Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers. Tous les billets consacrés à ce théâtre sur Saisons.

Désespoir russe et déjanté à la Commune d'Aubervilliers

Posté par Catherine le 13.11.07 à 00:03 | tags : la commune/aubervilliers, théâtre

korsunovas"Tableau 2. Scène de reconstitution : un homme est accusé d'avoir défenestré sa femme. Valya joue le rôle de la victime.  Sysoev, l'accusé, explique que sa femme est tombée en lavant les carreaux, alors qu'il sortait de l'appartement en claquant la porte..." Le livret du spectacle n'est pas banal : la totalité de la pièce y est résumée, avec précision, tableau par tableau. Avant même le début de la représentation, l'oeuvre de Oleg et Vladimir Presniakov agit sur le spectateur et celui-ci frémit sur son siège à l'idée de voir bientôt des comédiens interpréter la suite de situations qui est décrite. Quel bonheur effectivement que de suivre Valya, tourmenté par la mort de son père, dans sa quête aussi cocasse que désespérée! En cherchant par tous les moyens à conjurer sa peur de la mort, il va vivre des situations hallucinantes et hallucinées.
Son histoire, c'est un peu celle de la Russie actuelle, ou même celle du monde tout entier, qui doit se débrouiller malgré la perte de ses anciens repères. Un beau conte initiatique, servi par une mise en scène parfaitement dynamitée. Un grand frémissement, jusqu'à la dernière minute, jusqu'aux saluts que les comédiens réussissent encore à transformer en grand moment de théâtre.

Seulement quelques dates au théâtre de la Commune pour découvrir le travail d'Oskaras Korsunovas, suivies d'une petite tournée en province. Mais le jeune metteur en scène lituanien reviendra en décembre présenter la Mégère Apprivoisée à la Comédie Française.

Dans le rôle de la victime Frères Presniakov, mise en scène Oskaras Korsunovas
Du 9 au 14 novembre, au théâtre de la Commune à Auvervilliers
En lituanien surtitré
Illus © D. Matvejev




Un froid de Kronos - spectacle pour jeune public averti

Posté par Catherine le 19.01.07 à 18:23 | tags : jeune public, la commune/aubervilliers

Il me semble que les petits élèves qui ont assisté mardi après-midi à la représentation de Un froid de Kronos au théâtre de la Commune sont prêts à assurer la relève du public dans la catégorie "spectacles plastiques obscurs". En effet, leur attitude de spectateur m'a rappelé celle de certains de leurs aînés, disons par exemple, les habitués des spectacles de Romeo Castellucci. Ces élèves de sixième, préparés à la représentation, c'est-à-dire qu'ils ont lu le conte d'Andersen dont est inspiré le spectacle et qu'on leur a bien précisé qu'il n'y aura pas de paroles, sont pour ainsi dire "avertis". Sur scène, une dame en bleu manipule deux petits visages qui, lentement, vont, viennent, tournent, se retournent. Puis tout se passe autour d'une espèce de cocon géant (une trappe s'ouvre et un visage apparaît, tout doucement, une fois, deux fois, trois fois...), lumière, ombre, lumière, trois ou quatre motifs musicaux échappés en boucle d'un synthé... Images lentes, lointaines et répétitives. Tout averti qu'il est, le jeune public (à qui ce spectacle s'adresse bien) ne peut s'empêcher de remuer, de tousser, de parler (« c'est nul » « on comprend rien » « c'est toujours pareil » « je regrette mes 5 euros » « tu viens à mon anniversaire ? »). Certains se raclent ostensiblement la gorge, respirent bruyamment (!), d'autres mettent des coups de pieds dans mon siège, rappel bienvenu à l'ordre : je ne suis pas venue ici pour dormir. L'ennui général est avéré. Mais ils restent finalement bien sages, ces petits sixième. La contestation est constante mais maîtrisée, et son niveau sonore maintenu à un degré poli. Les applaudissements sont d'ailleurs très polis. Seule une poignée de têtes brûlées ose quelques « ouh ! » (non sans craindre de le payer en heures de colle). Ils n'ont pas aimé et se le disent entre eux, mais ils font bonne figure devant les profs et posent des questions tout à fait honorables lors de la rencontre avec Mary Sharp après le spectacle (« vous avez commencé à manipuler des marionnettes à quelle âge ?», « ça vous a pris combien de temps pour monter le spectacle ?»). Ils savent endurer un spectacle obscur, ils savent identifier ses faiblesses (trop répétitif, pas assez lisible, manque de proximité avec le public), ils ont déjà des références (« j'ai préféré Le Petit Chaperon Rouge »), bref, ils sont plutôt épatants, ces gamins !

