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Toute l'actu du festival d'Avignon : couverture des spectacles in et off, photos, vidéos, news et entretiens autour du festival. Voir aussi : le diaporama du Festival d'Avignon 2009 Gros buzz sur Avignon - BASHPosté par Catherine le 18.07.08 à 10:40 | tags : festival d'avignon
Mâ Ravan' - la mémoire des corpsPosté par Catherine le 18.07.08 à 09:07 | tags : festival d'avignon
Ainsi que l'indique le titre, le spectacle est axé autour de la ravanne. La ravanne, c'est une sorte de tambourin très large, percussion commune à toutes les îles de l'Océan Indien et que l'on retrouve aussi en Afrique de l'Est, en Inde, au Sri Lanka... Trois beaux jeunes hommes noirs, tout en muscles, le crâne rasé, et un homme noir plus âgé, à l'épaisse chevelure, frappent sur la ravanne l'appel des ancêtres, l'appel des origines. Ils chantent des noms d'esclaves et les entrecoupent d'invectives brutales : les noms insultants donnés par les maîtres aux esclaves. Ils dansent, jusqu'à la transe. Alors oui, les sons et les rythmes de la ravanne sont splendides, les corps sont beaux, les mouvements sont plein de force et de grâce. Mais, de même que Julie devant les moines Shaolin (www), je me suis sentie très spectatrice de tout ça, et en aucun cas partie prenante à un rituel. Du coup, l'ennui pointe assez rapidement le bout de son nez. Mais ne voyez ici que paroles de mécréante : ce spectacle est un des buzz du festival. Mâ Ravan', par le théâtre Talipot (Saint-Paul de la Réunion) Du 10 juillet au 2 août à 15h35 à la Chapelle du Verbe Incarné / Avignon Festival Off Les frères Quay - du cinéma au festival d'AvignonPosté par Catherine le 18.07.08 à 08:38 | tags : festival d'avignon
Illus. Stille Nacht (1988) Eaux-les-Bains, heureux hasard du OffPosté par Catherine le 17.07.08 à 08:38 | tags : festival d'avignon
Ce n’est ni la région Alsace-Lorraine dont est originaire la compagnie du Kafteur (région avec laquelle je n’ai pas d’affinités particulières), ni l’auteur (il n’y a pas de texte, donc pas d’auteur – cela ce discute d’ailleurs, mais c’est comme ça ), ni l’horaire (matinal) ni le lieu ni le pur hasard, qui ont guidé mon choix, mais tout simplement l’affiche. Une vue plongeante sur un barbu costaud torse nu portant un bonnet de bain, trois autres gugusses en maillot, sur un « eaux les bains » écrit façon piscine rétro. Et puis la description : « ballet burlesque, en peignoir et sans parole ». Envie d’un petit coup de burlesque sympa, je me suis laissé tenter, et j’ai vraiment bien fait ! ![]() Maillots, peignoirs, serviettes de bains, cabines, table de massage, petite fontaine, distributeur d’eau fraîche, vapeur d’eau, carte du curiste, le petit monde de la cure thermale est recréé sur le plateau, dans un décor tout en blanc et en bleu. D’un côté les curistes, venus seuls et d’horizons différents, en recherche de bien-être un petit peu et d’attention beaucoup, voire plus si affinités. De l’autre, le personnel, restreint et plutôt débordé. Les portes claquent, les robinets débordent, les serviettes s’échauffent, les maillots tombent, le tout contenu régulièrement par de profondes prises d’inspiration. Quelques bonjour, merci, voilà, et hop rythment ce ballet incessant et hilarant, sur une création sonore impeccable aussi bien pour souligner que pour décaler l’action. Eaux-les-Bains est un petit bijou burlesque à la Jacques Tati, à consommer sans modération.
