Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité des Arts de la scène à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons.

Strindberg en bulgare à la Bastille

Posté par Floriane le 23.10.08 à 10:42 | tags : international, théâtre
Théâtre SfumatoLe Théâtre de la Bastille ne recule devant rien. Dans le cadre de la Saison culturelle européenne en France, le Théâtre Sfumato de Sofia est invité à présenter, entre le 20 et le 26 octobre, trois pièces de Strindberg, surtitrées. Pour qui connaît un peu l’univers de Mademoiselle Julie, du Chemin de Damas et de La Danse de mort, l’exercice n’est pas insurmontable. Le Théâtre Sfumato, en effet, base son travail sur la recherche scénographique et un jeu d’acteur à la fois très humain, quotidien et une mise à distance par rapport aux personnages. Hommes – femmes, mode d’emploi ; les relations et les images sont les mêmes dans toutes les langues. Et Strindberg sort de cette expérience comme éclairé, tant la lecture dramaturgique est le fruit d’un travail approfondi de l’équipe sur l’auteur et son œuvre. On ne voit pas assez le Sfumato en France. Le Festival d’automne permet, enfin, de réparer cette erreur.
Du 20 au 26 octobre, au Théâtre de la Bastille

Alerte sur la Canebière

Posté par Floriane le 25.09.08 à 08:55 | tags : festival, international
Préavis de désordre urbainLe festival Préavis de désordre urbain commence sur les chapeaux de roues, à Marseille ! Mercredi, la vingtaine de performers venus des quatre coins de l’horizon se sont égayés dans la Joliette, transformant la sortie des classes en une partie de foot (Half Swiss et Rachel Echenberg), revisitant le Déjeuner sur l’herbe en cagoule, face à la Banque Populaire de Provence et de Corse ! (Frantisek Kowolowski et Shannon Cochrane), se livrant à une séance de foulage aux pieds en plein marché (Jiri Suruvka et Victoria Stanton) ou encore à un nettoyage en règle de la chaussée (Ornic’art et Risa Takita).
Ce festival en est à sa deuxième édition et propose, outre cette journée marquée du sceau de la contrainte (tirage au sort du partenaire et du lieu), une soirée de performances où les artistes vont présenter un exemple de leur travail (ce soir à partir de 18h30, à la Friche Belle de mai) puis un Avis de chantier sur une place de la Canebière (vendredi à partir de 17h30) et enfin une nuit de la performance au Point de bascule, samedi.
Le développement des réseaux est l’objectif de cette initiative, pilotée par le collectif Ornic’art, créateur de Red Plexus, lieu-ressource sur les nouvelles écritures de la performance. Les policiers marseillais, sans doute fiers que leur ville soit la capitale européenne de la culture en 2013 ou résolus à devoir à présent s’attendre à tout, ont vu hier sans sourciller le « désordre urbain » s’emparer des boulevards. Pendant cinq ans au moins, les performers ont un bel avenir dans la cité phocéenne !


Alhambra Container

Posté par Floriane le 07.09.08 à 19:34 | tags : arts de la rue, international
OsmosisDe Ljubljana à Gand, de Cognac à Tarrega, le dernier spectacle de la compagnie Osmosis, créé en coproduction avec le réseau européen de spectacles de rue Meridians, termine (pour cette saison) son périple au festival de Tarrega, haut lieu du spectacle de rue en Espagne. A Gand, lors du festival Mira Miro (anciennement istf), les évolutions des trois danseurs parmi les containers avaient un peu de mal à occuper l’espace, physique et mental, d’un thème aussi solide que l’émigration clandestine. L’idée et le dispositif sont bons et ont fait leurs preuves (notamment dans Flesh et Transit de la même compagnie), reste aux danseurs à trouver leurs marques, les machines, elles, effectuant sans sourciller leur ballet mécanique.
Reste que Alhambra Container était, pour les visiteurs étrangers, l’un des spectacles les plus accessibles dans cette édition 2008 de Mira Miro, où la plupart des propositions avaient largement recours au texte (néerlandais). On a un peu de mal à comprendre cette politique de développement d’un art à l’échelle d’une communauté, alors que l’accent est, plus que jamais, mis sur la circulation transnationale des œuvres et des personnes. La rue n’offrant pas, comme la salle, la possibilité de dispositifs de surtitrage, trop de texte, sans que l’image scénique vienne à la rescousse, ne favorise pas vraiment la compréhension. Bref, les arts de la rue en Flandres se portent sans doute très bien, on peut d’ailleurs le vérifier dans le David, le guide fraîchement sorti ; mais ils nécessitent un décodeur …
Alhambra Container, au festival de Tarrega, du 11 au 14 septembre