Un Froid de Kronos, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers
du mardi 16 au vendredi 26 janvier 2007, le mardi, le mercredi et le vendredi à 14h15
Avec Mary Sharp, mise en scène Ilka Schönbein

Profitons-en pour mentionner le très beau spectacle d'Ilka Schönbein, Chair de ma Chair, où l'on retrouve la même lenteur mais sur des images tout à fait splendides. Lire la chronique du spectacle et l'interview d'Ilka Schönbein dans le magazine.







Objet perdu au Théâtre de la Commune

Posté par JdF le 03.05.06 à 10:37 | tags : la commune/aubervilliers, théâtre
À partir d'aujourd'hui, le Théâtre de la Commune d'Aubervilliers présente Objet perdu de Daniel Keene (photo) dans une mise en scène de Didier Bezace. En mars 200, le théâtre avait présenté la première pièce de l'auteur australien qui fut créée en France, Silence complice, mise en scène par Jacques Nichet, puis, la saison passée, avis aux intéressés, pièce courte mise en scène par Didier Bezace, et Paradise, pièce écrite à la demande de Laurent Laffargue.

Objet perdu se passe dans un bar où, à l’heure de la fermeture, sous les traits énigmatiques d’un étranger, la mémoire vient se glisser insidieusement près de M. Skelton. Elle ne le lâchera plus et l’entraînera malgré lui vers la reconnaissance de son histoire.

Au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers (www), jusqu'au 16 juin.



Folie ambulante

Posté par Floriane le 28.04.06 à 12:37 | tags : jeune public, la commune/aubervilliers, théâtre
On les a connus plus inspirés, ces baladins du Cinerama, en fait compagnie Le Quarantième Rugissant qui « pour des raisons affectives et pratiques » ont d’abord joué sous l’égide la compagnie Babylone, mais sont aujourd’hui acoquinés avec Les Chiffonnières … Faut suivre !
En bref, le Cinerama, c’est le lieu, une roulotte à l’origine, transformée en théâtre ambulant, et dont le concept aujourd’hui s’est élargi jusqu’à prendre les formes d’un habitacle forain posé sur un camion déployé. Sympa, la déco, rétro juste ce qu’il faut.  Mais là où, par la force et l’inventivité scéniques de la bande de Babylone, à l’époque le lieu prenait tout son sens de théâtre itinérant et terriblement inventif, les Chiffonnières aujourd’hui ont du mal à relever le défi.
Le Bal des fous reste un joli petit spectacle pour enfants (mention spéciale aux écoliers d’Aubervilliers, remarquablement sages et attentifs en matinée), dont on a de la peine à comprendre l’enchaînement des séquences : Le Crocodile de Dostoievski succède à une version de Moby Dick de Melville se terminant en queue de poisson … On a vu mieux comme adaptations,  mais le lieu reste le principal attrait de cette proposition, à Aubervillers, derrière le Théâtre de la Commune, jusqu’au 20 mai.



Korsunovas à Aubervilliers

Posté par JdF le 16.03.06 à 16:05 | tags : la commune/aubervilliers, théâtre
Oskaras Korsunovas est lithuanien (vous me direz qu'avec un nom pareil, on ne s'attendrait pas à ce qu'il soit breton) et jusqu'à preuve du contraire, c'est un des grands metteurs en scène vivants. Il travaille  dans la tradition propre à l'Europe de l’Est, c'est-à-dire avec une troupe soudée qui le suit de spectacle en spectacle. Il canalise ainsi l' énergie de ses acteurs dans une dynamique collective qui donne à ses mises en scène un rythme et une charge émotionnelle tout à fait exceptionnels.
À partir d'aujourd'hui et jusqu'à dimanche 19 mars, il présente une adaptation du Maître et Marguerite au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers. Il va falloir se battre pour avoir des places, mais un spectacle de Korsunovas vaut bien quelques uppercuts.



Le Roi-grenouille : les métamorphoses d'Ilka Schönbein

Posté par JdF le 26.01.06 à 10:11 | tags : danse, jeune public, la commune/aubervilliers, théâtre
Ilka Schönbein et le crapaudIlka Schönbein se métamorphose en crapaud, sorcière, princesse, à l’aide de masques, accessoires et marionnettes en tous genres. Elle grimace, se contorsionne, confectionne des mixtures dégoûtantes à souhait. Elle est secondée par des partenaires grimés et costumés comme elle dans les tons verdâtres de la vase qui croupie dans la fontaine ensorcellée. Entre chaque étape du récit, l’un d’eux chante des Lied, rattachant judicieusement l’univers grimmesque au romantisme allemand qui en fut la matrice. Le tout est affreux et sublime à la fois. Les enfants, manifestement, adorent, les adultes aussi.

Le Roi grenouille, d'après les frères Grimm, avec Ilka Schönbein, Simone Decloedt, Brita Arste, Rainer Philipp Kais, Rudi Meier.
J
usqu'au 29 janvier 2006 au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers.





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