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L'actualité de la Maison de la Culture Bobigny (MC93, Bobigny). Tous les billets consacrés à ses programmations sur Saisons.
Stakhanovistes de la scèneEvidemment, si vous dites que vous êtes allée ce week-end en BANLIEUE voir une pièce en RUSSE surtitré et qu'en plus, cette pièce a duré 8 HEURES*, on risque de vous regarder d'un drôle d'oeil... Vous pourrez toujours rétorquer que huit heures, bah, c'était juste une préparation aux 11 HEURES** à venir le week-end prochain (autre pièce, même lieu, même langue étrangère). Pour vous défendre, n'hésitez pas à ajouter que vous n'êtes pas seule à apprécier ce genre de marathon théâtral : il est très difficile d'obtenir des places - voire plus possible du tout à l'heure qu'il est - pour ce festival Lev Dodine à la MC93. Nous vous l'annoncions il y a quelques jours, l'aventure a démarré ce week-end.
Mise en route en beauté avec Frères et Soeurs, grande fresque paysanne créée à Saint-Pétersbourg en 1985. C'est avec cette adaptation du roman de Fedor Abramov que tout a commencé pour le Maly Drama Théâtre de Lev Dodine. Le spectacle, aujourd'hui légendaire, a sillonné le monde entier et c'est bien pour ça qu'il fallait à tout prix le voir. Et ils n'étaient pas rares dans la salle ceux qui étaient là pour RE-voir ce Frères et Soeurs grandiose. 1941. Les hommes partis à la guerre, les femmes s'organisent au kolkhoze Vie nouvelle. Elles travaillent sans relâche, portées par l'espoir : un jour, la guerre sera finie, leurs maris, leurs frères reviendront. 1946. La guerre est finie. Les hommes ne sont pas revenus. La vie est toujours aussi dure mais de moins en moins supportable. Le Parti impose des efforts sans cesse plus grands, prélève des impôts sans cesse plus importants. La misère est sans fin. Sur le plateau, pas moins d'une quarantaine de comédiens, de tous âges, parmi lesquels une poignée d'enfants qui ne sont pas là pour faire de la figuration. C'est la tradition théâtrale russe que l'on vient apprécier dans les mises en scène de Lev Dodine : un certain naturalisme bien sûr, avec costumes réalistes, comédiens à trogne, jeu stanislavskien. Dans Frères et Soeurs, le public vit le quotidien éreintant et désespérant des kolkhoziens avec une intensité que la durée du spectacle vient encore accroître. Mais le Maly Drama Théâtre propose bien plus qu'une figuration réaliste de la vie paysanne sous Staline - coutumes et danses traditionnelles incluses. Il magnifie le peuple russe dans de superbes tableaux pleins d'expressions, de couleurs et de musique, il donne à voir les rêves broyés de la population dans d'émouvantes scènes oniriques (le retour glorieux des hommes après la guerre par exemple) et, surtout, Lev Dodine n'hésite pas à laisser glisser ses scènes vers des moments plus comiques et même parfois franchement burlesques, d'une qualité exceptionnelle. Dans ces conditions, vous aurez compris que passer huit heures dans un théâtre un samedi après-midi est plus qu'une partie de plaisir. Plaisir immense à poursuivre encore pendant un mois à la MC93. On vous en reparle. Frères et soeurs d'après Fedor Abramov, mise en scène Lev Dodine
* soyons honnêtes et précis : sept heures de spectacle, pour une représentation, pauses incluses, d'une durée totale de huit heures.
Prochain spectacle les 9 et 10 novembre : Les Etoiles dans le ciel de l'aube, d'Alexandre Galine, création 1987. En voici un extrait vidéo non surtitré !