Fin de cycle à Branly

Posté par Floriane le 24.03.08 à 11:06 | tags : danse, ici et là, international, mode
Le cycle « Le corps miroir du féminin » s’est terminé, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, avec City Number de la Body Dance Company de Taiwan. Parfaitement dans la thématique, cette pièce tresse les différentes réincarnations d’une prêtresse taoïste, perpétuellement à la recherche de son amant. Le théâtre asiatique est friand du travestissement. Dans certains cas, les rôles de femmes sont exclusivement joués par des hommes. C’est sur ce registre que le metteur en scène Lee Ming-Cheng a voulu jouer et, surprise pour les spectateurs qui avaient suivi le spectacle birman des Nat-kadaws quelques jours auparavant : les Nats étaient de retour ! Autrement dit, le comédien taiwanais porteur de l’une des réincarnations d’une âme de femme dans un corps d’homme avait l’allure, à s’y méprendre, des mediums birmans présents sur la même scène la semaine précédente. Jolie boucle pour ce cycle dont la problématique soulève bien des interrogations, en matière de société, s’entend.
Entre la Birmanie et Taiwan, les spectacles avaient fait un détour par la République de Touva, célèbre pour ses chants diphoniques. Fidèles au poste, trois musiciens et chanteurs accompagnaient un défilé de mode ethnique se donnant des airs de chorégraphie rituelle. Viacheslav Dongak, le styliste, sait lui jouer, dans ses broderies et ses accessoires, des symboles ancestraux, voire rituels. Une jolie combinaison de tradition et de modernité.
Le prochain (et dernier) cycle de la saison sera consacré, du 17 au 28 juin, au « corps acrobatique ».

Burmawood à Branly

Posté par Floriane le 16.03.08 à 09:22 | tags : danse, ici et là, international, marionnettes
Le cycle « Le corps, miroir du féminin » vient de débuter, au Théâtre Claude Levi-Strauss, par un très joli programme, consacré à la Birmanie. Affirmer que les mouvements des marionnettes sont à l’origine de la danse n’est pas un vain mot dans ce cas. Le décrochage des articulations des danseurs (poignets, coudes, épaules, chevilles, genoux) font irrémédiablement penser aux membres tirés par des fils. La démonstration est flagrante lorsque, dans un « défi » un petit personnage de bois et un enfant se lancent dans une joute.
D’ailleurs, les interprètes des danses de cour comme les marionnettes sont vêtues de strass et de paillettes à faire pâlir tout Bollywood, et certains déhanchés, décrochés d’épaules ou quelques portés audacieux ne sont pas en reste.
Etonnante culture, où la majorité boudhiste ne sourcille pas à pratiquer le culte des nats, ces esprits protecteurs, dont le destin terrestre fut immanquablement tragique. Deux films documentaires et une cérémonie énergique ont permis aux Parisiens de se familiariser avec ces rituels bon enfant et festifs qui, là-bas, rendent bien des services à ceux qui y prennent part. Il est bien vivifiant, en Occident, de vivre de tels moments où la foi se décline aux couleurs de la fête, de la musique et de la danse. On le sait, tout est dans la croyance, et celle-ci n’en prend que plus de force quand le spectaculaire est au rendez-vous. Merci, nat jouisseur, d’avoir illuminé notre week-end pluvieux !



Rituels et travestis à Branly !

Posté par Floriane le 10.03.08 à 15:26 | tags : ici et là, international
Quand diable le musée du Quai Branly (www) cessera-t-il de produire des supports de communication hideux et racoleurs pour annoncer les spectacles présentés au Théâtre Claude Lévi-Strauss ?
Une fois de plus, l’affiche du cycle « Le corps miroir du féminin » ne fait pas honneur au programme exceptionnel concocté par la direction artistique. Et c’est dommage.

Le dernier cycle proposé, durant les fêtes, avait fait naître la polémique, soulevée en son temps par l’organisation de certaines soirées, à la Maison des Cultures du monde. A quoi peut bien rimer de présenter, sur une scène parisienne, un rituel venu d’ailleurs ?
On comprend mal cette vision étroite qui revient à nier la véritable valeur esthétique que revêtent la plupart des cérémonies et rituels. Même les messes chrétiennes ont une certaine valeur spectaculaire ; mais si le curé demande à ses fidèles d’ « y croire », les simples spectateurs, mécréants, ne sont pas pour autant privés de la magnificence des costumes, des éclairages, des chants et de la musique qui font les bons spectacles. Assister à un rituel au musée Branly revient à en apprécier la valeur artistique ; tout comme regarder dans les vitrines les objets, profanes ou sacrés, exposés. Où est le mal ?

Bref, du 13 au 23 mars, le cycle intitulé « Le corps miroir du féminin » offrira l’occasion d’une plongée dans la culture birmane, des médiums Nat-kadaw aux danses de cour, en passant par les marionnettes et la musique. Ce panorama birman sera complété, pour rester dans la thématique, par un défilé de vêtements ethniques de Touva accompagné de chants diphoniques, et par un spectacle de danse-théâtre de Taiwan intitulé « City Number ».
Bouder son plaisir et rater une occasion unique de découverte pour quelques critiques d’esprits chagrins et une affiche impossible n’est pas digne du public parisien, ouvert, curieux et respectueux de ce qu’on lui propose. On peut souhaiter, en tout cas, qu’il en soit ainsi.

Bali à Pleyel

Posté par Floriane le 04.03.08 à 10:29 | tags : danse, international

Une affiche accrocheuse, un titre alléchant : Bali années vingt avait de quoi remplir Pleyel pour deux soirs. On s’étonne toujours de voir comment certains mélomanes sont prêts à sauter d’un genre à l’autre : du classique au contemporain savant, avec un crochet par les musiques du monde.
Public enthousiaste, donc, pour ces retrouvailles orchestrées avec cette troupe de Sebatu, connue mondialement.


