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Tous les billets consacrés au metteur en scène Jean-François Sivadier sur Saisons.
Reprises jubilatoires de Jean-François Sivadier à Nanterre En pleine tourmente du festival d'Avignon 2005, Julie de Faramond nous avait dit ici le plus grand bien de la pièce de Georg Büchner La Mort de Danton mise en scène par Jean-François Sivadier. Un spectacle débordant d'énergie servi par d'excellents comédiens (dont le fameux Nicolas Bouchaud !). Fluctuat avait également été enthousiasmé par la Vie de Galilée, montée d'abord au Théâtre de Gennevilliers en février 2003, et en avait profité pour interviewer JF Sivadier et Nicolas Bouchaud. Quand on aime, on ne compte pas ! On vous signale donc à lire dès aujourd'hui "l'ogre doux", un tendre portrait du metteur en scène dans le Libé du jour. Et l'initiative bien sûr du Théâtre des Amandiers à Nanterre qui reprend ces deux pièces cette saison, après le succès l'an dernier d'Italienne, scène et orchestre. On peut voir La Mort de Danton tous les jours (sauf lundi) jusqu'au 23 octobre, il reste encore quelques places. Pour réserver, c'est par ici ! Le défi est d'une autre envergure pour la Vie de Galilée puisqu'il ne reste qu'une date, le 22 octobre à 16h, déjà complète ! Les plus motivés tenteront quand même leur chance au théâtre de Nanterre ! Et en cas d'échec, pourquoi ne pas aller faire un tour au Triage ? Même pas mort ! Jean-François Sivadier monte La Mort de Danton "Enfin du théâtre !" pourrions-nous nous écrier, s'il fallait hurler avec ceux qui se plaignent de ce qu'Avignon n'est plus Avignon, parce qu'il n'y aurait pas de "théâtre" cette année dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes. Encore faudrait-il s'entendre sur le terme. Parce que sans être ni vraiment de la danse, ni vraiment du théâtre, ni vraiment une installation, un spectacle peut quand même être quelque chose. Sans en avoir forcément besoin d'en conclure par l'hybridation des genres... Bref, ce n'est pas le moment d'entrer dans le débat car si je suis venue me visser devant cette machine aujourd'hui, c'est pour parler de La Mort de Danton : le spectacle de Jean-François Sivadier. Ici, à Fluctuat, on avait déjà parlé La Vie de Galilée qu'on avait beaucoup aimé. Avec La Mort de Danton, Sivadier démontre à nouveau que ce sont des motivations sincères et réfléchies qui l'ont guidé dans le choix qu'il fait de mettre en scène un texte. La Mort de Danton a été écrit par Georg Büchner alors qu'il désespérait de voir un jour advenir une république dans les Etats allemands, en Hesse, en l'occurrence. Les mouvements révolutionnaires de 1830 avaient été réprimés et Büchner pensait que le moment était peut-être venu d'engager une réflexion sur le devenir d'une révolution, celle qui servit de modèles à tous les révolutionnaires du XIXe siècle : la Révolution française. Tous les personnages de Büchner sont pétris de contradictions, Danton, Robespierre et les autres sont face à une aporie. Il s'agit de continuer la révolution et faire advenir un état social plus juste, sortant le peuple d'une misère qui l'entraîne à s'en prendre à tous ceux qu'il soupçonne de conspiration ou d'accaparement des biens de consomation qui font si cruellement défaut. C'est une escalade de violence institutionnelle qui finira pas coûter le vie à ceux-là même qui l'avaient prônée. Dans la pièce de Büchner, on n'en est pas encore là : l'heure de Thermidor n'a pas encore sonnée. Danton est condamné pour avoir mené un train de vie indécent eu égard aux privations endurées par ceux dont il se dit le représentant. En plus, c'est un jouisseur, ce qui n'a pas l'heur de plaire à Robespierre, qui entend incarner une vertu qu'il dit "révolutionnaire". Büchner utilise des discours qui ont réellement été tenus par des protagonistes de sa pièce, qu'il mêle à des chansons populaires allemandes et à bien d'autres chose, obtenant ce que la modernité a appelé un montage. Cela, Sivadier en tient compte puisqu'il prend quelques libertés avec le texte en remplaçant les chansons qui étaient familières aux oreilles de l'époque par un poème d'Aragon mis en musique par Brassens. C'est bien trouvé car Aragon est le poète français qui a, pour beaucoup, incarné l'idéal révolutionnaire (c'est du moins ainsi qu'il se définissait) tout en s'attachant à perpétuer une tradition lyrique présente dans le répertoire populaire. Par ailleurs, Sivadier utilise des éléments de décor mobiles qui ont de multiples fonctions, le spectacle étant rythmé par des rupture de ton permanentes. Nicolas Bouchaud qui incarne Danton est aussi convainquant qu'il l'était en Galilée (cf chronique et entretien sus cités). Les personnages féminins qui ont, dans la pièce, un relief tout à fait remarquable pour un temps où le féminin était reduit à quelques images d'épinal, ont ici des actrices à leur mesure. C'est donc avec ferveur et inventivité que Jean-François Sivadier réussit à redonner vie, non à Danton, mais aux mots de Büchner. La mort de Danton mise en scène JF Sivadier, au 59e Festival d'Avignon Sivadier dans les airsPosté par fluctuat.net le 13.07.05 à 09:56 | tags : jean-françois sivadier
![]() En création 2005, Jean-François Sivadier présente La Mort de Danton de George Büchner. Côté reprise, ne boudons pas le plaisir de revoir La Vie de Galilée, une création magistrale de l'année 2003 et un succès public qui justifient amplement ce post : pour preuve, cette chronique enthousiaste et ce non moins laudatif entretien parus à l'époque sur Flu (Toutes les info ici). La Vie de Galilée dans la Cour du Lycée Saint Joseph, les 13 & 15 juillet |
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