Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité de la Maison de la Culture Bobigny (MC93, Bobigny). Tous les billets consacrés à ses programmations sur Saisons.

Stakhanovistes de la scène

Posté par Catherine le 08.11.09 à 19:30 | tags : théâtre, mc93

Evidemment, si vous dites que vous êtes allée ce week-end en BANLIEUE voir une pièce en RUSSE surtitré et qu'en plus, cette pièce a duré 8 HEURES*, on risque de vous regarder d'un drôle d'oeil... Vous pourrez toujours rétorquer que huit heures, bah, c'était juste une préparation aux 11 HEURES** à venir le week-end prochain (autre pièce, même lieu, même langue étrangère). Pour vous défendre, n'hésitez pas à ajouter que vous n'êtes pas seule à apprécier ce genre de marathon théâtral : il est très difficile d'obtenir des places - voire plus possible du tout à l'heure qu'il est - pour ce festival Lev Dodine à la MC93. Nous vous l'annoncions il y a quelques jours, l'aventure a démarré ce week-end.

Mise en route en beauté avec Frères et Soeurs, grande fresque paysanne créée à Saint-Pétersbourg en 1985. C'est avec cette adaptation du roman de Fedor Abramov que tout a commencé pour le Maly Drama Théâtre de Lev Dodine. Le spectacle, aujourd'hui légendaire, a sillonné le monde entier et c'est bien pour ça qu'il fallait à tout prix le voir. Et ils n'étaient pas rares dans la salle ceux qui étaient là pour RE-voir ce Frères et Soeurs grandiose.

1941. Les hommes partis à la guerre, les femmes s'organisent au kolkhoze Vie nouvelle. Elles travaillent sans relâche, portées par l'espoir : un jour, la guerre sera finie, leurs maris, leurs frères reviendront. 1946. La guerre est finie. Les hommes ne sont pas revenus. La vie est toujours aussi dure mais de moins en moins supportable. Le Parti impose des efforts sans cesse plus grands, prélève des impôts sans cesse plus importants. La misère est sans fin.

Sur le plateau, pas moins d'une quarantaine de comédiens, de tous âges, parmi lesquels une poignée d'enfants qui ne sont pas là pour faire de la figuration. C'est la tradition théâtrale russe que l'on vient apprécier dans les mises en scène de Lev Dodine : un certain naturalisme bien sûr, avec costumes réalistes, comédiens à trogne, jeu stanislavskien. Dans Frères et Soeurs, le public vit le quotidien éreintant et désespérant des kolkhoziens avec une intensité que la durée du spectacle vient encore accroître. 

Mais le Maly Drama Théâtre propose bien plus qu'une figuration réaliste de la vie paysanne sous Staline - coutumes et danses traditionnelles incluses. Il magnifie le peuple russe dans de superbes tableaux pleins d'expressions, de couleurs et de musique, il donne à voir les rêves broyés de la population dans d'émouvantes scènes oniriques (le retour glorieux des hommes après la guerre par exemple) et, surtout, Lev Dodine n'hésite pas à laisser glisser ses scènes vers des moments plus comiques et même parfois franchement burlesques, d'une qualité exceptionnelle.

Dans ces conditions, vous aurez compris que passer huit heures dans un théâtre un samedi après-midi est plus qu'une partie de plaisir. Plaisir immense à poursuivre encore pendant un mois à la MC93. On vous en reparle.

Frères et soeurs d'après Fedor Abramov, mise en scène Lev Dodine
Vu dans le cadre du festival 25 ans de répertoire de Lev Dodine jusqu'au 6 décembre à la MC93

 

* soyons honnêtes et précis : sept heures de spectacle, pour une représentation, pauses incluses, d'une durée totale de huit heures.
** Les démons de Dostoïevski, neuf heures de spectacle, onze heures à passer au théâtre !

 

Prochain spectacle les 9 et 10 novembre : Les Etoiles dans le ciel de l'aube, d'Alexandre Galine, création 1987. En voici un extrait vidéo non surtitré !

 


 




Festival de la Rhénanie du Nord-Westphalie à la MC93

Posté par Catherine le 23.09.09 à 08:00 | tags : mc93, festival

 

Il y a les mega-productions à grosses affiches, et il y a les mini-festivals confidentiels... Le festival de Rhénanie du Nord - Westphalie à la MC93, fait partie de cette deuxième catégorie d'événement : tout petit tout petit, mais HYPER important ! On vous en parle d'abord parce qu'on en attend le meilleur, pour ne pas dire qu'on a vraiment hâte d'y être, et aussi pour que vous ayez encore le temps de chopper des places avant que toutes les dates n'affichent complet.

La Rhénanie du Nord - Westphalie c'est un Land allemand. C'est-à-dire une sorte de région, mais en beaucoup plus autonome que nos régions de France à nous. Toujours est-il que les villes de Bonn, Cologne et Essen font partie de ce Land et qu'on y fait du très bon théâtre - comme partout ailleurs Allemagne, mais pour la seconde fois, la MC93 a décidé de mettre le focus sur ce petit coin d'Allemagne, parce que c'est comme ça, parce qu'on ne peut pas tout voir de ce qui se joue outre-Rhin depuis Bobigny, parce que le Standard Idéal c'est pas mal de compagnies allemandes mais pas que.

