Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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Toute l'actu du festival d'Avignon 2007. Voir aussi l'actu des éditions 2006 et 2005.

La divine comédie de Castellucci

Posté par Nedjma le 18.12.07 à 12:52 | tags : festival d'avignon, théâtre

On le sait depuis juillet dernier: Romeo Castellucci sera, en juillet 2008 le nouvel artiste associé du festival d'Avignon, aux côtés de la comédienne Valérie Dreville. Ce qu'on a appris récemment, c'est qu'il y mettra en scène plusieurs spectacles d'après "La divine comédie" de Dante. L'un investira notamment la Cour d'honneur du Palais des Papes -"l'enfer, c'est les papes", aurait déclaré Castellucci sous forme de boutade-. L'autre prendrait la forme d'une installation plastique.
Le créateur italien est un habitué d'Avignon. On l'y a découvert en 1998 avec son "Giulio Cesare" d'après Shakespeare. Il y est revenu notamment en 1999 avec une adaptation de "Voyage au bout de la nuit", en 2000 avec "Genesi" et en 2007 avec "Hey Girl"., présenté, dans la foulée à l'Odéon.

62 e Festival d'Avignon, juillet 2008.


Le festival Off d'Avignon sur la route de la refondation

Posté par Nedjma le 28.11.07 à 11:36 | tags : festival d'avignon, théâtre

Le grand navire du festival Off d'Avignon a sérieusement tangué ces dernières années (voir les dossiers de Flu sur le festival d'Avignon 2006 et le festival d'Avignon 2007). Apaisé depuis l'été dernier, il pose enfin les bases de sa refondation, sous la houlette de l'association organisatrice, Avignon, Festival & Compagnies. Premier acte fort de cette refondation, lundi 3 décembre avec la tenue des premiers "Etats généraux du Off". ça se passera à Avignon, bien sûr, au Palais des papes. Tout au long de la journée, compagnies, directeurs de lieux, diffuseurs et autres professionnels s'interrogeront sur plusieurs thèmes: Off, bilan et perspectives; le développement et le renouvellement du public; la diffusion du Off. Une bonne nouvelle, si c'est suivi d'effets concrets et d'une réflexion plus large et associée aux équipes du festival In sur le devenir du festival, en général. Nous suivons ça de près, et y reviendrons...

- Festival Off d'Avignon www

- Festival d'Avignon www

 

 


Castellucci et Dreville artistes associés en 2008

Posté par Nedjma le 26.07.07 à 15:20 | tags : festival d'avignon

Le soixante et unième festival d'Avignon s'achève demain pour le In, samedi pour le Off. Le tandem de directeurs se félicite d'une fréquentation record : 100 000 entrées sur une jauge totale de 107 000, soit 93% de remplissage des salles, du jamais vu. Côté Off, quelque 700 000 entrées ont été enregistrées. Les manifestations gratuites ont aussi fait le plein : 40 000 personnes pour les expos et rencontres diverses et variées. Sur le plan artistique, voilà qui pourrait ravir les gardiens du temple, l'édition 2007 a vu le dialogue des générations d'anciens, d'Ariane Mnouchkine à Jean-Pierre Vincent et de la nouvelle garde. Si les propositions étaient inégales en matière de texte et de mise en scène, cette édition a consacré les acteurs, et quels acteurs : de Laurent Poitrenaux en Richard III à Nicolas Bouchaud en Lear, en passant par la troupe de Valère Novarina ou celle de Kryzstof Warlikovski dont l'adaptation d'Angels in America (illus.) a constitué la déflagration de ce festival. Pas grand-chose à dire de Frédéric Fisbach qui a brillé par sa réserve (contrairement à Thomas Ostermeier ou au controversé Jan Fabre dont l'empreinte avait fortement marqué les années 2004 et 2005). Vincent Baudriller et Hortense Archambault ont bouclé là le dernier festival de leur premier mandat et repartent pour quatre ans avec une formule sensiblement modifiée mais qui conservera le principe de l'artiste associé. Pour 2008, ce n'est pas un, mais deux créateurs qui épauleront la direction artistique : l'interprète Valérie Dreville et le metteur en scène Romeo Castellucci. On peut tout en attendre...


Fade Hippolyte

Posté par Nedjma le 24.07.07 à 12:24 | tags : festival d'avignon
Robert Cantarella sera le co-directeur du 104 parisien, aux côtés de Frédéric Fisbach, artiste associé du festival 2007. Ici le metteur en scène délaisse les auteurs contemporains pour aller chercher un texte du 16e siècle signé Robert Garnier. Hippolyte est écrit un siècle avant la Phèdre de Racine. La langue est lyrique, ancienne mais les sonorités actuelles. Dans le gymnase du lycée Mistral, une jauge réduite et un espace contemporain. Blanc éclatant sur le sol, sur les murs. Meubles à mi-chemin entre design et Ikea. On s'asseoit aux côtés des acteurs, sans le savoir. Leur diction est claire, mais ils annonent les vers d'un ton souvent monocorde. Hippolyte est flanqué d'un chien sur un tapis. Phèdre, accent hollandais à couper au couteau, allure ado, est en robe à franges et sandalettes. La suivante de Phèdre fait des tartes aux pommes, assise à une table. La tarte cuira pendant toute la durée de la représentation dégageant une odeur savoureuse, mêlée de pommes et de cannelle, et la seule saveur qui nous touche dans ce spectacle bien fade. On ne croit pas à l'amour, aux doutes et au désespoir qui assaillent les héros. Seul Fisbach, qu'on découvre ici en acteur habite son personnage, celui du messager.

