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L'actualité du Théâtre de la ville à Paris (Théâtre des Abbesses, Paris, 18e). Tous les billets consacrés à ses programmations sur Saisons.
Katherine Barker : que faire du tragique ?"Katherine Barker a existé. Sous le nom de “Ma Kate Barker, la mère du crime”, elle fait partie des criminels célèbres du XXe siècle. Pour écrire sa pièce, Jean Audureau s’est inspiré du fait divers qu’il a découvert sous forme de bande dessinée dans France-Soir. Mais il prend ses distances avec la fable “policière” pour créer une tragédie contemporaine". Voilà ce que l'on peut lire sur certains programmes du spectacle. Après l'avoir vu, on se dit que l'auteur aurait sans doute mieux fait de s'en tenir à l'intrigue policière, car en fait de tragédie contemporaine, et comme c'est hélas souvent le cas dans ce type de procès, l'auteur convoque les poncifs et fait durer sa tragédie de longues heures (alors que, faut-il le rappeler ?, les tragédies classiques se jouaient en une heure trente et les auteurs antiques concentraient leur propos en ce qui tient aujourd'hui en quelques pages). Que passa ? Est-on aujourd'hui en mesure de redéfinir les mythes fondateurs de notre civilisation ? Ce disant, pose-t-on même une question pertinente ? Pas sûr... Finalement, c'est peut-être la dérision plus que la pesanteur, telle qu'on la voit à l'œuvre dans ce spectacle, qui serait mieux à même de représenter notre contemporanéité.
Katherine Barker, de Jean Audureau, mis en scène par Serge Tranvouez, au Théâtre de la Ville, à Paris, jusqu'au 12 mars. Mauvais trip aux Abbesses
Petit rappel : William Burroughs (1914-1997), romancier américain, l’un des chefs de file de la Beat Generation. Samuel Taylor Coleridge (1772-1834), poète romantique anglais. Johny Brown (1961), chanteur rock et auteur dramatique anglais.
Johny Brown, en fervent admirateur de ces deux auteurs dont le point commun est un goût immodéré pour les drogues, invente un récit où Burroughs embarque en compagnie de Jean-Michel Basquiat, Johnny Thunders et Kathy Acker, pour une traversée dont la seule direction est le poème de Coleridge.
Dan Jemmett (1967), metteur en scène anglais, transforme le bateau de son pote Brown en station-essence, offre le rôle de Burroughs à Denis Lavant et présente la pièce au théâtre des Abbesses.
Des noms, des noms, des références et des artistes qui s’entre-admirent. C'est sympa mais le public a bien du mal à se sentir concerné : pas d’histoire, pas de but, même pas de rencontre entre les personnages. Les quatre grandes figures de la peinture, du rock ou de la littérature ne sont réunies que pour vénérer le poème de Coleridge en le déclamant avec emphase, tournés vers la mer… Bien sûr, Denis Lavant fait des efforts et interprète de tout son cœur son numéro de grand acteur et c’est parfois beau. Sauf qu’on imaginait William Burroughs plus terminalement camé, moins pétillant. On rigole un peu aussi de le voir n’offrir qu’une simple petite fumette à ses amis. On rêvait d’un shoot théâtral rock n’roll et halluciné, on assiste à un hommage révérencieux et appuyé. Ceci n'est pas le trip théâtral de la rentrée.
William Burroughs surpris en possession du chant du vieux marin de Samuel Taylor Coleridge , de Johny Brown Théâtre des Abbesses, 21 septembre - 8 octobre à 20h30, dimanche 2 octobre à 15h |
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