Le programme, composé de façon linéaire, rend hommage aux grandes figures de la composition et de la chorégraphie balinaises. Moins acrobatiques que certaines danses indiennes, les évolutions font la part belle aux mouvements de bras, en position quasi statique ou parfois carrément assise.
Antonin Artaud, lorsqu’il découvrit cet art, en fut profondément marqué. On sait sans doute moins qu’il en alla de même pour Benjamin Britten …


Le plus étonnant, dans ce concert, relève sans doute de l’incroyable richesse de sons et d’harmonies du gamelan. Loin de la répétitivité rythmique et des sons plutôt généralement métalliques que l’on connaît, l’orchestre de Sebatu offre une palette de couleurs inouïe, au fil des compositions traditionnelles revisitées ou d’autres, tout à fait contemporaines, d’une incroyable richesse.

Les 7 et 8 avril prochains, le Ballet Royal du Cambodge se produira dans la même salle (www).
Un autre voyage extrême-oriental à ne pas rater.

 

Illustr, salle pleyel©Pierre-Emmanuel Rastouin


Do you love Lvov ?

Posté par Floriane le 12.10.07 à 15:56 | tags : arts de la rue, festival, international, sur la route
Dans RakkerpakEtonnant pays que l’Ukraine. Certains vieillards détalent, littéralement terrifiés, dès qu’un artiste ou un clown tente de les approcher ; certains jeunes adoptent une attitude agressive ; d’autres au contraire se prêtent volontiers au jeu et se portent complices … Un festival de théâtre de rue est souvent une bonne façon de sentir un pays, sa progression vers la démocratie. A Lvov, le festival Golden Lion ne fait pas exception. Là où les révolutions se conçoivent comme une campagne de marketing et où les manifestants sont rémunérés à l’heure, la rue s’avère le reflet d’une population tiraillée entre vieux réflexes et progrès inexorablement en marche : l’Europe n’est pas loin.
Quel écart pourtant entre le charme et le confort incomparables d’un hôtel comme le Swiss, sans conteste à l’heure occidentale, et le Lvov, vaisseau d’hébergement hors d’âge ! Quel inconfort de ne pouvoir communiquer directement avec les hôtes, lorsque les traductions entraînent d’inévitables (mais parfois « commodes ») incompréhensions …
Il n’en reste pas moins que Golden Lion proposait à l’affiche, fin septembre, une brochette intéressante de spectacles divers : de l’art clownesque généreux du Portugais Enano à la mise en scène léchée et chronométrée de Dansk Rakkerpak dans Le Boxeur et la Ballerine, en passant par les joyeux Hongrois de Langaleta Garabonias sur leurs chevaux-échasses. Les Polonais de KTO présentaient en ouverture leur Don Quichotte tout neuf, où le champ de moulins se transforme visuellement en une image grouillante de clochers (interprétation toute personnelle). En clôture : La Cerisaie, montée par le théâtre Voskresinnia, organisateur du festival. Que dire de ce projet si ce n’est que les dernières images saisissent, en pleine actualité politique. Au moment même où le parti pro-russe remportait les élections législatives, les cerisiers, sur scène, partaient en flammes, la révolution bolchévique gagnait du terrain … Au final, c’est la coalition orange qui s’emparera du pouvoir à Kiev mais ce Tchékhov, à Lvov, avait un goût de clin d’œil, sans doute involontaire.

Cargo Sofia : l'Europe des routiers bulgares

Posté par Floriane le 14.09.07 à 15:43 | tags : arts de la rue, international, théâtre
Comment parler d’un spectacle dont déflorer le processus reviendrait à gâcher le plaisir des spectateurs ? Comment rendre compte de ce périple, Cargo Sofia, qui mène le public de la capitale bulgare à la capitale française ? Tout au plus peut-on souligner la prouesse d’acteurs des deux chauffeurs routiers engagés pour l’occasion, l’intelligence des metteurs en scène, Stefan Kaegi et Jörg Karrenbauer et le renouveau que ce genre d’équipes offre aux spectacles « in situ ». On n’est pas dans le cadre d’un lieu institutionnel, dans la rue tout en n’y étant pas tout à fait – et pourtant le regard porté sur la ville et ses environs n’est plus jamais le même après cette expérience. Kaegi, jeune artiste suisse, aime par-dessus tout le « vrai-faux », la réflexion sociale, politique, les « spécialistes du réel » qu’il met en situation.
Créé avec l’aide du réseau THEOREM, Cargo Sofia dresse un tableau original de l’Europe, à travers le regard de deux routiers. Eh oui, toutes les autoroutes se ressemblent, et toutes les villes, d’une certaine manière, finissent par se ressembler, surtout lorsqu’on n’en aperçoit que les périphériques … On n’en dira pas plus. C’est jusqu’au 21 septembre, le nombre de places est très limité. Renseignements auprès du Centre Culturel Suisse (www) qui a eu la bonne idée d’offrir ce spectacle atypique, mais ô combien intéressant, au public parisien.

