Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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Le Festival d'Avignon à l'honneur. Tous les billets consacrés à cette soixantaine édition sur Saisons. Lire aussi le guide des 10 temps forts 2006 en Rubrique Théâtre.

Avignon : l'heure des bilans

Posté par Nedjma le 28.07.06 à 11:30 | tags : festival d'avignon, théâtre, festival d'avignon 2006
chaise videTraditionnel exercice du bilan, mardi matin, au Cloître Saint-Louis. Le festival n'était pas encore terminé, mais déjà, les directeurs du In dressaient quelques lignes fortes d'une édition très attendue après les polémiques qui ont secoué Avignon l'an dernier.

Donc, côté comptable d'abord: 152 000 places à la location, 134 000 vendues. Soit un taux d'occupation de 88%, satisfaisant. Et des jeunes spectateurs présents en nombre: 12% du public. De quoi rendre les directeurs "heureux d'une participation fidèle et active du public". Côté artistique, Vincent Baudriller évoquait "la maîtrise du geste, la puissance créatrice des artistes invités et le dialogue". Dialogue entre les arts, dont Paso Doble, création signée Nadj et Barcelo, est le témoignage le plus marquant, dialogue entre les cultures aussi.

On retiendra aussi l'émotion de Josef Nadj, son coup de bec amusant contre la presse féminine (!), son coup de colère contre certains medias, qui a donné lieu à un règlement de comptes un peu mesquin entre artistes, spectateurs et plumes critiques, comme Armelle Heliot - du Figaro - ou Jean-Pierre Léonardini -de l'Huma-. Enfin, cette jolie phrase de Georges Banu, qui l'aura lui-même empruntée à Jean Vilar - à l'honneur dans la cour avec Olivier Py en clôture : "Si on a réussi quelque chose, on a réussi le public".
D'ailleurs, il reste quelques heures pour découvrir l'exposition de la Maison Jean Vilar qui rend précisément hommage au public. Un hommage intelligent, acéré, drolatique aussi parfois.

[Illustration : cc - Peutch, pdimension.net]

Si ce n'est toi... Alain Françon / Edward Bond

Posté par Nedjma le 27.07.06 à 23:01 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006
Naitre au festival d'AvignonTrois pièces de Bond mises en scène par Françon sont à l'affiche cette année. On n'a vu ni Naître, dont l'écho critique et public a été franchement sévère, ni Chaise, qui a davantage enthousiasmé les foules.
Pour ce qui est de Si ce n'est toi, on est un peu... perplexe. Dispositif scénique vu, et revu. La boite de théâtre. Noire. Les murs, gris. Les chaises, grises. Les costumes gris.On serait le 18 juillet 2077. Une femme assise. Silence interminable. On cogne à la porte. Re-silence interminable, et l'arrivée du mari, obscur militaire. L'intrus de la porte, qui se présente, se prétend le frère de la femme. Attention, chamboulement en perspective. Il y a là quelque chose d'un questionnement sur l'espace public et l'espace privé, et ce qui advient quand l'un s'immisce trop dans l'autre. Par surprise. Insidieusement. Edward Bond, l'auteur, qualifie l'oeuvre d'un "mélange de farce et d'autre chose, quelque chose d'étrange".
Il y a effectivement de la farce dans la façon dont les dialogues s'emballent, et les personnages sont poussés dans leurs extrêmes retranchements, dont la relation dérape, sur un petit rien. Incompréhensible. Mais aussi de la tragédie dans l'issue du récit. De très bons comédiens (Luc-Antoine Diquéro, Dominique Valadié, Abbès Zahmani), une petite forme, efficace. Il y a pourtant quelque chose de daté dans cette pièce du futur et d'un peu convenu sur le mode du grain-de-sable-et-ses-dégats-irréparables.

[Illus : Naître  © Christophe Raynaud de Lage]

Les Barbares de Gorki / Eric Lacascade

Posté par Nedjma le 25.07.06 à 20:50 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006
Photo du spectacle LES BARBARESLa Cour d'honneur vendredi soir, trois jours après une première où les interluttants se sont invités sur scène, histoire de dire que non, non, rien n'a changé.
Il fait son entrée sur scène, le cheveu en bataille, la barbe grisonnante, l'habit usé. Jeune et pourtant déjà vieux, gratte sèche en bandoulière, il chante - faux - des chansons folk. Dylan, Noir Désir en anglais dans le texte. Le paumé du village, à la marge, qu'on retrouvera, quelque temps après, attaché à une chaîne tel un chien. Imaginé par Gorki voilà tout juste un siècle, celui-là nous en rappelle tant d'autres, qu'on croise matin et soir dans les métros parisiens. Mais ici on est dans une petite ville russe, oubliée, figée dans la médiocrité depuis longtemps. Rien ne s'y passe, rien ne peut s'y passer jusqu'à l'arrivée de deux ingénieurs, deux bâtisseurs. "On va construire une voie ferrée et on va vous la démolir votre petite vie, bourgeoise, patriarcale et arriérée", lance l'un d'entre eux. Trois heures plus tard, c'est vrai, la vie est démolie, l'équilibre précaire a volé en éclats. Qui sont-ils, les Barbares : les petits-bourgeois au quotidien étriqué ou les semeurs d'illusions ? les étudiants et penseurs sans cause ou les manipulateurs ? les sans grades, ou les politiques cyniques, les quêteurs de pouvoir ? Gorki ne donne pas de réponse, Eric Lacascade non plus.
Après des années d'un sillon profond creusé dans l'oeuvre de Tchekhov, le directeur du CDN de Normandie se penche sur Gorki, comme une forme de prolongement. On est loin des portraits au cordeau, de l'écriture ciselée de Tchekhov. Celle de Gorki est plus directe, plus rapide, plus brute. Ici, pas de personnage principal, mais une multitude de destins qui, entre social et intime, s'entrecroisent et s'influencent l'un l'autre, jusqu'au drame final. Pas de longs monologues à l'adresse du public ou de face-à-face qui s'installent, mais un foisonnement, un mouvement quasi-permanent. Pas possible de résumer l'intrigue à "une tentative d'assassinat, trois hommes désespérés, du sang et au milieu de tout cela l'amour triomphant", comme le fait l'un des deux ingénieurs. C'est bien plus complexe, même si le texte nous a semblé manquer d'intensité. De compréhension parfois. Peut-être à cause de l'adaptation de Lacascade qui a opéré quelques coupes franches et touches modernes dispensables dans la traduction d'André Markovicz. Mais Eric Lacascade est un artisan de la matière, un magicien. Après Platonov voilà quatre ans, l'homme investit, de nouveau, la Cour, en maîtrise l'espace, comme personne. Sur scène, une vingtaine de comédiens d'une grande vivacité -dont Christophe Grégoire, toujours très bon, impossible de les citer tous-. Et ça donne quelques images mémorables.

