaine Linda qui, depuis la base, est en plein émoi érotique, mais Loretta a déjà fort à faire avec ses rats. L'acteur, suspendu par un filin, va et vient au dessus des têtes des spectateurs, en se débattant avec un énorme rat (en peluche) et débite à toute vitesse ce monologue insensé ... en totale empathie avec l'imaginaire délirant de Copi. ![]() La Tour de la Défense par le théâtre des Lucioles Marcial di Fonzo Bo et sa troupe ont effectué une tournée triomphale avec La Tour de la Défense de Copi. Bon, c'est sûr qu'il y a du spectacle. Le décor est somptueux : une boîte de verre qui figure un appartement high-tech avec sa cuisine salle à manger modern style, sa salle de bain et sa chambre. Les parois permettent de faire des projections : des nageurs aux corps atléthiques, filmés sous l'eau et Paris by night, vu de la Défense. D'emblée le ton est donné : nous sommes chez des jeunes bourgeois très hype et très en crise.Deux hommes qui s'aiment , mais se déchirent, une voisine sous acide qui ne veut pas rentrer chez elle, un travelo qui s'invite et le gigolo de la voisine, tout cela réveillonera de conserve, d'un gigot brûlé et d'un serpent extrait des canalisations de l'immeuble. La farce tourne au tragique lorsqu'il apparaît que la voisine s'apprète à s'envoler pour les États-Unis avec le cadavre de son enfant dans une valise... L'affaire tourne mal, donc, mais finalement, elle nous intéresse assez peu. Alors évidemment, la pièce se veut satirique, parodiant le boulevard en en reproduisant une situation de base (un réveillon, un couple au bord de la rupture, l'irruption d'éléments extérieurs) et en y introduisant à chaque étape un effet de décalage qui fait glisser le propos vers un burlesque totalement déjanté. Mais... cela demeure du boulevard et, au contraire d'autres pièces de Copi, l'auteur en semble curieusement absent. Les pérégrination mentales de Joseph Nadj - Deuxième partie Après avoir laissé derrière moi la Place des corps Saints et l'Église des Célestins, c'est vers l'École d'Art que mes pas me dirigent. Sise boulevard Raspail, dans un ancien hôtel, bâti au XVIIe siècle, l'école abrite trois expositions.Entrant dans l'école, par la rue adjacente, on peut voir les "Miniatures", les dessins de Joseph Nadj : hommes occuper à des rituels étranges, accompagnés ou nom d'animaux, souvent enfermés dans d'étroites pièces. Le dessin est précis, le fond est crayonné de façon à donner un relief à l'espace de la feuille, qui s'il est réduit, n'en est pas moins très élaboré : le cadre de la scène, la disposition des êtres et des objets font que ces miniatures sont des lucarnes ouvertes sur un univers où il se passe des choses extraordinaires. Entrant par le jardin, on accède à "La maison du petit-sable" qui regroupe les photographies que Joseph Nadj a prises d'une maison occupée et décorée par des Roms, puis délabrée par le temps. Superpositions de tentes : peinture, papier peint, fissures, orifices, Nadj cadre un détail et l'image qui en surgit raconte cette histoire à travers les states et les sédiments qui s'y sont déposés. Dans les pièces suivantes, "Le Chemin des arbres" rassemble des dessins, des fusains, des encres d'Alexandre Holan dont l'œuvre a marqué Nadj : troncs massifs, feuillage qu’on imagine bruissant, à mi-chemin entre le ciel et la terre, l’arbre fascine ceux qui voient en lui une métaphore, voire un modèle de l’humaine condition. Or, contrairement à Alexandre Hollan qui a quitté la Hongrie en 1956, ou à Joseph Nadj qui, vivant en France depuis 1980, retourne fréquemment dans sa ville natale Kanizsa, en Voïvodine, l’arbre, en principe, est lié à la terre qui l'a vu naître. Les deux parties de l’exposition renvoient donc à un sème commun : attachées au sol comme l’est l’arbre, ou en constante migration comme le sont les Roms du Petit-Sable, les photographies de Joseph Nadj et les dessins d’Alexandre Hollan racontent le rapport problématique de l’artiste à une origine. L’origine, qu'elle