Théâtre de rue : 1er festival Miraklis à Vilnius

Posté par Floriane le 13.09.07 à 15:25 | tags : arts de la rue, festival, ici et là, international
Le bleu du ciel est tombé dans les yeux des Lithuaniens. Jeunes ou vieux, tous se pressent sur l’avenue rendue piétonne, parsemée de baraques à saucisses, qui jouxtent allègrement les stands d’animation pour gamins et les galeries (pas les pires !) de la capitale. Deux estrades émaillent le parcours, sans compter la grande scène qui trône sur la place de la cathédrale. Pendant trois jours, Vilnius pulse au rythme des Capital Days qui égaille la rentrée depuis 1993. Groupes musicaux bien sûr, sessions de danse en couple, pantomime, capoeira, chorales … tout cela se succède dans une ambiance bon enfant qui mêle les générations.
Etonnante Vilnius, qui fêtera en 2009 ses 1000 ans et sera la capitale culturelle de l’Europe. A quelques encâblures du centre ville, les plus aisés barbotent dans « le plus grand parc aquatique couvert d’Europe centrale » : Vichy Vandens Parkas où les danseurs du groupe Tahiti Nui donnent un peu de couleur locale au décor de résine. Au milieu des gratte-ciel aux façades de verre, quelques maisons de bois subsistent, contraste saisissant, avant de replonger au cœur de la vieille ville.
Dans le cadre de ces « Jours Capitale », le théâtre d’Oskaras Korsunovas tente, avec l’aide du théâtre de la vielle ville, de renouer avec la tradition du théâtre de rue. Débuts un peu timides pour cette première édition de Miraklis, mais preuve irréfutable que le public est loin d’être frileux et que les événements en plein air sont l’un des leviers majeurs pour les villes actives. Et l’art dans tout cela ? Andrius Rugevicius (illus.) peut en témoigner. Son projet de « DJ instrument collectif » est né dans les galeries d’art et les festivals multi media. Il pose ici en pleine foire ses trois ronds armés de capteurs, où les spectateurs sont invités à piétiner tandis qu’il mixe en direct. Certes le public ne se rend peut-être pas tout à fait compte du processus, mais quel bonheur de voir tout le monde, vraiment tout le monde, s’amuser à s’emparer de l’art contemporain !

Vive la foi aux Orientales !

Posté par Floriane le 07.07.07 à 10:05 | tags : festival, ici et là, international, musique, sur la route
Fin de matinée, dimanche, à Saint Florent le Vieil. A l’église, les ouailles recueillies digèrent le sermon. Au Palais Briau, le public tape dans les mains et scande « Djaï Guru » avec les Bauls, venus du Bengale, pour chanter leur foi en l’homme. Contraste saisissant et vivifiant. Il est des civilisations, en effet, où la religion n’est pas que sévère mais où elle s’exalte en rassemblements quasi festifs ou en tout cas pleins de ferveur communicative. Ainsi, les soufis d’Egypte, représentés au festival par Sheikh Taha, jamais sorti de sa congrégation de Louxor, contrastent-ils avec ceux de Turquie. Süleyman Erguner, digne joueur de flûte ney, avait plutôt plongé l’assistance de l’Abbatiale dans l’apaisement d’un retour sur soi-même.
C’est cela, les Orientales, un petit goût d’ailleurs au cœur de la douceur angevine, un savant et joyeux mélange de guimbardes chinoises, touva ou rajasthanaises; un art de présenter, à côté de pointures reconnues, de tout jeunes artistes en devenir. Impossible de les nommer tous ; impossible et inutile, car ils sont avant tout les porte-parole de l’un des langages les plus universels qui soient : la musique. Toutes les infos sur le site des Orientales.

Ronconi / Goldoni à l'Odéon (L'Eventail)

Posté par Floriane le 10.05.07 à 15:14 | tags : international, odéon, théâtre
L'Odéon, Théâtre de l'Europe, se doit d'après son titre, de présenter au public parisien des productions internationales majeures. Ronconi, aujourd'hui directeur du Piccolo Teatro de Milan, est l'un des phares de la scène artistique italienne du XXè siècle. C'est au plus français des auteurs italiens qu'il s'attache, dans cette nouvelle production de L'Eventail, créée en janvier dernier à Milan. L'occasion était trop belle : on fête cette année le tricentenaire de la naissance de Goldoni. Mais cette pièce, composée à Paris puis envoyée à Venise pour y être jouée (en milanais ...) est, d'après le metteur en scène, atypique pour le dramaturge. Davantage comédie d'intrigues, moins basée sur le typisme des personnages (même s'ils sont sérieusement dessinés), L'Eventail dévoile une palette inconnue de son écriture qui, selon Ronconi, est digne des plus grands. On aurait tort, en effet, de ne voir en celui qui rénova la comédie, qu'un adversaire acharné du masque et de la commedia. Il peut y avoir énormément de finesse dans son observation des hommes et le prétexte d'un éventail malencontreusement brisé peut s'avérer terriblement contemporain. C'est en tout cas le pari de Ronconi, grand maître du théâtre transalpin qu'il fait bon revoir sur une scène parisienne. (du 10 au 20 mai, infos sur le www de l'Odéon)

Les femmes en noir de Tarrega

Posté par Floriane le 11.09.06 à 10:51 | tags : arts de la rue, festival, international