Festival de la Rhénanie du Nord-Westphalie à la MC93
Il y a les mega-productions à grosses affiches, et il y a les mini-festivals confidentiels... Le festival de Rhénanie du Nord - Westphalie à la MC93, fait partie de cette deuxième catégorie d'événement : tout petit tout petit, mais HYPER important ! On vous en parle d'abord parce qu'on en attend le meilleur, pour ne pas dire qu'on a vraiment hâte d'y être, et aussi pour que vous ayez encore le temps de chopper des places avant que toutes les dates n'affichent complet. La Rhénanie du Nord - Westphalie c'est un Land allemand. C'est-à-dire une sorte de région, mais en beaucoup plus autonome que nos régions de France à nous. Toujours est-il que les villes de Bonn, Cologne et Essen font partie de ce Land et qu'on y fait du très bon théâtre - comme partout ailleurs Allemagne, mais pour la seconde fois, la MC93 a décidé de mettre le focus sur ce petit coin d'Allemagne, parce que c'est comme ça, parce qu'on ne peut pas tout voir de ce qui se joue outre-Rhin depuis Bobigny, parce que le Standard Idéal c'est pas mal de compagnies allemandes mais pas que. Du 3 au 6 octobre, à la MC93, nous verrons donc La nuit des rois (Was ihr wollt), Ces merveilleuses dernières années (Die goldenen letzten Jahre) et La toison d'Or - l'invité, les argonautes, Médée (Das goldene Vlies - der Gastfreund, die Argonauten, Medea), spectacles en allemand surtitrés bien sûr, par de jeunes metteurs en scène aussi inconnus par chez nous que comptant parmi les plus intéressants par chez eux. Bref, il faut absolument y aller.
Festival de la Rhénanie du Nord - Westphalie, du 3 au 6 octobre 2009 à la MC93, Bobigny Un Songe polonais
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L'espace, fragmenté par l'usage de parois transparentes qui permettent un jeu de voyeur, vit sa propre vie selon les éclairages qui irisent ou opacifient la scène. Rêve ou cauchemar ? La pièce de Shakespeare explore les terres angoissantes de la réalisation des fantasmes. Le spectacle de Maja Kleczewska est une transposition audacieuse où la violence des sentiments de désir et de haine qui se substituent les uns aux autres au gré des philtres et autres formules magiques, est poussée à son paroxysme. Illus dr Standard Idéal - L'écume des jours auf deutsch
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La MC93 fait la part belle pour cette sixième édition du Standard Idéal, aux toutes jeunes compagnies à peine sorties de leur école. Après un Spiderman allègrement insolent, après un Unruhig ist unser Herz mignon mais pas très clair dans le propos (présenté, comme Spiderman, par l'Universität der Künste Berlin, ce spectacle montre deux filles qui éclatent rageusement sur le sol des produits de première nécessité pendant un peu plus d'une heure...), nous avons pu assister à un Schaum der Tage d'abord emballant puis très vite, assez fatigant. L'écume des jours (traduction en français), Boris Vian, le jazz, le nénuphar dans les poumons... Au début, on s'amuse beaucoup. Il faut dire que c'est la période faste de l'histoire. La jeunesse est argentée, les saynettes s'enchaînent joyeusement, rondement menées, on rit, on s'amuse, on chante. Une pédale de boucle habilement utilisée permet de jolis habillages sonores en direct. Puis survient la maladie. L'argent file, la jeune fille perd progressivement son souffle... et la pièce avec. La petite heure et demi que dure le spectacle finit par sembler s'étirer sur de bien plus longues heures. On lit dans le programme que la création n'a été répétée que pendant quinze jours. A toute déception une explication ?
Der Schaum der Tage, texte Boris Vian, mise en scène Alexander Riemenschneider Illus © David Hohmann Le Standard Idéal c'est fantastique : Spiderman
Premier spectacle du festival, premier coup de coeur. Le titre a lui seul est déjà un enchantement : Don't wanna die watching Spiderman 3. Qu'on ne s'y trompe pas: la chose nous vient bien d'Allemagne, d'une jeune équipe tout juste sortie de l'Universität der Künste de Berlin. C'est dire, d'ailleurs, si la MC93 nous offre le théâtre étranger le plus frais... Don't wanna die watching Spiderman 3, conception Antù Romero Nunes, Simon Bauer, Nils Kahnwald Illus © Antù Romero Nunes Bobigny bouscule les standards La sixième édition du festival « Le standard idéal » continue de bousculer, d’inventer, de faire la part belle au théâtre d’ailleurs, exigeant, singulier. Européen comme de coutume (avec des compagnies venues de Berlin, Naples, Cracovie, Hambourg, Riga, Zurich) mais aussi au-delà avec une troupe venue de New York. Depuis sa création, l’événement a provoqué de richissimes rencontres, des moments improbables, des émotions théâtrales d’une grande force et suscité l’envie, encore, toujours. Cette année, Alvis Hermanis explore la relation père/ fils et la transmission individuelle et collective, Antù Romero Nunes et l’Universität der Künste de Berlin se penchent sur les mythes, l’Oklahoma Theater interroge le public sur sa perception de l’œuvre culte de Shakespeare, « Romeo et Juliet », l’Académie de théâtre d’Hambourg revisite « L’écume des jours » de Boris Vian. Vous avez dit prometteur ? Illus Vater, mis en scène par Alvis Hermanis, dr. Vater, les 24 et 25 janvier. Spiderman 3, du 24 au 26 janvier. Unruhig, du 24 au 26 janvier. Rencontre, « Entre Shakespeare et Second Life, comment se conçoit et se fabrique le théâtre de la nouvelle génération de créateurs ? », le 26 janvier à 17h. Manca solo la domenica, du 30 janvier au 8 février. Der Schaum der Tage, les 1er et 2 février. Chiove, du 5 au 7 février.