Des corps en ombres chinoises sous les voûtes, des guirlandes de loupiotes qui s'envolent vers le ciel, une fanfare pétaradante qui surgit de nulle part pour rythmer un bal populaire et mélancolique, une boule à facettes sur les épaisses murailles, un banquet scénographié comme un ballet... Eric Lacascade, qui se réserve aussi le rôle de Pritykine, est un meneur de troupe tout autant qu'un grand metteur en scène, épaulé par le talent très sûr du scénographe Philippe Marioge. La fresque qu'il dessine à petites touches est généreuse, belle, même avec ses failles, et ses longueurs. Et vous embarque durablement.
 
Jusqu'au 25 juillet, 22 h, Cour d'honneur.
Spectale Les barbares au festival d'Avignon
Crédits photo : Christophe Raynaud de Lage

L'Iliade par Vassiliev

Posté par JdF le 23.07.06 à 16:20 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006
Les deux spectacles que Vassiliev a présenté cette année en Avignon a suscité la perplexité. En particulier, son adaptation du chant XIII de l'Iliade qui a suscité nombre de commentaires mitigés. Donné dans la carrière de Boulbon, il rassemblait une vingtaine de participants pour un spectacle choral où les acteur/chanteurs/danseurs/ lutteurs psalmodiaient, proféraient le texte d'Homère (en russe) avec une violence tout à fait en accord avec le propos, se battaient à coup d'épées et de lances ou composaient une chorégraphie étrange qui évoquaient des danses guerrières venues d'Asie.
Alors évidemment ceux qui étaient venus avec leurs bambins, pensant assister à une sorte d'Iliade illustrée, ont été sûrement déçus : mais pour moi, une fois l'effet déstabilisant des premières scènes passé, le spectacle m'a pour ainsi dire aspiré dans cet univers à la fois violent et ritualisé où le plateau semblait une toile et les acteurs des tâches de couleur mouvantes. Un tableau animé et sonore, en quelque sorte, où le récit (c'est un peu répétitif l'Iliade, certains doivent s'en souvenir) s'évanouit au profit d'une action parfaitement dessinée et rythmée.
Alors c'est long (trois heure quasi) trop long sans doute, surtout pour ceux qui, comme moi, avaient attendu presque minuit avant que la pièce commence parce que la scène avait été détrempée par une de ces pluies intempestives qui a donné tant de serpillères à retordre aux organisateurs du festival. Mais l'impression qu'on en garde est marquante.

La Poursuite du vent : grâce à Viviane de Muynck, Jan Lauwers se rachète

Posté par JdF le 22.07.06 à 15:55 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006
Après le décevant Bazar du Homard, je me suis quand même rendue au Théâtre municipal pour assister à la Poursuite du vent, un texte autobiographique de la poètesse Claire Goll, interprétée magistralement par Viviane de Muynck. Seule en scène, sur un plateau nu, sur lequel descendent des spots dont l'intensité lumineuse varie au cours du spectacle, l'actrice campe une Claire Goll sur la fin de sa vie qui raconte ses jeunes années, sa relation avec Yvan Goll et ses autres amants, les femmes et les hommes qui l'ont marqué et qui ne sont autres que Dali, sa femme Gala, Malraux, Brecht ou Helena Rubinstein.
D'une simplicité sans rature, le spectacle se met au service du texte et d'une actrice qui s'allient formidablement l'un à l'autre. La théâtralité dicrète et fait sûrement regretter à ceux qui avait vu la Chambre d'Isabella une scénographie plus foisonnante. Mais que voulez-vous ? Jan Lauwers s'en est donné à cœur joie avec son homard, et sans trop de discernement. Ici, il se fait un peu oublier...

