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Toute l'actu du festival d'Avignon 2007.
Les petites perles du Off - Système CastafiorePosté par Catherine le 14.07.07 à 16:16 | tags : festival d'avignon
Encyclopédie des tendances souterraines par Système Castafiore (compagnie conventionnée, Provence-Alpes-Côte d'Azur) Etat de marche - balade franco-belgePosté par Catherine le 14.07.07 à 15:38 | tags : festival d'avignon
A Avignon, le théâtre des Doms est un lieu à fréquenter, et pas seulement pour son si agréable jardin à brumisateurs intégrés, ni seulement pour ses bières belges ou sa limonade / sirop de gambetta, boisson excellemment rafraîchissante. Non bien sûr, ce qui nous intéresse, c'est ce qu'on peut y voir (si si, je vous assure). Et si les bières sont belges, c'est que la programmation l'est également. Et les Belges sont sympas, c'est bien connu. Bref. Très sympa, la proposition de Laurence Vielle et Jean-Michel Agius l'est assurément. Elle habite à Bruxelles, lui à Paris. Elle a le goût des mots, il a le goût du mouvement et des images. Las du TGV, ils ont décidé de relier leurs deux lieux de vie à pied via Boulogne-sur-mer. Soit 600 kilomètres de marche. Leur périple s'est terminé en juillet 2006 et tout naturellement, ils en ont fait un spectacle. Aussi concrets que poétiques, les mots de Laurence Vielle touchent, amusent, captivent. Faussement naïfs, ils nous emmènent directement de la sandale de marche à la lune mais racontent sans candeur les rencontres nouées au fil du voyages. Même les moins agréables, comme ce soldat qui explique pourquoi il est préférable de tirer sur les civils. Jean-Michel Agius, quant à lui, propose des images captées lors de leur périple franco-belge et une évocation dansée de leur expérience. Le couple de marcheurs est accompagné d'Elie Rabinovitch à la batterie, toute en délicatesse, et de Catherine Graindorge au violon, dans une utilisation aussi personnelle qu'envoûtante de l'instrument. Bien sûr, le tout n'est qu'échange et interactivité, dans une constante bonne humeur et dans un rythme aussi tranquille que celui d'une promenade. Le randonneur trouvera dans Etat de marche son saoul de détails relatifs à la pratique de la marche, le Parisien son lot de références bobos, et le Bruxellois se retrouvera sur la carte de la Belgique dépliée sur le plateau. Et pour poursuivre la rencontre avec ce couple si attachant, on peut encore consulter leur blog : http://www.etatdemarche.net/ Etat de marche, de Laurence Vielle et Jean-Michel Agius, au théâtre des Doms, tous les jours à 16 heures Les Murgeros déconcertent le public du InPosté par JdF le 14.07.07 à 13:41 | tags : festival d'avignon
Alors quoi ? Ils emploient des codes que l'on retrouve dans toutes les cités des pays riches, dans tous les bidonsvilles des pays pauvres : une gestuelle expressive et très tactile, des interjections, une manière d'occuper l'espace par leur corps et par leur voix qui témoigne que sa possession est crucial pour ceux qui n'ont pas de refuge hors de la rue. Ces codes culturels internes sont internes à chaque communauté de Murgeros, mais renvoient tous à un modèle dominant : une culture transmise par la télé, consumériste, celle dont toutes les sociétés du monde abreuvent leurs pauvres. Eh pourtant, s'y greffe une autre forme de culture populaire : celle du carnaval, de la fête durant laquellela collectivité se réappropprie la rue, qui, pendant quelques heures, n'est plus le théâtre et l'enjeux d'affrontements entre des groupes d'enfants, de traficants, de policiers, mais est rendue à sa vocation d'espace communautaire. La seconde partie aborde l'idée d'un lien problématique entre la mémoire et le langage. Déjà, au début du spectacle, l'écran avait présenté l'assertion suivante : "L'histoire est une répétition qui a juste à voir avec les hormones". Bon, à méditer... Ensuite, l'acteur Juan Loriente raconte l'histoire d'une vache rendue folle par la disparition de son veau qui se conduit comme une