Du 3 au 6 octobre, à la MC93, nous verrons donc La nuit des rois (Was ihr wollt), Ces merveilleuses dernières années (Die goldenen letzten Jahre) et La toison d'Or - l'invité, les argonautes, Médée (Das goldene Vlies - der Gastfreund, die Argonauten, Medea), spectacles en allemand surtitrés bien sûr, par de jeunes metteurs en scène aussi inconnus par chez nous que comptant parmi les plus intéressants par chez eux. Bref, il faut absolument y aller.

 

Festival de la Rhénanie du Nord - Westphalie, du 3 au 6 octobre 2009 à la MC93, Bobigny
La nuit des rois de William Shakespeare par David Bösch le 3 octobre
La Toison d'Or - l'invité, les Argonautes, Médée, de Franz Grillparzer, par Karin Beier, le 6 octobre
Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg, par Schirin Khodadadian, les 3 et 4 octobre







Un Songe polonais

Posté par JdF le 09.02.09 à 13:01 | tags : mc93, standard idéal

 

Dernier spectacle du standard idéal, Le Songe d'une nuit d'été, adapté et mis en scène par Maja Kleczewska, qui s'est achevé hier, a pris au dépourvu quelques spectateurs de la MC 93 qui ont quitté les lieux, manifestement perplexes devant cette débauche disco kitsch et hystérique qui leur semblait sans doute bien loin de William Shakespeare. Pas si sûr... Ici, la féérie se réalise dans un décor de boîte de nuit où les transformations des personnages en ânes et autres créatures laisse place à des séances de strip-tease masculin, où la vulgarité est transfigurée par un sentiment de tristesse infinie, portée par des acteurs et actrices blafards et, pour certaines, sublimes de beauté.

 

L'espace, fragmenté par l'usage de parois transparentes qui permettent un jeu de voyeur, vit sa propre vie selon les éclairages qui irisent ou opacifient la scène. Rêve ou cauchemar ? La pièce de Shakespeare explore les terres angoissantes de la réalisation des fantasmes. Le spectacle de Maja Kleczewska est une transposition audacieuse où la violence des sentiments de désir et de haine qui se substituent les uns aux autres au gré des philtres et autres formules magiques, est poussée à son paroxysme.

Illus dr




Standard Idéal - L'écume des jours auf deutsch

Posté par Catherine le 08.02.09 à 09:55 | tags : mc93

 

 

La MC93 fait la part belle pour cette sixième édition du Standard Idéal, aux toutes jeunes compagnies à peine sorties de leur école. Après un Spiderman allègrement insolent, après un Unruhig ist unser Herz mignon mais pas très clair dans le propos (présenté, comme Spiderman, par l'Universität der Künste Berlin, ce spectacle montre deux filles qui éclatent rageusement sur le sol des produits de première nécessité pendant un peu plus d'une heure...), nous avons pu assister à un Schaum der Tage d'abord emballant puis très vite, assez fatigant. L'écume des jours (traduction en français), Boris Vian, le jazz, le nénuphar dans les poumons... Au début, on s'amuse beaucoup. Il faut dire que c'est la période faste de l'histoire. La jeunesse est argentée, les saynettes s'enchaînent joyeusement, rondement menées, on rit, on s'amuse, on chante. Une pédale de boucle habilement utilisée permet de jolis habillages sonores en direct. Puis survient la maladie. L'argent file, la jeune fille perd progressivement son souffle... et la pièce avec. La petite heure et demi que dure le spectacle finit par sembler s'étirer sur de bien plus longues heures. On lit dans le programme que la création n'a été répétée que pendant quinze jours. A toute déception une explication ?

 

Der Schaum der Tage, texte Boris Vian, mise en scène Alexander Riemenschneider
Avec Christiane Boehlke, Gunther Eckes, Birger Frehse, Sebastian Moske, Stefan Ruppe
Production St Pauli Theater, Theaterakademie Hamburg, Allemagne
Vu dans le cadre du festival Le Standard Idéal le 2 février 2009

Illus © David Hohmann




Le Standard Idéal c'est fantastique : Spiderman

Posté par Catherine le 25.01.09 à 22:20 | tags : festival, mc93

Premier spectacle du festival, premier coup de coeur. Le titre a lui seul est déjà un enchantement : Don't wanna die watching Spiderman 3. Qu'on ne s'y trompe pas: la chose nous vient bien d'Allemagne, d'une jeune équipe tout juste sortie de l'Universität der Künste de Berlin. C'est dire, d'ailleurs, si la MC93 nous offre le théâtre étranger le plus frais...
Deux jeunes hommes en costard noir et t-shirt rouge, baskets Spiderman, protège-poignets Spiderman, des images des films de Spiderman, des chips pour le public, et une traversée folle à travers nos représentations de l'amour. L'amour. Ah, l'amour. Le cinéma n'est-il pas une formidable machine à forger de mémorables scènes d'amour ? Dans la vie, je veux être un super-héros, et je veux de l'amour.
C'est certain, ceux qui comprennent la langue allemande ont plus de chance que les autres: ils peuvent profiter à plein du texte. Mais ceux qui doivent faire un petit effort supplémentaire pour à la fois lire les surtitres et apprécier la subtilité des actions sur le plateau, ne peuvent pas rester insensibles à la légèreté sidérante avec laquelle les deux comédiens naviguent à travers cet objet théâtral qui surprend à chaque instant. Fantastiquement insolent.