Depuis 26 ans, Tarrega, située à une centaine de kilomètres de Barcelone, accueille en septembre l’un des plus importants marchés des arts de la rue en Espagne. Le temps d’un week-end, la petite ville se change littéralement en scène et prête ses places et ses façades aux propositions les plus diverses. L’édition de cette année, particulièrement marquée par les esthétiques circassiennes et cartoonesques, n’a pas failli à la tradition. Impertubables, les dames en noir assises sur le pas de leur porte au milieu des jeunes éméchés, continuent à décortiquer leurs graines de tournesol. A deux rues, dans une cour au gradin surbondé, Trukitrek présente « TBO vivo », un habile mélange de marionnettes, d’acteurs et de dessin animé, le tout sur collage de chansons servant de trame au spectacle.
Un peu plus loin, sur un grand espace vide, c’est le Teatro de la Saca qui a planté ses estrades pour ce que le festival compte sans doute de plus grave de toutes ses propositions de rue : « Führer », titre assez explicite. Parce que les peuples qui oublient leur passé sont immanquablement condamnés au repentir, tous en prennent pour leur grade : les représentants de l’Eglise catholique (et l’Espagne en compta beaucoup) qui, pendant la seconde guerre, se voilèrent la face et livrèrent des juifs aux nazis, mais aussi les victimes de l’holocauste dont le peuple, au nom de la défense d’un territoire, fait aujourd’hui des morts en Palestine. Vietnam, Kosovo, Guernica … autant de noms égrenés à la fin de ce spectacle, pour que personne dans l’assistance ne se sente dédouané.
La rue en rose et noir, celle qui s’adresse « au plus grand nombre », pour la divertir mais aussi pour l’avertir.
(illus. Fürher)

Un caravansérail à Samarcande

Posté par Floriane le 05.09.06 à 11:06 | tags : festival, international, sur la route


Quel titre alléchant ! La mythique route de la soie, aux itinéraires variés, voyait s’y rencontrer les marchands et les cultures de l’Orient le plus extrême aux confins de l’Europe, en cette Asie centrale de steppes et de musiques. Sur la terrasse du château d’en haut, dans le domaine de Villarceaux où le Festival d’Ile de France a donné, dimanche dernier, le coup d’envoi de son édition 2006, les effluves se mélangent : voix rieuses des Ouzbèques de Mohi Sitora, chants diphoniques des Mongols du groupe Khan Bodg. Les Indiens, « gitans Dhoad du Rajasthan » (en fait implantés à Tours) sont un peu plus loin sur la prairie, où ils égrènent leurs ragas et leurs tours de fakir. Tout cela dans une atmosphère bon enfant, quoique cultivée : exigeants les chants et danses du Badakhstan (Tadjikistan), les bardes de Tengir-Too (Kirghistan), beaucoup plus en tout cas que l’entraînement irrésistible de l’orchestre tzigane de Turquie.
En cette rentrée, le public mélangé écoute avec bonhomie, répandu sur les pelouses ou camouflé sous les parapluies. La Fondaton Aga Khan, voisine, a sponsorisé les musiciens d’Asie centrale, au nom de la protection de ce patrimoine oral en péril. On ne peut que souligner cet effort qui offre à certains l’occasion de voyager tout en rester chez soi. Un tout petit effort supplémentaire de scénographie n’aurait cependant pas été superflu pour que cet événement soit totalement à la hauteur de son titre.
(illus. Via Kaboul ; (c) pidz)

L'Orient en scène

Posté par Floriane le 30.08.06 à 10:52 | tags : festival, international, sur la route
La rentrée parisienne s'annonce pimentée de toutes les saveurs de l'Orient. Celles de la Route de la Soie, de l'Asie Centrale au Caucase, grâce au Festival d'Ile de France ; celles de la Thaïlande, à laquelle Cultures France consacre une programmation choisie ; celles enfin de l'Inde à travers trois versions du Mahabharata au Théâtre Claude Lévi-Strauss, quai Branly.
Le coup d'envoi de cette Route de la soie francilienne sera donné le dimanche 3 septembre, au Château de Villarceaux (95), sous le titre prometteur « Un caravansérail à Samarkand », pour se terminer le 15 octobre avec « Les voix de la méditerranée ». Entre temps, la Danse des derviches, l'Orient russe, les Nuits d'Istanbul, la Légende de Rama auront été évoqués par des artistes d'horizons divers, musiciens pour la plusieurs, mais aussi récitants.
La Maison des cultures du monde accueillera, elle, du 15 au 17 septembre, la compagnie Joe Louis, l'une des rares compagnies de théâtre de marionnettes traditionnelles de Thaïlande. Chacune des poupées, manipulée par trois marionnettistes, représente l'une des figure du khon, ce théâtre traditionnel masqué et dansé que les Parisiens auront l'occasion de découvrir, dans le cadre du festival Tout à fait thai, à l'Opéra de Massy, les 29 et 30 septembre, joué par des acteurs en chair et en os, cette fois.
Enfin, entre le 29 septembre et le 8 octobre, le quai Branly présentera, dans son Théâtre Claude Lévi-Strauss tout neuf, trois versions du Mahabharata, retraversé par des compagnies d'Inde, du Japon et d'Italie. Un mélange détonnant, à coup sûr !
(Crédit photo : © Alice Pitoëff)

La Strada de Graz : un festival en actions

Posté par Floriane le 10.08.06 à 11:58 | tags : arts de la rue, festival, international, sur la route
La guardia Flamenca

Pascal et et Josy se baladent, en plein centre ville, vêtus de leurs seuls sous-vêtements. Aux terrasses, on les regarde à peine, deux policiers suivent à distance respectable et rassurent ceux qui s’interrogeraient, même pas interloqués : « C’est Strada ! », et les sourires de s’installer sur les faces, avant de replonger qui dans le journal, qui dans la conversation entre amis.
Strada fêtera l’an prochain ses dix ans, c’est beaucoup pour un festival, le seul du genre, dédié aux arts de la rue et à la marionnette, en cette Styrie verdoyante. Assez, en tout cas, pour que la population y soit habituée et considère comme acquis ces « légers décalages dans les rouages du quotidien » qu’affectionnent particulièrement la compagnie Cacahuète. Polis, les Autrichiens, policés même, voire indifférents (ce qui pourrait s’avérer pire, vu les scores d’un certain parti, pas tout à fait à gauche, il y a quelques années).