enragée, démolit la porte de son étable ("comme Tex Avery lorsqu'il laisse sa silhouette parfaite dans un mur de brique au travers duquel il est passé"), et terrorrise le village. À la question de savoir combien de temps dure un tel état,la fermière répond "Deux jours"; Et à Loriente de se demander si une telle propension à se remettre d'un désespoir aussi violent ne pouvait être appliquer à l'homme. Est-ce une question d'hormones comme le suggère la phrase citée plus haut, et que le stimuli chimique de la sensation de perte peut être maîtrisé ? Sauf qu'il y a le langage, dont Garcia dit que ce n'est pas nous qui l'avons en nous, mais lui qui nous a en lui. Novarina dit aussi cela mais en tire d'autres conclusions. Car si la vache se souvient durant deux jours et nous, durant toute notre vie, c'est peut-être parce que nous verbalisons et donc archivons nos affects. Et si c'est ainsi, où est le remède ? Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Le monde enchanté d'Éléonore WeberPosté par JdF le 14.07.07 à 10:53 | tags : festival d'avignon
Il est d'ailleurs curieux que dans ce spectacle qui pose d'emblée la sexualité comme centrale dans la construction de l'individu, ce soit les passages consacrés à l'asexualité qui sont empreints de la plus grande sensualité. Alors que le discours d'ouverture sur l'orgasme ou le rapport sexuel mimé de manière parodique sont glacés, déreangeants et même franchement exaspérants, les acteurs torses nus, qui s'effleurent et exposent les raisons et les modalités de laur asexualité offrent les moments les plus incarnés du spectacle. Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Novarina dans la cour d'honneurPosté par JdF le 13.07.07 à 19:16 | tags : festival d'avignon
Eh bien, deux bonnes heures et demie sous le mistral plus tard (il ne fallait pas se fier au programme, qui indiquait 2H12 - il faut dire que ce 12 avait l'air d'un canular), je me disais que Novarina avait quand même réussi son coup : il a investi ce lieu non seulement d'une parole qui lui est propre, mais aussi de sons. Les accordéons, je sais qu'ils apparaissent souvent dans ses spectacles, mais, en l'occurrence, il trouvaient leur place, on pouvait même regretter qu'ils ne soient pas plus présents, surtout qu'à un moment 22 accordéonistes arrivent, jouent une ritournelle et repartent pour ne revenir qu'au salut, c'est pas du gâchis, ça ? Mais je reprends : de sons, et puis surtout d'images qui demeurent rtrès fortes une fois le spectacle terminé. Ainsi Novarina utilise le mur du Palais en plaçant ses personnages au fenêtre et sur le toît. C'est très beau, et on peut regretter qu'il ne l'utilise pas plus. Là encore, je sais bien qu'il n'est pas le premier, que ces fenêtres servent sans doute depuis le permier festival, mais en ce qui concerne L'Acte inconnu, cela s'intègre dans cette grande cosmogonie de l'humanité, parlante, souffrante et riante aussi : le spectacle a cela de bienvenu qu'il se situe du côté de l'autodérision (c'est du moins comme ça que je l'ai perçu) et que tous ces acteurs semblent heureux d'être là. Qu'ils jouent des animaux, des hommes/femmes politiques, qu'ils chantent, se lamentent, ils jouent à "hommer". Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Christophe Fiat, j'adore !Posté par JdF le 13.07.07 à 18:37 | tags : festival d'avignon
Bon, je sais, tout le monde n'avait pas l'air de mon avis dans le public rassemblé salle Benoît XII, pour voir La jeune fille à la bombe. Il faut dire que Fiat et sa bande ânonaient leur texte dos aux spectateurs, chacun devant son micro, avec à certains moments, Christophe Fiat qui s'empare de sa guitare pour jouer un truc, une phrase, toutjours la même (Catherine m'a dit que ça s'appellait une boucle et qu'il y avait des machine pour les répéter automatiquement, mais bon, apparemment Fiat, il préfère l'artisanat), une boucle, donc, et puis les danseurs qui se contorsionnent quelque peu et la soprano, tournée cette fois vers le public qui chante un morceau