Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité des Arts de la scène à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons.

Quand le cirque flirte avec la science

Posté par Floriane le 16.10.09 à 06:49 | tags : cirque, international
In Vitro 09Dans la pénombre, des formes s’agitent. Tête en bas, suspendues en haut de la structure d’acier que l’on devine à peine, elles s’extraient péniblement d’un magma de membres. En haut des bras, quelques traces de plumage. Malheur ! L’expérience du Professeur, cloneur fou désireux de croiser l’homme et la bête, a une fois de plus raté. La « bête de cirque », aux capacités plus qu’humaines, n’est pas encore sortie de ses éprouvettes.
Basé sur le scénario écrit par Guy Carrara en 1997 et publié ce printemps chez L’Entretemps, In Vitro 09 est une version totalement revisitée du spectacle créé il y a dix ans. Montée en partenariat avec l’Ecole nationale de cirque de Rio, cette production fait la part belle à l’insertion professionnelle de jeunes artistes brésiliens et européens. Soutenu par le programme Culture de la Commission européenne, le projet a vu le jour grâce à la collaboration de nombreux opérateurs et écoles européens et brésiliens, rassemblés autour de la compagnie française Archaos.
Après les bêtes à plumes, ce sont des bêtes à toison qui naissent dans le laboratoire. Dolly, la brebis, avait fait les gros titres dans les années 90. Les deux artistes qui s’affrontent au mât chinois en sont les lointains descendants. Une fois de plus, le Professeur trépigne, arpentant la scène à la vitesse de ses rollers. Les laborantins équilibristes n’ont qu’à poursuivre les travaux.
Ce petit monde s’agite de plus belle jusqu’à qu’enfin, une créature, de rouge vêtue, apparaisse, inerte sur un double fil. Pas de plumes, pas de toison, mais que peut-elle bien faire de plus qu’une simple humaine dont elle a toutes les apparences ? En s’éveillant, maladroitement d’abord, elle se risque sur les cordes, poussée par le Professeur à se mettre debout, puis à progresser sur cette assise fragile. Et là, miracle ! La « créature », prenant de l’assurance, acquiert les postures et les attitudes de la féminité la plus délicate, la plus tentatrice, la plus dangereuse. Le Professeur n’est pas le seul à tomber sous le charme.
Il adviendra ensuite ce qui arrive toujours dans ces cas-là : un des laborantins, ayant chassé le Professeur jongleur d’embryons, finit par conquérir le cœur de la belle. Finies les expériences ; le spectacle se termine par un duo d’équilibre sur mains et sur cannes d’une sensualité très délicate.
Créé le 8 septembre dernier à Rio, In Vitro 09 débute sa tournée et est présenté, en première européenne, ce soir au Cirque Théâtre d’Elbeuf. La scénographie inventive (une sorte de « diamant » tournant, un prototype de structure autoportée signé Archaos) permet de le jouer en configuration frontale ou en cercle. Après Elbeuf, le Professeur et ses créatures s’envoleront pour le festival della Scienza à Gênes (Italie), puis ils iront au Havre (fin novembre), à Doua (mi décembre), Montpellier (fin décembre), avant Bruxelles (fin janvier), Londres (avril) et enfin La Villette, fin 2010.



Le rêve de Chagall et Boulgakov

Posté par Floriane le 06.08.09 à 07:07 | tags : arts de la rue, international
FaberfEstC’est un rêve en couleurs, à la fois très doux et plein d’énergie. Après son spectacle Emigranti, la compagnie italienne Faber Teater s’est emparée cette fois de l’univers de deux maîtres russes, Chagall et Boulgakov, et a mis à leur service tout son savoir faire en matière de danse, de mime, de musique et de joie de vivre parfois teintée de mélancolie.
Un jeune maestro, cheveux longs, redingote et chapeau claque, s’endort dans la rue et son rêve le mène de banquet en mariage, de meurtre en fantasmagorie. On reconnaît, ici et là, telle figure peinte, telle scène décrite, le tout rythmé par des chants et des musiques slaves qui emportent tout. Le plus surprenant est sans doute que, de la commedia dell’arte propre aux Italiens, le Faber Teater réussit, dans ce FaberfEst, à faire le pont avec les clowns russes, si célèbres pour leur force et leur inventivité.
Il est rare qu’un spectacle de rue propose, sous une forme joviale et enlevée, des sources d’inspiration si bien assimilées. Présenté en Off au festival de Chalon, ce spectacle a déjà parcouru l’Europe mais étonnamment peu l’hexagone. Dans la région de Turin, le Faber Teater a également la responsabilité d’un festival, Teatri di confine, qui dure cette année jusqu’au 20 septembre. Ceux qui séjournent dans le Piémont peuvent y faire un tour ; ils ne seront pas déçus.







