Pierre Doris est mort
« On me surnommait le Frankenstein du rire, voire le pape de l’humour noir (…) mais moi je suis un tendre » avait dit en 1978, celui dont beaucoup considèrent qu’il a préfiguré l’humour de Pierre Desproges. « Entre le premier cri et le dernier râle, il n’y a qu’une suite de mots sans importance », avait-il aussi clamé. Il aura montré le contraire. Au paradis des caustiques, il devrait bien se fendre la poire avec Raymond Devos… Illus dr
Le Guillon flingueur de retour sur scène Avec ses allures de cocker triste et son air de pas y toucher, Le Stéphane Guillon, animal comique en voie de disparition, ne trompe plus personne. L'homme dezingue et flingue à tout va, avec un humour noir et brillant malgré des saillies inégales. C'est sur France Inter que ça se passe, chaque matin, du lundi au mercredi à 7h53, ça dure à peu près 5 minutes et ça marche du feu de Dieu. Les auditeurs adorent ou abhorrent, et le font savoir (courriers et mails). Quant aux personnalités invitées, elles subissent mais le plus souvent découvrent le forfait, après-coup. C'est le cas de Nicolas Hulot, qui, qualifié d'éco-tartuffe, a publié une réponse cinglante dans le Journal du dimanche de la semaine dernière, de Dominique Strauss-Kahn, traité à mots (dé)couverts de baiseur fou, ou de Martine Aubry, considérée comme un pot à tabac. Eric Besson, Nicolas Sarkozy -proie de prédilection de Guillon-, Jean Sarkozy, ou, plus douteux les victimes du crash aérien du vol France-Bréil... ont aussi fait les frais de la plume au vitriol de Guillon -revue et corrigée quand besoin par sa compagne...-. Quoi qu'il en soit, les cibles de Guillon sont aussi ceux qui lui font la meilleure pub, l'humoriste en convient et s'en sert même pour faire la promotion de son dernier spectacle. Oui le microphage revient à la scène, à partir de janvier prochain, au Théâtre Dejazet. Stéphane Guillon, Théâtre Dejazet, Paris, à partir du 12 janvier 2010. Trois drôles de dames...
On l’a dit: Florence Foresti fait son retour sur scène avec « Motherfucker », dès le 29 septembre au Palace. Il y a ceux qui la trouvent pas assez méchante, et ceux qui la trouvent trop légère. Mais il y en a suffisamment qui se tordent de rire à l’écouter pour remplir –ou presque- le Palace pendant quelques temps. En plus de Foresti, d’autres drôles de dames font leur rentrée sur scène. Valérie Lemercier reprend ainsi le spectacle qui avait fait la réouverture du Palace au printemps dernier, mais cette fois à l’Olympia. Enfin, Michèle Laroque, coutumière du sujet –qu’elle avait déjà exploré sous toutes les coutures avec son complice Pierre Palmade- se penche sur le couple et ses affres dans « Mon brillantissime divorce » de Géraldine Aron, mis en scène par Dominique Deschamps. Son mari l’a plaquée. A moins qu’il ne l’ait libérée, un peu… Florence Foresti au Palace à partir du 29 septembre. Valérie Lemercier à l’Olympia du 23 septembre au 11 octobre. Michèle Laroque au Théâtre du Palais-Royal à partir du 22 septembre. Foresti, maternellement incorrecte
La mother fucker, c’est donc elle, Florence Foresti, maman d’une petite Toni de deux ans, qui décrit les affres de la maternité et toute l’hypocrisie qui peut parfois l’entourer. Le tout avec un humour débridé, bien évidemment.
Six ans après son premier spectacle, une autre drôle de dame succède donc à Valérie Lemercier sur la scène du Palace, avec ce nouveau tour de force comique, pour trois mois, avant une tournée au long cours. L’un des événements de la rentrée, assurément… Illus dr MotherFucker au Palace,à partir du 29 septembre. Dix solos de haut vol au Trianon
Le solo, un exercice périlleux, difficile, exigeant, réjouissant pour le public quand il est bien orchestré. Epuré ou dense, il varie, selon les personnes et les humeurs, entre tour de piste rigolo et tout-à-l’ego. Il permet aussi de faire entendre la parole d’un auteur, en majesté. Pour la première fois, un festival s’y consacre tout entier. Les rencontres « Seul en scène », investissent le Trianon pour quatre jours, avec une affiche de choix. Dix artistes, dix auteurs, dix spectacles au menu. Des lectures, des one (man)shows, des partitions inclassables encore. A (re) voir notamment, « Non solum » créé par Sergi Lopez au Théâtre du Rond-Point voilà deux ans. Un objet singulier, entre la comédie existentielle et le récital a cappella. Sara Forestier replonge dans la troublante « Confession d’une jeune fille » de Marcel Proust, tandis que Jacques Higelin revient à ses premières amours avec le superbe texte d’Alessandro Baricco, « Novecento pianiste ». Richard Bohringer propose un éventail de ses propres textes et Denis Lavant livre "La grande vie" de Jean-Perre Martinet, mis en scène par Pierre Pradinas. Au chapitre humour, la poésie métaphysique de Gauthier Fourcade et les délires savamment orchestrés de Sophia Aram. Et bien riez maintenant ! Illus Richard Bohringer Bruce Pierson. Denis Lavant dr. Sergi Lopez © fdg castro. Rencontres « Seul en scène », Théâtre le Trianon, Paris du 10 au 13 septembre.
Le Café de la Gare, 40 ans, toujours mordant
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Peu à peu, le petit café-théâtre voit venir à lui un dense public avide d’humour noir et débridé. Le prix des places se décide à la roue, les acteurs et spectateurs se retrouvent autour d’une soupe. Le lieu s’avère trop petit et la fine équipe finit par déménager dans le 4e arrondissement, rue du Temple. Aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts. Nombre des fondateurs ont passé l’arme à gauche, Bouteille chemine de son côté. Sotha elle, est toujours là, en gardienne du temple. Elle continue de programmer comédies et solos grinçants –l'excellent Didier Porte notamment-. Pour fêter la flamboyante quarantaine du Café de la Gare, elle recrée son western « La mort, le moi, le nœud », à l’affiche depuis mars dernier. Ce dimanche, on y verra, en plus, une exposition photos et une projection. Bon anniversaire ! Illus la troupe de "La mort, le moi, le noeud". DR La mort, le moi, le nœud. Soirée anniversaire le 14 juin. Café de la Gare, 41, rue du Temple, Paris 4e. 01.42.78.52.51.Faut rigoler !
Paris fait sa comédie du 25 mars au 4 avril Une bonne tranche de rigolade
L'art du rire, Théâtre des Bouffes du Nord, jusqu'au 19 décembre. Timsit, le spectacle de l'homme seul debout
Mais il retrouve aussi le costume qu'il affectionne le plus, celui d'humoriste seul en scène. Dans The one man stand-up show, logiquement sous-titré "le spectacle de l'homme seul debout" (!), le féroce croqueur de notre société et de tous ses travers reprend du service et ça devrait dépoter. "Fallait pas me réveiller!", clame-t-il. Après l'Olympia et une tournée au long cours, il revient à Paris. Avec Valérie Lemercier au Palace et l'ami Timsit à la Cigale, les amateurs d'humour lisse et nombriliste peuvent passer leur chemin... Patrick Timsit à la Cigale, du 2 au 13 décembre. Valérie Lemercier: ça c'est Palace!
Lire la critique de Valérie Lemercier au Palace Valérie Lemercier au Palace! (Paris 9e), à partir du 5 novembre. |
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