Don't wanna die watching Spiderman 3, conception Antù Romero Nunes, Simon Bauer, Nils Kahnwald
Festival Le Standard Idéal, MC93, du 24 au 26 janvier 2009

Illus © Antù Romero Nunes




Bobigny bouscule les standards

Posté par Nedjma le 24.01.09 à 10:27 | tags : festival, théâtre, mc93
La sixième édition du festival « Le standard idéal » continue de bousculer, d’inventer, de faire la part belle au théâtre d’ailleurs, exigeant, singulier. Européen comme de coutume (avec des compagnies venues de Berlin, Naples, Cracovie, Hambourg, Riga, Zurich) mais aussi au-delà avec une troupe venue de New York. Depuis sa création, l’événement a provoqué de richissimes rencontres, des moments improbables, des émotions théâtrales d’une grande force et suscité l’envie, encore, toujours.

Cette année, Alvis Hermanis explore la relation père/ fils et la transmission individuelle et collective, Antù Romero Nunes et l’Universität der Künste de Berlin se penchent sur les mythes, l’Oklahoma Theater interroge le public sur sa perception de l’œuvre culte de Shakespeare, « Romeo et Juliet », l’Académie de théâtre d’Hambourg revisite « L’écume des jours » de Boris Vian. Vous avez dit prometteur ?

Illus Vater, mis en scène par Alvis Hermanis, dr.
Le programme

Vater, les 24 et 25 janvier.

Spiderman 3, du 24 au 26 janvier.

Unruhig, du 24 au 26 janvier.

Rencontre, « Entre Shakespeare et Second Life, comment se conçoit et se fabrique le théâtre de la nouvelle génération de créateurs ? », le 26 janvier à 17h.
Romeo and Juliet, du 30 janvier au 1er février. 

Manca solo la domenica, du 30 janvier au 8 février.

Der Schaum der Tage, les 1er et 2 février.

Chiove, du 5 au 7 février.
Sen Nocy Letniej, les 7 et 8 février.
Festival Le Standard idéal, du 24 janvier au 8 février, MC 93 de Bobigny.

 




MC93: la lettre faite à Mayette

Posté par Nedjma le 20.10.08 à 10:34 | tags : comédie française, mc93, théâtre

La mobilisation autour du projet de rapprochement entre la Comédie-Française et la MC93 ne faiblit pas. Les directeurs des scènes nationales et des centres dramatiques d'Ile-de-France, parmi lesquels Didier Bezace, Pascal Rambert, Christophe Rauck ou encore Pierre Ascaride, respectivement directeurs du CDN d'Aubervilliers, de celui de Gennevilliers, du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis ou du Théâtre 71 de Malakoff, viennent ainsi de faire parvenir à Muriel Mayette, administratrice de la Comédie-Française un courrier. Ils y rappellent leur attachement à la décentralisation et se disent disposés à accueillir l'institution dans le respect de l'identité de chaque théâtre. Et d'assurer à l'administratrice du Français : « Votre idée de décentralisation est tout à fait pertinente, aussi sommes-nous candidats pour accueillir vos productions (pourquoi pas une chaque année ?) dans nos théâtres, qui constituent autour de Paris une magnifique couronne d'aventures artistiques partagées et par conséquent, un potentiel exceptionnel de public nouveau pour la grande institution que vous dirigez (...) Nous conduisons avec détermination, toute l'année, des projets qui ont pour but de bousculer les barrières sociales et culturelles, dans l'esprit de service public de la décentralisation théâtrale. Vous pourriez ainsi profiter d'un savoir-faire et d'une volonté sans faille de faire partager la passion du théâtre et sa nécessité. Cette collaboration doit, bien entendu, s'établir sur des bases de partage, d'intelligence et de compréhension quant à nos missions respectives, Ainsi vous assurerez à la Comédie-Française le rayonnement nouveau auquel elle aspire sans conduire à la disparition d'un théâtre existant. » Une Comédie-Française itinérante, voilà qui aurait une certaine saveur. On attend la réponse de Muriel Mayette... et celle de Christine Albanel, ministre de la culture et initiatrice du projet.

D'autre part, Bernard Faivre d'Arcier, ancien directeur du Festival d'Avignon a été chargé d'une mission de médiation pour mener à bien la "collaboration" des deux structures, prévue à l'horizon 2011.