Rats et poulets : le bestiaire de Copi par le Théâtre des Luciole

Posté par JdF le 21.07.06 à 15:55 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006
Cette année, au Festival d'Avignon, le Théâtre des Lucioles présentaient deux spectacles. J'ai déjà donné mon avis sur le premier, la Tour de la Défense, c'est à présent au tour du second qui en regroupe en fait deux : Les Poulets n'ont pas de chaises et Loretta Strong. Loin du clinquant de la Tour de la Défense, ce double spectacle est servi par un dispositif scénique circulaire qui tient du cabaret (sauf que les spectateurs ne sont pas attablés). Et c'est en effet à une revue que nous convie d'abord la troupe des Lucioles : le spectacle commence par une projection animée des dessins de Copi. Puis les acteurs viennent à leur tour jouer des sketches en intégrant les dessins dans leur jeu : le femme sur la chaise est flanquée de son poulet et ses filles faussement niaises ne perdent pas d'occasion d'écraser un escargot, pourtant fort sympathique au deumeurant ...
Dans une seconde partie, Marcial di Fonzo Bo est seul en scène ...si l'on peut dire... car il n'y a bientôt plus de scène. L'action de Loretta Strong commence sur le plateau circulaire qui entoure le public, mais se continue au milieu des spectateurs. Loretta Strong, depuis sa navette spatiale où elle est supposée se faire féconder par des rats, est en communication téléphonique avec une certaine Linda qui, depuis la base, est en plein émoi érotique, mais Loretta a déjà fort à faire avec ses rats. L'acteur, suspendu par un filin, va et vient au dessus des têtes des spectateurs, en se débattant avec un énorme rat (en peluche) et débite à toute vitesse ce monologue insensé ... en totale empathie avec l'imaginaire délirant de Copi.

La Tour de la Défense par le théâtre des Lucioles

Posté par JdF le 20.07.06 à 09:52 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006
Marcial di Fonzo Bo et sa troupe ont effectué une tournée triomphale avec La Tour de la Défense de Copi. Bon, c'est sûr qu'il y a du spectacle. Le décor est somptueux : une boîte de verre qui figure un appartement high-tech avec sa cuisine salle à manger modern style, sa salle de bain et sa chambre. Les parois permettent de faire des projections : des nageurs aux corps atléthiques, filmés sous l'eau et Paris by night, vu de la Défense. D'emblée le ton est donné : nous sommes chez des jeunes bourgeois très hype et très en crise.

Deux hommes qui s'aiment , mais se déchirent, une voisine sous acide qui ne veut pas rentrer chez elle, un travelo qui s'invite et le gigolo de la voisine, tout cela réveillonera de conserve, d'un gigot brûlé et d'un serpent extrait des canalisations de l'immeuble.
La farce tourne au tragique lorsqu'il apparaît que la voisine s'apprète à s'envoler pour les États-Unis avec le cadavre de son enfant dans une valise...

L'affaire tourne mal, donc, mais finalement, elle nous intéresse assez peu. Alors évidemment, la pièce se veut satirique, parodiant le boulevard en en reproduisant une situation de base (un réveillon, un couple au bord de la rupture, l'irruption d'éléments extérieurs) et en y introduisant à chaque étape un effet de décalage qui fait glisser le propos vers un burlesque totalement déjanté. Mais... cela demeure du boulevard et, au contraire d'autres pièces de Copi, l'auteur en semble curieusement absent.

Les pérégrination mentales de Joseph Nadj - Deuxième partie

Posté par JdF le 19.07.06 à 10:34 | tags : festival d'avignon 2006, josef nadj
Après avoir laissé derrière moi la Place des corps Saints et l'Église des Célestins, c'est vers l'École d'Art que mes pas me dirigent. Sise boulevard Raspail, dans un ancien hôtel, bâti au XVIIe siècle, l'école abrite trois expositions.
Entrant dans l'école, par la rue adjacente, on peut voir les "Miniatures", les dessins de Joseph Nadj : hommes occuper à des rituels étranges, accompagnés ou nom d'animaux, souvent enfermés dans d'étroites pièces. Le dessin est précis, le fond est crayonné de façon à donner un relief à l'espace de la feuille, qui s'il est réduit, n'en est pas moins très élaboré : le cadre de la scène, la disposition des êtres et des objets font que ces miniatures sont des lucarnes ouvertes sur un univers où il se passe des choses extraordinaires.
Entrant par le jardin, on accède à "La maison du petit-sable" qui regroupe les photographies que Joseph Nadj a prises d'une maison occupée et décorée par des Roms, puis délabrée par le temps. Superpositions de tentes : peinture, papier peint, fissures, orifices, Nadj cadre un détail et l'image qui en surgit raconte cette histoire à travers les states et les sédiments qui s'y sont déposés.
Dans les pièces suivantes, "Le Chemin des arbres" rassemble des dessins, des fusains, des encres d'Alexandre Holan dont l'œuvre a marqué Nadj : troncs massifs, feuillage qu’on imagine bruissant, à mi-chemin entre le ciel et la terre, l’arbre fascine ceux qui voient en lui une métaphore, voire un modèle de l’humaine condition.
Or, contrairement à Alexandre Hollan qui a quitté la Hongrie en 1956, ou à Joseph Nadj qui, vivant en France depuis 1980, retourne fréquemment dans sa ville natale Kanizsa, en Voïvodine, l’arbre, en principe, est lié à la terre qui l'a vu naître.

Les deux parties de l’exposition renvoient donc à un sème commun : attachées au sol comme l’est l’arbre, ou en constante migration comme le sont les Roms du Petit-Sable, les photographies de Joseph Nadj et les dessins d’Alexandre Hollan racontent le rapport problématique de l’artiste à une origine.

L’origine, qu'elle soit réelle ou mythique, est aussi au cœur de « Dernier paysage », film dans lequel Nadj esquisse un traité de géographie personnelle : en son centre Kanizsa, autour, des tumuli, érigés par ses occupants il y a quelques millénaires, qui fascinent Nadj, un ruisseau d’argile dans lequel il s’immerge, s’en couvre le corps, se transformant ainsi en sculpture vivante. Et des prairies, aux herbes mollement couchées par le vent, qui plongent, durant un instant, le paysage dans un état de grâce. Ainsi, pour Nadj, le sol n’est pas inerte : il est meuble, il est fluide, il est vivant.