MC93: la lettre faite à Mayette
D'autre part, Bernard Faivre d'Arcier, ancien directeur du Festival d'Avignon a été chargé d'une mission de médiation pour mener à bien la "collaboration" des deux structures, prévue à l'horizon 2011.
Sainte Jeanne des Abattoirs à la MC 93
Bernard Sobel revient à ses premières amours.... Lui qui avait appris le métier au Berliner Ensemble et qui a fondé dans les années 70 l'Ensemble théâtral de Gennevilliers où l'exemple donné par Brecht était suivi dans toute la rigueur possible, le voilà qui, ayant quitté le théâtre de Gennevilliers (devenu théâtre 2 gennevilliers, no comment) est accueilli par la MC 93 (elle même bientôt prise d'assaut par la Comédie Française, no comment, bis) et présente une "Sainte-Jeanne des Abattoirs" dans la tradition des pièces didactiques, ces formes expérimentales que Brecht avait écrites au moment où il préparait Sainte Jeanne et qui étaient destinées à être jouées par les militants du parti communiste. Ici, pas de distribution fixe, les rôles sont tenus alternativement par tous les acteurs de la troupe, scène de groupe, chants, cris, altercations, le dispositif bifrontal renvoie au ring de boxe que Brecht appréciait particulièrement. Le modèle de la pièce, La Pucelle d'Orléans de Schiller est transposé dans les abattoitrs et la bouse de Chicago où sévit la grande dépression. Comme cela tombe bien ! Tous les commentateur de l'actualité économiquene se privent pas de faire le rapprochement entre les temps troublés où nous vivons et ceux de la terrible crise de 29. Mauler, c'est l'homme qui fait et défait les marchés et conduit tout le monde à la faillite. Jeanne, c'est une missionnaire qui cherche à faire naître l'amour de Dieu chez les ouvriers qui crient famine. Opposition frontale doublées de scènes où se nouent et se dénouent les alliances entrefinanciers et industriels et où Jeanne descendant dans les bas-fonds pert la foi et devient révolutionnaire. Mécanique implacable de la pièce, émergie et ferveur des acteurs qui s'en donnent à cœur joie et tiennent en haleine les spectateurs durant les trois heures que dure la représentation. Sainte Jeanne des Abattoirs jusqu'au 21 octobre à la MC 93 (www) Bobigny by busAlors voilà, après quelques jours de débats, annonces, rectificatifs, jeux sur les mots, c'est officiel: la Comédie-Française va se "délocaliser", en partie, à la MC93 de Bobigny. Patrick Sommier et Muriel Mayette, respectivement directeur de la MC93 et administratrice de la Comédie-Française ont assuré qu'ils travailleraient ensemble et Christine Albanel, initiatrice de ce singulier projet a argué que "les mariages forcés, ce n'était pas si mal". Diantre! Il faudra voir comment la Maison de la Culture va pouvoir préserver sa singularité, et son exigence sans être avalée par l'institution... Pour l'anecdote, et parce que ça en dit long, les journalistes invités à la mise au point sur ce projet polémique se sont vus mettre à disposition un bus, pour les transporter! Bobigny est pourtant, à notre connaissance, déjà desservie par le métro. Est-ce à dire que le chemin qui y mène est trop ardu pour les Parisiens de l'intra-muros? Un bus sera-t-il affrété à chaque spectacle du Français à Bobigny? On est impatient de le savoir...