 




Sainte Jeanne des Abattoirs à la MC 93

Posté par JdF le 09.10.08 à 15:54 | tags : mc93

Bernard Sobel revient à ses premières amours.... Lui qui avait appris le métier au Berliner Ensemble et qui a fondé dans les années 70 l'Ensemble théâtral de Gennevilliers où l'exemple donné par Brecht était suivi dans toute la rigueur possible, le voilà qui, ayant quitté le théâtre de Gennevilliers (devenu théâtre 2 gennevilliers, no comment) est accueilli par la MC 93 (elle même bientôt prise d'assaut par la Comédie Française, no comment, bis) et présente une "Sainte-Jeanne des Abattoirs" dans la tradition des pièces didactiques, ces formes expérimentales que Brecht avait écrites au moment où il préparait Sainte Jeanne et qui étaient destinées à être jouées par les militants du parti communiste.

Ici, pas de distribution fixe, les rôles sont tenus alternativement par tous les acteurs de la troupe, scène de groupe, chants, cris, altercations, le dispositif bifrontal renvoie au ring de boxe que Brecht appréciait particulièrement. Le modèle de la pièce, La Pucelle d'Orléans de Schiller est transposé dans les abattoitrs et la bouse de Chicago où sévit la grande dépression. Comme cela tombe bien ! Tous les commentateur de l'actualité économiquene se privent pas de faire le rapprochement entre les temps troublés où nous vivons et ceux de la terrible crise de 29.

Mauler, c'est l'homme qui fait et défait les marchés et conduit tout le monde à la faillite. Jeanne, c'est une missionnaire qui cherche à faire naître l'amour de Dieu chez les ouvriers qui crient famine. Opposition frontale doublées de scènes où se nouent et se dénouent les alliances entrefinanciers et industriels et où Jeanne descendant dans les bas-fonds pert la foi et devient révolutionnaire. Mécanique implacable de la pièce, émergie et ferveur des acteurs qui s'en donnent à cœur joie et tiennent en haleine les spectateurs durant les trois heures que dure la représentation.

Sainte Jeanne des Abattoirs jusqu'au 21 octobre à la MC 93 (www)




Bobigny by bus

Posté par Nedjma le 09.10.08 à 15:46 | tags : comédie française, mc93, théâtre
Alors voilà, après quelques jours de débats, annonces, rectificatifs, jeux sur les mots, c'est officiel: la Comédie-Française va se "délocaliser", en partie, à la MC93 de Bobigny. Patrick Sommier et Muriel Mayette, respectivement directeur de la MC93 et administratrice de la Comédie-Française ont assuré qu'ils travailleraient ensemble et Christine Albanel, initiatrice de ce singulier projet a argué que "les mariages forcés, ce n'était pas si mal". Diantre! Il faudra voir comment la Maison de la Culture va pouvoir préserver sa singularité, et son exigence sans être avalée par l'institution... Pour l'anecdote, et parce que ça en dit long, les journalistes invités à la mise au point sur ce projet polémique se sont vus mettre à disposition un bus, pour les transporter! Bobigny est pourtant, à notre connaissance, déjà desservie par le métro. Est-ce à dire que le chemin qui y mène est trop ardu pour les Parisiens de l'intra-muros? Un bus sera-t-il affrété à chaque spectacle du Français à Bobigny? On est impatient de le savoir...



La MC 93 se rebiffe

Posté par Nedjma le 06.10.08 à 15:56 | tags : comédie française, mc93, théâtre

La polémique -ou "débat", pour parler en termes plus diplomatiques- enfle entre la Maison de la culture de Bobigny et la Comédie Française. S'estimant victime d'une OPA hostile de la Maison de Molière, Patrick Sommier n'entend pas en rester là. "Pour des théâtres et non pas un seul", clame un texte publié sur le site du théâtre, qui assure également: "La MC 93 n'est pas une salle dont on pourrait disposer comme d'un bien immobilier, c'est un théâtre. Sa disparition, son avalement par la Comédie-Française serait un coup très dur porté à la diversité (...) Notre art est contradictoire de la concentration. En temps de paux, on n'a jamais vu un théâtre en faire disparaître un autre pour s'aggrandir. Sommes-nous un guerre?" Les réactions de soutien ont afflué vers le lieu, implanté depuis 40 ans en Seine SAint-Denis. Elles sont nombreuses, diverses: metteurs en scène (parmi lesquels Lev Dodine ou Frank Castorf), acteurs (Anne Alvaro notamment), directeurs de salles (Lucien et Micheline Attoun) mais aussi spectateurs ont tous dit leur attachement à ce haut lieu de la création. Une centaine de professionnels se sont également rassemblés dans le hall du théâtre en fin de semaine dernière. Devant l'agitation grandissante, le Ministère de la culture et la Comédie-Française ont annoncé qu'ils tiendraient une conférence de presse. A suivre, donc...