La tête du public

Posté par Julien le 18.07.06 à 18:10 | tags : festival d'avignon 2006, web

En 2005 le blog de Flu sur le Festival d’Avignon s’ouvrait sur la savoureuse sociologie de ses publics composée par Emmanuel Ethis et son équipe. L’ouvrage s’attelait à casser plusieurs préjugés chroniques et tenaces sur le festival et ceux qui le fréquentent. Jusqu’ici, le minimum de l’entreprise sociologique. Mais en dressant des portraits de festivaliers de façon hilarante, tendre ou pathétique, les auteurs avaient réussi, prouesse, à faire d’une étude de la Documentation Française un livre de vacances à dévorer. Bonne nouvelle, cette année les mêmes croquent un festivalier chaque jour dans Libération. L’ex-militant bloqué sur son « c’était mieux avant », la prof exaltée ou les « wannabe » de toutes sortes : regardez bien, ils sont à chaque coin de rue. A moins que vous ne vous reconnaissiez…
 


Une laborieuse entreprise - H. Levin à Avignon

Posté par Catherine le 17.07.06 à 12:34 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off, arts visuels

Laborieuse entrepriseSi certains se découvrent fan de Nadj, je suis pour ma part une inconditionnelle d’Hanokh Levin. Voir ici, ici, ou encore . Donc, quand j’ai vu qu’ici à Avignon une seule pièce de cet auteur israélien était présentée, je me suis précipitée. Il s’agit de Une laborieuse entreprise, comédie écrite en 1990 .
Un couple au lit. Yona, le mari, n’en peut plus de cette vie, il rêvait d’autre chose et il le dit à sa femme, Leviva. Il veut la quitter. Les échanges sont féroces. Longue scène de ménage où les aveux les plus personnels ne changent rien à la vacuité et à l’inutilité de l’existence. D’ailleurs la mort qui survient ne change rien non plus. En tout cas, elle n’empêche pas Yona de se lever pour aller aux toilettes.
Sur le mode de la comédie, Levin décline une fois de plus sa vision joyeusement désespérée du monde. Un texte au scalpel, comme d’habitude, très bien servi ici par le jeu subtil et précis des comédiens du Théâtre des Agités, pour qui l’interprétation de ces rôles, très physique, est une véritable performance.
Allez, je vais me risquer à une petite critique du texte: quelques redites aurait pu être évitées, le tout est légèrement trop long. (Mais c’est quand même une pièce géniale).
Une laborieuse entreprise, de Hanokh Levin, par le théâtre des Agités, mise en scène Jean-Pierre Berthomier
avec Christine Joly, Phlippe Lebas, Jean-Pierre Mesnard
jusqu’au 29 juillet 2006 à 11 heures au théâtre des Halles, Festival d’Avignon Off


Koffi Kwahulé - reproduire l'émotion de l'improvisation

Posté par Catherine le 16.07.06 à 08:17 | tags : théâtre, entretien, festival d'avignon 2006, avignon off

Koffi KwahuléKoffi Kwahulé présente au festival Off d'Avignon 2006 son avant-dernière pièce, Blue-S-Cat, qu'il met lui-même en scène. Rencontre impromptue après la représentation.

Est-ce la première fois que vous mettez en scène vos pièces ?
Non, je l’avais déjà fait deux fois. En ce moment, j’écris moins de théâtre et de plus en plus de romans. Mettre en scène est une façon de rester dans le théâtre.

Vous n'avez plus envie d'écrire pour le théâtre ?
J'ai l'impression d'avoir besoin de me mettre en jachère par rapport à l’écriture théâtrale. J’ai écrit une trentaine de pièces de théâtre et j’ai besoin d’explorer d’autres formes littéraires, quitte à revenir ensuite au théâtre. En effet, j’ai l’impression d’être arrivé au bout d’un processus avec Misterioso 119 (paru en 2004, ndlr).

En quoi consistait ce processus ?
J’ai travaillé sur les différentes formes de choralité : comment orchestrer des voix, comment deux personnes ensemble suffisent, si on écoute attentivement, à créer un choeur en se disant simplement "bonjour/bonsoir." Ce sont les moments où les mots deviennent autre chose que de la parole et s’approchent de la musique, qui m’intéressaient.

Vous basez votre écriture sur la musique.
Oui, très souvent je pars de thèmes ou de moment musicaux, essentiellement de jazz, que j’essaie de retraduire au théâtre. Ce qui n'est pas évident puisque justement, le jazz est une musique non écrite.  Il s’agit de chercher à reproduire l’émotion que produit l’improvisation dans quelque chose qui sera de toute façon fixé.

Que signifie ce titre étrange, Blue-S-cat ?
Blues car la pièce peut être reçue comme un long blues, mais un blues entrecoupé de scat. Les titres de mes oeuvres sont souvent en anglais. Cela a bien sûr à voir avec le jazz, mais c’est aussi parce que les thèmes que j’aborde relèvent souvent d'univers plutôt anglo-saxons, américains. Je ne suis pas spécialement un missionnaire de la francophonie. J’essaie de fabriquer des émotions et je pense que ces titres (Babyface, Big Shoot, Blue-S-cat etc.) correspondent à ce que j’écris, tout simplement.

Parlez-nous de Blue-S-cat.
C’est mon avant-dernière pièce. En fait, je l’ai écrite en même temps que Misterioso 119. J’ai voulu l’écrire contre mes autres pièces qui elles, s’inscrivent dans la vitesse. Ce qui m’intéresse, ce sont les corps traversés par la parole et comment orchestrer ces corps ; car la musique n’est pas simplement sonore, elle peut être aussi visuelle. Cette pièce est un peu comme une liturgie. D’ailleurs, elle commence et se termine par le Kor Nidr, un vieux chant sacré juif, qu’on chante juste avant le Grand Pardon. C’est donc aussi un moment de repentance. L’espace de l’ascenseur devient le lieu de cette liturgie, durant laquelle par cet accident mécanique, on revient sur soi, sur ses propres peurs.