Eaux-les-Bains, création collective visuelle burlesque de la Compagnie du Kafteur Monsieur de Pourceaugnac a la peau noirePosté par Catherine le 17.07.08 à 07:50 | tags : festival d'avignon
![]() Isabelle Starkier et son Star Théâtre présentent à Avignon l'un des treize Molière programmés et dont je vous parlais dans mon analyse statistique : Monsieur de Pourceaugnac. Tout l'intérêt de la proposition réside dans le renversement du ridicule. La pièce de Molière met en scène un Limousin fraîchement débarqué à Paris. Les habitants du Limousin étant de nos jours plutôt bien acceptés à Paris, Isabelle Starkier a décidé de marquer la différence du personnage en lui donnant pour interprète un comédien noir. Monsieur de Pourceaugnac a la peau noire... mais un beau costume blanc. De plus, il s'exprime bien, calmement, poliment. Et ce sont les autres, tous les autres, qui sont ridicules. Les deux amoureux sont d'une mièvrerie sans fond, le valet est un vieux mafieux italien qui porte d'horribles costumes bigarrés, la mère est obligée de cacher sa monstruosité derrière une voilette... Et comme tout ce petit monde va jouer la comédie à l'étranger pour l'obliger à retourner "dans son pays", et surtout à renoncer à la jeune fille qu'il est censé venir épouser, ils vont chausser d'extraordinaires masques qui auront pour effet d'accentuer encore le grotesque de leurs caractères. Les costumes et les masques sont signés Anne Bothuon, artiste qui avait déjà collaboré avec le Star Théâtre lors de précédentes créations, comme Têtes Rondes, Têtes Pointues ou encore le Bal de Kafka, et dont on avait pu apprécier la superbe exposition de statues molles à l'occasion des Scènes Ouvertes à l'Insolites en juin dernier au Théâtre de la Cité Internationale. Un spectacle énergique et visuellement impressionnant. Monsieur de Pourceaugnac, de Molière, mise en scène Isabelle Starkier Pêche en eaux troublesPosté par JdF le 16.07.08 à 11:36 | tags : festival d'avignon
Avant d'en arriver là, ils ont dégringolé le long d'un escalier "casse gueuele" qui longe le mur de la maison figurée au fond de la scène. Là dessus la discussion entre les personnages évoquent l'histoire récente de l'Argentine, au point qu'un lexique décrptant les allusion politiques et culturelles est imprimé au dos de la brochure. Sinon que dire de plus ? Une fois habitué au décor, qu'on a vu apparaître les personnages, on a peine à suivre leurs dicussions (très allusives et décousues) et l'affaire traine en longueur bien que le spectacle ne dure qu'un peu plus d'une heure. En le revoyant, un souvenir m'a traversé l'esprit : "mais bon sang ! j'avais vu un autre spectacle de Ricado Bartis, passé en 2004 à Toulouse lors du festival Mirà et alors déjà, l'apect poisseux de son univers m'avait frappé, chose qui n'est pas pour me déplaire, mais qui, ici, était parasité par une intrigue difficile à suivre. La pêche n'a pas été miraculeuse, cette fois-ci.... La Pesca de Ricardo Bartis, jusqu'au 23 juillet, à 17h, à Chateaublanc. Faune(s) - le Grand N'importe QuoiPosté par Catherine le 16.07.08 à 11:14 | tags : festival d'avignon
Tout se passait un peu trop bien à ce festival. Des pièces du In superbes, passionnantes, ou au pire simplement intéressantes, des pièces du Off (soigneusement sélectionnées) sympathiques, fantastiques ou même encore absolument enthousiasmantes. Mais alors mais alors, où était-il, celui que nous avions l'habitude de retrouver chaque année ? Où était-il, ce compagnon plus ou moins tonitruant, mais toujours présent, du festival ? Où était-il, le Grand N'importe Quoi ? A vrai dire, nous avions une petite idée avant même d'aller le retrouver pour un soir. Le buzz fonctionne à l'endroit mais aussi à l'envers. C'est comme ça, avec le Grand N'importe Quoi : on le devine, on le pressent, mais on n'hésite pas à aller à ses devants, pour être sûr que, pour une fois, il n'abrite pas sous ses oripeaux une perle cachée, un joyau génial qu'on regretterait d'avoir manqué...