Maison de la Culture de Bobigny www




Le malheur de Job - scansion dramatique à la MC93

Posté par Catherine le 13.03.08 à 09:11 | tags : mc93, théâtre

JobIls se sont mis à plusieurs pour analyser, disséquer, digérer le Livre de Job, pour en adapter les références afin qu'elles puissent toucher les auditeurs actuels, pour inventer une façon nouvelle de dire ce grand poème issu d'une lointaine tradition orale. C'est Dgiz, slammeur hors normes, qui prête ses mots et sa voix à Job, Stéphane Pelliccia qui les habille d'électronique, Jean-Luc Therminarias qui les développe en musique et Jérôme Thomas qui les illustre d'une envolée de sacs plastique. Frédéric Révérend a oeuvré en amont à l'étude et la traduction du texte biblique. Jean-Lambert Wild a supervisé le tout. Le livre de Job, devenu Malheur de Job par l'intercession de la Comédie de Caen, c'est une heure de poésie profonde, précise, précieuse.

Le Malheur de Job, enfouissement sous quelques extraits du Livre de Job pour voix, jongle, musique, sms et nuée de sacs en plastique
Un spectacle de Jean-Lambert Wild, Jean-Luc Therminarias, Dgiz et Jérôme Thomas
A la MC93 de Bobingy, du lundi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30, relâche le jeudi
Illus © Tristan Valles




Standard Idéal - Un Tartuffe haut en couleurs

Posté par Catherine le 13.02.08 à 10:35 | tags : mc93, standard idéal, théâtre

TartuffeL'an passé, le Standard Idéal avait permis de découvrir Dimiter Gotscheff. Allemand d'adoption, ce Bulgare d'origine présentait à la MC93 en 2007 un Ivanov de toute beauté. Un plateau habillé de brouillard, une interprétation toute en finesse, son Tchekov était un pur moment de théâtre. Autant dire que cette année, le metteur en scène était attendu au tournant. Pour cette nouvelle édition du festival, Dimiter Gotscheff a choisi de présenter le Tartuffe. Comme il l'avait fait avec le brouillard pour Ivanov, il reprend un principe unique de scénographie: ce seront des confettis et des serpentins propulsés sur la scène au tout début de la pièce en un grand feu d'artifice multicolore. Dimiter Gotscheff soumet la pièce de Molière à un petit traitement de choc en l'amputant de quelques scènes, en lui adjoignant pas mal de citations bibliques, et en y injectant une bonne dose de textes de Heiner Müller. Et aussi quelques ajouts de son cru, dont pas mal de commentaires sur l'actualité... française bien sûr. Assez marrant d'entendre Dorine râler comme nous, mais en allemand et avec l'accent bulgare par dessus le marché ! Mais  sous la caricature à gros trait - Dorine en travailleuse immigrée à forte gueule, Orgon en doux illuminé tendance sectaire, Marianne en petite fille gâtée et boudinée dans un mini-short rouge, Damis en fils dégénéré à pull jaune, Madame Pernelle en martyre hystérique - sous l'apparente comédie, Gotscheff propose la vision noire d'une société des apparences, totalement dépourvue d'humanité et, heureusement, en décomposition. Au milieu de toute cette vanité, son Tartuffe, seul lucide, est loin d'être totalement antipathique. Juste un peu roublard, juste suffisamment malin pour prendre aux riches ce que lui pauvre n'a pas. Du théâtre engagé, du théâtre décomplexé, du théâtre allemand comme on l'aime !

C'était les 8, 9 et 10 février, à la MC93, dans le cadre du Standard Idéal
Der Tartuffe, d'après Molière, mise en scène Dimiter Gotscheff

Illus ©Arno Declair




Jürgen Gosch : Macbeth dans son plus simple appareil

Posté par Catherine le 01.03.07 à 12:56 | tags : mc93, standard idéal

Samedi 24 février, 23h30, grande salle de la MC93 à Bobigny. Ultimes minutes du Standard Idéal 2007. Sur scène deux hommes luttent au corps à corps. Le sol est glissant, les peaux sont nues, rouges et visqueuses. Un troisième homme, nu également, égrène délicatement un doux air de guitare. Le combat est ardu, acharné, et pourtant aérien, tranquille. L'un des deux corps s'arrête de bouger. L'autre glisse en tentant de le relever. Macbeth est mort. La guitare se tait. En silence, les comédiens viennent saluer. Le public est abasourdi. Il commence à applaudir, puis frappe de plus en plus fort dans ses mains, puis se lève et continue d'applaudir, et continue, continue. Ovation longue et émue aux comédiens allemands de la Düsseldorfer Schauspielhaus qui, sous la direction de Jürgen Gosch, viennent d'offrir un Macbeth aussi osé qu'intelligent et drôle.