Jo BithumeLes compagnies françaises étaient à l’honneur cette année : Jo Bithume qui signait l’inauguration, et le final (avec son spectacle sur Frankenstein), Tango Sumo, toujours vifs et courageux malgré les intempéries, les Alama’s givrés, fidèles au festival au point d’avoir traduit une partie du texte en allemand, pour la plus grande joie des spectateurs.
De production locale ? Point, pas dans la rue en tout cas, ou pas encore, car les stagiaires de Cacahuète, qui ont appris en une petite semaine les principes rouages de l’intervention, pourraient bien, si on leur donne la chance de persévérer, s’inscrire dans la filière de ce qui, il n’y a pas si longtemps, s’affichait sous le nom d’actionnisme (viennois) dont l’un des fers de lance était précisément de Graz ! Et ça tomberait particulièrement bien puisque sa fille, Diana, n’est autre que la co-directrice du festival. Pas morte, la relève !

La Strada
Du 25 juillet au 5 août 2006 à Graz (Autriche)
Site officiel

Les Orientales : élitaires pour tous.

Posté par Floriane le 03.07.06 à 12:29 | tags : festival, international
Pas de temps pour un interview, je pars immédiatement à Saint Florent Le Vieil » Un rapide www.festival-les-orientales.com griffonné sur un bout de papier, et Alain Weber, le directeur artistique polyvalent, en charge des spectacles au Musée du Qaui Branly, s’était déjà éclipsé. Ne restait plus qu’à prendre le train et à débouler, en pleine campagne angevine, yeux et oreilles en alerte, car le week-end promettait d’être surprenant. Ce festival, en effet, est le meilleur qui puisse faire mentir ceux qui croient encore à une logique « d’audience » dépassée depuis belle lurette, selon laquelle il faudrait offrir au public ce que l’on croit qu’il aime et attend. C’est oublier que l’offre crée la demande et que la qualité finit toujours par rencontrer ceux qui se donnent les moyens de la reconnaître.
Spectacle étonnant que trois cents personnes, massées sous un chapiteau piqué d’étoiles, applaudissant à tout rompre une chanteuse kalmouke ou des psalmodies soufies d’Ouzbékistan. D’autant plus étonnant que ces perles, dignes d’intéresser les musicologues les plus pointus, n’ont pas attiré pour l’heure que des têtes chenues et lunettées, bien au contraire. Le public est régional, bon enfant, et il applaudira avec le même enthousiasme le magicien indien, les danses khmères, le clarinettiste rom d’Istanbul et les chants syriaques dans l’Abbatiale. Une « culture musicale ouverte » est leur secret ; la curiosité, comme le désir de voyager « sur place » est celui d’autres spectateurs qui n’ont pas forcément les moyens de se rendre « là-bas » mais découvrent, attentifs et respectueux, les cultures différentes. Y a-t-il meilleur exemple de tolérance, et l’apprentissage des autres ne mène-t-il pas forcément à l’amour d’un soi élargi à l’humanité ? C’est cela, entre autres, qui flotte dans la douceur de ce début d’été aux couleurs de l’Orient, par la magie de la musique et des spectacles aux accents d'ailleurs.

Trois livres … à ne pas emporter sur les plages

Posté par Floriane le 30.06.06 à 14:57 | tags : arts de la rue, international, mauvais goût
In situTant pis pour « l’audience » ; disons-nous qu’il existe encore, parmi les lecteurs de ce blog, des gens qui aiment sortir des sentiers battus, et s’évader, le temps d’un spectacle ou d’un livre, d’une notion convenue de ce qu’est le théâtre, voire le  « spectacle ». Pour ces curieux, trois livres sont parus récemment, trois objets qui emmènent aux confins. Aux confins de l’Europe d’abord, avec In Situ, Voyages d’artistes européens, aux Editions L’Entretemps. Variés, les expériences et les points de vue sur ce qu’est le spectacle de rue et comment la vivent ceux qui le font depuis toujours ou ailleurs. Fascinants, ces témoignages, drôles, sensibles et sortant résolument des « grands classiques » par la diversité des contributeurs que l’éditeur a eu l’intelligence de choisir au-delà des compagnies et des artistes les plus connus sur le bitume.
Aux confins du monde, on est menés par Françoise Gründ, qui est allée jusque Sao Tome, sur l’Equateur, pour capter la magie du Tchiloli (chez Magellan & Cie) ou la Tragédie du Marquis de Mantoue et de l’Empereur Charlemagne. Au milieu de la forêt, le visage masqué d’un grillage, d’improbables costumes et une fanfare encore plus hallucinée, les comédiens improvisés donnent rendez-vous à leur auditoire et perpétuent une tradition ininterrompue, que l’on a pu découvrir cette année à Paris, dans le cadre du Festival de l’imaginaire.
Enfin, à mettre dans le sac, juste à côté du miroir de poche, La Relation au public dans les arts de la rue. Ce recueil de témoignages donne une perspective originale sur les arts du bitume auxquels est consacré dans l’hexagone, depuis l’an dernier et jusque l’an prochain, un Temps des arts de la rue. La collection Carnets de rue aux Editions L’Entretemps leur est consacrée. Mais non, il n’y a pas que des jongleurs et des cracheurs de feu sur les trottoirs. Il y a des artistes, et même des spectateurs !