Trois moments forts au festival Les Orientales

Posté par Floriane le 03.07.09 à 15:33 | tags : ici et là, international, festival
Wayang KulitLe premier week-end du festival Les Orientales vient de s’achever, sous une chaleur de plomb. Parmi la foule de propositions artistiques, on en retiendra trois, particulièrement marquantes.
Le Dewa Ruci, interprété par Ki Enthus, est l’une des versions les plus contemporaines qu’il ait été donné de voir, en France du moins, du Mahabararata à la sauce javanaise. Non seulement la fable de Bima, envoyé quérir l’eau sacrée, est mâtinée d’éléments locaux, imprégnés de soufisme, mais la réalisation qui en est donnée par le dalang (l’acteur manipulateur) est diablement moderne. Sans comprendre le texte, où les éléments du mythe se mêlent à l’actualité, on peut admirer la facture des ombres colorées, découpées dans du cuir, et rendues vivantes, à bout de bâton, par Ki Enthus. Pas de joliesse fleurant une quelconque nostalgie ou un simili respect de la tradition ; les figures suivent les règles du genre mais avec une griffe résolument d’aujourd’hui. Et l’art du manipulateur n’est pas des moindres quand il s’agit, en virtuose, d’entremêler les figures, que Bima déracine les arbres, ou que son double rayonnant lui apparaisse au fond des eaux. Entre les actes en ombres, l’intermède des marionnettes rappelant notre guignol (wayang golek) ajoute une touche de comédie populaire et permet au spectateur, par des allusions au monde d’aujourd’hui, de faire corps avec la légende, sans que l’enseignement qu’elle véhicule soit trop pompeusement édifiant. On avait apprécié le wayang kulit présenté à la Cité de la musique il y a quelques mois. C’est une forme plus moderne, y compris dans son interprétation de la musique (chant et gamelang) aux accents parfois carrément bollywoodiens, qui a enchanté Saint Florent. La proximité, sous la tente du café oriental, n’était pas un mince atout pour acceuillir cette proposition.
C’est dans l’Abbatiale que la seconde surprise du festival s’est déployée. Les ethno-musicologues avaient beau vanter le caractère d’exception du launeddas, cette triple flûte datée du VIè siècle avant Jésus-Christ et dont la Sardaigne semble avoir l’exclusivité puisque les autres instruments antiques, de l’Egypte à l’Asie Centrale, ne comportent que deux tuyaux. Il fallait le voir pour le comprendre. Orlando Mascia, expert en la matière, à déployé à Saint Florent tout son art, proprement incroyable. En souffle continu, l’artiste développe des harmonies qui font immanquablement penser à la présence de plusieurs instrumentistes. Mais non, il est bien seul, mais sa musique semble celle d’un orchestre. Mascia est l’un des rares lauddenaro et il contribue, en Sardaigne, à perpétuer cet art au sein de l’Orchestra popolare sarda. A Saint Florent, il était accompagné par les tenores d’Urzulei, dignes représentants des chœurs de bergers de l’île, dont les chants, issus de rites curatifs, savent alterner avec sensibilité les airs profanes et religieux.
Le troisème moment fort de ce premier week-end aux Orientales a été, sans conteste, la projection de Tibet libre : Kalachakra, réalisé par Jeanne Mascolo. Mêlant habilement les images documentaires, d’archives et de films hollywoodiens consacrés au Tibet, ce film qui date d’une dizaine d’années reste précieux pour comprendre le destin de ce pays, dont 2009 marque le cinquantenaire de l’occupation par la Chine. Sans pathos, Tibet libre énonce les faits, éclairés implacablement par la discussion qui a suivi la projection et les interventions de Claude Levinson, l’une des porte parole les plus ferventes du peuple tibétain. Moment salutaire, car les medias ont un peu trop passé sous silence ce sinistre anniversaire, focalisés sur la crise financière et économique et les difficultés nationales. Mais si les choses peuvent changer, et les boudhistes le savent bien, il n’est sans doute pas superflu d’aider les hommes à mettre en branle la roue du temps.
Le deuxième week-end du festival débute ce soir avec un concert inédit de flûte bansuri et de veena. On retrouvera, pendant les trois jours, la musique indienne avec la double flûte et la double clarinette, puis à nouveau la venna et les musiques du Rajasthan. Egalement au programme : Lo Cor de la Plana et ses polyphonies du pays occitan, des danses khmères et roms, une rencontre entre l’ensemble Barbara Furtuna et Constantinople (Corse et Asie), et un final endiablé avec des musiques tsiganes de Hongrie.
Renseignements au 02 41 72 62 02
Ill : Wayang Kulit, © Albert Finestres



Lang Toi: le Vietnam illustré

Posté par Floriane le 03.07.09 à 07:30 | tags : international, cirque
Lang ToiJolie histoire que celle de Lang Toi, ce projet de cirque rêvé par des Vietnamiens exilés, formés à l’Ecole du cirque national de Hanoi, qui reviennent apporter à leur pays d’origine l’expérience qu’ils ont acquise en Europe. Au final, cela donne un joli spectacle, flirtant avec les traditions, non pas circassiennes mais ethniques, car le Vietnam compte de nombreuses minorités dont il apprend aujourd’hui à mettre en valeur les coutumes. Les diverses séquences de Lang Toi parsèment ainsi les images d’Epinal d’un Vietnam d’affiches touristiques de quelques figures reconnaissables sur les estampes anciennes et d’autres, tirées des jeux villageois. Le véritable intérêt de l’exercice réside sans aucun doute dans l’interprétation contemporaine de ces images connues, l’appropriation par les trois directeurs artistiques de ce fonds traditionnel pour en faire une création d’aujourd’hui. Ainsi, l’usage du bambou est l’exemple même du matériau réinventé, utilisé tantôt comme scénographie, tantôt à la manière traditionnelle des ponts et autres ouvrages de construction, tantôt enfin comme des agrès permettant à la fois la joliesse de l’image et la prouesse technique.
Invité au Théâtre Claude Lévi-Strauss du Quai Branly, du 18 au 27 juin, pour sa première en Europe, le spectacle a cependant pâti des limites du plateau, où les dix-sept interprètes (musiciens compris) étaient plus qu’à l’étroit. Impossible de jouir là de la poésie, qui échappera sans doute au mièvre, une fois étalée sur une scène plus vaste ; étriqués, certains effets (notamment lumineux) demandant plus de profondeur pour prendre toute leur amplitude. Le seul avantage d’une proximité rendue possible par la petitesse de la salle, est finalement l’intimité avec les artistes, que l’on s’attend à tout moment à voir déborder de la scène trop petite. Là, on peut vraiment voir le plaisir qu’ils prennent dans ce spectacle et qu’ils ont eu à replonger dans des racines qui paradoxalement ne sont pas les leurs, car ils sont Viets et ont dû découvrir les minorités dont s’inspirent la plupart des jeux mis en scène.
A voir, en tournée, du 2 au 12 juillet au festival d’Anvers (Belgique), puis en novembre à Chambéry, Draguigan et Dôle, en décembre à Brest, La Rochelle, Senart, Bordeaux et Caen, et enfin en janver 2010 à Bayonne, Vienne (Autriche), Calais et Londres.