Osé car tous les rôles sont tenus par des hommes dont l'accoutrement par défaut est la nudité. Seuls quelques éléments de costumes - une couronne, un pantalon ou une jupe, une perruque, un bonnet... - marquent les différents personnages que les sept comédiens interprètent tour à tour. Osé car dépourvu de tout jeu de lumière : l'éclairage est blanc et cru et la salle reste allumée pendant toute la durée du spectacle. De même, peu d'éléments de décor, et pas des plus attendus : des tables de bureau, des chaises en plastique rouge. Tout comme un enfant s'invente un monde avec un carton, les comédiens se serviront de ces seuls éléments pour créer l'univers désolé de Macbeth. Un minimum d'accessoires : quelques récipients d'eau, quelques canettes de bière, et surtout, quelques couteaux accompagnés d'un nombre suffisant de bouteilles de faux sang... C'est que la tragédie de Macbeth regorge de meurtres en tous genres. Avant de venir jouer le personnage qui relate de la tuerie dont il vient d'être le témoin, le comédien se déverse sur la tête une bonne dose de liquide rouge. Simplicité élémentaire qui, en faisant couler le sang et en laissant les comédiens s'y vautrer, plonge au coeur du texte.

La presse a beaucoup parlé des corps nus, du sang et aussi du caca, celui des sorcières. Bien sûr ces images occasionnent quelques sorties de spectateurs - à moins que ce ne soit la difficulté de suivre Shakespeare en allemand. C'est qu'elles vont très loin dans l'expression de leur diarrhée, les trois sorcières dans leurs latrines. Elles goûtent avec délectation à leurs déjections, elles se promènent les fesses barbouillées... mais qu'est-ce qu'on rigole ! Car nous assistons à des scènes de pure farce comme on n'a plus guère l'occasion d'en voir. En effet, la mise en scène laisse la dimension tragique s'exprimer d'elle-même et revêt une forme très minimale, très en retrait, et qui fait la part belle à la comédie inhérente aux situations. On rit aux éclats, on est épaté de la virtuosité des comédiens, on est frappé par la force des images. On adore !

Macbeth de William Shakespeare, mise en scène Jürgen Gosch, Düsseldorfer Schauspielhaus (photos © Sonja Rothweiler)
Présenté à la MC93 les 24 et 25 février seulement, dans le cadre du Standard Idéal (www).
Désigné meilleur travail de mise en scène de l'année aux Theatertreffen de Berlin 2006




Brecht pulvérisé par Castorf

Posté par Catherine le 21.02.07 à 18:03 | tags : mc93, standard idéal

Je me souviens d'un voyage scolaire en Allemagne au cours duquel nos correspondants nous avaient présenté un spectacle de leur composition : Blanche-neige et les sept nains version déjantée, avec des filles en mini-jupes, des hommes à perruques, des hurlements, de la grosse musique, du ketchup qui gicle... Depuis, j'ai eu l'occasion de voir Outre-Rhin de nombreuses productions dont j'ai souvent apprécié la qualité, et notamment la maîtrise exceptionnelle du jeu des comédiens - un superbe exemple de ce dernier point étant le fantatisque Ivanov qu'a présenté Dimiter Gotscheff au Standard Idéal. Mais je n'ai jamais oublié le vent de subversion toute teutonne que ce Blanche-Neige de lycée avait soufflé sur mes jeunes années.
Et je dois dire que j'y ai beaucoup pensé en voyant le spectacle que Frank Castorf présentait cette année à Bobigny : même énergie provocatrice, même veine pseudo-subversive. Que j'essaie de vous raconter : un grand lit où se vautrent les personnages, un porte qui s'ouvre sur un vacarme infernal, des pastèques qui éclatent, des vêtements qui s'amoncèlent, des guitares électriques, des lumières rouges, des cris, vous voyez le genre ? Disons un joyeux bazar, une épopée folle et furieuse sur un texte en allemand qui, bien que surtitré, ne finit jamais par raconter quoi que ce soit. Qui est qui, qu'est-ce qui passe ? Impossible à dire.

La seule question que se pose le spectateur est : "mais qu'est-ce qu'ils vont nous inventer maintenant ?" Entrer avec un carton sur la tête ? Faire des claquettes ? Jeter les papiers qui jonchent le plateau sur les spectateurs qui quittent la salle ? Ah oui, car nombreux sont ceux qui estiment avant la fin des 2h45 de ce délire foutraque qu'ils en ont assez vu et qu'une heure de plus ou de moins ne changera pas grand-chose. Cette réaction bien compréhensible et même, on n'en doute pas, attendue par le metteur en scène, ne perturbe aucunement les comédiens : très à l'aise, ils s'amusent comme des petits fous sur le plateau, ils improvisent en allemand et en rigolent, Bref, encore une fois, ils prouvent qu'ils savent comme personne illuminer les scènes de théâtre, même les plus barrées...

Im Dickicht der Städte / Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht dans une mise en scène de Frank Castorf (www).
Dans le cadre du Standard Idéal, sur trois jours seulement (© Thomas Aurin). Mais le Standard Idéal, c'est pas fini. Encore un Macbeth euh... prometteur ?

Côté mag : hamlet ws d'Arpad Shilling + Vie et destin de Vassili Grossman (dans le cadre du Standard idéal)




Standard Idéal 2007, un grand cru !