Je suis donc allée voir Faune(s). Tout d'abord, il y a ce titre, avec le "s" entre parenthèses rebattu et un peu ridicule. Puis il y a le cloître des Célestins, la lune brûlante en toile de fond, la douce brise, et ça, c'est plutôt bien. Ensuite, il y a... pas grand-chose. Une succession de moments. Un petit film d'abord. Noir et blanc. Peut-être le meilleur moment de la soirée: la caméra suit le regard concupiscent d'un homme replet sur de jeunes joueurs de tennis aux corps attirants de jeunesse. Traque furtive dans la ville. Conclusion plus amusante qu'érotique. On assiste ensuite à la reprise de l'Après-midi d'un Faune dans sa version originale telle que dansée et chorégraphiée en 1912 par Nijinski. Bien sûr, on ne voit que le corps rond d'Olivier Dubois, moulé dans un justaucorps couleur chaire, au motif feuilles mortes assorti à la toile peinte, réplique exacte de l'originale de Nijinski. Décor très kitsch pour ballet très kitsch avec corps curieux. Suivent deux autres solos interprétés par Olivier Dubois, proposés par deux artistes différents, Sophie Perez et Christophe Honoré. Chacun propose une seule image, très peu de mouvements, aucun intérêt. Du Grand N'importe Quoi. Faune(s) de Vaslav Nijinski / Dominique Brun, Sophie Perez / Xavier Boussiron, Christophe Honoré, Olivier Dubois Idée originale et interprétation : Olivier Dubois Vu à Avignon Festival In Slipping - d'amour et d'apesanteurPosté par Catherine le 16.07.08 à 09:07 | tags : festival d'avignon
Slipping, danse, par la compagnie Furiosas (Belgique francophone), conception mise en scène et vidéo Carmen Blanco Principal, durée 23' Ratage de midiPosté par JdF le 15.07.08 à 14:28 | tags : festival d'avignon
Eh oui, Le Partage de midi joué par Gaël Baron, Nicolas Bouchaud,Valérie Dreville,et Les acteurs qui nous ont si souvant éblouis (Gael Baron dans les spectacles de Bruno Meyssat, Nicolas Bouchaud dans ceux de Sivadier, Valérie Dréville chez Régy et Vassiliev), ne donnent ici que des caricatures d'eux-mêmes. Voulant casser avec une tradition passablement gnan gnan qui veut que Claudel soit psalmodié d'un ton éthéré ou bravache, les voilà qui s'essaient à des diction et des regsitres qui sont nécessaires au travail de plateau mais qui, livrés tels quels à la représentations, ne dépassent pas l'exercice de style. L'absence de metteur en scène attitré est flagrante : le spectacle n'est pas construit selon un projet dramaturgique précis mais au gré des désirs dispersés d'ego qui s'en donnent ici à cœur joie. Le seul qui échappe un tant soit peu à ce travers est Gaël Baron. D'abord parce qu'il hérite d'un rôle ingrat (le mari), ensuite parce qu'il est rapidement mis à l'écart du trio et que cette position correspond hélas à l'esprit de ce Partage fort peu partageux : Sivadier et Bouchaud ont mené ensemble bien des projets et entreprennent celui-là dans la continuité de leur collaboration, Dréville est la star et diva de ce spectacle, rôle dans lequel elle se coule avec délectation, et Baron, troisième roue du carosse, fait figure de vilain petit canard. C'est pour ça que lui, je l'aime. Partage de Midi, par Gaël Baron, Nicolas Bouchaudd, Valérie Dréville, Jean-François Sivadier et Charlotte Clamens Jusqu'au 26 juillet dans la Carrière de Boulbon à 21h30.
Agnes 68 : la nostalgie camarade...Posté par JdF le 15.07.08 à 10:08 | tags : festival d'avignon
Pour ceux qui n'étaient pas né en 1968, précisons que l'auteur et le metteur en scène d'Agnes 68 s'appelle Jacques Kraemer, qu'il animait dans les années 60 le TPL ou Théâtre Populaire de Lorraine et qu'il était alors une grande figure de la scène partisane. Agnes 68, qu'il avait commencé à écrire à l'époque, met en scène son double, un comédien/metteur en scène féru de Brecht, perplexe face aux événements qui se déroulent dans les grandes villes alors que lui, durant ce mois de mai 68, tourne L'École des femmes dans le Sud-Ouest. L'acteur qui joue Horace est un jeune contestataire né en politique au début des événements. Quant à Lili qui joue Agnes, elle est aussi inculte que son partenaire, et écoute avidement les leçons de matérialisme historique dispensées par son pygmalion de metteur en scène dont on ne s'étonnera pas qu'il se soit réserve le rôle d'Arnolphe.