Blue-S-cat est publié aux Editions Théâtrales


Blue-S-cat / le temps suspendu

Posté par Catherine le 16.07.06 à 08:14 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off

Le plateau est nu. Juste un petit podium illuminé de blanc et des lumières qui sculptent l’espace. Un homme et une femme. De la musique. Ils sont dans un ascenseur. Ils rentrent chez eux. Ils sont détendus. Leurs corps relâchés laissent grandir des mouvements de plénitude. Soudain, c’est la panne. Les voici bloqués. Ils étaient si bien, chacun dans leur monde. Ils tentent d’y rester, mais la proximité amène forcément la collision. Leur paraître n’en sortira pas indemne et ce temps suspendu sera l’occasion pour eux de se confronter à leurs peurs, leur désir, leur être véritable. L’ascension pourra reprendre, dans une plénitude encore plus réelle. Loin de nous donner à voir le banal d’une telle situation (un homme et une femme qui ne se connaissent pas, coincés dans un ascenseur), Koffi Kwahulé explore l’envers de l’ordinaire. Il sonde les mondes intérieurs et les restitue à travers un verbe délicat. Il met lui-même en scène ce texte écrit en 2004 et habille sa poésie d’un univers visuel qui privilégie le geste. Le genre d’expérience théâtrale qui reste longtemps dans les mémoires. A ne pas manquer.

Blue-S-cat de Koffi Kwahulé, mise en scène de l’auteur, festival d’Avignon Off
avec Olivier Brunhes et Nanténé Traoré
du 7 au 29 juillet 2006 à 12h15 à la chapelle du Verbe Incarné
photo Frédéric Jessua


Peepshow dans les Alpes / théâtre-réalité

Posté par Catherine le 15.07.06 à 17:55 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, avignon off

peep showEh bien si, quoiqu’en disent certains de nos lecteurs, cela vaut vraiment le coup de s’aventurer du côté du Off. Si je ne m’étais pas écartée de la liste des artistes bien rodés du In (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours garantie de qualité, nous sommes bien d’accord), je n’aurais pas découvert ce petit bijou de pièce qui m’a absolument ravie, enchantée, transportée, et auquel je n’arrête pas de penser depuis que je l’ai vu il y a maintenant deux jours. Peepshow dans les Alpes pour titre, et la vache que vous voyez ci-contre pour affiche. Ajouter à ça un auteur qui, bien que n’étant pas le dernier des petits aspirant-auteurs de base, ne figure pas (encore) parmi ceux qui attirent les foules : Markus Köbeli (car en plus, il est Suisse...). Bref, je vous le concède, j’ai eu le nez fin pour flairer là-dessous le clou du festival.
Le décor : l’intérieur d’une famille de cultivateurs dans la montagne suisse (décidément, après Mnemopark, il y avait de la Suisse dans l’air). Buffet de cuisine, table et bancs en bois, poêle, fauteuil, télévision etc., cela change des plateaux nus auxquels nous sommes tant habitués ! Une famille banale : le père, la mère, le fils, la fille, le grand-père. Ils se mettent à table, mangent la soupe. Rien de spécial. C’est qu’il ne se passe rien au milieu des alpages. Et c’est bien ça le problème. Les enfants, devenus adultes, s’ennuient. Alors le fils imagine un moyen simple et efficace de gagner de l’argent : proposer aux touristes qui descendent des cars pour une pause-pipi à côté de leur ferme, de payer pour regarder à travers leur fenêtre comment « c’est quand c’est resté comme c’était ». ça n’a l’air de rien, puisqu’il suffirait de ne rien faire de plus que d’habitude. Mais le regard d’autrui change tout... les comédiens le savent bien.
Bien plus qu’une simple comédie rurale, l’histoire de cette famille est une superbe métaphore du théâtre : la recherche d’instants dramatiquement intéressants les amènent à jouer une scène écrite, pour laquelle ils se procurent les costumes adéquats. Ils font ensuite l’expérience de la difficulté de jouer encore et toujours la même scène. D’autant qu’en parallèle, les relations au sein de la famille évoluent. Forcément. Ils ont maintenant de l’argent. Rien n’est plus comme avant, et dans l’optique de coller encore plus aux attentes des clients/spectateurs, ils en arrivent à mimer une scène de Heidi dont la bande-son est enregistrée à l’avance.
Entamée dans un naturalisme complet, servie par d’excellents comédiens, cette production de Peep-show dans les Alpes se révèle une bombe théâtrale aussi folle que percutante qu’il faut absolument chercher à voir, à Avignon ou ailleurs !

Peepshow dans les Alpes, de Markus Köbeli (éditions Théâtrales), mise en scène Patrick Pelloquet. Théâtre Régional des Pays de la Loire
Au Grenier à Sel, à 15h15, Festival d’Avignon Off


Joël Pommerat - la consécration à Avignon

Posté par Catherine le 15.07.06 à 11:26 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006

Joël PommeratJe n'aurai malheureusement pas le temps d'aller voir Les marchands, la nouvelle création de Joël Pommerat présentée au festival d'Avignon. Mais nous avions parlé de Au monde lors de son passage au Théâtre Paris-Villette en 2004, alors voici.