La MC 93 se rebiffe
Maison de la Culture de Bobigny www Le malheur de Job - scansion dramatique à la MC93
Le Malheur de Job, enfouissement sous quelques extraits du Livre de Job pour voix, jongle, musique, sms et nuée de sacs en plastique Standard Idéal - Un Tartuffe haut en couleurs
C'était les 8, 9 et 10 février, à la MC93, dans le cadre du Standard Idéal Illus ©Arno Declair Jürgen Gosch : Macbeth dans son plus simple appareil
Macbeth de William Shakespeare, mise en scène Jürgen Gosch, Düsseldorfer Schauspielhaus (photos © Sonja Rothweiler) Brecht pulvérisé par Castorf
Im Dickicht der Städte / Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht dans une mise en scène de Frank Castorf (www). Standard Idéal 2007, un grand cru ! L'édition 2006 était particulièrement réussie, au point de figurer dans le Best of de la rédaction Scènes. Mais la programmation 2007 est tout aussi alléchante, avec quelques pièces qui devraient figurer parmi les grands événements de cette année théâtrale ! Merci donc à la MC 93 d'ouvrir la scène française aux plus grands metteurs en scène allemands et russes. Tout d'abord, on pourra retrouver des valeurs sûres du festival : Arpad Schilling qui poursuit son exploration d'un théâtre de plus en plus dépouillé, minimaliste, délesté de tout artifice, et qui réduit la théâtralité au travail sur le texte lui-même. La Mouette l'an dernier refusait ainsi tout décor, tout accessoire. Cette année c'est Hamlet qui nous est présenté avec en tout et pour tout trois comédiens. A voir assurément (du 7 au 15 février). Toujours dans les habitués, on retrouvera avec plaisir Frank Castorf, qui nous avait proposé en 2004 un torride Forever Young, et qui s'empare cette année d'une des premières pièces de Brecht, Dans la Jungle des villes (1923). Attention, seulement 3 dates (du 16 au 18 février). Mais le standard nous apporte aussi son lot de nouveautés. Avec en ouverture du festival, le roman fleuve de Vassili Grossman, Vie et Destin, véritable chef d'oeuvre littéraire, saisi par le KGB, qui place en son coeur les expériences totalitaires. C'est le célèbre metteur en scène russe Lev Dodine qui en assure la transposition théâtrale avec ses élèves de l'Académie théâtrale de St-Pétersbourg. Création mondiale à Bobigny (à partir de dimanche et jusqu'au 7 février). Ensuite on pourra découvrir pour la première fois en France Dimiter Gotscheff, grand metteur en scène de la Volksbühne, qui présente Ivanov de Tchekhov, spectacle plusieurs fois primé en Allemagne, au parti-pris anti naturaliste. (Deux dates seulement, les 10 et 11 février). Last but not least, tout aussi peu connu en France, Jürgen Gosch met en scène un Macbeth ultra-violent sans aucune concession, chaque corps devenant un véritable champ de bataille. Les photos disponibles sur le site de la MC sont impressionnantes. Ame sensible s'abstenir. Expérience radicale en perspective. (A voir les 24 et 25 février). Un grand cru donc ! Mais il faut se dépêcher pour avoir des places. On vous en reparle très vite sur ce blog et sur la rubrique Scènes ! Tous les renseignements ici, ou au 01-41-60-72-72. Nota : Fluctuat.net avait été partenaire de la première édition (voir le mini-site ; lire les chroniques). Le Viol de Lucrèce : comment représenter les violences sexuelles au théâtre ?![]() (illus. © Pascal Victor) Le meilleur et le pire à la MC 93...Surtout, n'allez pas voir Silures, à la MC 93, tel est le conseil que je peux donner une fois sortie de ce spectacle indescriptible d'ennui. La configuration scénique, avec ses grandes citernes d'eau scintillant sous le reflet des spots, est engageante et ne saurait laisser présager de cette morne pièce où l'on voit des personnages sans relief qui hurlent et gesticulent pour tenter de compenser leur absence totale d'intériorité. Le poème de Coleridge dont Jean-Yves Ruf s'est inspiré raconte l'histoire d'un vieux marin prisonnier d'un bateau immobile. L'auteur du spectacle a imaginé de la transposer dans un bar où, pour lui "se créent de nouveaux codes, de nouveaux rapports dus à l'immobilisation volontaire ou forcée, à la proximité, à la promiscuité, à l'impossibilité de s'en échapper". Peut-être, mais en l'occurrence, le spectateur est lui même dans l'impossibilité d'échapper à cette manifestation affligeante de prétention, puisque la sortie se trouve, à dessein, sans doute, à l'arrière de la scène. Et de prendre son mal en patience.