Hippolyte, mis en scène par Robert Cantarella. Festival In d'Avignon jusqu'au 26 juillet, gymnase du lycée Mistral. Photo : © Christophe Raynaud de Lage.


Lear / Sivadier : La machine théâtre s'active à vue

Posté par Gflu le 24.07.07 à 12:00 | tags : festival d'avignon

"On est là dans la tradition d'un théâtre de tréteaux sans esbrouffe qui existe surtout par l'incroyable investissement de ses acteurs - Sivadier se donne le rôle discret du roi de France. Des acteurs virevoltants, généreux dans une perpétuelle adresse au public"
Lire la chronique du Roi Lear mis en scène par Jean-François Sivadier.

Attention! Ububerlus...

Posté par Nedjma le 23.07.07 à 21:21 | tags : festival d'avignon

Quand le rideau se baisse sur Ubu roi, la scène n'est qu'un gigantesque champ de bataille, amas de papier froissé, déchiré, en boule. Grand carré blanc sur le plateau. En hauteur, un écran blanc, tout en longueur, où une écriture nerveuse commente le récit. Les comédiens, en justaucorps beige étirable à l'envi donnent de la note sur des cuivres agités. Ils sont six (Marie-Charlotte Biais, Paul Camus, Alexandra Castellon, Sophie Mangin, Jean-Erns Marie-Louise et Roland Pichaud). Six "ububerlus", comme les rebaptise le metteur en scène. Tous à tour de rôle, démolisseurs rageurs, révoltés inlassables, campent les affreux Ubu, mais aussi leurs courtisans, deux armées et des fantômes. Le papier, vaste rouleau qu'ils activent à vue en fond de scène, est tour à tour chair qui vient renflouer leurs corps minces, armes féroces, cape ou colerette. Il y a là une inventivité folle, une révolte débridée, une absurdité caustique dans la forme qui rejoint celle du texte même. C'est foisonnant et férocement drôle, réglé au millimètre et mis en scène au cordeau derrière le foutoir apparent.

Ubu Roi d'Alfred Jarry mis en scène par Alain Timar. Festival Off d'Avignon au Théâtre des Halles (17h30).
Photo : © Manuel Pascual.


La cartoon attitude d'Housch-ma-Housch

Posté par Nedjma le 23.07.07 à 11:00 | tags : cirque, festival d'avignon

Short de laine à carreaux, foulard et chaussettes rouges, chaussures bicolores et cheveux hirsutes, forcément hirsutes, de part et d'autre d'une sacrée trogne. En voyant arriver ce drôle de clown-mime, on l'imagine grand frère ou cousin lointain de Julien Cottereau, qui présentait son spectacle dans ce même théâtre l'an dernier et recevait, voilà quelques mois, le Molière de la révélation théâtrale. Mais il y a là moins de poésie, moins de part belle faite à l'imaginaire. Housch-ma-Housch (alias Semen Shuster) est un clown russe. Espiègle, il s'essaie à la magie, claquette, fait participer le public à grand renfort de rouleaux de scotch, fausses guitares et mains baladeuses. Il casse tout ce qu'il touche, d'où les « kaput » qu'il lance à répétition. Il joue la carte du cartoon efficace, petits et grands se gondolent. Sympathique, pourtant rien de neuf sous le soleil du cirque.

Kaput par Housch-ma-Housch à la Luna, Festival Off d'Avignon jusqu'au 28 juillet.


Le monde à l'envers des Epis noirs

Posté par Nedjma le 22.07.07 à 10:03 | tags : festival d'avignon

Faut-il encore présenter les Epis noirs ? Drôles de zigs, réunis autour de Pierre Lericq, auteur, compositeur, acteur et metteur en scène, beau brun à la voix grave et Manon Andersen, actrice chanteuse aux formes généreuses et aux petits cris hilarants, reconnaissables entre mille. Après L'Opéra des Champs et Bienvenue au Paradis, qui ont fait les belles heures du festival -et pas seulement-, voilà donc le dernier-né de leur imagination. Le monde à l'envers, opus joyeusement dingue et débridé, comme toujours. Il s'agit de raconter l'Odyssée d'Homère, rien de moins, à la sauce Epis noirs, évidemment. Par un subtil jeu de théâtre dans le théâtre on assiste à la pièce côté scène, et côté coulisses. Histoires d'amour contrariées, combat de prétendants et course en solitaire déroulent leur fil sous l'œil d'un Dieu dépressif. Dans ce récit tordu à souhait, nos Ulysse, Pénélope, Pierre et Manon, passent du coq à l'âne mais finissent toujours par retomber sur leurs pattes en se fendant la poire.

Le monde à l'envers par les Epis Noirs, Festival Off d'Avignon, au Paris (10h30).