Bref, on aurait attendu plus d'imagination de la part de quelqu'un qui a participé à la contestation politique du gaullisme, laquelle contestation s'accompagnait d'expérimentations artistiques d'envergure. Sans attendre des seaux de peinture rouges déversés sur les acteur, une petite prise de risque formelle aurait complété à bon escient l'évocation du moment 68. Agne 68, de Jacques Kraemer, jusqu'au 1er août, à 14h15, au Théâtre du Balcon. Sonia d'Alvis Hermanis : une tragédie burlesquePosté par Catherine le 15.07.08 à 08:03 | tags : festival d'avignon
Sonia, mise en scène Alvis Hermanis, directeur du Nouveau Théâtre de Riga (Lettonie) Shitz - Hanokh Levin à déguster cruPosté par Catherine le 14.07.08 à 12:02 | tags : festival d'avignon
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Shitz, de Hanokh Levin, mise en scène Christine Berg Tragédies romaines : tout ça pour ça !Posté par JdF le 14.07.08 à 10:52 | tags : festival d'avignon
Las ! Les six heures que dure le spectacle ne sont qu'une suite de scènes où Coriolan César, Antoine et Cléopâtre habillés en costumes contemporains semblent nous jouer un téléfilm dont l'action se déroulerait en Dallas et Washington (Dallas pour Alexandrie et Washington pour Rome, s'il faut préciser la métaphore). Car ce qui émerge de ce dispositif qui se veut ultrabranché (une scène immense comprenant plusieurs espaces fonctionnels et équipés de canapés confortables et d'écrans sur lesquels les spectateurs qui ont souhaité pénétrer sur le palteau suivent le déroulement des événements. Il faut dire que le plateau est alléchant, on y propose un sevice bar, on peut y acheter la presse et même surfer sur le net... Génial ! Comme si les concepteurs du spectacle convenaient que leur travail est à ce point anecdotique qu'on pouvait aisément zapper le déroulement de l'action. Et, en effet, malgré des comédien d'envergure, les tragédies shakespeariennes sont totalement écrasées par le rouleau compresseur d'une mise en scène qui affiche sa fascination pour les media contemporains et les images qu'ils produisent. On en ressort avec l'impression de nausée qu'on ressent après avoir trop regardé la télé. Tragédie Romaines, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, d'après William Shakespeare, par Ivo van Hove et le Tonelgroep, les 12, 13 et 14 juillet à 16h, au Gymnase Gérard Philipe. Crédit photo : Jan Versweyveld Kung Fu Sutra !Posté par JdF le 13.07.08 à 10:05 | tags : festival d'avignon
Eh bien tout le monde avait l'air content, mais moi pas ! Et oui, je suis comme ça : mauvaise ! Un petit garçon, ça ne m'attendrit aucunement, surtout quand il fait des acrobaties à manquer de se rompre le cou (ça au moins ç'aurait été drôle). Et le Kung Fu, c'est sympa, mais là, contrairement aux films avec Bruce Lee, les moines paradent mais ne se battent même pas "pour de vrai" : pas de gentils, ni de méchants, le spectateur n'a pas à prendre parti, et à espérer la victoire écrasante des premiers sur les seconds (ou l'inverse)... Non, le spectacle de Sidi Larbi Cherkaoui enjoint ses spectateurs à admirer l'esthétique du mouvement. Et pour ce faire, soigne l'esthétique du spectacle : c'est beau, si c'est ingénieux : et hop, les boîtes qu'on retourne, déplace, dans lesquelles on se glisse pour mieux en jaillir en poussant un cri de guerre, quelques génuflexions et prières zen pour contenter nos spectateurs occidentaux en mal de spiritualité... Je ne sais pas vous, mais moi,au bout de quelques temps, tout ça me lasse... Sutra de Sidi Larbi Cherkaoui, jusqu'au 13 juillet dans la cour du Lycée Saint Joseph, à 22h Crédit photo : Hugo Glendinning Alpha-bête, les Nouveaux Nez sont à Avignon !Posté par Catherine le 12.07.08 à 16:32 | tags : festival d'avignon