Sterijino Pozorje : 54è édition

Posté par Floriane le 11.06.09 à 11:21 | tags : festival, international, ici et là
La Mort et le dervicheNovi Sad, à une petite heure au Nord de Belgrade, en plein cœur de la Voïvodine aux ethnies multiples et aux champs de blé à perte de vue : qui ne connaît son festival EXIT ? Un conte de fées, semble-t-il. Après la guerre des Balkans et les bombardements de l’OTAN sur la ville, un groupe de jeunes décide de s’emparer de la forteresse du XVIIIè siècle pour y installer les podiums qui accueilleront des groupes de musique actuelle ; la Serbie a besoin de miser sur sa jeunesse. L’opération dépasse tous les espoirs puisque, l’an dernier, EXIT a été désigné comme le meilleur festival d’Europe.
L’un de ses inventeurs, Ivan Lalic, a récemment pris la direction artistique de l’un des piliers de la culture en Serbie : Sterijino Pozorje, le festival de théâtre (à l’origine national) qui connaissait cette année sa cinquante-quatrième édition. Et  bien sûr, il n’a pas pu s’empêcher de traîner son public … dans la forteresse. Coup de maître : par sept degrés et sous une pluie grincheuse, sept cents spectateurs ont suivi, pendant quatre heures, un Roi Lear interprété par l’une des vedettes de l’ex-Yougoslavie : Rade Serbedzija. L’endroit, incontestablement, offre des potentialités de mise en scène, que la troupe aguerrie a su exploiter. Depuis 2001, Ulysses Theatre a développé son travail in situ sur l’île de Brijuni (Croatie), créant le Roi Lear dans la forteresse et explorant la plage, entre autres lieux de spectacles.
L’affiche de Sterijino Pozorje, aujourd’hui internationale, proposait fin mai une vaste programmation, systématiquement surtitrée, en serbe ou en anglais. A l’opposé de l’aventure « learesque », confiné dans un petit théâtre, étranglé (à juste titre) dans une scénographie en angle fermé, un grand classique national, La Mort et le derviche, a recueilli tous les suffrages. Montée par le Théâtre National de Belgrade, la pièce a le mérite de la simplicité et de l’efficacité. Un jeu intériorisé, pas d’effet inutile de mise en scène, un thème assez universel : la compromission par le pouvoir, il n’en faut pas plus pour que l’œuvre de Mesa Selimovic, adaptée par Borislav Mihaljovic Mihiz et mise en scène par Egon Savin, touche les spectateurs. Ramenée dans les années cinquante, l’intrigue éveille des échos chez les ex-yougoslaves « non alignés », mais elle peut sans aucun doute faire mouche auprès d’un plus vaste public, et pourquoi pas français ? Il suffirait qu’un programmateur fasse preuve d’un peu d’audace.
Illust : La Mort et le derviche, DR



Strindberg en bulgare à la Bastille

Posté par Floriane le 23.10.08 à 10:42 | tags : international, théâtre
Théâtre SfumatoLe Théâtre de la Bastille ne recule devant rien. Dans le cadre de la Saison culturelle européenne en France, le Théâtre Sfumato de Sofia est invité à présenter, entre le 20 et le 26 octobre, trois pièces de Strindberg, surtitrées. Pour qui connaît un peu l’univers de Mademoiselle Julie, du Chemin de Damas et de La Danse de mort, l’exercice n’est pas insurmontable. Le Théâtre Sfumato, en effet, base son travail sur la recherche scénographique et un jeu d’acteur à la fois très humain, quotidien et une mise à distance par rapport aux personnages. Hommes – femmes, mode d’emploi ; les relations et les images sont les mêmes dans toutes les langues. Et Strindberg sort de cette expérience comme éclairé, tant la lecture dramaturgique est le fruit d’un travail approfondi de l’équipe sur l’auteur et son œuvre. On ne voit pas assez le Sfumato en France. Le Festival d’automne permet, enfin, de réparer cette erreur.
Du 20 au 26 octobre, au Théâtre de la Bastille



Alerte sur la Canebière

Posté par Floriane le 25.09.08 à 08:55 | tags : festival, international
Préavis de désordre urbainLe festival Préavis de désordre urbain commence sur les chapeaux de roues, à Marseille ! Mercredi, la vingtaine de performers venus des quatre coins de l’horizon se sont égayés dans la Joliette, transformant la sortie des classes en une partie de foot (Half Swiss et Rachel Echenberg), revisitant le Déjeuner sur l’herbe en cagoule, face à la Banque Populaire de Provence et de Corse ! (Frantisek Kowolowski et Shannon Cochrane), se livrant à une séance de foulage aux pieds en plein marché (Jiri Suruvka et Victoria Stanton) ou encore à un nettoyage en règle de la chaussée (Ornic’art et Risa Takita).
Ce festival en est à sa deuxième édition et propose, outre cette journée marquée du sceau de la contrainte (tirage au sort du partenaire et du lieu), une soirée de performances où les artistes vont présenter un exemple de leur travail (ce soir à partir de 18h30, à la Friche Belle de mai) puis un Avis de chantier sur une place de la Canebière (vendredi à partir de 17h30) et enfin une nuit de la performance au Point de bascule, samedi.
Le développement des réseaux est l’objectif de cette initiative, pilotée par le collectif Ornic’art, créateur de Red Plexus, lieu-ressource sur les nouvelles écritures de la performance. Les policiers marseillais, sans doute fiers que leur ville soit la capitale européenne de la culture en 2013 ou résolus à devoir à présent s’attendre à tout, ont vu hier sans sourciller le « désordre urbain » s’emparer des boulevards. Pendant cinq ans au moins, les performers ont un bel avenir dans la cité phocéenne !




Alhambra Container

Posté par Floriane le 07.09.08 à 19:34 | tags : arts de la rue, international
OsmosisDe Ljubljana à Gand, de Cognac à Tarrega, le dernier spectacle de la compagnie Osmosis, créé en coproduction avec le réseau européen de spectacles de rue Meridians, termine (pour cette saison) son périple au festival de Tarrega, haut lieu du spectacle de rue en Espagne. A Gand, lors du festival Mira Miro (anciennement istf), les évolutions des trois danseurs parmi les containers avaient un peu de mal à occuper l’espace, physique et mental, d’un thème aussi solide que l’émigration clandestine. L’idée et le dispositif sont bons et ont fait leurs preuves (notamment dans Flesh et Transit de la même compagnie), reste aux danseurs à trouver leurs marques, les machines, elles, effectuant sans sourciller leur ballet mécanique.
Reste que Alhambra Container était, pour les visiteurs étrangers, l’un des spectacles les plus accessibles dans cette édition 2008 de Mira Miro, où la plupart des propositions avaient largement recours au texte (néerlandais). On a un peu de mal à comprendre cette politique de développement d’un art à l’échelle d’une communauté, alors que l’accent est, plus que jamais, mis sur la circulation transnationale des œuvres et des personnes. La rue n’offrant pas, comme la salle, la possibilité de dispositifs de surtitrage, trop de texte, sans que l’image scénique vienne à la rescousse, ne favorise pas vraiment la compréhension. Bref, les arts de la rue en Flandres se portent sans doute très bien, on peut d’ailleurs le vérifier dans le David, le guide fraîchement sorti ; mais ils nécessitent un décodeur …
Alhambra Container, au festival de Tarrega, du 11 au 14 septembre