Premier marché des spectacles à Thessalonique

Posté par Floriane le 12.06.06 à 09:32 | tags : international
spectacle, chorégraphie et gymnastiqueLes Balkans, une macédoine géographique et historique incomparée. Des racines teintées de ces diaprures que seuls confèrent les dialogues culturels prolongés. Le premier marché des arts de la scène (le BPAM) a réuni,du 1er au 4 juin, des centaines de professionnels internationaux venus prendre la température de la création dans cette partie de la planète. Pendant quatre jours, musiciens, danseurs, comédiens se sont succédé sur les plateaux de la ville, offrant leurs talents divers, du plus traditionnel au plus contemporain. Impossible de les citer tous : étonnante Apostolia Papadamaki, danseuse drôle et audacieuse, ou encore Chainides, ce groupe hybride surfant sur les sonorités traditionnelles pour mieux les réinventer. Et l’on se dit qu’il faudra sans doute revenir, plus d’une fois, avant de véritablement saisir ce qui fait la force de cette région : son ancrage profond dans une histoire culturelle riche et diversifiée, et un grand écart périlleux mais la plupart du temps assumé vers ce qui pourrait être qualifié de mondialisation ou plutôt d’« art international ». L’Organisation grecque pour la culture a mené de main de maître ce marché aux spectacles qui a eu le bon goût de se donner les moyens d’une rencontre intellectuelle et sensible, tout autant sinon peut-être plus, qu’une affaire de gros sous. C’est sans doute ainsi que se créera l’ouverture, attendue et nécessaire, vers ces voisins du Sud-Est qui, tôt ou tard, feront partie de la Communaut&

Namur en mai : histoires de femmes et de vieux

Posté par Floriane le 30.05.06 à 13:25 | tags : arts de la rue, festival, international
Namur en ami, Festival des arts forains, se targue d’être différent des autres rassemblements de spectacles de rue. Les propositions, en effet, sont de format réduit (en termes de durée ou de participants, acteurs et spectateurs). Trois spectacles, cette année, ont retenu l’attention (de certains du moins, les goûts et les couleurs …) : deux histoires de femmes et une histoire de vieux, pas franchement en rue, pas dans la lignée traditionnelle des entresorts ; bref, des « petites formes » à découvrir et que le festival a eu le flair et le courage d’inviter.

« La toute vieille et le si peu » … Tout un programme pour cette fresque muette, cette « danse de table » accompagnée à la guimbarde, où vieillesse et désir se posent vaillamment sur la scène.
« Des vers … des vers » : non, il ne s’agit pas de poésie (quoique), mais de ces bestioles qui bouffent le ventre puis les corps ensevelis. Des vers métaphoriques, ici, de tous les complexes qui empêchent de vivre autrement que derrière une chevelure-buste à la Magritte, ou sous le masque d’un cri à la Egon Schiele.

Vieillesse encore et finesse de manipulation pour Les Bénévoles du Tof Théâtre qui, avec « Mikado », montrent une fois de plus qu’il est possible de figurer avec rien : quelques bouts de bois maniés avec dextérité, et de rendre vivantes des poupées, quasi grandeur nature, par la magie d’un geste bien accompagné.

Et puis, pour terminer : deux cerises sur le gâteau : le Grand Théâtre mécanique de Nino, merveille de construction miniature d’un théâtre à l’italienne, et le Teatrino di piedi, où toute une galerie de personnages défile aux pieds, aux genoux et aux mollets musclés de l’actrice à moitié renversée sur le dos …

Istanbul 2010 : le garage des arts (2)

Posté par Floriane le 02.05.06 à 22:10 | tags : international, istanbul 2010
L'endroit est halluciné : pas de porte, l’architecture de ce qu’on devine être le sous-sol d’un parking collectif, aperçu de l’autre côté du bloc, des centaines de petites bougies parfumées, un minuscule gradin. Des bouteilles de verre transparentes, encapuchonnées de foulards rouges (qui rappellent la couleur du drapeau turc) tracent au sol des parcours aléatoires, comme ceux de ces populations perpétuellement en fuite, dont la langue et la présence par vagues régulières ont été interdites sur le territoire. Et pourtant, quand la litanie des cultures qui ont façonné la Turquie (kurde, arménienne, kopte, juive, etc) s’égrenne, faisant écho aux chants d’amour et de douleur, de séparation, on se dit qu’une telle richesse humaine ne peut se laisser perdre.
Avec Ashura (illus.), c’est précisément cela que vise 5. Sokak Tiyatrosu (le Théâtre du 5e jour), issu d’Antalya et installé dans ce Garaj, au cœur de Beyoglu, avec l’espoir et la ferme intention d’en faire un centre d’art contemporain, et un plateau permanent pour les artistes chorégraphiques. La foi soulève les montagnes. Mustafa Avkiran et son équipe y arriveront certainement. En attendant, ils préparent leur prochaine création qui sera présentée dans le cadre du Festival international de théâtre et traitera des violences contre les femmes, encore trop répandues dans cette région du monde.