Madame Françoise nous accueille avec sa belle cape et ses lunettes sévères. C'est la maîtresse. Elle est enthousiaste comme une élève de CP. Pleine de l'énergie de l'enseignant qui débute, gentille mais un peu tête en l'air. Avec une certaine propension à la prise de libertés avec le programme, c'est sans vergogne qu'elle fait pencher la balance du côté de la poésie. Son nez rouge ne l'empêche en aucun cas de manier le verbe avec passion et en grande virtuose. Qu'elle est attachante, cette Madame Framboise, et qu'on a envie de retourner s'asseoir sur les bancs de son école ! Alpha-bête, la nouvelle création de la compagnie les Nouveaux Nez Interprète : Roseline Guinet Stifter Dinge, c'est dingue !Posté par JdF le 12.07.08 à 13:32 | tags : festival d'avignon
La scène est étroite et profonde, attirant le regard sur la perspective au fond de laquelle se dressent les machines ( sortes de pianos verticaux ou xylophones mécaniques) et arbres secs, qui selon l'éclairages et les projections d'images évoquent tour à tour une jungle et un paysage industriel. Devant cette installation, des pièces d'eau, étale ou bouillonnante contribue à l'étrangeté de l'impression ressentie. Le calme, la tempête, l'orage qui est figurée comme une réponse visuelle et sonore au texte d'Adalbert Stifter, l'écrivain autrichien du XIXe siècle qui a inspiré le spectacle (d'où son titre). Car enfin ce qui frappe dans ce spectacle, c'est au delà de l'avant-gardisme affirmée (machines, absence d'acteurs, hybridation du spectacle aux arts sonores et plastiques), c'est le classicisme qui finit par gagner. J'entends classicisme au sens noble : la sensation de situer finalement hors des délimitations chronologiques préétablies, dans un monde où la voix de Claude Lévy-Strauss répond à celle d'Adalbert Stifter. Stifter Dinge, d'Heiner Goebbels, les 12, 13, 14 juillet à 15h et 18h, les 12 et 13, à 21h, à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon Crédit photo : Mario del Curto Airport Kids - le théâtre documentaire de KaegiPosté par Catherine le 12.07.08 à 10:21 | tags : festival d'avignon
Il y a deux ans, Stefan Kaegi, jeune metteur en scène suisse-allemand créait la surprise à Avignon avec son Mnemopark, objet théâtral alors non identifié, où des modélistes passionnés venaient montrer et parler de leurs maquettes. Aujourd'hui, un nom a été trouvé pour ce nouveau genre théâtral : le programme fait mention de "théâtre documentaire". Et voilà, tout s'éclaire. Stefan Kaegi fait du théâtre documentaire. Donc, ne pas chercher si c'est du théâtre ou si "c'est pas du théâtre", c'est du théâtre documentaire. Tout comme sur une bobine on peut faire une fiction ou un documentaire, sur scène on peut faire beaucoup de choses, et Stefan Kaegi, lui, fait du théâtre documentaire. C'est clair. Crédit photo : Mario Del Curto Purgatorio : Castellucci frappe fort !Posté par JdF le 12.07.08 à 10:10 | tags : festival d'avignon
Purgatorio, mise en scène, scénographie lumières et costumes de Romeo Catellucci. Jusqu'au 19 juillet, à 18h, à Chateaublanc Edit : Représentations supplémentaire les mardi 15, jeudi 17 et vendredi 18 juillet à 22h Crédit photos : Luca del Pia Avignon festival Off : le plus grand théâtre du mondePosté par Catherine le 12.07.08 à 08:45 | tags : festival d'avignon
