Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité du Théâtre Nanterre-Amandiers (Nanterre). Tous les billets consacrés à ses programmations sur Saisons.

Médée à Nanterre - bien terne

Posté par Catherine le 16.05.08 à 09:32 | tags : théâtre, nanterre-amandiers
Medee et Jason

Parmi l'équipe qui a participé à la création de Médée de Sénèque mise en scène par Zakariya Gouram, un intervenant, Julien Cottereau, a apporté un travail sur le clown. C'est peut-être cet information-ci qui laissait espérer beaucoup plus d'audace dans la pièce présentée actuellement à Nanterre. Malheureusement, la Médée que propose la comédienne Marie Payen pousse  jusqu'à l'extrême les conseils que lui dispense la nourrice à la deuxième scène : "cache ta douleur, il faut savoir encaisser les coups les plus rudes, sans un mot rester impassible". Alors, d'un calme parfaitement extraordinaire, Médée s'entretient de façon tout à fait naturelle et quotidienne aussi bien avec Créon qu'avec son mari. Difficile d'imaginer que cette jolie femme plutôt sympathique et polie a déjà commis tant de crimes. Difficile de croire qu'elle est en train de tuer ses propres enfants. Ces actes-là sont d'une dimension surhumaine quand le ton des paroles échangées sur le plateau frôle le trivial. Parmi les onze scènes qui composent la pièce de Sénèque, deux ressortent de façon admirable: le très beau premier échange entre Médée et Jason, véritable scène d'amour à teneur érotique, et la scène de sorcellerie de Médée, traitée avec beaucoup d'humour. Pourquoi pas. Cela fonctionne et donne l'occasion à Médée d'offrir un visage un peu plus fou. Pour le reste, les échanges sont ternes à force de vouloir rester improvisés. Il s'en faut de peu que le texte de Sénèque perde complètement sa force face à un tel traitement. Extrêmement décevant.

Médée, de Sénèque, texte français Florence Dupont, mise en scène Zakariya Gouram
Au théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 8 juin
Illus © Pascal Gély


Phèdre rock n' roll

Posté par Catherine le 04.04.08 à 09:00 | tags : nanterre-amandiers, théâtre

PhedreThésée a tué le Minotaure. Le Minotaure était le fruit des amours de Pasiphaé, fille du soleil, avec un taureau sauvage. Thésée est maintenant marié à Phèdre, fille de Pasiphaé et de Minos. Thésée est parti avec son amant enlever la femme du dieu des Enfers. Hyppolythe est le fils qu'a eu Thésée avec une Amazone. Phèdre désire Hyppolyte...
Truffée d'invocation aux dieux et de références aux origines des protagonistes, la tragédie de Phèdre écrite par Sénèque nécessite, si l'on veut en profiter pleinement, une petite révision des généalogies et du contexte. Mais moyennant cet effort préalable, la pièce, ici dans un traduction de Florence Dupont, est un véritable petit bijou de poésie simple et directe. La mise en scène qu'en propose Julie Recoing aux Amandiers, sobre, élégante et parfaitement lisible, laisse le champ totalement libre à l'expression des passions. L'enchantement naît surtout de ce choeur accompagné à la guitare électrique, interprété au micro avec beaucoup de grâce par Alexandra Castellon.

Phèdre de Sénèque, mise en scène Julie Recoing
jusqu'au 17 avril 2008 au Théâtre Nanterre-Amandiers


Micha mieux que Louis ?

Posté par Nedjma le 19.11.07 à 18:00 | tags : spectacle à paris, nanterre-amandiers, théâtre
C'était une des affiches prometteuses de l'automne théâtral: Clotilde Hesme et Louis Garreldans "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy. Le tout dans le cadre du très foisonnant Festival d'Automne. Imaginez plutôt, les Amants Réguliers de Philippe Garrel, amants aussi dans les sublimes Chansons d'amour de Christophe Honoré, partageant l'affiche, et la scène dans un délicieux marivaudage.

Bon, il se trouve que Micha Lescot remplace Louis Garrel. Pas sûr qu'on doive le regretter. Ledit Micha a déjà eu l'occasion de s'illustrer brillamment sur les planches, notamment dans "Victor ou les enfants au pouvoir" mis en scène par Philippe Adrien, dans "Henry V" mis en scène par Jean-Louis Benoît ou, plus près de nous chez Denis Podalydès en footballeur anxieux aux guiboles interminables: c'était, la saison dernière dans "Le mental de l'équipe". On ira donc juger sur pièces, et plutôt deux fois qu'une. Illus © Pascal Victor

La seconde surprise de l'amour de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy, au Théâtre Nanterre-Amandiers. Jusqu'au 21 décembre. (www)

A lire, notre chronique sur La seconde surprise de l'amour.