60 ans en images

Posté par Nedjma le 21.07.07 à 11:09 | tags : festival d'avignon

Le soixantième anniversaire du festival d'Avignon a donné lieu à une série de publications, exposés historiques ou témoignages. Il est aussi l'occasion de plusieurs expositions, qui invitent à se retourner sur les grandes heures de l'événement en se baladant dans la ville (lire sur Flu l'histoire du Festival d'Avignon et l'entretien avec Agnès Varda). A la maison Jean Vilar, haut lieu de mémoire, 60 portraits. Ceux qui ont fait l'Avignon d'hier (de Char à Yvonne Zervos), ceux qui font l'Avignon d'aujourd'hui (petits et grands héros, chauffeurs de taxis et régisseurs...). A quelques rues de là, Agnès Varda nous convie à un riche parcours au cœur de l'équipe Vilar, qui « savait la gloire de la scène et la modestie des coulisses ». Dans une chapelle Saint-Charles restaurée, des grands formats et des détails, photos prises entre 1949 et 1955. Vilar et sa bicyclette, Vilar et sa clarinette, Vilar dans sa ville de Sète et surtout à Avignon. Attentif à ses acteurs, flanqué de ses célèbres chapeau et salopette, au travail, ou sur scène, en costume. L'ambiance semble studieuse et complice à la fois. On est au théâtre et dans la vie. Autour du maître, Jeanne Moreau, Philippe Noiret, Michel Bouquet et Gérard Philipe. Pour la photographe, « Jean Vilar était le roi, Gérard Philipe le prince ». Au fond de la grande salle de la chapelle, dans son costume blanc de prince de Hombourg, sous un astre d'or, le prince irradie. C'est très beau.

60 ans, 60 portraits, Maison Jean Vilar.

Je me souviens de Vilar en Avignon, chapelle Saint-Charles. Photo : Vilar dans sa loge, photos d'Agnès Varda. Lire aussi l'entretien avec Agnès Varda.


Cher Vincent Reitz

Posté par Nedjma le 20.07.07 à 18:32 | tags : festival d'avignon

Parmi les nouveaux lieux mis en place par le festival cette année, le foyer des spectateurs et des artistes. Installé dans l'école d'art de la ville, un cocon tranquille où il fait bon se poser pour fuir la frénésie des rues chaudes et débordantes de musiques, de cris et de tracts. Dans le jardin, des transats multicolores et des tables basses. Une cour accueille les rencontres quotidiennes entre artistes et public. A l'intérieur, musique jazz, bar, revue de presse et plusieurs expositions consacrées à Novarina, Castorf et Dieudonné Niangouna (très beaux portraits de l'artiste dans les rues de Brazzaville). Mais aussi, et surtout, les mots des spectateurs. Les CEMEA animent des ateliers d'écritures de critiques de spectacles et leurs résultats se découvrent sur les murs. Amin, Marianne et les autres y disent tout le bien ou le mal qu'ils ont pensé des œuvres de Rodrigo Garcia, Frédéric Fisbach, entre autres artistes invités de l'édition 2007. Parmi eux, une lettre à Valère Novarina signée Vincent Reitz et titrée le plus simplement du monde : « Cher Valère Novarina ». Trois lignes et une multitude de post-scriptums pour évoquer L'acte inconnu, Dieu, la langue française et la voiture de tonton! C'est drôle et intelligent, loufoque et inattendu. Cher Vincent Reitz, merci...

PS : où avez-vous trouvé tout ça ?

Foyer du public, Ecole d'art, 15 bd Raspail, tlj 11h-18h.


Richard III, entre farce et film de genre

Posté par Nedjma le 20.07.07 à 15:13 | tags : festival d'avignon

Richard III, oui, pas celui de Shakespeare, mais de Peter Verhelst. En 2005, Ludovic Lagarde -compagnon au long cours de l'auteur Olivier Cadiot - découvre le texte de l'auteur belge. Libre variation à partir du héros historique, cette pièce contemporaine basée sur le schéma de celle de Shakespeare est la première de Verhelst traduite et jouée en France. Le texte explore en profondeur les états d'âme des femmes : la duchesse, Margaret ou la mère de Richard rongée par la culpabilité et comparant le cordon ombilical à un serpent. Le cloître des Carmes est un écrin et des arcades au tissu rouge sang s'affichent devant celles d'origine. La partition est rock n'roll et il y a là une grande beauté formelle, de rouge et de noir mêlée, aux éclairages léchés, aux costumes chatoyants. La mise en scène très cinématographique de Lagarde rappelle les films de genre américains. La tragédie vire à la farce. Chez ce Richard-là, pas de bosse ou de jambe traînante, la difformité est toute intérieure. Il se balade sapé comme un crooner de supermarché, costume satin turquoise, chaussures blanches, cheveux gominés. « Le but est : beauté, justice, pureté, perfectionnement », clame-t-il. L'excellent Laurent Poitrenaux est un dandy kitsch, électrique et assoiffé de pouvoir, habité. Mais ça ne suffit pas à combler la vacuité d'un texte qui s'étire sans fin.

Richard III par la compagnie Ludovic Lagarde, Festival In d'Avignon, Cloître des Carmes, 22 heures jusqu'au 26 juillet.


J'ai mis une jupe - solo de clown au féminin

Posté par Catherine le 19.07.07 à 14:06 | tags : festival d'avignon, cirque

j'ai mis une jupeClaudia Nottale a un message à faire passer. Un beau texte sur les profondeurs de l'âme. Le problème, c'est qu'en plus de son béret et de sa jupe elle porte... un nez rouge. Affublée d'un tel appendice, impossible pour elle de ne pas entendre résonner dans sa bouche l'écho étrange de chaque syllabe prononcée, impossible de ne pas ressentir l'arrogance de la chaise sur laquelle elle est assise, impossible de ne pas voir que le public lorgne sur sa jupe trop courte.
Dommage que Claudia Nottale se perde parfois en mots, car quand elle laisse son corps parler, sa clown-conférencière sait nous transporter de joie et même nous amener vers de grands moments de poésie. Joli.