Fin de cycle à Branly

Posté par Floriane le 24.03.08 à 11:06 | tags : danse, ici et là, international, mode
Le cycle « Le corps miroir du féminin » s’est terminé, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, avec City Number de la Body Dance Company de Taiwan. Parfaitement dans la thématique, cette pièce tresse les différentes réincarnations d’une prêtresse taoïste, perpétuellement à la recherche de son amant. Le théâtre asiatique est friand du travestissement. Dans certains cas, les rôles de femmes sont exclusivement joués par des hommes. C’est sur ce registre que le metteur en scène Lee Ming-Cheng a voulu jouer et, surprise pour les spectateurs qui avaient suivi le spectacle birman des Nat-kadaws quelques jours auparavant : les Nats étaient de retour ! Autrement dit, le comédien taiwanais porteur de l’une des réincarnations d’une âme de femme dans un corps d’homme avait l’allure, à s’y méprendre, des mediums birmans présents sur la même scène la semaine précédente. Jolie boucle pour ce cycle dont la problématique soulève bien des interrogations, en matière de société, s’entend.
Entre la Birmanie et Taiwan, les spectacles avaient fait un détour par la République de Touva, célèbre pour ses chants diphoniques. Fidèles au poste, trois musiciens et chanteurs accompagnaient un défilé de mode ethnique se donnant des airs de chorégraphie rituelle. Viacheslav Dongak, le styliste, sait lui jouer, dans ses broderies et ses accessoires, des symboles ancestraux, voire rituels. Une jolie combinaison de tradition et de modernité.
Le prochain (et dernier) cycle de la saison sera consacré, du 17 au 28 juin, au « corps acrobatique ».



Burmawood à Branly

Posté par Floriane le 16.03.08 à 09:22 | tags : danse, ici et là, international, marionnettes
Le cycle « Le corps, miroir du féminin » vient de débuter, au Théâtre Claude Levi-Strauss, par un très joli programme, consacré à la Birmanie. Affirmer que les mouvements des marionnettes sont à l’origine de la danse n’est pas un vain mot dans ce cas. Le décrochage des articulations des danseurs (poignets, coudes, épaules, chevilles, genoux) font irrémédiablement penser aux membres tirés par des fils. La démonstration est flagrante lorsque, dans un « défi » un petit personnage de bois et un enfant se lancent dans une joute.
D’ailleurs, les interprètes des danses de cour comme les marionnettes sont vêtues de strass et de paillettes à faire pâlir tout Bollywood, et certains déhanchés, décrochés d’épaules ou quelques portés audacieux ne sont pas en reste.
Etonnante culture, où la majorité boudhiste ne sourcille pas à pratiquer le culte des nats, ces esprits protecteurs, dont le destin terrestre fut immanquablement tragique. Deux films documentaires et une cérémonie énergique ont permis aux Parisiens de se familiariser avec ces rituels bon enfant et festifs qui, là-bas, rendent bien des services à ceux qui y prennent part. Il est bien vivifiant, en Occident, de vivre de tels moments où la foi se décline aux couleurs de la fête, de la musique et de la danse. On le sait, tout est dans la croyance, et celle-ci n’en prend que plus de force quand le spectaculaire est au rendez-vous. Merci, nat jouisseur, d’avoir illuminé notre week-end pluvieux !





Rituels et travestis à Branly !

Posté par Floriane le 10.03.08 à 15:26 | tags : ici et là, international
Quand diable le musée du Quai Branly (www) cessera-t-il de produire des supports de communication hideux et racoleurs pour annoncer les spectacles présentés au Théâtre Claude Lévi-Strauss ?
Une fois de plus, l’affiche du cycle « Le corps miroir du féminin » ne fait pas honneur au programme exceptionnel concocté par la direction artistique. Et c’est dommage.

Le dernier cycle proposé, durant les fêtes, avait fait naître la polémique, soulevée en son temps par l’organisation de certaines soirées, à la Maison des Cultures du monde. A quoi peut bien rimer de présenter, sur une scène parisienne, un rituel venu d’ailleurs ?
On comprend mal cette vision étroite qui revient à nier la véritable valeur esthétique que revêtent la plupart des cérémonies et rituels. Même les messes chrétiennes ont une certaine valeur spectaculaire ; mais si le curé demande à ses fidèles d’ « y croire », les simples spectateurs, mécréants, ne sont pas pour autant privés de la magnificence des costumes, des éclairages, des chants et de la musique qui font les bons spectacles. Assister à un rituel au musée Branly revient à en apprécier la valeur artistique ; tout comme regarder dans les vitrines les objets, profanes ou sacrés, exposés. Où est le mal ?

Bref, du 13 au 23 mars, le cycle intitulé « Le corps miroir du féminin » offrira l’occasion d’une plongée dans la culture birmane, des médiums Nat-kadaw aux danses de cour, en passant par les marionnettes et la musique. Ce panorama birman sera complété, pour rester dans la thématique, par un défilé de vêtements ethniques de Touva accompagné de chants diphoniques, et par un spectacle de danse-théâtre de Taiwan intitulé « City Number ».
Bouder son plaisir et rater une occasion unique de découverte pour quelques critiques d’esprits chagrins et une affiche impossible n’est pas digne du public parisien, ouvert, curieux et respectueux de ce qu’on lui propose. On peut souhaiter, en tout cas, qu’il en soit ainsi.



Bali à Pleyel

Posté par Floriane le 04.03.08 à 10:29 | tags : danse, international

Une affiche accrocheuse, un titre alléchant : Bali années vingt avait de quoi remplir Pleyel pour deux soirs. On s’étonne toujours de voir comment certains mélomanes sont prêts à sauter d’un genre à l’autre : du classique au contemporain savant, avec un crochet par les musiques du monde.
Public enthousiaste, donc, pour ces retrouvailles orchestrées avec cette troupe de Sebatu, connue mondialement.