![]() Cette année, un millier de pièces proposées dans le festival Off d'Avignon. Pour s'y retrouver, tout plein d'affiches partout, des tracts distribués à chaque coin de rue, les bons conseils des bons amis, et surtout le livret distribué par Avignon Festival & Cies Off : pas moins de... 335 pages à éplucher avec attention pour ne pas rater le mieux tout en osant le nouveau, le neuf, le hasardeux. Un formidable index permet au festivalier de s'y retrouver par horaires : le premier spectacle démarre à 9h15 le matin, le dernier à 0h15. Pas de pause à midi bien sûr, pas de sieste l'après-midi non plus. Le festivalier est là pour festivaler. Il peut aussi choisir ses spectacles d'après le titre, de A (Adultères, Africare, Afrika, Agnès 68), à Z (Zéphira, les pieds dans la poussière, Zinimo Zinimo Zi, Zorro), ou par auteur du XXème siècle - où il est très facile de repérer ceux qui sont joués dans plus de quatre spectacles : Alfred de Musset (4), Pierrette Dupoyet (4), Federico Garcia-Lorca (4), Eugène Ionesco (6), le pompon revenant à Dario Fo (7). Hors vingtième siècle, c'est bien sûr Molière qui détient le record, avec treize productions, contre seulement trois pour William Shakespeare. Et puis l'on peut vouloir choisir selon le genre : une bonne dose de café-théâtre, un peu de cirque, plus de clown que d'habitude, de la danse, du théâtre d'objet, des spectacles musicaux et puis tout ce qu'on suppose comporter du texte, des comédiens et une histoire, autrement dit, du "théâtre". Vient ensuite un classement par régions, suivi d'une liste des compagnies étrangères, des fois qu'on serait un peu chauvin ou que les compagnies belges auraient meilleure réputation (ne riez pas : c'est le cas). Il reste encore l'option de l'examen minutieux de ce gros livret, page par page, lieu par lieu, pièce par pièce. Ce que nous avons fait. Les spectacles du Off, nous vous en parlerons aussi... Feux : Un choc en plein front !Posté par JdF le 11.07.08 à 12:09 | tags : festival d'avignon
Considérant le titre de ce billet, je me dit que j'ai réussi un jeu de mot assez fin mine de rien... Je m'explique : au soir de cette première journée en Avignon, Catherine et moi-même avons été voir Feux d'un auteur allemand du tout début du XXe siècle, August Stramm, inconnu au bataillon (c'est le moment de le dire!) et, voilà l'allusion du titre expliqué, mort au front pendant la guerre de 14.
Ce étonnant auteur a donc produit ces textes dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont en aucune manière datés. Le premier met en scène un couple de marginaux, chômeurs, alcooliques qui tente un suicide au gaz alors même que la compagnie les en a privé, dont l'homme oscille entre brutalité et balourdise, la femme passant elle du désespoir à l'insouciance en un clin d'œil. Ne versant jamais dans l'ultraréalisme, les acteurs (Jean-Louis Coulloc'h, celui de Lady Chatterley, le film, et Julie Denisse)se livrent à des exercices d'équilibriste entre la farce, l'ironie et le désespoir. Le second se rattache au courant symboliste et est traité comme tel : le plateau est plongé dans la pénombre, les personnages disent avec lenteur un texte se rattachant à des faits qui se relient difficilement entre eux. C'est beau, mais le fil est ténu et l'ennui gagne malgré la qualité des lumières et de la scénographie (Faut-il rappeller que Daniel Jeanneteau était scénographe et Marie Christine Soma creatrice lumières avant de passer à la mise en scène ?). Le troisième texte, quant à lui, ne se rattache à rien, ovni dramaturgique proprement sidérant dans lequel Dominique Reymond en grande hystérique manipule son monde et nous fait passer dans un univers cauchemardesque où se manifestent les fantasmes d'une société qui se livrait alors à la première boucherie du XXe siècle. Et ces fantasmes nous parlent encore... Feux d'August Stramm, mise en scène par Daniel Jeanneteau et Marie Christine Soma, jusqu'au 15 juillet à 18h au gymnase Aubanel. Crédit photo : Marie-Chritine Soma Inferno - l'expérience CastellucciPosté par Catherine le 11.07.08 à 12:08 | tags : festival d'avignon