J'ai mis une jupe, Compagnie Claudia N.
Festival Avignon Off
Au Grenier à Sel

A noter: après Avignon, Claudia Nottale sera à Châlon dans la rue où elle présentera une nouvelle création, Mariage(s), du 19 au 22 juillet à 16 heures dans la cour de l'école maternelle Louis Lechère


Les potes potaches de Superamas

Posté par Nedjma le 19.07.07 à 13:58 | tags : danse, festival d'avignon, théâtre
Une bande de potes à l'humour potache. Les garçons, torse nu, jouent de la guitare en buvant de la bière, les filles, dents blanches et corps de rêve se la racontent en salle de gym et rêvent de Mitch, Carlos, Bruce tout en dissertant sur les mérites du body-danza pour l'entretien des fessiers ! Bienvenue chez Superamas. Collectif de créateurs franco-autrichien estampillé danse-théâtre. Ils ont créé une série intitulée Big dont ils présentent le troisième épisode, sous-titré Happy end à Avignon. Ça commence comme une fête du patronage et se poursuit, entre extraits de films empruntés au répertoire, documentaire plutôt hilarant sur leur prétendue conquête de New-York, et répétition inlassable de dialogues de Sex and the City. Les créateurs affichent leur objectif : « ne pas laisser à Walt Disney le monopole de l'amusement ». Et c'est vrai qu'on s'amuse franchement, par moments. Mais ils assurent aussi qu'il ne s'agit pas de faire seulement des œuvres faciles et séduisantes ou tout simplement belles, mais de rendre compte de la réalité contemporaine, et « allier légèreté et complexité ». Pour être francs, on n'a jamais trouvé la complexité sous la légèreté et on a oublié cette pièce, quelques minutes seulement après le baisser de rideau.

Big 3nd Episode par le collectif Superamas au Festival In d'Avignon, Gymnase Aubanel jusqu'au 21 juillet à 18h.


Du pain plein les poches - romaneste fara efort*

Posté par Catherine le 19.07.07 à 13:14 | tags : festival d'avignon

(*le roumain sans effort)
Il y a des projets qu'on a envie d'encourager. Par exemple ces créations proposées par plusieurs compagnies roumaines, rassemblées sous une même bannière, le projet Thepsis. D'autant que la plupart des pièces sont jouées en français, par des comédiens Roumains qui ont pris la peine de transposer le texte et fait l'effort de le mémoriser en français. La Reine des Neiges, adaptation du conte d'Andersen, par le Théâtre de Marionnette d'Arad, spectacle qui a remporté plusieurs prix en Roumanie, mérite sans aucun doute toutes les attentions. Sa particularité est l'utilisation, plutôt rare, de marionnettes à longs fils. Emploi du temps serré oblige, je ne pourrai malheureusement pas voir cette Reine des Neiges version roumaine. Mais, d'une part, je compte sur vous, chers lecteurs, pour y aller et venir ensuite nous en parler, et d'autre part, l'objectif de ces compagnies venues de Roumanie étant bien de trouver des programmateurs en France, il n'est pas impossible que j'aie d'autres occasions de voir le spectacle du Théâtre de Marionnettes d'Arad.Visniec
En revanche, j'ai pu assister à une représentation du théâtre Mihai Eminescu, venu de Botosani (département situé au Nord Est de la Roumanie). La compagnie présentait Du pain plein les poches, de Matéi Visniec. L'auteur est bien connu en France, où il vit depuis 1987 et où il écrit ses pièces directement en français. Du Visniec prononcé avec un fort accent roumain, cela permet de mieux relier l'oeuvre au pays d'origine de son auteur, cette Roumanie qui abrite un certain humour subtilement mâtiné d'absurde...
Mise en scène minimaliste pour une histoire qui tourne rapidement à la joute verbale : six chaises disposées en cercle figurent le puits dans lequel est tombé un chien. Un cameraman et une journaliste se trouvent là et réfléchissent : comment l'animal s'est-il retrouvé au fond du puits ? Qui l'a poussé ? Veut-il du pain ? Que peuvent-ils faire ? Sous le drame absurde, les questions existentielles. Pas du grand Visniec, mais qu'importe. Les comédiens y mettent tellement d'eux-mêmes qu'on en ressort profondément ému. Vive la Roumanie.

Avignon Festival Off
Théâtre de l'Atelier 44
Du pain plein les poches, de Matéi Visniec, Théâtre Mihai Eminescu - du 6 au 16 juillet
La Reine des Neiges, d'après Andersen, Théâtre de Marionnette d'Arad - du 17 au 28 juillet


La claque Angels in America

Posté par Nedjma le 19.07.07 à 11:35 | tags : festival d'avignon, théâtre

 

Une plongée remuante et foisonnante dans l'Amérique reaganienne hantée par le sida. Le texte de Tony Kushner (en polonais sous-titré), l'incroyable équipe d'acteurs et la mise en scène de Krzysztof Warlikovski au lycée Saint-Joseph valent vraiment le voyage. On sort fourbu, mais heureux d'en avoir été. A voir à Avignon, ou ailleurs, plus tard. Pour lire la chronique dans le mag, c'est ici.