Joël Pommerat au Festival d'Avignon In 2006 :
Les Marchands du 20 au 25 juillet, à  19h au Théâtre Municipal 
Au monde du 21 au 25 juillet, à 15 h au Théâtre Municipal
Le petit chaperon rouge, salle Benoît XII


Mnemopark - un monde de train en miniature

Posté par Catherine le 14.07.06 à 21:17 | tags : festival d'avignon 2006, théâtre

MnemoparkL'an passé à Avignon on pensait voir l'avénement du corps au détriment du texte, qu'on regrette ou qu'on défende une certaine interdisciplinarité dans les créations contemporaines. Cependant, à croire que la danse était en passe de tuer le théâtre, on en aurait presque oublié combien l'horizon théâtral peut être large.


Prenez Mnemopark, spectacle importé de Suisse : sur le plateau, tout un monde de train miniature. Un parcours à travers la Suisse en modèle réduit, avec ses maisons de montagne robustes, ses pâturages, ses quais de gare et ses ponts, mais également sa part d'inattendu et de farfelu : une traversée d'aquarium ou une montagne de viande par exemple. Des comédiens, des acteurs ? Non. Pour présenter et faire vivre ce décor, qu'ils ont d'ailleurs fabriqué eux-mêmes, une poignée de modélistes passionnés. Ces derniers se présentent au public : à quand remonte leur passion, la date de leur première loco, la taille de leur flotte actuelle, l'activité professionnelle qu'ils ont mené en parallèle... Quatre hommes et une femme d'une soixantaine d'années, dans leurs vêtements de tous les jours. Pour les accompagner, et dans le rôle du meneur, une comédienne. Mais elle aussi se présente sous son vrai nom et partage avec le public sa propre expérience de jeune fille de la campagne. Le tout en allemand surtitré ou bien en français avec fort accent et même quelques fautes de prononciation sympathiques.
Le train se met en marche. Grâce à une caméra fixée sur la locomotive, le paysage traversé défile sur grand écran. S'ensuit une présentation de la Suisse, géographique et économique, chiffres à l'appui, mêlée aux évocations personnelles de chacun, suscitées par les divers éléments du décor. Aux images captées en direct se superposent parfois de vraies images filmées en Suisse, et même des extraits de films de Bollywood. On apprend en effet que les paysages suisses sont très prisés par les cinéastes indiens.
Au début, le public rit d'un rire légèrement condescendant : qui sont ces monstres qui peuvent consacrer deux mois de leur vie à la construction d'une maison en bâtonnets de glace ? Mais il ne peut s'empêcher d'admirer combien les paysages factices ont l'air réel sur grand écran. Et finalement, tout le monde se laisse embarquer joyeusement dans ce drôle de pot-pourri helvètico-ferroviaire. Après une dernière chorégraphie indienne en guise de terminus et des applaudissements nourris, nos charmants modélistes nous invitent même à monter sur le plateau admirer les modèles réduits de plus près, et l'échange se poursuit !


Mnemopark, par le Riminiprotokoll, mise en scène Stefan Kaegi, festival Avignon In


Stefan Kaegi présente également à Avignon Cargo Sofia-Avignon, un voyage en camion bulgare


Les pérégrinations mentales de Joseph Nadj - Première partie

Posté par JdF le 14.07.06 à 12:26 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, josef nadj, danse, pâques, loufoque
Pas plus tard qu'hier, j'écrivais tout le bien que je pensais d'Asobu, de Joseph Nadj. Il est temps, aujourd'hui de décrire le parcours que, de l'église des Célestins, à l'Ecole d'Art, jusqu'à la Maison Jean Vilar, j'ai effectué afin de m'immerger dans l'univers mental de ma nouvelle idole.

Commençons par l'église des Célestins, où sont disposées quelques sculptures et céramiques de Miquel Barcelò. Le lieu est impresionnant et donne aux pièces exposées un petit quelque chose d'archaïque, comme si elles avaient été exhumées de fonds marins ou de sépultures millénaires. L'église, quelque peu délabrée, est plongée dans la pénombre, le sol est poussiéreux, la présence d'un moniteur video, devant lequel personne, du reste, n'a pensé à disposer des sièges, est parfaitement incongrue. Voilà une première étape qui commence déjà à faire vaciller mes repères spacio-temporels : un lieu d'expostition ou une crypte ? Des œuvres d'un artiste vivant ou des vestiges d'époques disparues ? Vases ornés de poisson en bas-relief, tête de cheval dit "crucifié". Tout se passe comme si j'étais confrontée à une représentation du monde originelle. C'est pourquoi, je ne fus pas dépaysée, lorsqu'au Musée Calvet, visitant l'exposition, "Figures de l'acteur, la paradoxe du comédien", je fus frappée par deux toiles grand format du même Barcelò. L'une "papier journal" est une tranformation de ce matériau par le plissage, le grattage, la peinture que Barcelò lui a appliquée. L'autre "fond marin", évoque tout à fait un sol sablonneux couvert d'algues. Dans les deux cas, la toile sert à matérialiser un imaginaire : l'inconnu des profondeurs marines à l'artefact de notre banalité quotidienne.

Cela ira pour ce matin, ce soir, je vous raconte la suite...