Quichotte : triste figure libre

Posté par Catherine le 25.01.06 à 11:59 | tags : théâtre, nanterre-amandiers, cervantes

affichequichotte.jpgOn nous promettait des corps en liberté, un texte réduit à l'essentiel, une "liberté du rire", des costumes somptueux... Hélas, hormis quelques figures gymniques qui retiennent l'attention, on s'ennuie ferme à regarder ces cinq comédiens en culotte et maillot de corps qui cherchent, cherchent comment ils pourraient bien convoquer Don Quichotte sur le plateau. On s'ennuie encore plus à écouter le texte, la plupart du temps de longs monologues dits sur un ton tendance réaliste. Exit la verve pétillante de Cervantès, exit l'humour. On ne comprend rien. On baille. Triste.

Quichotte, texte Miguel de Cervantès, traduction Aline Schulman, conception Didier Galas
Jusqu'au 5 février 2006 au théâtre Nanterre-Amandiers


Dona Rosita : Mignonne, allons voir si la rose...

Posté par Catherine le 14.01.06 à 10:14 | tags : théâtre, nanterre-amandiers, matthias langhoff
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Spectacle déroutant que cette oeuvre de Fédérico Garcia Lorca mise en scène par Matthias Langhoff aux Amandiers de Nanterre. Démarrage en fanfare pour un premier acte plein d'entrain, de rire, de musique, de jeunesse et de robes froufroutantes, puis un temps qui patine au deuxième acte - le pétard était mouillé -, tandis que le troisième acte n'est que feu, mort et désolation.
Déroutants aussi les décors et les costumes, tout imbibés du regard, aussi moqueur que nostalgique, que porte Lorca sur le goût kitsch sucré de l'époque : roses peintes en carton, accumulation de bibelots, napperons en dentelles, Vierge de Lourdes en plastique, chapeaux à fleurs...
Nous sommes à la fin du XIXe siècle en Espagne et Rosita est fiancée. Son amoureux part pour l'Argentine. Elle vieillit à préparer son trousseau. Contrairement à la fleur étonnante que cultive son oncle, une rose qui ne vit qu'un jour, rouge le matin, encore plus rouge à midi et blanche le soir, éternelle célibataire, elle passera sans jamais avoir atteint le rouge glorieux du mariage. La Doña Rosita de Garcia Lorca est secrète et résignée ; Langhoff, dans un traitement assez radical, en fait une fille carrément fade, presque absente, quasiment morte. Mais il n'a pas pu laisser une telle absence de vie triompher, offrant à Madame Rose un beau bouquet final, négatif surréaliste et osé du désir absent de l'existence de la célibataire...

Doña Rosita la célibataire ou le langage des fleurs

Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 5 février 2006


Reprises jubilatoires de Jean-François Sivadier à Nanterre

Posté par Anne le 19.10.05 à 10:21 | tags : nanterre-amandiers, jean-françois sivadier, théâtre
La Mort de Danton : Les comédiens de Sivadier bien vivants !En pleine tourmente du festival d'Avignon 2005, Julie de Faramond nous avait dit ici le plus grand bien de la pièce de Georg Büchner La Mort de Danton mise en scène par Jean-François Sivadier. Un spectacle débordant d'énergie servi par d'excellents comédiens (dont le fameux Nicolas Bouchaud !). Fluctuat avait également été enthousiasmé par la Vie de Galilée, montée d'abord au Théâtre de Gennevilliers en février 2003, et en avait profité pour interviewer JF Sivadier et Nicolas Bouchaud.

Quand on aime, on ne compte pas ! On vous signale donc à lire dès aujourd'hui "l'ogre doux", un tendre portrait du metteur en scène dans le Libé du jour. Et l'initiative bien sûr du Théâtre des Amandiers à Nanterre qui reprend ces deux pièces cette saison, après le succès l'an dernier d'Italienne, scène et orchestre. On peut voir La Mort de Danton tous les jours (sauf lundi) jusqu'au 23 octobre, il reste encore quelques places. Pour réserver, c'est par ici ! Le défi est d'une autre envergure pour la Vie de Galilée puisqu'il ne reste qu'une date, le 22 octobre à 16h, déjà complète ! Les plus motivés tenteront quand même leur chance au théâtre de Nanterre ! Et en cas d'échec, pourquoi ne pas aller faire un tour au Triage ?



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