Le programme, composé de façon linéaire, rend hommage aux grandes figures de la composition et de la chorégraphie balinaises. Moins acrobatiques que certaines danses indiennes, les évolutions font la part belle aux mouvements de bras, en position quasi statique ou parfois carrément assise.
Antonin Artaud, lorsqu’il découvrit cet art, en fut profondément marqué. On sait sans doute moins qu’il en alla de même pour Benjamin Britten …


Le plus étonnant, dans ce concert, relève sans doute de l’incroyable richesse de sons et d’harmonies du gamelan. Loin de la répétitivité rythmique et des sons plutôt généralement métalliques que l’on connaît, l’orchestre de Sebatu offre une palette de couleurs inouïe, au fil des compositions traditionnelles revisitées ou d’autres, tout à fait contemporaines, d’une incroyable richesse.

Les 7 et 8 avril prochains, le Ballet Royal du Cambodge se produira dans la même salle (www).
Un autre voyage extrême-oriental à ne pas rater.

 

Illustr, salle pleyel©Pierre-Emmanuel Rastouin




Do you love Lvov ?

Posté par Floriane le 12.10.07 à 15:56 | tags : arts de la rue, festival, international, sur la route
Dans RakkerpakEtonnant pays que l’Ukraine. Certains vieillards détalent, littéralement terrifiés, dès qu’un artiste ou un clown tente de les approcher ; certains jeunes adoptent une attitude agressive ; d’autres au contraire se prêtent volontiers au jeu et se portent complices … Un festival de théâtre de rue est souvent une bonne façon de sentir un pays, sa progression vers la démocratie. A Lvov, le festival Golden Lion ne fait pas exception. Là où les révolutions se conçoivent comme une campagne de marketing et où les manifestants sont rémunérés à l’heure, la rue s’avère le reflet d’une population tiraillée entre vieux réflexes et progrès inexorablement en marche : l’Europe n’est pas loin.
Quel écart pourtant entre le charme et le confort incomparables d’un hôtel comme le Swiss, sans conteste à l’heure occidentale, et le Lvov, vaisseau d’hébergement hors d’âge ! Quel inconfort de ne pouvoir communiquer directement avec les hôtes, lorsque les traductions entraînent d’inévitables (mais parfois « commodes ») incompréhensions …
Il n’en reste pas moins que Golden Lion proposait à l’affiche, fin septembre, une brochette intéressante de spectacles divers : de l’art clownesque généreux du Portugais Enano à la mise en scène léchée et chronométrée de Dansk Rakkerpak dans Le Boxeur et la Ballerine, en passant par les joyeux Hongrois de Langaleta Garabonias sur leurs chevaux-échasses. Les Polonais de KTO présentaient en ouverture leur Don Quichotte tout neuf, où le champ de moulins se transforme visuellement en une image grouillante de clochers (interprétation toute personnelle). En clôture : La Cerisaie, montée par le théâtre Voskresinnia, organisateur du festival. Que dire de ce projet si ce n’est que les dernières images saisissent, en pleine actualité politique. Au moment même où le parti pro-russe remportait les élections législatives, les cerisiers, sur scène, partaient en flammes, la révolution bolchévique gagnait du terrain … Au final, c’est la coalition orange qui s’emparera du pouvoir à Kiev mais ce Tchékhov, à Lvov, avait un goût de clin d’œil, sans doute involontaire.



Cargo Sofia : l'Europe des routiers bulgares

Posté par Floriane le 14.09.07 à 15:43 | tags : arts de la rue, international, théâtre
Comment parler d’un spectacle dont déflorer le processus reviendrait à gâcher le plaisir des spectateurs ? Comment rendre compte de ce périple, Cargo Sofia, qui mène le public de la capitale bulgare à la capitale française ? Tout au plus peut-on souligner la prouesse d’acteurs des deux chauffeurs routiers engagés pour l’occasion, l’intelligence des metteurs en scène, Stefan Kaegi et Jörg Karrenbauer et le renouveau que ce genre d’équipes offre aux spectacles « in situ ». On n’est pas dans le cadre d’un lieu institutionnel, dans la rue tout en n’y étant pas tout à fait – et pourtant le regard porté sur la ville et ses environs n’est plus jamais le même après cette expérience. Kaegi, jeune artiste suisse, aime par-dessus tout le « vrai-faux », la réflexion sociale, politique, les « spécialistes du réel » qu’il met en situation.
Créé avec l’aide du réseau THEOREM, Cargo Sofia dresse un tableau original de l’Europe, à travers le regard de deux routiers. Eh oui, toutes les autoroutes se ressemblent, et toutes les villes, d’une certaine manière, finissent par se ressembler, surtout lorsqu’on n’en aperçoit que les périphériques … On n’en dira pas plus. C’est jusqu’au 21 septembre, le nombre de places est très limité. Renseignements auprès du Centre Culturel Suisse (www) qui a eu la bonne idée d’offrir ce spectacle atypique, mais ô combien intéressant, au public parisien.



Théâtre de rue : 1er festival Miraklis à Vilnius

Posté par Floriane le 13.09.07 à 15:25 | tags : arts de la rue, festival, ici et là, international
Le bleu du ciel est tombé dans les yeux des Lithuaniens. Jeunes ou vieux, tous se pressent sur l’avenue rendue piétonne, parsemée de baraques à saucisses, qui jouxtent allègrement les stands d’animation pour gamins et les galeries (pas les pires !) de la capitale. Deux estrades émaillent le parcours, sans compter la grande scène qui trône sur la place de la cathédrale. Pendant trois jours, Vilnius pulse au rythme des Capital Days qui égaille la rentrée depuis 1993. Groupes musicaux bien sûr, sessions de danse en couple, pantomime, capoeira, chorales … tout cela se succède dans une ambiance bon enfant qui mêle les générations.
Etonnante Vilnius, qui fêtera en 2009 ses 1000 ans et sera la capitale culturelle de l’Europe. A quelques encâblures du centre ville, les plus aisés barbotent dans « le plus grand parc aquatique couvert d’Europe centrale » : Vichy Vandens Parkas où les danseurs du groupe Tahiti Nui donnent un peu de couleur locale au décor de résine. Au milieu des gratte-ciel aux façades de verre, quelques maisons de bois subsistent, contraste saisissant, avant de replonger au cœur de la vieille ville.
Dans le cadre de ces « Jours Capitale », le théâtre d’Oskaras Korsunovas tente, avec l’aide du théâtre de la vielle ville, de renouer avec la tradition du théâtre de rue. Débuts un peu timides pour cette première édition de Miraklis, mais preuve irréfutable que le public est loin d’être frileux et que les événements en plein air sont l’un des leviers majeurs pour les villes actives. Et l’art dans tout cela ? Andrius Rugevicius (illus.) peut en témoigner. Son projet de « DJ instrument collectif » est né dans les galeries d’art et les festivals multi media. Il pose ici en pleine foire ses trois ronds armés de capteurs, où les spectateurs sont invités à piétiner tandis qu’il mixe en direct. Certes le public ne se rend peut-être pas tout à fait compte du processus, mais quel bonheur de voir tout le monde, vraiment tout le monde, s’amuser à s’emparer de l’art contemporain !