soit réelle ou mythique, est aussi au cœur de « Dernier paysage », film dans lequel Nadj esquisse un traité de géographie personnelle : en son centre Kanizsa, autour, des tumuli, érigés par ses occupants il y a quelques millénaires, qui fascinent Nadj, un ruisseau d’argile dans lequel il s’immerge, s’en couvre le corps, se transformant ainsi en sculpture vivante. Et des prairies, aux herbes mollement couchées par le vent, qui plongent, durant un instant, le paysage dans un état de grâce. Ainsi, pour Nadj, le sol n’est pas inerte : il est meuble, il est fluide, il est vivant. La tête du public
Une laborieuse entreprise - H. Levin à AvignonPosté par Catherine le 17.07.06 à 12:34 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off, arts visuels
Koffi Kwahulé - reproduire l'émotion de l'improvisationPosté par Catherine le 16.07.06 à 08:17 | tags : théâtre, entretien, festival d'avignon 2006, avignon off
Est-ce la première fois que vous mettez en scène vos pièces ? Blue-S-cat / le temps suspendu
Peepshow dans les Alpes / théâtre-réalité
Joël Pommerat - la consécration à Avignon
Joël Pommerat au Festival d'Avignon In 2006 : Mnemopark - un monde de train en miniature
Prenez Mnemopark, spectacle importé de Suisse : sur le plateau, tout un monde de train miniature. Un parcours à travers la Suisse en modèle réduit, avec ses maisons de montagne robustes, ses pâturages, ses quais de gare et ses ponts, mais également sa part d'inattendu et de farfelu : une traversée d'aquarium ou une montagne de viande par exemple. Des comédiens, des acteurs ? Non. Pour présenter et faire vivre ce décor, qu'ils ont d'ailleurs fabriqué eux-mêmes, une poignée de modélistes passionnés. Ces derniers se présentent au public : à quand remonte leur passion, la date de leur première loco, la taille de leur flotte actuelle, l'activité professionnelle qu'ils ont mené en parallèle... Quatre hommes et une femme d'une soixantaine d'années, dans leurs vêtements de tous les jours. Pour les accompagner, et dans le rôle du meneur, une comédienne. Mais elle aussi se présente sous son vrai nom et partage avec le public sa propre expérience de jeune fille de la campagne. Le tout en allemand surtitré ou bien en français avec fort accent et même quelques fautes de prononciation sympathiques. Mnemopark, par le Riminiprotokoll, mise en scène Stefan Kaegi, festival Avignon In Stefan Kaegi présente également à Avignon Cargo Sofia-Avignon, un voyage en camion bulgare Les pérégrinations mentales de Joseph Nadj - Première partiePosté par JdF le 14.07.06 à 12:26 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, josef nadj, danse, pâques, loufoque
Pas plus tard qu'hier, j'écrivais tout le bien que je pensais d'Asobu, de Joseph Nadj. Il est temps, aujourd'hui de décrire le parcours que, de l'église des Célestins, à l'Ecole d'Art, jusqu'à la Maison Jean Vilar, j'ai effectué afin de m'immerger dans l'univers mental de ma nouvelle idole. Commençons par l'église des Célestins, où sont disposées quelques sculptures et céramiques de Miquel Barcelò. Le lieu est impresionnant et donne aux pièces exposées un petit quelque chose d'archaïque, comme si elles avaient été exhumées de fonds marins ou de sépultures millénaires. L'église, quelque peu délabrée, est plongée dans la pénombre, le sol est poussiéreux, la présence d'un moniteur video, devant lequel personne, du reste, n'a pensé à disposer des sièges, est parfaitement incongrue. Voilà une première étape qui commence déjà à faire vaciller mes repères spacio-temporels : un lieu d'expostition ou une crypte ? Des œuvres d'un artiste vivant ou des vestiges d'époques disparues ? Vases ornés de poisson en bas-relief, tête de cheval dit "crucifié". Tout se passe comme si j'étais confrontée à une représentation du monde originelle. C'est pourquoi, je ne fus pas dépaysée, lorsqu'au Musée Calvet, visitant l'exposition, "Figures de l'acteur, la paradoxe du comédien", je fus frappée par deux toiles grand