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Molière, es-tu là ?
La grand-messe du théâtre, la cérémonie des Molières 2008, vingt-deuxième du nom, aura lieu le 28 avril prochain au Théâtre des Folies-Bergère. Dans le système de vote à deux tours initialement prévu, l’APAT, organisatrice de l’événement a noté un certain nombre de problèmes : difficulté de voter, participation plus faible au premier tour, surreprésentation de certains spectacles, difficulté pour appréhender la production dans son ensemble. Elle a réformé ce système pour, dit-elle, « obtenir une meilleure représentativité de la production théâtrale d’une année ». Cette fois donc, les administrateurs ont confié à trois jurys constitués de personnalités représentatives de l’Académie, la mission de déterminer les nominations. Le premier ayant en charge le théâtre public, le second le théâtre privé et le troisième le jeune public. Les nominations arrêtées par les deux premiers jurys ont été envoyées au vote de l’ensemble des académiciens, avec charge à eux de déterminer les lauréats. Le spectacle jeune public étant donné sa spécificité, reste traité par jury aux deux tours. La liste des nommés pour l’édition 2008 (www) a été officialisée hier et Flu y voit plusieurs occasions de se réjouir, car nombre de ses chouchous font partie des heureux désignés.
Un Bourgeois Gentilhomme, tout droit sorti du XVIIe siècle !Si vous en avez l’occasion, ne ratez sous aucun prétexte la dernière représentation ce soir, 6 mars, du Bourgeois Gentilhomme que le théâtre des Champs-Elysées a eu l’excellente idée de programmer à nouveau pour quelques dates après l’immense succès du spectacle en 2004. Benjamin Lazar, metteur en scène, et Vincent Dumestre, directeur artistique, ont littéralement ressuscité la pièce de Molière telle qu’on pouvait la voir au XVIIe. Difficile peut-être de se sentir interpellé par les élucubrations de Monsieur Jourdain qui ont bercé nos années d’école ! Et pourtant, ce qui nous est présenté par cette troupe, c’est la comédie-ballet de Molière et de Lully, qui alterne dialogues, ballets et chants : elle n’avait jamais été montée sous cette forme en France depuis plus de deux siècles.
Simple curiosité historique alors ? Loin s’en faut ! La musique de Lully, les ballets ne sont pas des éléments du décor, mais appartiennent pleinement à l’action et au déroulement de la pièce. Le Bourgeois Gentilhomme est la onzième comédie-ballet créée par Molière et Lully, véritable apothéose de leur collaboration. Et c’est à la demande de Louis XIV lui-même qu’ils avaient entrepris de « coudre » ensemble théâtre, musique et danse. Comme quoi, le mélange des genres n’est pas une réalité nouvelle ! On ne se privera donc pas de ce spectacle total réjouissant, qui reprend la diction du XVIIe, ne s’éclaire qu’à la bougie, et assume l’étrangeté, la distance du baroque. Attention, chef-d’œuvre ! Le spectacle a été filmé, les renseignements pour le DVD, c’est par ici. (Illus. Robin Davies) |
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