 


Les petites perles du Off : Urgences ! au Ring

Posté par Nedjma le 18.07.07 à 18:11 | tags : festival d'avignon

Comment va le monde ? Bof, serait-on tenté de répondre. Des auteurs contemporains apportent la même réponse, avec un humour cinglant et une langue ciselée. C'était le cas de Mattei Visniec, dans Attention aux vieilles dames rongées par la solitude. C'est le cas de Serge Adam dans Etat des lieux avant le chaos. Il n'y a donc pas vraiment de hasard si Marie Pagès porta à la scène celui-là avant celui-ci. La directrice du Ring, théâtre avignonnais permanent, a rejoint l'opération Un auteur, une ville, initiée par le Groupe des 20 Théâtres en Ile de France. Après une résidence d'écriture, plusieurs metteurs en scène se sont penchés sur le texte de Serge Adam, suite de modules. Sous le titre « Urgences », Marie Pagès a donc rassemblé plusieurs courtes pièces. Toutes ont à voir avec la misère. Misère écologique, misère affective et sociale. Une rock-star fait signer un protocole de consentement sexuel à sa future conquête, une famille de Bidochon hyper-consommateurs déambule dans les allées d'un hypermarché, un homme crée des boîtes à accueillir les rêves, semer les projets et nourrir les utopies. Un quatuor d'acteurs magnifiques (deux garçons, deux filles) se glisse dans la peau de ces héros ordinaires successifs. Chaque mini-pièce est un mini-monde qui prend corps dans un décor changeant et activé à vue par les acteurs. Chaque changement de décor est une cérémonie en soi, chorégraphiée avec soin et force sourires. Il y a urgence(s) ? Alors prenons le temps de vivre, semblent-ils dire. Marie Pagès est une grande petite fille, qui résiste à sa façon. Le nom-même de son théâtre évoque le combat. Une fois encore, elle met le doigt sur les tourments du monde pour mieux s'en amuser. Elle se montre légère face à tant de gravité. Comment va le monde ? Un peu mieux en sortant de là.

Urgences ! Par la compagnie Marie Pagès. Festival Off d'Avignon, 15h au Ring. Puis à la Maison des Métallos, Paris, en février 2008. Photo : DR.


Le soleil, l'entretien et l'échange

Posté par Nedjma le 17.07.07 à 12:48 | tags : festival d'avignon
Me voilà à Avignon. Passage de relais effectué. Je ne m'éterniserai pas sur la différence thermique entre Paris et ici, mais quand même... c'est bon d'avoir chaud ! Pour ce qui est de l'ambiance, on entre dans la deuxième partie du marathon. La fatigue commence donc à pointer le bout de son nez, la tension aussi, mais apparemment les salles font le plein. Premiers spectacles, premières déceptions. Côté Off, la rencontre au sommet entre les Mesguich père et fils au Théâtre du Chêne noir est un magnifique duo de comédiens entravé par un texte décevant (L'entretien de M.Descartes et M.Pascal le jeune par Brisville, à 16h au Chêne noir). Côté In, je n'ai pas résisté à l'envie d'aller voir l'Echange, malgré tout le mal qu'en a pensé Julie, dont j'attends avec impatience le « point de vue circonstancié ». Le texte est sublime, le lieu aussi... mais les deux tapis pendant à la corde à linge et le polyinstrumentiste Frédéric Le Junter sont à mille lieux de figurer l'immensité peinte par Claudel. Julie Brochen ne convainc pas dans le rôle de Marthe. Dommage.

Les petites perles du Off : Groupe TOC

Posté par Catherine le 17.07.07 à 00:13 | tags : festival d'avignon

TOCMoi, Michèle Mercier, 52 ans, Morte. Un titre pareil, c'est forcément de bon augure.
Michèle Mercier, on ne la verra pas. Elle est morte. Assassinée peut-être. Peut-être simplement décédée des suites d'une cirrhose. Son fils et son ex-belle-fille, ses deux jeunes voisines, les rats qui ont dévoré son corps resté abandonné pendant quatre jours, tous témoignent de ce qui a pu arriver à Michèle. Comme au Cluedo, on passe de la cuisine au salon, en passant par la chambre. On découvre des suspects, on suit une piste mais elle en croise d'autres toutes aussi crédibles. Les témoignages se chevauchent, les suppositions s'entrechoquent, le rythme s'accélère. La tension est immense, le rouge dégouline. Captivant comme un fait divers monté en épingle et dont on finit par croire qu'il est primordial d'avoir le fin mot de l'histoire.

Moi, Michèle Mercier, 52 ans, Morte création du groupe TOC, collectif artistique bruxellois
Texte Marie Henry
Avignon festival Off - théâtre des Doms