![]() Le spectateur idéal, selon Romeo Castellucci, serait celui "qui ne connaît pas (son) travail, qui peut-être ne connaît même pas le théâtre, un spectateur qui entrerait dans la salle par hasard."* Alors bien sûr, ils sont quelques-uns, de ces "spectateurs idéaux", à assister aux représentations d'Inferno à Avignon. Assister à un spectacle dans la Cour d'Honneur, découvrir l'artiste associé du festival, venir voir ce qu'est un "Castellucci" - chose théâtrale dont tout le monde parle avec beaucoup de mystère - ou tout simplement, accompagner des amis qui ont eu l'idée farfelue d'aller voir "ça", les motivations sont nombreuses qui ont pu pousser les néophytes dans la Cour d'Honneur ces jours-ci. Enfin, par néophytes entendons les non-connaisseurs du travail de Castellucci car malheureusement, avec le système de réservation des billets et le filtrage serré des spectateurs à l'entrée, l'homme de la rue ne risque guère de s'égarer par hasard dans la Cour d'honneur du Palais des Papes, un soir à 22 heures. Inferno, premier volet de "Inferno, Purgatorio, Paradiso", trilogie inspirée de la Divine Comédie de Dante, par la Societas Raffaello Sanzio, mise en scène Romeo Castellucci Avignon Festival In, Cour d'honneur du Palais des Papes *Propos extraits de "Conversation pour le festival d'Avignon 2008", recueil distribué gratuitement aux festivaliers par P.O.L et le festival d'Avignon Si Avignon m'était dessiné
![]() "Saisir un spectacle, c’est comme faire de la bande dessinée en direct, on a tout sous les yeux, les décors, les personnages et le temps..." Fort de ce constat, François Olislaéger croque en (quasi) temps réel ses pérégrinations avignonesques - spectacles, balades, conf de presse.... En illustration, deux esquisses inspirées par Sonia du letton Alvis Hermanis, soit le portrait d'une femme ordinaire dont ne subiste dans la pièce que le prénom. Catherine chroniquera ici-même le spectacle bientôt (aurons-nous le droit à un crobard en prime ?)
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Avignon : tous sur le pont !Posté par Nedjma le 07.07.08 à 13:56 | tags : festival d'avignon
Autre artiste associé de cette édition, Romeo Castellucci, qui revisitera rien moins que « L'Enfer" de Dante, en trois volets, s'il vous plaît, dont l'un dans la Cour. Son esthétique implacable et sulfureuse devrait réjouir, chambouler... et provoquer le débat, une fois de plus. Parmi les autres grands moments attendus, le « Sutra » du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui - archi-bondé, est-il besoin de le préciser... -, le nouveau spectacle du circassien Johann Le Guillerm, « Secret », ou encore « Ordet », adapté du Danois Kaj Munk par le très brillant Arthur Nauzyciel. Enfin, les adeptes des marathons théâtraux, souvent éprouvants pour le dos, mais passionnants, ont déjà en poche leur billet pour « Tragédies Romaines » : six heures signées Ivo van Hove pour s'atteler à Coriolan, Jules César et Antoine et Cléôpatre, du grand Will... Trois dates seulement, les 12, 13 et 14 juillet. Enfin, avant Malakoff en novembre, Wajdi Mouawad, artiste associé de l'édition 2009 livre « Seuls », voyage dans la langue et l'inconscient. Voilà pour le In. Le Off, lui, avance une fois de plus en ordre un brin dérangé : la majorité des spectacles (quasiment un millier cette année!!) commenceront le 10 juillet pour s'achever le 1er août. Mais certains ont attaqué plus tôt. Festival In jusqu'au 26 juillet www Festival Off du 10 juillet au 1er août www Festival d'Avignon 2008 : "C'est notre destin d'être ridicule"