format du même Barcelò. L'une "papier journal" est une tranformation de ce matériau par le plissage, le grattage, la peinture que Barcelò lui a appliquée. L'autre "fond marin", évoque tout à fait un sol sablonneux couvert d'algues. Dans les deux cas, la toile sert à matérialiser un imaginaire : l'inconnu des profondeurs marines à l'artefact de notre banalité quotidienne. Cela ira pour ce matin, ce soir, je vous raconte la suite... Église des Célestins Place des Corps Saints Ouverte tous les jours de 11h à 16h Le musée Calvet Hôtel Villeneuve-Martignan 65, rue Joseph Vernet T. 04 90 86 33 84 Mail : musee.calvet@mairie-avignon.com Ouvert tous les jours sauf mardi de 10h à 13h et de 14h à 18h Ma passion naissante pour Joseph Nadj
D'une échappée vers l'Orient-Extrême sur les traces de Michaux et du Barbare en Asie, Nadj nourrit son imaginaire, riche déjà toute sortes d'univers. Les fragments filmés de ses précédents spectacles, présentés à la maison Jean Vilar en attestent : une mittel-europa peuplé d'hommes en costume sombres de Comedia Tempo, des faces terreuses et les décors ocres de Woyzeck ou l'ébauche du vertige, les fantaisies acrobatiuqes du Cri du Caméléon ou le mystérieux cérémonail de Petit Psaume du matin. Asobu mêle à des images qui lui sont chères (des hommes en noir, assis, immobiles face au public, devant une longue table), d'autres d'inspiration nippones (des costumes qui évoquent ceux des samouraïs, des faux rituels de décapitation font voler les hautes coiffes des danseurs). Il fait aussi la part belle à ses danseuses, dont une, japonaise, offre un solo d'une éblouissante beauté, tandis qu'une autre se livre avec Nadj à un corps à corps très érotisé, tout à fait surprenant de la part d'un être qui me semblait, de prime abord, descendre tout droit des sphères célestes. Joseph Nadj - Exposition Tenue de Soirée : Demain j'arrête
Jan Lauwers : Un homard qui ne passe pas... Quelle déception : après les descriptions alléchantes que j'avais lues sur La Chambre d'Isabella, je me réjouissais tant à l'idée d'aller pour le première fois voir un spectacle de Jan Lauwers ... Et de me retrouver à l'arrivée devant un Bazar du Homard bâclé et totalement indigne de ce que Jan Lauwers a, semble-t-il, fait dans le passé. L'installation scénographique elle-même (faut-il rappeler que Lauwers est d'abord un plasticien ?) témoigne d'un effort d'imagination minimal : pour un homme qui est supposé savoir créer un univers mental sur une scène, Jan Lauwers ne s'est pas fatigué dans la préparation du Bazar : une scène vide ornée de quelques sculptures, genre totems indiens, le tout blanc comme neige, et des buches installées au pied d'un arbre attendant sagement l'évocation de l'incendie pour rougeoyer. Car il y a un incendie, un enfant mort qui ne l'est peut-être pas, un couple qui se déchire à ce sujet, une femme qui disparaît (noyée ? peut-être), un homme qui tente de se noyer à son tour (dans le film, il n'a pas l'air d'y parvenir, mais bon...). Parce qu'il y a des films aussi. Trois. Le premier est une mise en bouche, en quelque sorte : un homme (c'est un réfugié nommé Mo, on l'apprendra plus tard) navigue tranquillement sur un canot pneumatique, dans une sérénité tout à fait inhabituelle pour quelqu'un en train d'aborder un rivage étranger en toute illégalité. Un deuxième film évoque la mort de l'enfant, terrassé par les coups d'un autre garçon, sans que ces coups aient l'air d'inquiéter plus que ça ni le père, ni l'autre adulte présent. La violence du film s'en voit d'ailleurs renforcée et c'est peut-être le seul moment où il se passe quelque chose de prenant durant l'ensemble du spectacle. Le dernier film montre le père essayant d'être submergé par les vagues : étant donné que l'eau ne le recouvre que de quelques centimètres, son entreprise semble bel et bien vouée à l'échec. Bref, il se passe à la fois tout et rien dans ce bien nommé Bazar : l'affaire commence par un homard renversé sur un pantalon blanc et se termine par l'histoire d'une jeune prostituée devenue elle aussi réfugiée, histoire dont nous ne saurons pas grand chose. Le spectacle lance mille idées et n'en développe aucune, les acteurs n'ont pas vraiment l'air de croire en leurs personnages, le tout évoque une soirée chic où les invités se livrent à des jeux de rôle et à quelques numéros de karaoké : une amusante soirée entre amis, où le spectateur fait antichambre. Avignon - c'est parti !Posté par Catherine le 11.07.06 à 10:14 | tags : festival d'avignon 2006