Le prix de la viande à Avignon

Posté par Catherine le 16.07.07 à 18:02 | tags : festival d'avignon

Sujet typique d'improvisation en atelier théâtre : "vous apprenez que vous souffrez d'une maladie incurable et que vous allez mourir très bientôt". Ceux d'entre vous qui l'ont pratiqué savent combien l'exercice est difficile. Comment saisir la portée de l'information, comment imaginer une réaction vraie face à une telle situation ?
L'annonce de la mort prochaine est justement le point de départ du Prix de la Viande, pièce proposée par le Théâtre du Vieux Balancier, et écrite par Christine Wystup pour la compagnie. Et la seule réserve qu'on puisse émettre concernant cette création réside justement dans l'interprétation de la comédienne: un médecin doucereux annonce à Juliette qu'elle est atteinte d'une maladie rarissime et en plus, qu'elle n'a qu'une chance sur deux d'en réchapper et la jeune dame n'apparaît pas pour le moins ébranlée. Face à Bertrand, quinquagénaire atteint de la même maladie qu'elle (mais lui en a été informé avant), elle continue à user de ses beaux sourires et de son charme apprêté alors qu'il est maintenant question de sauver sa peau.
Cette faiblesse de direction d'acteur à part, Le Prix de la Viande fonctionne bien. Deux malades et, faute de moyens, un seul traitement. Toute la question est de déterminer lequel des deux en profitera. La bataille sera menée par les patients eux-mêmes face à un jury populaire - le public. Comme dans les émissions de télé-réalité, les patients/candidats ne sont plus que des marchandises dont les enchères fluctuent au gré de leur capital-sympathie. La salle est petite, les comédiens sont très proches. Se voyant attribuer le rôle de jury, le public est forcé de se sentir impliqué. Original et efficace. A tenter.

Le prix de la viande, compagnie du Vieux Balancier
Texte et mise en scène Christine Wystup
Avec Maria Vaz, Bruno Dairou, Laurent Ciavatti
Festival Avignon Off
A 16h15 au Vieux Balancier, 2 rue d'Amphoux


Attitude clando : la voix de l'autre

Posté par JdF le 16.07.07 à 15:52 | tags : festival d'avignon

Quand Dieudonné Niangouna arrive dans la nuit du Jardin des Mons, il se place au centre d'un cercle de braises luisantes. Il n'est pas éclairé, on le distingue à peine. Puis il parle, il monologue. Un monologue qui agace et met mal à l'aise comme ceux de ces types qui ne vont pas bien et qui harangue les quidam dans la rue ou le métro. Qui parlent parlent, débalent leur vie, leurs espoirs, désillusions, comment la vie les a meurtris et pourquoi eux ? Et qui s'enferre dans une logique qu'ils sont les seuls à suivre. D'ailleurs, la compagnie de Dieudonné Niangouna s'appelle "Les bruits de la rue".

Il a capté cette parole tue ou déballée en vrac. Le clando, c'est le clandestin, celui qui ne va ni à la Poste, ni nulle part de peur d'être dévisagé, contrôlé, arrêté, renvoyé. Il s'est construit un univers dont il ne peut pas vraiment sortir. Les autres, ceux du dehors, il les insulte, il les envie. Attitude Clando, c'est ça. De la souffrance brute et de la violence rentrée.

La fiche du spectacle sur le site du Festival d'Avigon.


Insideout : danse, performance, installation ?

Posté par JdF le 16.07.07 à 15:12 | tags : festival d'avignon

Insideout de Sasha WaltrzComme souvent devant les spectacles de danse contemporaine, on se demande : que vois-je ?. Dans le cas de Insideout, on se demande aussi : où suis-je ? Car le dispositif imaginé par Sasha Waltz est un ensemble de boîtes dans lesquelles musiciens danseurs et acteurs jouent, dansent crient, s'habillent, se déshabillent, haranguent les spectateurs qui déambulent parmi ces espaces. Ces boîtes forment un ensemble structuré avec un étage, des escaliers, une rambarde ainsi quelques éléments satellites : balançoires, chambre froide etc.

Résultat : les spectateurs (ou plutôt les visiteurs/voyeurs) s'agglutinent aux porte et aux ouvertures (certaines ne sont que des fentes) pour tenter de distinguer quelque chose à ce qui se passe dans les boîtes. Certains n'y parviennent pas et vont voir ailleurs, d'autres jettent carrément l'éponge et s'assoient à l'extérieur, là où il ne se passe rien et contemple tout cela d'un air morne. Ont-ils déjà trop marché ? Sont-ils sceptique quant à l'intérêt d'un tel disposotif ? Je serais tenté de le croire. Car, au fond, pourquoi donner les apparances d'une représentation (places à 30 euros, entrée et sortie des spectateurs à une heure donnée) à quelque chose qui devrait être un déambulatoire où les visiteurs entrent, se promènent, observent selon un flux qui pourrait s'étaler sur une grande partie de la journée.

Eh puisque Sasha Waltz cherche à faire intéragir acteurs et spectateurs (sans grand succès, il faut le dire), pourquoi ne pas organiser des ateliers préparatoires pour les plus motivés qui pourraient ensuite réellement intégrer le dispositif et réagir aux injonctions des actants ?

Bref, plein de possibilités qui surgissent au sortir d'une proposition qui ne tient pas vraiment ses promesses.

La fiche du spectacle sur le site du Festival d'Avigon.


Melopeya Tanguera - tango paisible au Rouge-Gorge

Posté par Catherine le 16.07.07 à 12:31 | tags : festival d'avignon
Il fait si beau à Avignon qu'on a parfois envie d'un petit plaisir simple. Tiens, un spectacle de tango argentin, de la musique, de la danse, en fin de soirée, ça pourrait faire l'affaire. C'est l'occasion de découvrir le Rouge-Gorge, espace étonnant à deux pas du Palais des Papes, plus saloon que salle de théâtre. Le public est nombreux à venir applaudir Melopeya Tanguera, l'ambiance dans la salle est chaude et tendue comme un tango endiablé.
Mince, le livret distribué à l'entrée indique que le quartet Melopeya, qui accompagne sur scène les danseurs, se distingue par sa composition (clarinette, alto, guitare, contrebasse). C'est-à-dire que... nous n'entendrons pas de bandonéon ! La troupe poussera même le vice jusqu'à en apporter un sur scène, le laisser se morfondre sur un tabouret, et même le manipuler sans en sortir aucun son. Torture!
La musique est malgré tout bien agréable. Le couple de danseurs est charmant comme il se doit. Les jeux de jambe semblent être leur fort. Le tout manque un peu de souplesse et de fougue (que voulez-vous, sans bandonéon...), mais pas de charme. Melopeya Tanguera, une façon paisible de clore une dure journée de festival.