Église des Célestins Place des Corps Saints
Ouverte tous les jours de 11h à 16h

Le musée Calvet
Hôtel Villeneuve-Martignan
65, rue Joseph Vernet T. 04 90 86 33 84 Mail : musee.calvet@mairie-avignon.com
Ouvert tous les jours sauf mardi de 10h à 13h et de 14h à 18h

Ma passion naissante pour Joseph Nadj

Posté par JdF le 13.07.06 à 20:57 | tags : théâtre, josef nadj, festival d'avignon 2006

Ce festival aura été pour moi l'occasion de découvrir Joseph Nadj, en l'occurrence, l'artiste associé à la programmation du festival pour cette édition 2006. Eh oui, je sais bien que certains en sont des inconditionnels depuis des années (son premier spectacle date de 1987), mais voilà, je fais partie de ceux pour qui le monde de la danse a longtemps été étranger et qui le découvre à la faveur de ce glissement vers l'hybridité des genres, glissement qui s'opère actuellement, à Avignon comme ailleurs.
Cette découverte, donc, a été une révélation : contrairement à Jan Lauwers, Nadj n'a pas été indigne de sa réputation. Je dirais même : au contraire.

D'une échappée vers l'Orient-Extrême sur les traces de Michaux et du Barbare en Asie, Nadj nourrit son imaginaire, riche déjà toute sortes d'univers. Les fragments filmés de ses précédents spectacles, présentés à la maison Jean Vilar en attestent : une mittel-europa peuplé d'hommes en costume sombres de Comedia Tempo, des faces terreuses et les décors ocres de Woyzeck ou l'ébauche du vertige, les fantaisies acrobatiuqes du Cri du Caméléon ou le mystérieux cérémonail de Petit Psaume du matin.

Asobu mêle à des images qui lui sont chères (des hommes en noir, assis, immobiles face au public, devant une longue table), d'autres d'inspiration nippones (des costumes qui évoquent ceux des samouraïs, des faux rituels de décapitation font voler les hautes coiffes des danseurs). Il fait aussi la part belle à ses danseuses, dont une, japonaise, offre un solo d'une éblouissante beauté, tandis qu'une autre se livre avec Nadj à un corps à corps très érotisé, tout à fait surprenant de la part d'un être qui me semblait, de prime abord, descendre tout droit des sphères célestes.
Asobu - hommage à Henri Michaux 
Chorégraphie Josef Nadj

Joseph Nadj - Exposition
Maison Jean Vilar Ouvert tous les jours (sauf le 14 juillet) de 10h30 à 18h Entrée libre


Tenue de Soirée : Demain j'arrête

Posté par Catherine le 12.07.06 à 21:10 | tags : théâtre, avignon off, festival d'avignon 2006

soiréeLe bonheur à Avignon, c’est qu’à côté du programme très carré et documenté du In, on peut se détendre dans la joyeuse pagaille du Off, car les billets sont quand même un peu moins chers – et surtout, moins préemptés. Mais comment choisir ? L’auteur ? Le titre ? L’affiche ? Le sourire de la demoiselle qui vous glisse un tract rue des Teinturiers ? En attendant qu’un certain bouche-à-oreille se mette en branle, on est parfois désemparé et il arrive que le choix réponde à des critères aussi stupides que… l’horaire. C’est ainsi que je me suis retrouvée à aller voir, à 17h15, une adaptation au théâtre d’un super film de Bertrand Blier. Oui, j’aime Tenue de Soirée, alors je me suis dit que peut-être, peut-être, sa transposition à la scène serait géniale, fantastique, unique. Eh bien non. Dans une mise en scène balourde, trois comédiens se donnent beaucoup de mal mais devant leur jeu bêtement outré et leurs cris grand-guignolesques , on ne cesse de regretter la subtilité du trio Miou-Miou, Depardieu, Blanc. Demain j’arrête d’aller voir n’importe quoi dans le Off.

Tenue de Soirée de Bertrand Blier
Adaptation et mise en scène Hélène Zidi-Cheruy
A 17h15 au théâtre de l’Etincelle - Festival d'Avignon 2006


Jan Lauwers : Un homard qui ne passe pas...

Posté par JdF le 11.07.06 à 15:40 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, politique
Quelle déception : après les descriptions alléchantes que j'avais lues sur La Chambre d'Isabella, je me réjouissais tant à l'idée d'aller pour le première fois voir un spectacle de Jan Lauwers ... Et de me retrouver à l'arrivée devant un Bazar du Homard bâclé et totalement indigne de ce que Jan Lauwers a, semble-t-il, fait dans le passé.

L'installation scénographique elle-même (faut-il rappeler que Lauwers est d'abord un plasticien ?) témoigne d'un effort d'imagination minimal : pour un homme qui est supposé savoir créer un univers mental sur une scène, Jan Lauwers ne s'est pas fatigué dans la préparation du Bazar : une scène vide ornée de quelques sculptures, genre totems indiens, le tout blanc comme neige, et des buches installées au pied d'un arbre attendant sagement l'évocation de l'incendie pour rougeoyer.

Car il y a un incendie, un enfant mort qui ne l'est peut-être pas, un couple qui se déchire à ce sujet, une femme qui disparaît (noyée ? peut-être), un homme qui tente de se noyer à son tour (dans le film, il n'a pas l'air d'y parvenir, mais bon...). Parce qu'il y a des films aussi. Trois. Le premier est une mise en bouche, en quelque sorte : un homme (c'est un réfugié nommé Mo, on l'apprendra plus tard) navigue tranquillement sur un canot pneumatique, dans une sérénité tout à fait inhabituelle pour quelqu'un en train d'aborder un rivage étranger en toute illégalité. Un deuxième film évoque la mort de l'enfant, terrassé par les coups d'un autre garçon, sans que ces coups aient l'air d'inquiéter plus que ça ni le père, ni l'autre adulte présent. La violence du film s'en voit d'ailleurs renforcée et c'est peut-être le seul moment où il se passe quelque chose de prenant durant l'ensemble du spectacle. Le dernier film montre le père essayant d'être submergé par les vagues : étant donné que l'eau ne le recouvre que de quelques centimètres, son entreprise semble bel et bien vouée à l'échec.