Posté par Anne le 02.02.07 à 15:11 | tags : festival, mc93, standard idéal
L'édition 2006 était particulièrement réussie, au point de figurer dans le Best of de la rédaction Scènes. Mais la programmation 2007 est tout aussi alléchante, avec quelques pièces qui devraient figurer parmi les grands événements de cette année théâtrale ! Merci donc à la MC 93 d'ouvrir la scène française aux plus grands metteurs en scène allemands et russes.
Tout d'abord, on pourra retrouver des valeurs sûres du festival : Arpad Schilling qui poursuit son exploration d'un théâtre de plus en plus dépouillé, minimaliste, délesté de tout artifice, et qui réduit la théâtralité au travail sur le texte lui-même. La Mouette l'an dernier refusait ainsi tout décor, tout accessoire. Cette année c'est Hamlet qui nous est présenté avec en tout et pour tout trois comédiens. A voir assurément (du 7 au 15 février). Toujours dans les habitués, on retrouvera avec plaisir Frank Castorf, qui nous avait proposé en 2004 un torride Forever Young, et qui s'empare cette année d'une des premières pièces de Brecht, Dans la Jungle des villes (1923). Attention, seulement 3 dates (du 16 au 18 février).
Mais le standard nous apporte aussi son lot de nouveautés. Avec en ouverture du festival, le roman fleuve de Vassili Grossman, Vie et Destin, véritable chef d'oeuvre littéraire, saisi par le KGB, qui place en son coeur les expériences totalitaires. C'est le célèbre metteur en scène russe Lev Dodine qui en assure la transposition théâtrale avec ses élèves de l'Académie théâtrale de St-Pétersbourg. Création mondiale à Bobigny (à partir de dimanche et jusqu'au 7 février).
Ensuite on pourra découvrir pour la première fois en France Dimiter Gotscheff, grand metteur en scène de la Volksbühne, qui présente Ivanov de Tchekhov, spectacle plusieurs fois primé en Allemagne, au parti-pris anti naturaliste. (Deux dates seulement, les 10 et 11 février).
Last but not least, tout aussi peu connu en France, Jürgen Gosch met en scène un Macbeth ultra-violent sans aucune concession, chaque corps devenant un véritable champ de bataille. Les photos disponibles sur le site de la MC sont impressionnantes. Ame sensible s'abstenir. Expérience radicale en perspective. (A voir les 24 et 25 février).

Un grand cru donc ! Mais il faut se dépêcher pour avoir des places. On vous en reparle très vite sur ce blog et sur la rubrique Scènes !
Tous les renseignements ici, ou au 01-41-60-72-72.

Nota : Fluctuat.net avait été partenaire de la première édition (voir le mini-site ; lire les chroniques).



Le Viol de Lucrèce : comment représenter les violences sexuelles au théâtre ?

Posté par JdF le 25.04.06 à 15:46 | tags : mc93, shakespeare, théâtre
Le viol de Lucrèce
La MC93 programme en ce moment un spectacle adapté du poème de Shakespeare, Le Viol de Lucrèce, dans une mise en scène de Marie-Louise Bishofberger. À cette occassion, un débat est organisé sur le thème des violences sexuelles et, en l'occurrence, de leur représentation scénique. Outre la metteuse en scène, Sihem Habchi (NPNS) et la chercheuse Marcella Iacub seront à la tribune. Le débats sera animé par Maïa Bouteillet. Le débat aura lieu le jeudi 27 avril à 20h, à la MC 93, 1 boulevard Lénine, M° Bobigny Pablo Picasso.
(illus. © Pascal Victor)



Le meilleur et le pire à la MC 93...

Posté par JdF le 07.03.06 à 14:25 | tags : mc93, théâtre
Surtout, n'allez pas voir Silures, à la MC 93, tel est le conseil que je peux donner une fois sortie de ce spectacle indescriptible d'ennui. La configuration scénique, avec ses grandes citernes d'eau scintillant sous le reflet des spots, est engageante et ne saurait laisser présager de cette morne pièce où l'on voit des personnages sans relief qui hurlent et gesticulent pour tenter de compenser leur absence totale d'intériorité. Le poème de Coleridge dont Jean-Yves Ruf s'est inspiré raconte l'histoire d'un vieux marin prisonnier d'un bateau immobile. L'auteur du spectacle a imaginé de la transposer dans un bar où, pour lui "se créent de nouveaux codes, de nouveaux rapports dus à l'immobilisation volontaire ou forcée, à la proximité, à la promiscuité, à l'impossibilité de s'en échapper". Peut-être, mais en l'occurrence, le spectateur est lui même dans l'impossibilité d'échapper à cette manifestation affligeante de prétention, puisque la sortie se trouve, à dessein, sans doute, à l'arrière de la scène. Et de prendre son mal en patience.
En revanche, toujours à la MC 93, Nicolas Bigards met en scène Nothing hurts, où dispositif video, et musique composée pour l'occasion par Abstrakt Keal Agram démultiplient les formes d'expression, tandis qu'Aurélia Petit et Sophie Rodrigues donnent chair à la pièce de Falk Richter. Elles sont formidables et si on voir mêler le "cool" au "tragique", c'est ce que dit le programme, il faut y aller.



Les Présidentes : ça bouge au Standard Idéal !