Vive la foi aux Orientales !

Posté par Floriane le 07.07.07 à 10:05 | tags : festival, ici et là, international, musique, sur la route
Fin de matinée, dimanche, à Saint Florent le Vieil. A l’église, les ouailles recueillies digèrent le sermon. Au Palais Briau, le public tape dans les mains et scande « Djaï Guru » avec les Bauls, venus du Bengale, pour chanter leur foi en l’homme. Contraste saisissant et vivifiant. Il est des civilisations, en effet, où la religion n’est pas que sévère mais où elle s’exalte en rassemblements quasi festifs ou en tout cas pleins de ferveur communicative. Ainsi, les soufis d’Egypte, représentés au festival par Sheikh Taha, jamais sorti de sa congrégation de Louxor, contrastent-ils avec ceux de Turquie. Süleyman Erguner, digne joueur de flûte ney, avait plutôt plongé l’assistance de l’Abbatiale dans l’apaisement d’un retour sur soi-même.
C’est cela, les Orientales, un petit goût d’ailleurs au cœur de la douceur angevine, un savant et joyeux mélange de guimbardes chinoises, touva ou rajasthanaises; un art de présenter, à côté de pointures reconnues, de tout jeunes artistes en devenir. Impossible de les nommer tous ; impossible et inutile, car ils sont avant tout les porte-parole de l’un des langages les plus universels qui soient : la musique. Toutes les infos sur le site des Orientales.



Ronconi / Goldoni à l'Odéon (L'Eventail)

Posté par Floriane le 10.05.07 à 15:14 | tags : international, odéon, théâtre
L'Odéon, Théâtre de l'Europe, se doit d'après son titre, de présenter au public parisien des productions internationales majeures. Ronconi, aujourd'hui directeur du Piccolo Teatro de Milan, est l'un des phares de la scène artistique italienne du XXè siècle. C'est au plus français des auteurs italiens qu'il s'attache, dans cette nouvelle production de L'Eventail, créée en janvier dernier à Milan. L'occasion était trop belle : on fête cette année le tricentenaire de la naissance de Goldoni. Mais cette pièce, composée à Paris puis envoyée à Venise pour y être jouée (en milanais ...) est, d'après le metteur en scène, atypique pour le dramaturge. Davantage comédie d'intrigues, moins basée sur le typisme des personnages (même s'ils sont sérieusement dessinés), L'Eventail dévoile une palette inconnue de son écriture qui, selon Ronconi, est digne des plus grands. On aurait tort, en effet, de ne voir en celui qui rénova la comédie, qu'un adversaire acharné du masque et de la commedia. Il peut y avoir énormément de finesse dans son observation des hommes et le prétexte d'un éventail malencontreusement brisé peut s'avérer terriblement contemporain. C'est en tout cas le pari de Ronconi, grand maître du théâtre transalpin qu'il fait bon revoir sur une scène parisienne. (du 10 au 20 mai, infos sur le www de l'Odéon)



Les femmes en noir de Tarrega

Posté par Floriane le 11.09.06 à 10:51 | tags : arts de la rue, festival, international

Depuis 26 ans, Tarrega, située à une centaine de kilomètres de Barcelone, accueille en septembre l’un des plus importants marchés des arts de la rue en Espagne. Le temps d’un week-end, la petite ville se change littéralement en scène et prête ses places et ses façades aux propositions les plus diverses. L’édition de cette année, particulièrement marquée par les esthétiques circassiennes et cartoonesques, n’a pas failli à la tradition. Impertubables, les dames en noir assises sur le pas de leur porte au milieu des jeunes éméchés, continuent à décortiquer leurs graines de tournesol. A deux rues, dans une cour au gradin surbondé, Trukitrek présente « TBO vivo », un habile mélange de marionnettes, d’acteurs et de dessin animé, le tout sur collage de chansons servant de trame au spectacle.
Un peu plus loin, sur un grand espace vide, c’est le Teatro de la Saca qui a planté ses estrades pour ce que le festival compte sans doute de plus grave de toutes ses propositions de rue : « Führer », titre assez explicite. Parce que les peuples qui oublient leur passé sont immanquablement condamnés au repentir, tous en prennent pour leur grade : les représentants de l’Eglise catholique (et l’Espagne en compta beaucoup) qui, pendant la seconde guerre, se voilèrent la face et livrèrent des juifs aux nazis, mais aussi les victimes de l’holocauste dont le peuple, au nom de la défense d’un territoire, fait aujourd’hui des morts en Palestine. Vietnam, Kosovo, Guernica … autant de noms égrenés à la fin de ce spectacle, pour que personne dans l’assistance ne se sente dédouané.
La rue en rose et noir, celle qui s’adresse « au plus grand nombre », pour la divertir mais aussi pour l’avertir.
(illus. Fürher)



Un caravansérail à Samarcande

Posté par Floriane le 05.09.06 à 11:06 | tags : festival, international, sur la route