L'ADAMI en AvignonPosté par JdF le 10.07.06 à 09:57 | tags : théâtre, avignon off, festival d'avignon 2006, arts visuels
Le programme est disponible sur le site de l'Adami. Donnedieu de Vabres en AvignonPosté par JdF le 06.07.06 à 15:02 | tags : festival d'avignon 2006
Je reçois à l'instant un communiqué du ministère de la culture et de la communication, dont je m'empresse de vous faire part : "Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, se rend au 60e Festival d’Avignon les 7 et 8 juillet".Avouez que vous auriez regretté de ne pas le savoir à temps. Car le 7 et le 8 juillet, si je ne me trompe, c'est demain et après-demain, donc vite, vite, préparez vos suppliques, mesdames et messieurs les intermittents, ou vos tomates (ça c'est pour les interluttants, tendance radicale), vos rond-de-jambes ou vos imprécations, mesdames et messieurs les directeurs/rices de lieux culturels qui espèrent voir augmenter (ou ne pas voir diminuer) leurs subventions. Allez : je vous donne même son emploi du temps : demain, vendredi 7 juillet, il inaugurera l'exposition, "Figure de l'acteur - le paradoxe du comédien", présentée au musée d'art contemporain. ensuite, à 18h30, il se rendra au Couvent des Célestins, à une autre exposition, celle de Miquel Barcelo. Ensuite, il assistera à la première d'"Asobu" de Josph Nadj, au Palais des Papes. Assez pour demain. Après-demain : à 10h30, il présentera, dans le Cloître Saint-Louis ce que le ministère a organisé sous le nom de : "Une journée particulière : 24 heures pour célébrer 60 années de décentralisation théâtrale", qui aura lieu en deux temps. Puis, à 13h30, il déjeunera avec des artistes, ce qui donnera l'occasion à Joseph Nadj et à Olivier Py de lui demander des compte au sujet de la diminution de leur subventions. Voilà ce que c'est qu'un agenda de ministre ! Hommage à Jean Vilar Le 27 juillet, Olivier Py lira des extraits des écrits de Jean Vilar dans le cadre de l'hommage que le festival d'Avignon rend à son fondateur. À l'occasion de la 60eme édition, comment ne pas faire référence à celui qui lança la première semaine d'art dramatique en 1947 (à ce propos se reporter à notre historique du festival d'avignon), mais aussi celui qui incarna jusqu'à sa mort, le 28 mai 1971, l'idée même de théâtre populaire, idée mirage peut-être, mais idée encore bien ancrée dans les esprits, comme les polémiques surgies lors de la dernière édition. Festival d'Avignon 2006 : entretien avec Vincent Baudriller
A l'occasion du festival d'Avignon 2006, nous avons souhaité rencontrer son co-directeur, Vincent Baudriller. Dans un entretien exclusif, il aborde le programme de cette soixantième édition, il évoque à la fois le bilan des festivals 2003 et 2005 et nous donne son sentiment sur le festival Avignon off en proie à des problèmes d'organisation. Enfin, il rend bien sûr hommage à Jean Vilar, auquel cette édition anniversaire est en partie dédiée. Lire l'entretien avec Vincent Baudriller. Festival d'Avignon 2006 : 10 repéragesPosté par fluctuat.net le 02.06.06 à 20:44 | tags : festival d'avignon 2006
![]() Festival d'Avignon 2006 : Le guide des temps forts de cette soixantième édition est en ligne. Une sélection de 10 rendez-vous incontournables, les repérages de 20 spectacles à ne pas rater. Nadj, Brook, Lacascade, Bartabas, Platel.. .Les réservations ouvrent le 12 juin. Demandez le programme ! |
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