Castellucci présentera donc trois spectacles très plastiques Inferno, Purgatorio et Paradiso. La deuxième artiste associée Valérie Dreville, proposera quant à elle deux projets ancrés dans la parole. Celle du poète Paul Claudel à travers la mise en scène collective du Partage de midi (avec Gaël Baron, Jean-François Sivadier, Charlotte Clamens et Nicolas Bouchaud). Il s’agira pour les comédiens de retrouver le « souffle » de Claudel, Valérie Dreville emprunte cette expression à Antoine Vitez, et ce sera le deuxième projet de celle-ci que de rendre hommage au metteur en scène décédé prématurément. A travers des écrits, inédits pour certains, l’idée d’approcher celui dont les prises de paroles, rigoureuses et éclairées manque aujourd’hui. Risquée La fascination plastique qu’exercent les spectacles de Castellucci s’additionne à l’intransigeance et au gout du risque de Valérie Dreville et inspire à Vincent Baudriller et Hortense Archambaud une programmation atypique et dense. Des artistes dont la renommée n’est pas encore faite en France, comme Benjamin Verdoncq ou Alvis Hermanis. Beaucoup de formes scéniques hybrides à la lisière des arts plastiques, de la danse, du chant ou du cirque. On notera la présence de Johann Le Guillerm, Joel Pommerat, Kris Verdoncq, plasticien flamand, Jan Fabre et le solo de sa danseuse Ivana Josic, et la première en Avignon de François Tanguy, qui comme à son habitude conviera philosophes et artistes à des discussions chaque jour.
Les thèmes dantesques se déclineront dans plusieurs spectacles, celui de l’expérimental Heiner Goebbels pour la première fois à Avignon avec un spectacle sans acteur, juste des machines fantasmagoriques et du feu. « Feux », c’est également le nom du spectacle de Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma. Dante sera également présent dans le spectacle de l’italien Emio Greco Purgatori. Autre forme d’enfer, les flamands de Toneelhuis s’attacheront à travers deux pièces à explorer la notion de pouvoir. Stanislas Nordey poursuivra son exploration de l’œuvre de l’allemand très politique Falk Richter. Thomas Ostermeier et son dramaturge corrosif Marius Von Mayenburg présenteront quant à eux une adaptation d’Hamlet centrée sur les cauchemars de celui-ci. Et tant d’autres encore…
Voici une liste exhaustive des artistes présents : Sidi Larbi Cherkaoui ; Joji inc/Johannes Saunier & Jim Clayburgh ; Emio Greco et Pieter Scholten ; Olivier Dubois ; Virgilio Sieni ; Johann Le Guillerm ; Jan Fabre ; Les frères Quay ; Kris Verdonck ; Superamas ; Heiner Goebbels ; Gaël baron/Nicolas Bouchaud/Charlotte Clamens/Valérie Dreville/Jean-François Sivadier ; Thomas Ostermeier ; Roméo Castellucci ; Mathilde Monnier/Philippe Katerine ; François Tanguy ; Benjamin Verdonck ; Philippe Quesne ; Ricardo Bartis ; Ivo Van hove ; Guy Cassier ; Joel Pommerat ; Arthur Nauziciel ; Claire Lasne ; Stanislas Nordey ; Alvis Hermanis ; Wajdi Mouawad ; Daniel Jeanneteau&Marie-Christine Soma et Lola Arias&Stefan Kaegi.
PS: pour ceux que la Societas Raffaello Sanzio fascine : l’enfer sera sans violence, le purgatoire sera un questionnement de ce qu’est le théâtre et la notion de représentation, enfin le paradis sera sans doute une installation dans lequel le public pourra évoluer à loisir. Castellucci opérera un départ charnel pour arriver à quelque chose de désincarné... Les dates du Festival d'Avignon
ça y est, on connaît officiellement les dates du Festival d'Avignon 2008. Des festivals d'Avignon devrait-on dire, car cette année, les calendriers du In et du Off diffèrent étonnamment. Côté Festival In, lever de rideau prévu le 4 juillet, jusqu'au 26. On sait que Valérie Dreville et Romeo Castellucci sont artistes associés de cette soixante-deuxième édition. Outre la présence de "La Divine Comédie adaptée par Castellucci dans la Cour d'honneur, on sait aussi que Valerie Dreville s'attaquera au "Partage de midi", de Paul Claudel... dans la Carrière Boulbon. |
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