Quel titre alléchant ! La mythique route de la soie, aux itinéraires variés, voyait s’y rencontrer les marchands et les cultures de l’Orient le plus extrême aux confins de l’Europe, en cette Asie centrale de steppes et de musiques. Sur la terrasse du château d’en haut, dans le domaine de Villarceaux où le Festival d’Ile de France a donné, dimanche dernier, le coup d’envoi de son édition 2006, les effluves se mélangent : voix rieuses des Ouzbèques de Mohi Sitora, chants diphoniques des Mongols du groupe Khan Bodg. Les Indiens, « gitans Dhoad du Rajasthan » (en fait implantés à Tours) sont un peu plus loin sur la prairie, où ils égrènent leurs ragas et leurs tours de fakir. Tout cela dans une atmosphère bon enfant, quoique cultivée : exigeants les chants et danses du Badakhstan (Tadjikistan), les bardes de Tengir-Too (Kirghistan), beaucoup plus en tout cas que l’entraînement irrésistible de l’orchestre tzigane de Turquie.
En cette rentrée, le public mélangé écoute avec bonhomie, répandu sur les pelouses ou camouflé sous les parapluies. La Fondaton Aga Khan, voisine, a sponsorisé les musiciens d’Asie centrale, au nom de la protection de ce patrimoine oral en péril. On ne peut que souligner cet effort qui offre à certains l’occasion de voyager tout en rester chez soi. Un tout petit effort supplémentaire de scénographie n’aurait cependant pas été superflu pour que cet événement soit totalement à la hauteur de son titre.
(illus. Via Kaboul ; (c) pidz)



L'Orient en scène

Posté par Floriane le 30.08.06 à 10:52 | tags : festival, international, sur la route
La rentrée parisienne s'annonce pimentée de toutes les saveurs de l'Orient. Celles de la Route de la Soie, de l'Asie Centrale au Caucase, grâce au Festival d'Ile de France ; celles de la Thaïlande, à laquelle Cultures France consacre une programmation choisie ; celles enfin de l'Inde à travers trois versions du Mahabharata au Théâtre Claude Lévi-Strauss, quai Branly.
Le coup d'envoi de cette Route de la soie francilienne sera donné le dimanche 3 septembre, au Château de Villarceaux (95), sous le titre prometteur « Un caravansérail à Samarkand », pour se terminer le 15 octobre avec « Les voix de la méditerranée ». Entre temps, la Danse des derviches, l'Orient russe, les Nuits d'Istanbul, la Légende de Rama auront été évoqués par des artistes d'horizons divers, musiciens pour la plusieurs, mais aussi récitants.
La Maison des cultures du monde accueillera, elle, du 15 au 17 septembre, la compagnie Joe Louis, l'une des rares compagnies de théâtre de marionnettes traditionnelles de Thaïlande. Chacune des poupées, manipulée par trois marionnettistes, représente l'une des figure du khon, ce théâtre traditionnel masqué et dansé que les Parisiens auront l'occasion de découvrir, dans le cadre du festival Tout à fait thai, à l'Opéra de Massy, les 29 et 30 septembre, joué par des acteurs en chair et en os, cette fois.
Enfin, entre le 29 septembre et le 8 octobre, le quai Branly présentera, dans son Théâtre Claude Lévi-Strauss tout neuf, trois versions du Mahabharata, retraversé par des compagnies d'Inde, du Japon et d'Italie. Un mélange détonnant, à coup sûr !
(Crédit photo : © Alice Pitoëff)



La Strada de Graz : un festival en actions

Posté par Floriane le 10.08.06 à 11:58 | tags : arts de la rue, festival, international, sur la route
La guardia Flamenca

Pascal et et Josy se baladent, en plein centre ville, vêtus de leurs seuls sous-vêtements. Aux terrasses, on les regarde à peine, deux policiers suivent à distance respectable et rassurent ceux qui s’interrogeraient, même pas interloqués : « C’est Strada ! », et les sourires de s’installer sur les faces, avant de replonger qui dans le journal, qui dans la conversation entre amis.
Strada fêtera l’an prochain ses dix ans, c’est beaucoup pour un festival, le seul du genre, dédié aux arts de la rue et à la marionnette, en cette Styrie verdoyante. Assez, en tout cas, pour que la population y soit habituée et considère comme acquis ces « légers décalages dans les rouages du quotidien » qu’affectionnent particulièrement la compagnie Cacahuète. Polis, les Autrichiens, policés même, voire indifférents (ce qui pourrait s’avérer pire, vu les scores d’un certain parti, pas tout à fait à gauche, il y a quelques années).

Jo BithumeLes compagnies françaises étaient à l’honneur cette année : Jo Bithume qui signait l’inauguration, et le final (avec son spectacle sur Frankenstein), Tango Sumo, toujours vifs et courageux malgré les intempéries, les Alama’s givrés, fidèles au festival au point d’avoir traduit une partie du texte en allemand, pour la plus grande joie des spectateurs.
De production locale ? Point, pas dans la rue en tout cas, ou pas encore, car les stagiaires de Cacahuète, qui ont appris en une petite semaine les principes rouages de l’intervention, pourraient bien, si on leur donne la chance de persévérer, s’inscrire dans la filière de ce qui, il n’y a pas si longtemps, s’affichait sous le nom d’actionnisme (viennois) dont l’un des fers de lance était précisément de Graz ! Et ça tomberait particulièrement bien puisque sa fille, Diana, n’est autre que la co-directrice du festival. Pas morte, la relève !

La Strada
Du 25 juillet au 5 août 2006 à Graz (Autriche)
Site officiel



Les Orientales : élitaires pour tous.

Posté par Floriane le 03.07.06 à 12:29 | tags : festival, international
Pas de temps pour un interview, je pars immédiatement à Saint Florent Le Vieil » Un rapide www.festival-les-orientales.com griffonné sur un bout de papier, et Alain Weber, le directeur artistique polyvalent, en charge des spectacles au Musée du Qaui Branly, s’était déjà éclipsé. Ne restait plus qu’à prendre le train et à débouler, en pleine campagne angevine, yeux et oreilles en alerte, car le week-end promettait d’être surprenant. Ce festival, en effet, est le meilleur qui puisse faire mentir ceux qui croient encore à une logique « d’audience » dépassée depuis belle lurette, selon laquelle il faudrait offrir au public ce que l’on croit qu’il aime et attend. C’est oublier que l’offre crée la demande et que la qualité finit toujours par rencontrer ceux qui se donnent les moyens de la reconnaître.
Spectacle étonnant que trois cents personnes, massées sous un chapiteau piqué d’étoiles, applaudissant à tout rompre une chanteuse kalmouke ou des psalmodies soufies d’Ouzbékistan. D’autant plus étonnant que ces perles, dignes d’intéresser les musicologues les plus pointus, n’ont pas attiré pour l’heure que des têtes chenues et lunettées, bien au contraire. Le public est régional, bon enfant, et il applaudira avec le même enthousiasme le magicien indien, les danses khmères, le clarinettiste rom d’Istanbul et les chants syriaques dans l’Abbatiale. Une « culture musicale ouverte » est leur secret ; la curiosité, comme le désir de voyager « sur place » est celui d’autres spectateurs qui n’ont pas forcément les moyens de se rendre « là-bas » mais découvrent, attentifs et respectueux, les cultures différentes. Y a-t-il meilleur exemple de tolérance, et l’apprentissage des autres ne mène-t-il pas forcément à l’amour d’un soi élargi à l’humanité ? C’est cela, entre autres, qui flotte dans la douceur de ce début d’été aux couleurs de l’Orient, par la magie de la musique et des spectacles aux accents d'ailleurs.