Melopeya Tanguera, spectacle de tango argentin, musique et danse
Avignon Festival Off
Jusqu'au 28 juillet à 21h35 au Rouge-Gorge


Christophe Fiat : l'interview

Posté par JdF le 15.07.07 à 22:22 | tags : festival d'avignon

Christophe Fiat dans

Dans mon précédent billet, je disais tout le bien que je pensais des performances que Christophe Fiat a présenté durant le festival. Voici donc l'interview promis :

Fluctuat : Vous avez instauré un dispositif déroutant pour le public : les lecteurs/acteurs se présentent dos au public, cherchez-vous par là à casser l'accès direct à la fiction ?

Christophe Fiat : Je ne veux rien casser du tout, ce qui m'intéresse, c'est le dispositif de la scène rock : des individus postés devant des pieds de micro pour faire une lecture amplifiée. Les punks chantent de dos : les clash, le velvet. Ce qui fait partie de la scène rock, c'est jouer sa vie comme si on était toujours filmé. Les majors du rock des années 50 se sont inspirés des studios de cinéma hollywoodiens. À partir du moment où il y avait une caméra sur scène qui symbolisait la société de contrôle et que je travaille sur un dispositif rock, il fallait, pour que cela fonctionne, non pas tourner le dos au public, mais que la camera filme quelque chose qui se passe sur scène que le public ne voit pas. Cela peut-être interprété comme une provocation ou une rupture avec le représentation traditionnelle de la fiction, mais ce n'est pas mon problème. Je ne vois aucun intérêt à faire jouer des acteurs qui connaîtraient mon texte par cœur et qui font croire que c'est une histoire. J'aime bien aller au théâtre, mais quand je vois des comédiens qui récitent un texte par cœur, je n'y crois pas. Cela ne correspond à rien de ce qui est dans la vie, je préfère le cinéma.

Flu : La figure de Stephen King, qui est au cœur de la performance que vous intitulez précisément Strepehn King's stories, est aussi présente dans La jeune fille à la bombe. Vous voyez en lui un "mythe contemporain". Vous lui rendez un hommage qui, me semble-t-il est aussi un hommage à la culture populaire.

C. F. : Pas à la culture populaire "en général", je rends hommage à un écrivain dont il n'y a pas d'équivalent en France. Donnez-moi un exemple d'un écrivain qui raconte des histoire intéressantes et qui vend beaucoup d'exemplaires... Il n'y en a pas, voilà. Ce qui est intéressant avec Stephen King, c'est que c'est un vrai écrivain pour adolescents. En France, on prend les adolescents pour des cons. Peut-être, si, il y aurait l'équivalent de ce point de vu là, même s'il n'a pas publié de best-sellers, c'est Boris Vian. C'est un des rares écrivains à s'adresser aux adolescents. sinon, il y a une rupture en France entre la littérature pour enfants et la littérature pour adultes. Les nouveaux auteurs de best-sellers français n'arrivent pas à la cheville de Stephen King en terme d'œuvre et de proposition d'imaginaire. Carrie, c'est un libre sublime. En France, il y a une sorte de tabou : il faut être désintéressé pour faire de la bonne littérature. Ce qui est aberrant : depuis quand doit-on être désintéressé pour faire de l'art ? On peut être intéressé et être un bon artiste.

Flu : Vous n'hésitez ni à rendre hommage à Stephen King, ni à emprunter à la série b, aux films de Fung fu ou au cinéma fantastique, pour tirer la matière de vos spectaclese. Vous contester la hierarchie entre les genres ou plutôt, vous ne la considérez pas comme donnée.

C. F. : Pourtant elle existe, cette hiérarchie, mais c'est de l'idéologie, c'est une fabrication : J'aime beaucoup le livre d'Adorno et Horkeimer, La Dialectique de la raison, dans lequel ils expliquent que cette hiérarchie a été construite de toutes pièces. Lorsque Adorno et Horkeimer se demandent comment cela se fait que le cinéma abrutisse les gens, Pour eux, l'art doit être populaire, mais dans un système qui ne soit pas capitaliste, ni bourgeois. Ils se demandent comment l'art a raté le courant du divertissemnt : pas le divertissemnt, dans son sens pascalien, divertissemnt qui permet à l'esprit de se reposer pour ensuite être plus productif au boulot, l'art doit devenir un art de vivre.

Selon Hannah Arendt le fait qu'il n'y ait pas de culture populaire intéressante, c'est quand elle est un instument de domination. Cela s'appelle le philistinisme, c'est-à-dire quand le bourgois ont intérêt à faire croire aux artistes et aux masses populaires que tout cela c'est du fun. Moi, je ne crais pas non plus à un art populaire, mais ce que je fais dans La jeune fille à la bombe et dans Stepehn King's story, c'est attaquer la culture d'élite. Ce qui est paradoxal de s'y attaquer dans le cadre du Festival d'Avignon. Mais si je veux m'adresser à beaucoup de monde, il faut bien être invité dans des lieux comme celui-là.

