Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Tous les billets consacrés à ce théâtre sur Saisons.

Le regard de l'anatomiste : l'Ignorant et le Fou de Thomas Bernhard

Posté par JdF le 16.01.07 à 16:43 | tags : gérard philipe/saint-denis, théâtre

Dérangeant comme tout le théâtre de Thomas Bernhard , L'Ignorant et le Fou met aux prises trois personnages : une cantatrice, son médecin (et amant sans doute) et son père. Deux tableaux. Le premier se déroule dans la loge : attente, nervosité de cet alcoolique de père qui vire à l'angoisse au fur et à mesure qu'approche le moment où sa fille doit entrer en scène de sa fille qui, chaque soir, retarde un peu plus son arrivée. Le médecin tente desespérement de distraire le vieil homme en lui faisant une leçon d'anatomie. Lorsque la cantatrice paraît, la tension atteint son paroxisme : l'entrée en scène se prépare comme s'il s'agissait d'un sacrifice, ce qui se confirmera dans le second tableau de la pièce, lorsque les trois personnages s'étant réunis dans le cabinet particulier d'un restaurant luxueux, la cantatrice crache son sang en montrant tous les symptomes de la phtisie. Maladie emblématique de la femme de spectacle (et de la prostituée) la phtisie, c'est un peu la tuberculose vu au XIXe siècle, à travers le prisme de la hantise de l'excès, de cette démesure qui caractérise précisément ce père et cette fille, elle dans son art, lui dans son addiction, et les deux dans l'amour qui les lient l'un à l'autre.

La mise en scène de Célie Pauthe choisit de forcer l'effet de réel : décor où le réalisme est soigné, mur, portes, moulures sombres, tout reproduit l'univers oppressant de cette action qui peut aussi bien se passer dans l'Autriche d'aujourd'hui que dans un XIXe siècle qui n'en finit pas de finir : l'opéra comme art suprême, l'anatomie comme science de l'homme, renvoient toutes deux à une Histoire déjà lointaine et encore présente. Le médecin, joué par Pierre Baux, dont le rôle est incertain dans l'économie de la pièce est pourtant celui qui parle (de dissection) et qui, par la même occasion, dissèque les hantises et les obsessions des deux autres. Mais Pierre Baux le donne superbement à comprendre : perdu dans le vertige de sa propre discusivité, le regard de l'anatomiste, loin dêtre neutre, est intimement lié au type d'humanité qu'elle s'attache à disséquer.

L'Ignorant et le Fou, de Thomas Bernard, mise en scène de Célie Pauthe au Théâtre Gérad Philipe de Saint-Denis, jusqu'au 4 février.




Les enfants à l'honneur à Saint-Denis

Posté par JdF le 06.04.06 à 09:32 | tags : danse, gérard philipe/saint-denis, jeune public, théâtre
Du 6 avril a 13 mai un festival multiforme est dédié au jeune public. au programme: Dégage petit, théâtre d'objets, Le Mioche et Les anges (photo) marionnettes,  Eniki Beniki, théâtre d'ombres, Issea, longues jambes, un conte sénégalais, musical et dansé, Récréation primitive, spectacle dansé par une compagnie camerounaise, L'assassin sans scrupules, une adaptation d'un roman policier suédois.
Autant à voir qu'à entendre, autant d'horizons à découvrir au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.






Le mythe fantastique du Golem

Posté par Anne le 04.04.06 à 10:11 | tags : gérard philipe/saint-denis, théâtre
C'est à une bien curieuse et passionnante expérience que nous convie la compagnie Pseudonymo au Théâtre Gérard Philippe avec la mise en scène du Golem, d'après le roman de Gustav Meyrink. Meyrink avait composé un roman expressionniste d'une légende née au XVIe siècle dans le labyrinthe obscur du ghetto juif de Prague. De la légende au roman et du roman à la scène, c'est toujours le même univers d'ombres, de brouillards et de méandres qui sert de cadre à cette histoire étrange. Athanasius Pernath, le tailleur de pierres, part en quête du Golem, cette créature artificielle qui s'est mise à vivre, dangereuse parce qu'à chacune de ses apparitions, dit-on, elle court dans les rues du ghetto en tuant sur son passage. Mais le Golem, c'est surtout le double d'Athanasius, la rumeur de son inconscient, son double fantomatique. La compagnie nous offre un spectacle plus visuel que narratif - au risque assumé de nous décontenancer - où la scène est un lieu de trappes et d'illusions lumineuses. Formés à l'art des marionnettes, les comédiens mêlent avec grand bonheur, et dans une pièce on ne peut plus appropriée, le jeu humain, les masques de chiffons et pantins animés. La scène est un lieu de métamorphoses : les objets se mettent à vivre, les grimoires deviennent des portes ouvertes sur d'autres univers, les personnages parlent avec leurs doubles. Entre Lewis Carroll, la Kabbale et le Horla : on reste habité par quelques séquences oniriques mémorables, comme celle du rabbin qui fait danser dans le silence de la nuit trois lettres hébraïques au-dessus de sa tête.
Le Golem, au TGP jusqu'au 9 avril



Pessoa à Saint-Denis

Posté par JdF le 14.03.06 à 11:58 | tags : gérard philipe/saint-denis, théâtre
Alain Ollivier met en scène Le Marin de Pessoa au Théâtre Gérard Philipe. Ce texte s'inscrit parfaitement dans son univers, fait de pénombre et de chuchotements. La présence d'Anne Alvaro est évidement pour beaucoup dans la beauté du spectacle. Admirables sont sa voix et son expressivité et la maîtrise des effets. Le jeu, la scénographie, la mise en scène demeurent en retrait et laissent parler Pessoa. Jusqu'au 9 avril.





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