Posté par Anne le 16.01.06 à 10:33 | tags : festival, mc93, théâtre
Les Présidentes (Schwab/Bosse)Le Standard idéal, festival européen de la MC 93, a très bien débuté le week-end dernier avec le texte de Werner Schwab Les Présidentes, monté par le jeune metteur en scène allemand Jon Bosse, dont on pouvait apprécier pour la première fois le travail en France. On risque toujours le pire avec les mises en scène de Schwab. Ses textes trouvent leur matériau dans toutes les bassesses, grossièretés et déjections humaines, sur fond d’une histoire autrichienne aux relents nazis non digérés, engoncée dans son hypocrisie catholique. Evidemment, cette plongée par les mots dans les bas-fonds n’a pas forcément besoin d’être redoublée par un jeu outrancier, où se succèdent provocations et transgressions - ce que Jon Bosse a parfaitement compris.
Les Présidentes, c’est d’abord l’histoire de trois femmes, Erna, Grete et Marie, la demeurée. Trois femmes paumées, parfois ignobles, souvent stupides. Jon Bosse refuse d’en faire des caricatures, des pantins grossiers que le spectateur laisserait bien aisément à distance. Et elles sont terriblement convaincantes, ces trois comédiennes, dans leur personnage ! Erna, obsédée par son charcutier polonais Wottila et désespérée par son alcoolique de fils ; Grete, que sa fille a fuie, et qui se retrouve seule avec ses rêves de nymphomane ; enfin la petite Marie spécialisée dans le débouchage manuel des toilettes (sans utiliser de gants !). Alors, vous me direz, difficile de ne pas sombrer dans la caricature à partir d’un tel tableau ! Mais justement, toutes trois, pétries de frustrations, à la vie ratée, dégagent une énergie inouïe et ne renoncent jamais à leur increvable désir. La deuxième partie du spectacle est la mise en scène de ces machines à fantasmer qui, envers et contre tout, continuent à produire des rêves et des histoires. C’est troublant et entraînant.
Le programme complet du Standard Idéal, c’est ici. Jusqu’à ce soir, on peut voir Drames de Princesses d’Elfriede Jelinek, m.e.s. par Michael Simon. Encore des histoires de femmes… On vous en reparle bientôt !



Le 3e Festival Standard idéal, c'est parti !

Posté par fluctuat.net le 06.01.06 à 16:33 | tags : festival, mc93, théâtre
La Mouette par la Cie Krétakor La 3e édition du Festival Le Standard idéal débute dès ce soir à la MC93, avec trois représentations de Die Präsidentinnen de Werner Schab mis en scène par Jan Bosse. Cette année encore, ce festival volontiers est-européen (il donne l'occasion de voir en France les créations de la Volskbühne de Berlin ou de la cie Krétakör du metteur en scène hongrois Arpad Schilling) s'intéresse aux multiples formes de l'expression théatrale en Europe."Tchekhov, Shakespeare, Pirandello, Strindberg, Brecht, Ibsen, Molnár, Molière, Büchner, Horváth, Lorca, le théâtre est une culture commune." En affichant un crédo à la fois historique et résolument contemporain.
Deux jeunes metteurs en scène - dont Michael Simon qui monte une pièce d'Elfriede Jelinek du 14 et 16 - remplacent Franck Castrof (itw, 2004) qui présentera Crimes et Châtiments aux mêmes dates à Chaillot. On retrouvera cependant avec plaisir le tour de cabaret poétique de Meret Becker, et surtout la troupe de comédiens d'Arpad Shilling qui cette année jouent La Mouette du 20 au 29 janvier (illus. © Matyas Erdély). Programme complet ici.

Nota : Fluctuat.net avait été partenaire de la première édition (voir le mini-site ; lire les chroniques).



Rien ne va plus à la MC93

Posté par Catherine le 10.06.05 à 13:58 | tags : cabaret musical, mc93, théâtre
Faites vous jeux...Pas le temps de vous déplacer jusqu'à Las Vegas ? Point trop d'argent à perdre ? Et pourtant envie de goûter à l'ambiance casino ? Un bon Ersatz : la petite salle de la MC93. Pour les yeux, le vert des tapis de la Roulette, le rouge d'un énorme lustre, les couleurs vives des néons clignotants, les costards blancs, les robes à paillettes. Pour les oreilles, les jingles, le vrai fond sonore de salle de jeu sur bande, la musique d'ambiance jouée en direct par un orchestre. Certains s'y trompent et croient pouvoir commander au barman un whisky quand celui-ci ne propose que Kro ou Heineken.

Plusieurs éléments se répondent dans ce décor : des textes d'auteurs (pour une étude plus approfondie du sujet, il est cependant recommandé de relire tranquillement chez soi Le Joueur de Dostoïevski ou Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Zweig), un film-maison, des plays-back, des pas de danse. Les moments les plus fabuleux restent les riffs effrénés de la guitare électrique dans les morceaux (eux aussi maison et en direct) qui évoquent la folie du jeu.

Rien ne va plus, par les Sentimental Bourreau, c'est jusqu'au 26 juin 2005 à Bobigny.






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