Moments rares aux Orientales
Le festival Les Orientales creuse cette année le sillon du soufisme (deux groupes de Mayotte en donnant un écho de l’Océan Indien) et de l’Inde (sous toutes ses latitudes), y piquant quelques touches balkaniques. Ce week-end, ce seront les moines danseurs de Majuli qui se produiront, en grande première, hors de leur île du Nord de l’Inde. Un moment rare, accompagné par le film déjà diffusé sur Arte, « Dans les brumes de Majuli ». Le Duo Balkany (Bulgarie) et les polyphonies de Dalmatie (Croatie) apporteront la touche balkanique à un programme qui, chaque année, réussit à faire redécouvrir l’Orient dans toutes ses senteurs.
© Denis Gontard Standard Idéal, cinquième !
Voilà cinq ans que le festival Le Standard Idéal creuse son sillon passionnant à la Maison de la culture 93 de Bobigny. Cinq ans qu'il bouscule, remue, innove, joue l'ouverture sans proposer -son titre n'est qu'un clin d'oeil- ni de standard, ni d'idéal, mais en donnant à voir, entendre ce qui se fait de plus intéressant en matière de scène européenne. Lors des éditions précédentes -que Flu a toujours suivies avec assiduité et intérêt-, on y a croisé Frank Castorf et Árpád Schilling, Vassili Grossmann ou Lev Dodine- qui revient d'ailleurs cette année, en mars, avec son flamboyant Vie et Destin. Cette année, une question est posée : quel regard porte-t-on sur la France à Berlin, Hambourg ou aux Pays Bas. "Au théâtre tout est affaire de regard. Celui du spectateur sur l'acteur, le regard de l'autre, le regard des autres...", commente Patrick Sommier, directeur de la MC 93 de Bobigny. Pour cette édition 2008, il convie Deimiter Gotscheff et Johan Simons, Alexander Charim et, plus près de nous, Georges Lavaudant. Le premier monte "Tartuffe" (du 8 au 10 février), le second s'attaque à "Plateforme" de Michel Houellebecq, pour une relecture belge qu'on attend impatiemment (les 11 et 12 février). L'ancien directeur de l'Odéon offre le portrait d'un être invincible et souillé à partir des "Trachiniennes" et d'"Heraklès furieux", des tragédies de Sophocole et d'Euripide, mâtinées de références contemporaines... Vous en voulez encore? Il y aura des concerts: le Trio Ars Vitalis et le musicien grec Grigoris Vassilas. A vos marques... Illus Arno Declair Festival Le Standard Idéal, MC 93 de Bobigny, du 8 au 24 février. www Vive la foi aux Orientales !Posté par Floriane le 07.07.07 à 10:05 | tags : sur la route, festival, musique, international, ici et là
Fin de matinée, dimanche, à Saint Florent le Vieil. A l’église, les ouailles recueillies digèrent le sermon. Au Palais Briau, le public tape dans les mains et scande « Djaï Guru » avec les Bauls, venus du Bengale, pour chanter leur foi en l’homme. Contraste saisissant et vivifiant. Il est des civilisations, en effet, où la religion n’est pas que sévère mais où elle s’exalte en rassemblements quasi festifs ou en tout cas pleins de ferveur communicative. Ainsi, les soufis d’Egypte, représentés au festival par Sheikh Taha, jamais sorti de sa congrégation de Louxor, contrastent-ils avec ceux de Turquie. Süleyman Erguner, digne joueur de flûte ney, avait plutôt plongé l’assistance de l’Abbatiale dans l’apaisement d’un retour sur soi-même.C’est cela, les Orientales, un petit goût d’ailleurs au cœur de la douceur angevine, un savant et joyeux mélange de guimbardes chinoises, touva ou rajasthanaises; un art de présenter, à côté de pointures reconnues, de tout jeunes artistes en devenir. Impossible de les nommer tous ; impossible et inutile, car ils sont avant tout les porte-parole de l’un des langages les plus universels qui soient : la musique. Toutes les infos sur le site des Orientales. Maria Tanase à Avignon Les Roumains, qui ont adulé cette chanteuse à la voix si prenante, s’étrangleront sans doute à la lecture de ce titre. L’artiste, hélas, s'en est allée il y a plus de quarante ans mais il n’est pas mensonger de souligner l’émotion que suscite encore, ne fut-ce que le nom de cette diva populaire. « J’ai les poils des bras qui se dressent rien qu’à y penser », me confiait un ami roumain exilé.C’est dire si s’attaquer à ce répertoire trop peu connu hélas en France, n’est pas une mince affaire, surtout si l’on n’est pas issu de l’autre côté des Carpathes … C’est pourtant le défi que s’est donné Nathalie Joly, déjà remarquée dans d’autres spectacles de chant en solo. Et pari tenu, serait-on tenté d’écrire. Après une tournée au Maroc, dans le cadre de Francofffonies !, elle reviendra tout juste de Roumanie lorsqu’elle passera, le 29 mai à Orly, puis à Avignon, du 18 au 28 juillet à la Mirande, avec Paris-Bukarest. Emotion garantie ! |
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