Bref, il se passe à la fois tout et rien dans ce bien nommé Bazar : l'affaire commence par un homard renversé sur un pantalon blanc et se termine par l'histoire d'une jeune prostituée devenue elle aussi réfugiée, histoire dont nous ne saurons pas grand chose. Le spectacle lance mille idées et n'en développe aucune, les acteurs n'ont pas vraiment l'air de croire en leurs personnages, le tout évoque une soirée chic où les invités se livrent à des jeux de rôle et à quelques numéros de karaoké : une amusante soirée entre amis, où le spectateur fait antichambre.

Avignon - c'est parti !

Posté par Catherine le 11.07.06 à 10:14 | tags : festival d'avignon 2006

Eh bien nous voici enfin à Avignon. Il fait beau il fait chaud. La ville est calme. Difficile de se procurer encore des places pour les pièces du in, mais pas impossible. Les compagnies du off aimeraient que ça pulse un peu plus. On circule encore très bien dans les rues de la ville. Tiens, hier un incendie impressionnant s’est déclaré dans une poubelle de la rue Bonneterie et a ravagé quelques façades.
Restez connectés : Avignon comme si vous étiez, c’est ici et pour toute la durée du festival !


L'ADAMI en Avignon

Posté par JdF le 10.07.06 à 09:57 | tags : théâtre, avignon off, festival d'avignon 2006, arts visuels
Tout au long du festival d'Avignon, l'Adami, association qui défend les intérêts des artistes et interprètes du spectacle vivant popose une programmation dans le off. Des pièces d'auteurs contemporains pour la plupart : Jon fosse, Davide Harrower, mais aussi Henry James, Gogol, Goldoni, des créations collectives et des concerts. En tout, 22 spectacles qui, soutenus par L'Adami, sont présentés dans différents lieux d'Avignon.

 Le programme est disponible sur le site de l'Adami.

Donnedieu de Vabres en Avignon

Posté par JdF le 06.07.06 à 15:02 | tags : festival d'avignon 2006
Je reçois à l'instant un communiqué du ministère de la culture et de la communication, dont je m'empresse de vous faire part :  "Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, se rend au 60e Festival d’Avignon les 7 et 8 juillet".

Avouez que vous auriez regretté de ne pas le savoir à temps. Car le 7 et le 8 juillet, si je ne me trompe, c'est demain et après-demain, donc vite, vite, préparez vos suppliques, mesdames et messieurs les intermittents, ou vos tomates (ça c'est pour les interluttants, tendance radicale), vos rond-de-jambes ou vos imprécations, mesdames et messieurs les directeurs/rices de lieux culturels qui espèrent voir augmenter (ou ne pas voir diminuer) leurs subventions.

Allez : je vous donne même son emploi du temps : demain, vendredi 7 juillet, il inaugurera l'exposition,  "Figure de l'acteur - le paradoxe du comédien", présentée au musée d'art contemporain. ensuite, à 18h30, il se rendra au Couvent des Célestins, à une autre exposition, celle de Miquel Barcelo. Ensuite, il assistera à la première d'"Asobu" de Josph Nadj, au Palais des Papes.
Assez pour demain.

Après-demain : à 10h30, il présentera, dans le Cloître Saint-Louis ce que le ministère a organisé sous le nom de : "Une journée particulière :  24 heures pour célébrer 60 années de décentralisation théâtrale", qui aura lieu en deux temps.
Puis, à 13h30, il déjeunera avec des artistes, ce qui donnera l'occasion à Joseph Nadj et à Olivier Py de lui demander des compte au sujet de la diminution de leur subventions.

Voilà ce que c'est qu'un agenda de ministre !

Hommage à Jean Vilar

Posté par JdF le 30.06.06 à 16:52 | tags : théâtre, festival d'avignon 2006, politique
Le 27 juillet, Olivier Py lira des extraits des écrits de Jean Vilar dans le cadre de l'hommage  que le festival d'Avignon rend à son fondateur.
 
À l'occasion de la 60eme édition, comment ne pas faire référence à celui qui lança la première semaine d'art dramatique en 1947 (à ce propos se reporter à notre historique du festival d'avignon), mais aussi celui qui incarna jusqu'à sa mort, le 28 mai 1971, l'idée même de théâtre populaire, idée mirage peut-être, mais idée encore bien ancrée dans les esprits, comme les polémiques surgies lors de la dernière édition.

Festival d'Avignon 2006 : entretien avec Vincent Baudriller

Posté par fluctuat.net le 15.06.06 à 17:23 | tags : entretien, festival d'avignon 2006

A l'occasion du festival d'Avignon 2006, nous avons souhaité rencontrer son co-directeur, Vincent Baudriller. Dans un entretien exclusif, il aborde le programme de cette soixantième édition, il évoque à la fois le bilan des festivals 2003 et 2005 et nous donne son sentiment sur le festival Avignon off en proie à des problèmes d'organisation. Enfin, il rend bien sûr hommage à Jean Vilar, auquel cette édition anniversaire est en partie dédiée. Lire l'entretien avec Vincent Baudriller.       


Festival d'Avignon 2006 : 10 repérages

Posté par fluctuat.net le 02.06.06 à 20:44 | tags : festival d'avignon 2006
Festival d'Avignon 2006

Festival d'Avignon 2006 : Le guide des temps forts de cette soixantième édition est en ligne. Une sélection de 10 rendez-vous incontournables, les repérages de 20 spectacles à ne pas rater. Nadj, Brook, Lacascade, Bartabas, Platel.. .Les réservations ouvrent le 12 juin. Demandez le programme !   



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