Istanbul 2010 : les coulisses artistiques (1)

Posté par Floriane le 02.05.06 à 22:09 | tags : international, istanbul 2010
tle="Istambul : un atelier Mouvement" height="100" alt="" width="100" align="left" src="http://files.fluctuat.net/images/i/s/istambul-atelier-mouvement.jpg" />Le Bosphore, la mosquée bleue, Sainte Sophie ! Ces noms évocateurs servent d’écran à la réalité extrêmement vivante et fertile d’une cité aux coulisses impensables pour qui n’ose affronter les escaliers louches des palais de l’ancienne Pera. La rue Istiklal, regorgeant de boutiques et de banques qui financent et abritent des galeries d’art contemporain, on la vit jour et nuit, aux rythmes des boîtes et du tramway ancestral. Mais qui pourrait imaginer qu’Estima, dans un bâtiment truffé de dance floors, est aussi l’adresse d’une salle de théâtre ? Petite, coquette, une grande loge, un plateau honorable pour les petites formes. Le patron, acteur, la fait survivre grâce aux revenus du bar-boîte Estima. C’est « l’esprit d’entreprise » tel qu’il se définit à Istanbul.
Et la ville est littéralement truffée de ce genre d’endroits comme Maya Sahnesi où l’on peut écouter le chanteur classique Ahmet Ortaçdag dans le foyer d’une petite salle de spectacle ; ou l’ improbable Nnaco, 5ème étage du Rumeli Han, galerie, lieu d’expérimentation, où se produisent les femmes si touchantes de Hareket Atölyesi, atelier du mouvement mené vaillamment par Zeynep Günsür (illus.). Un peu plus loin, c'est l'agence artistique Bimeras qui organise une grande soirée chorégraphique, Istanbul REconnects, où se produisent des artistes de toute la région.  Istanbul, capitale européenne de la culture en 2010, est dores et déjà une destination à ne pas

Istanbul : capitale européenne de la culture en 2010

Posté par fluctuat.net le 26.04.06 à 13:51 | tags : international, istanbul 2010
Istanbul a été choisie comme capitale européenne de la culture en 2010, tout comme Essen (Allemagne) et Pecs (Hongrie) (plus d'info sur le site europa.eu). Selon le Routard.com, "ce statut est très intéressant pour les villes retenues, car il attire les touristes et s’accompagne d’un soutien financier de l’Union européenne aux projets culturels des municipalités. La métropole turque, qui espère accueillir 10 millions de touristes étrangers en 2010, a annoncé divers chantiers de mise en valeur de son patrimoine historique." Le choix de la ville lauréate sera connu en novembre 2006, après décision des ministres de la Culture des pays membres de l’UE.  

Beckett a 100 ans

Posté par Van le 03.04.06 à 14:07 | tags : arts visuels, beckett, festival, international, religion, théâtre
Samuel Beckett (1906-1989) aurait eu cent ans ce mois d'avril 2006. Pour célébrer le centenaire de la naissance du prix Nobel de Littérature irlandais, un festival se tient tout au long du mois à Dublin. Au programme, lectures, expositions, rencontres et, bien sûr, manifestations théâtrales. Beaucoup de ses pièces seront rejouées à cette occasion, dont certaines en français. Beckett était en effet le plus français des écrivains irlandais : installé à Paris dans les années 1920, il s'est engagé dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Nombre de ses pièces ont été écrites en français, dont la plus célèbre, En attendant Godot, et certaines seront donc jouées dans leur langue d'origine. Ce mois de festivités offre l'occasion de se replonger dans l'oeuvre d'un des plus grands auteurs du XXe siècle.

>> Lire la chronique du festival Paris Beckett
>> Entretien avec Tom Bishop, co-directeur du festival

L’imaginaire : encore et toujours !

Posté par Floriane le 24.03.06 à 12:43 | tags : international
Le Festival de l’Imaginaire concocté par la Maison des cultures du monde en partenariat avec différents théâtres parisiens, poursuit sa route jusqu’au 9 avril. Plus que quelques jours, donc, pour profiter de l’incroyable programmation  que Chérif Khaznadar et son équipe ont mise au point pour cette dixième édition. Spectacles et rituels du monde entier se sont succédés, jusqu’à présent, à un rythme étourdissant : danses de cour de Solo (Java), musique des Acholi d’Ouganda, rituel du Zâr (Iran), danses des bissu de Sulawesi, pleureuses de Colombie, Tchiloli de Sao Tome … La tête tourne rien qu’à lire cette richesse, cette variété, cette profonde connaissance, ce respect et cet amour de l’autre et de ses expressions qui président à ce travail de recherche, depuis des décennies, et dont le festival n’est que la quintessence, offerte aux spectateurs parisiens.
Reste à découvrir, ce week-end, les Danses et tracés sur le sable de Vanuatu; les Mille et une nuits contées par l’Egyptienne Chirine Al Ansari. La semaine suivante, les marionnettes sur eau du Vietnam feront leur retour à Paris. Un concert de musique abbasside et des chants et danses des Pwöpwöp de Nouvelle-Calédonie plus tard, et le festival 2006 fermera ses portes, déjà. Mais l’essentiel, à chaque édition qui se termine, est l’ouverture qu’elle a permis d’ancrer, on l’espère, dans l’âme et les yeux des spectateurs. Et ce n’est pas un luxe, dans nos sociétés de plus en plus frileuses.

A noter :
Le programme complet du festival se trouve  sur le site de la Maison des Cultures du monde, ou en téléphonant au 01 45 44 72 30.
Françoise Gründ vient de faire paraître Tchiloli, Charlemagne à Sao Tomé sur l'île du milieu du monde, aux éditions Magellan



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