En revanche, toujours à la MC 93, Nicolas Bigards met en scène Nothing hurts, où dispositif video, et musique composée pour l'occasion par Abstrakt Keal Agram démultiplient les formes d'expression, tandis qu'Aurélia Petit et Sophie Rodrigues donnent chair à la pièce de Falk Richter. Elles sont formidables et si on voir mêler le "cool" au "tragique", c'est ce que dit le programme, il faut y aller. Les Présidentes : ça bouge au Standard Idéal ! Le Standard idéal, festival européen de la MC 93, a très bien débuté le week-end dernier avec le texte de Werner Schwab Les Présidentes, monté par le jeune metteur en scène allemand Jon Bosse, dont on pouvait apprécier pour la première fois le travail en France. On risque toujours le pire avec les mises en scène de Schwab. Ses textes trouvent leur matériau dans toutes les bassesses, grossièretés et déjections humaines, sur fond d’une histoire autrichienne aux relents nazis non digérés, engoncée dans son hypocrisie catholique. Evidemment, cette plongée par les mots dans les bas-fonds n’a pas forcément besoin d’être redoublée par un jeu outrancier, où se succèdent provocations et transgressions - ce que Jon Bosse a parfaitement compris.Les Présidentes, c’est d’abord l’histoire de trois femmes, Erna, Grete et Marie, la demeurée. Trois femmes paumées, parfois ignobles, souvent stupides. Jon Bosse refuse d’en faire des caricatures, des pantins grossiers que le spectateur laisserait bien aisément à distance. Et elles sont terriblement convaincantes, ces trois comédiennes, dans leur personnage ! Erna, obsédée par son charcutier polonais Wottila et désespérée par son alcoolique de fils ; Grete, que sa fille a fuie, et qui se retrouve seule avec ses rêves de nymphomane ; enfin la petite Marie spécialisée dans le débouchage manuel des toilettes (sans utiliser de gants !). Alors, vous me direz, difficile de ne pas sombrer dans la caricature à partir d’un tel tableau ! Mais justement, toutes trois, pétries de frustrations, à la vie ratée, dégagent une énergie inouïe et ne renoncent jamais à leur increvable désir. La deuxième partie du spectacle est la mise en scène de ces machines à fantasmer qui, envers et contre tout, continuent à produire des rêves et des histoires. C’est troublant et entraînant. Le programme complet du Standard Idéal, c’est ici. Jusqu’à ce soir, on peut voir Drames de Princesses d’Elfriede Jelinek, m.e.s. par Michael Simon. Encore des histoires de femmes… On vous en reparle bientôt ! Le 3e Festival Standard idéal, c'est parti ! La 3e édition du Festival Le Standard idéal débute dès ce soir à la MC93, avec trois représentations de Die Präsidentinnen de Werner Schab mis en scène par Jan Bosse. Cette année encore, ce festival volontiers est-européen (il donne l'occasion de voir en France les créations de la Volskbühne de Berlin ou de la cie Krétakör du metteur en scène hongrois Arpad Schilling) s'intéresse aux multiples formes de l'expression théatrale en Europe."Tchekhov, Shakespeare, Pirandello, Strindberg, Brecht, Ibsen, Molnár, Molière, Büchner, Horváth, Lorca, le théâtre est une culture commune." En affichant un crédo à la fois historique et résolument contemporain. Deux jeunes metteurs en scène - dont Michael Simon qui monte une pièce d'Elfriede Jelinek du 14 et 16 - remplacent Franck Castrof (itw, 2004) qui présentera Crimes et Châtiments aux mêmes dates à Chaillot. On retrouvera cependant avec plaisir le tour de cabaret poétique de Meret Becker, et surtout la troupe de comédiens d'Arpad Shilling qui cette année jouent La Mouette du 20 au 29 janvier (illus. © Matyas Erdély). Programme complet ici. Nota : Fluctuat.net avait été partenaire de la première édition (voir le mini-site ; lire les chroniques). Rien ne va plus à la MC93![]() Plusieurs éléments se répondent dans ce décor : des textes d'auteurs (pour une étude plus approfondie du sujet, il est cependant recommandé de relire tranquillement chez soi Le Joueur de Dostoïevski ou Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Zweig), un film-maison, des plays-back, des pas de danse. Les moments les plus fabuleux restent les riffs effrénés de la guitare électrique dans les morceaux (eux aussi maison et en direct) qui évoquent la folie du jeu. Rien ne va plus, par les Sentimental Bourreau, c'est jusqu'au 26 juin 2005 à Bobigny. |
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