de musqiue baroque. Je comprend les critiques qu'on peut faire à cette mise en scène ou mise en espace. C'est vrai que les chanteurs-danseurs-acteurs ne bougent pas beaucoup, qu'ils lisent avec l'application d'élèves de CE1 qui récitent leur leçon. Bon, à l'argument : "mais c'est exprès", je comprends que d'aucun réponde " Et alors ?", mais moi, cela ne m'a pas gênée. Pourquoi ? Parce que Christophe Fiat, j'adore ! Eh oui, c'est aussi simple que cela. D'abord, il est beau. Alors, pour ça, Catherine n'est pas d'accord. Mais elle n'y comprend rien. Bon, et puis quoi encore ? Eh bien, j'ai été captivée par son histoire : il s'agit d'une mère et sa petite fille en vacances en Franche-Comté (d'ailleurs, la Franche-Comté, j'adore aussi, mais je ne vous en parlerai pas cette fois-ci,ça serait trop long). Et l'on passe à un récit fantastique : la voiture se transforme (sans que cela ne gêne vraiment les personnages), devient une Buick (hommage au cinéma hollywoodien), et puis, on explique à Nathalie l'héroïne, qu'a cause de Tchernobyl, les alarmes des voitures se déclenchent tout seules, qu'on entend parfois des explosions etc. Nathalie au début n'y fait pas attention, surtout que son problème n°1, c'est sa sœur, Louise, qui a disparu en Afghanistan. Et puis l'hitoire se complique, je vous passe les détails, mais sachez que l'affaire se termine par un combat sanguinaire qui laisssera un survivant, mais aucune survivante. Car l'histoire imaginée par Christophe Fiat mêle les événement de notre histoire récente à tout un univers qui le hante, un univers qu'on ne sait pas bien comment nommer sans employer une appellation péjorative telle que "culture populaire", "culture de masse", voire "sous-culture". Pour Fiat, je pense que cette culture n'a pas de nom en particulier, que les films de série B, que les best-sellers de Stephen King font partie de la culture. Un point, c'est tout. D'ailleurs, je lui poserai la question cet après-midi, puisque je dois le voir. Je vous retranscrirai l'interview dans un prochain billet. D'ailleurs Stephen King, il lui a consacré une performance, appellée "Stephen King's stories" durant laquelle il évoquait le processus qui avait conduit S.K. à devenir écrivain, ainsi que les éléments récurrents de son œuvre. Vêtu d'une veste blanche flashy (que j'ai adorée aussi), avec sa guitare sur laquelle il jouait ce que Catherine appelle donc "une boucle". Et il s'arrêtait de jouer, à chaque fois qu'il devait tourner une page de son texte, autant dire souvent, Et puis ça reprenait ainsi que la lescture, qu'il faisait avec cette même application d'élève de CE1. J'en ai déjà parlé. Mais là, le public suivait plus. Je pense que c'est parce qu'il avait une telle conviction Fiat dans sa défense et illustration de Stéphen King, et qu'au fond, l'effet répétitif, la boucle, la page qu'on tourne, l'inexpressivité volontaire de l'élocution, renforce la sensation que Fiat rend un vrai hommage à l'écrivain américain. Il reste en retrait et pourtant touche le public. Et sa performance atteind son but. Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage Avignon - considérations pratiquesPosté par Catherine le 13.07.07 à 11:53 | tags : festival d'avignon
Site internet d'Avignon Festival & Cies: www Les Paravents - dialogue avec Frédéric FisbachPosté par Catherine le 13.07.07 à 10:36 | tags : festival d'avignon
La magie d'Avignon, c'est aussi d'être au plus proche des artistes : non seulement il est très facile de les croiser dans la rue ou à la terrasse des cafés, mais en plus, pour peu qu'on suive attentivement le programme des événements, il est possible d'assister à toute une ribambelle de rencontres, d'échanges, de dialogues, de conférences... C'est ainsi que les spectateurs des Paravents de Jean Genet (lire notre billet), ont pu rencontrer le 11 juillet, dans la cour de l'école d'Art d'Avignon le metteur en scène, Frédéric Fisbach, accompagné d'une partie de son équipe. Pour une fois, le public était invité à s'exprimer sur le mode du "moi je". Photo @Christophe Raynaud de Lage Un Échange bien décevantPosté par JdF le 12.07.07 à 16:34 | tags : festival d'avignon