N'allez pas croire que je suis dans le relativisme: que Wagner vaut Stephen King, ou que Nijinsky vaut Courtney Love ou Sissi. Quand on lit les portraits que je leur ai consacrés, on voit bien que je n'en parle pas dans la même manière. Ce que je traque, dans ces figures de la culture populaire, c'est le moyen de démystifier la culture d'élite.

Le site de Christophe Fiat : www

Crédit photo : © Christophe Raynaud de Lage


Le In dans tous ses états avec Faustin Linyekula

Posté par Catherine le 15.07.07 à 20:12 | tags : festival d'avignon
DinozordA Avignon, de nombreux festivaliers ne jurent que par le Off, regrettant d'être trop souvent déçus par les propositions du In. Je ne reviendrai pas sur le cas Fiat dont Julie a clairement laissé entendre que je n'en pensais pas que du bien. En tout cas, je conçois très bien que des passionnés de théâtre ne trouvent pas toujours leur compte dans certains spectacles du In.
Pourtant, en sortant du spectacle que propose Faustin Linyekula en cette édition 2007 du festival, ce n'est pas tant l'impression de "ne pas en avoir eu pour ses sous" qui peut saisir le spectateur. En effet, au bout de l'heure et demi extensible qu'a duré l'événement, le public repart chargé de suffisamment de souvenirs : tout d'abord, il y a l'image de ce jeune homme noir à la peau peinte en blanc qui salue personnellement le public à l'entrée et à la sortie, qui chante quand il en a envie, se présente comme grillot et se fait appeler Faustin par ses camarades de scène. Ses compagnons, ce sont six hommes noirs, à l'accoutrement si excessivement africain, culotte en peau de léopard et corps peints. Et puis il y a du mouvement, des textes, des vidéos, du chant lyrique, dans le désordre, sur le mode tantôt du solo de danse, tantôt de l'installation plastique, tantôt de la veillée commémorative à rebondissements...
Avec Dinozord : The Dialogue Series III, Faustin Linyekula évoque son retour au pays natal (la République Démocratique du Congo, ex-Zaïre), après huit ans d'absence. Une vidéo présente Vumi, l'ami qui jadis lui fit découvrir la poésie, aujourd'hui en prison. Il témoigne de son expérience de la torture. Forcément poignant. D'autres films montrent les habitants de Kisangani, répondant à Faustin qui leur demande "quel est votre rêve?". Le spectacle est aussi le fruit de rencontres. Sur le plateau, donc, un contre-ténor de Lubumbashi qui a appris seul le chant lyrique, distille le Requiem de Mozart, étrange voix sortie d'un corps qu'on imaginait imprégné d'autres traditions. Dinozord, un danseur de hip-hop rencontré à Kinshasa explique avec beaucoup de poésie le pourquoi de son surnom. Papy Mbwiti, lui, recruté comme comédien, crie au scandale puisqu'on ne lui donne rien à jouer ! Faustin se dédouane en s'adressant au public : il a conscience de pouvoir lasser à force de ressasser sa mémoire.
Alors, que doit faire le spectateur ? Pour peu qu'il accepte de ne pouvoir définir le moment qu'il est en train de vivre, il peut certainement apprécier la sincérité de l'artiste et attendre patiemment de voir quelles traces laissera en lui cette expérience. Telle une rencontre inattendue dont on devine qu'elle ne restera pas sans séquelles.

Dinozord : The Dialogue Series III, Faustin Linyekula / Studios Kabako
Avignon In
Lire également l'interview réalisé en 2005 par Benjamin Bibas pour Fluctuat : www
photo @Sammy Balozi


Les petites perles du Off - Système Castafiore

Posté par Catherine le 14.07.07 à 16:16 | tags : festival d'avignon

castafioreEncyclopédie des tendances souterraines, spectacle de danse proposé par Système Castafiore, se joue sur une bande-son pour le moins inhabituelle : très peu de musique, mais un enchevêtrement de bribes de causeries philosophiques ou de débats d'experts, d'extraits de bande-son de film ou de série télé, de cling, de bang, de dring... Loin de toute illustration réaliste, loin aussi du mime, les comédiens-danseurs se saisissent de ce patchwork sonore et le font résonner avec leur corps au plus près du sens premier de chaque mot et dans l'instinct éveillé par chaque syllabe, chaque bruit, chaque souffle. Les échanges n'en sont pas simplement amplifiés, ils passent carrément dans une autre dimension.
Imaginez l'un de vos rêves les plus farfelus où une femme aux cheveux violets serait poursuivie par un ours au ralenti tandis que Louis de Funès ferait la grimace à un danseur grec au long nez. Un flot de tableaux colorés dont l'enchaînement obéit à la logique abstraite de l'inconscient, c'est à cela que ressemble Encyclopédie des tendances souterraines. Un de ces rêves fascinants dont la signification en appelle à Lacan et dont on se souvient très longtemps.

Encyclopédie des tendances souterraines par Système Castafiore (compagnie conventionnée, Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Un petit bijou du Off présenté au Studio des Hivernales (www) tous les jours à 20h30
Avignon Festival Off
Photo @Karl Biscuit




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