Trois livres … à ne pas emporter sur les plages

Posté par Floriane le 30.06.06 à 14:57 | tags : arts de la rue, international, mauvais goût
In situTant pis pour « l’audience » ; disons-nous qu’il existe encore, parmi les lecteurs de ce blog, des gens qui aiment sortir des sentiers battus, et s’évader, le temps d’un spectacle ou d’un livre, d’une notion convenue de ce qu’est le théâtre, voire le  « spectacle ». Pour ces curieux, trois livres sont parus récemment, trois objets qui emmènent aux confins. Aux confins de l’Europe d’abord, avec In Situ, Voyages d’artistes européens, aux Editions L’Entretemps. Variés, les expériences et les points de vue sur ce qu’est le spectacle de rue et comment la vivent ceux qui le font depuis toujours ou ailleurs. Fascinants, ces témoignages, drôles, sensibles et sortant résolument des « grands classiques » par la diversité des contributeurs que l’éditeur a eu l’intelligence de choisir au-delà des compagnies et des artistes les plus connus sur le bitume.
Aux confins du monde, on est menés par Françoise Gründ, qui est allée jusque Sao Tome, sur l’Equateur, pour capter la magie du Tchiloli (chez Magellan & Cie) ou la Tragédie du Marquis de Mantoue et de l’Empereur Charlemagne. Au milieu de la forêt, le visage masqué d’un grillage, d’improbables costumes et une fanfare encore plus hallucinée, les comédiens improvisés donnent rendez-vous à leur auditoire et perpétuent une tradition ininterrompue, que l’on a pu découvrir cette année à Paris, dans le cadre du Festival de l’imaginaire.
Enfin, à mettre dans le sac, juste à côté du miroir de poche, La Relation au public dans les arts de la rue. Ce recueil de témoignages donne une perspective originale sur les arts du bitume auxquels est consacré dans l’hexagone, depuis l’an dernier et jusque l’an prochain, un Temps des arts de la rue. La collection Carnets de rue aux Editions L’Entretemps leur est consacrée. Mais non, il n’y a pas que des jongleurs et des cracheurs de feu sur les trottoirs. Il y a des artistes, et même des spectateurs !



Premier marché des spectacles à Thessalonique

Posté par Floriane le 12.06.06 à 09:32 | tags : international
spectacle, chorégraphie et gymnastiqueLes Balkans, une macédoine géographique et historique incomparée. Des racines teintées de ces diaprures que seuls confèrent les dialogues culturels prolongés. Le premier marché des arts de la scène (le BPAM) a réuni,du 1er au 4 juin, des centaines de professionnels internationaux venus prendre la température de la création dans cette partie de la planète. Pendant quatre jours, musiciens, danseurs, comédiens se sont succédé sur les plateaux de la ville, offrant leurs talents divers, du plus traditionnel au plus contemporain. Impossible de les citer tous : étonnante Apostolia Papadamaki, danseuse drôle et audacieuse, ou encore Chainides, ce groupe hybride surfant sur les sonorités traditionnelles pour mieux les réinventer. Et l’on se dit qu’il faudra sans doute revenir, plus d’une fois, avant de véritablement saisir ce qui fait la force de cette région : son ancrage profond dans une histoire culturelle riche et diversifiée, et un grand écart périlleux mais la plupart du temps assumé vers ce qui pourrait être qualifié de mondialisation ou plutôt d’« art international ». L’Organisation grecque pour la culture a mené de main de maître ce marché aux spectacles qui a eu le bon goût de se donner les moyens d’une rencontre intellectuelle et sensible, tout autant sinon peut-être plus, qu’une affaire de gros sous. C’est sans doute ainsi que se créera l’ouverture, attendue et nécessaire, vers ces voisins du Sud-Est qui, tôt ou tard, feront partie de la Communaut&



Namur en mai : histoires de femmes et de vieux

Posté par Floriane le 30.05.06 à 13:25 | tags : arts de la rue, festival, international
Namur en ami, Festival des arts forains, se targue d’être différent des autres rassemblements de spectacles de rue. Les propositions, en effet, sont de format réduit (en termes de durée ou de participants, acteurs et spectateurs). Trois spectacles, cette année, ont retenu l’attention (de certains du moins, les goûts et les couleurs …) : deux histoires de femmes et une histoire de vieux, pas franchement en rue, pas dans la lignée traditionnelle des entresorts ; bref, des « petites formes » à découvrir et que le festival a eu le flair et le courage d’inviter.

« La toute vieille et le si peu » … Tout un programme pour cette fresque muette, cette « danse de table » accompagnée à la guimbarde, où vieillesse et désir se posent vaillamment sur la scène.
« Des vers … des vers » : non, il ne s’agit pas de poésie (quoique), mais de ces bestioles qui bouffent le ventre puis les corps ensevelis. Des vers métaphoriques, ici, de tous les complexes qui empêchent de vivre autrement que derrière une chevelure-buste à la Magritte, ou sous le masque d’un cri à la Egon Schiele.

Vieillesse encore et finesse de manipulation pour Les Bénévoles du Tof Théâtre qui, avec « Mikado », montrent une fois de plus qu’il est possible de figurer avec rien : quelques bouts de bois maniés avec dextérité, et de rendre vivantes des poupées, quasi grandeur nature, par la magie d’un geste bien accompagné.

Et puis, pour terminer : deux cerises sur le gâteau : le Grand Théâtre mécanique de Nino, merveille de construction miniature d’un théâtre à l’italienne, et le Teatrino di piedi, où toute une galerie de personnages défile aux pieds, aux genoux et aux mollets musclés de l’actrice à moitié renversée sur le dos …





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