Les paravents - Genet par FisbachPosté par Catherine le 12.07.07 à 14:41 | tags : festival d'avignon
Nous revoici en AvignonPosté par JdF le 11.07.07 à 10:05 | tags : festival d'avignon
A y est ! Nous voici de nouveau en Avignon. Un petit point sur les conditions climatiques : temps frais par rapport aux dernières années, et hier soir, devant L'Échange mis en scène par Julie Brochen, après avoir craint de devoir y assiter sous la pluie, je me suis littéralement gelée. Et aujourd'hui, rhume, naturellement. Le séjour s'annonce donc bien, surtout que l'Échange, à mon sens, cela ne valait pas la peine qu'on attrappe la crève pour le voir, mais j'en parlerai dans un futur billet. En attendant, je précise que Catherine, cette petite maline, elle était bien au chaud au théâtre municipal devant Les Paravents, mis en scène par Frédéric Fisbach, (patience, elle vous en parlera le moment venu...). Enfin, nous n'étions pas encore arrivées quand Jeanne Moreau et Samy Frey ont fait, dans la Cour d'Honneur, leur lecture de Quartett de Heiner Müller. Nous n'avons donc pas eu la chance de d'entendre ce texte que j'adore (voir les chroniques à ce sujet), mais j'ai su que ceux qui y étaient s'étaient pelés, eux aussi (bien fait !).Maria Tanase à Avignon Les Roumains, qui ont adulé cette chanteuse à la voix si prenante, s’étrangleront sans doute à la lecture de ce titre. L’artiste, hélas, s'en est allée il y a plus de quarante ans mais il n’est pas mensonger de souligner l’émotion que suscite encore, ne fut-ce que le nom de cette diva populaire. « J’ai les poils des bras qui se dressent rien qu’à y penser », me confiait un ami roumain exilé.C’est dire si s’attaquer à ce répertoire trop peu connu hélas en France, n’est pas une mince affaire, surtout si l’on n’est pas issu de l’autre côté des Carpathes … C’est pourtant le défi que s’est donné Nathalie Joly, déjà remarquée dans d’autres spectacles de chant en solo. Et pari tenu, serait-on tenté d’écrire. Après une tournée au Maroc, dans le cadre de Francofffonies !, elle reviendra tout juste de Roumanie lorsqu’elle passera, le 29 mai à Orly, puis à Avignon, du 18 au 28 juillet à la Mirande, avec Paris-Bukarest. Emotion garantie ! Avignon nouveau
Festival In d'Avignon du 6 au 27 juillet. Avignon : l'heure des bilans Traditionnel exercice du bilan, mardi matin, au Cloître Saint-Louis. Le festival n'était pas encore terminé, mais déjà, les directeurs du In dressaient quelques lignes fortes d'une édition très attendue après les polémiques qui ont secoué Avignon l'an dernier.Donc, côté comptable d'abord: 152 000 places à la location, 134 000 vendues. Soit un taux d'occupation de 88%, satisfaisant. Et des jeunes spectateurs présents en nombre: 12% du public. De quoi rendre les directeurs "heureux d'une participation fidèle et active du public". Côté artistique, Vincent Baudriller évoquait "la maîtrise du geste, la puissance créatrice des artistes invités et le dialogue". Dialogue entre les arts, dont Paso Doble, création signée Nadj et Barcelo, est le témoignage le plus marquant, dialogue entre les cultures aussi. On retiendra aussi l'émotion de Josef Nadj, son coup de bec amusant contre la presse féminine (!), son coup de colère contre certains medias, qui a donné lieu à un règlement de comptes un peu mesquin entre artistes, spectateurs et plumes critiques, comme Armelle Heliot - du Figaro - ou Jean-Pierre Léonardini -de l'Huma-. Enfin, cette jolie phrase de Georges Banu, qui l'aura lui-même empruntée à Jean Vilar - à l'honneur dans la cour avec Olivier Py en clôture : "Si on a réussi quelque chose, on a réussi le public". D'ailleurs, il reste quelques heures pour découvrir l'exposition de la Maison Jean Vilar qui rend précisément hommage au public. Un hommage intelligent, acéré, drolatique aussi parfois. |
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