Jan Lauwers : Un homard qui ne passe pas... Quelle déception : après les descriptions alléchantes que j'avais lues sur La Chambre d'Isabella, je me réjouissais tant à l'idée d'aller pour le première fois voir un spectacle de Jan Lauwers ... Et de me retrouver à l'arrivée devant un Bazar du Homard bâclé et totalement indigne de ce que Jan Lauwers a, semble-t-il, fait dans le passé. L'installation scénographique elle-même (faut-il rappeler que Lauwers est d'abord un plasticien ?) témoigne d'un effort d'imagination minimal : pour un homme qui est supposé savoir créer un univers mental sur une scène, Jan Lauwers ne s'est pas fatigué dans la préparation du Bazar : une scène vide ornée de quelques sculptures, genre totems indiens, le tout blanc comme neige, et des buches installées au pied d'un arbre attendant sagement l'évocation de l'incendie pour rougeoyer. Car il y a un incendie, un enfant mort qui ne l'est peut-être pas, un couple qui se déchire à ce sujet, une femme qui disparaît (noyée ? peut-être), un homme qui tente de se noyer à son tour (dans le film, il n'a pas l'air d'y parvenir, mais bon...). Parce qu'il y a des films aussi. Trois. Le premier est une mise en bouche, en quelque sorte : un homme (c'est un réfugié nommé Mo, on l'apprendra plus tard) navigue tranquillement sur un canot pneumatique, dans une sérénité tout à fait inhabituelle pour quelqu'un en train d'aborder un rivage étranger en toute illégalité. Un deuxième film évoque la mort de l'enfant, terrassé par les coups d'un autre garçon, sans que ces coups aient l'air d'inquiéter plus que ça ni le père, ni l'autre adulte présent. La violence du film s'en voit d'ailleurs renforcée et c'est peut-être le seul moment où il se passe quelque chose de prenant durant l'ensemble du spectacle. Le dernier film montre le père essayant d'être submergé par les vagues : étant donné que l'eau ne le recouvre que de quelques centimètres, son entreprise semble bel et bien vouée à l'échec. Bref, il se passe à la fois tout et rien dans ce bien nommé Bazar : l'affaire commence par un homard renversé sur un pantalon blanc et se termine par l'histoire d'une jeune prostituée devenue elle aussi réfugiée, histoire dont nous ne saurons pas grand chose. Le spectacle lance mille idées et n'en développe aucune, les acteurs n'ont pas vraiment l'air de croire en leurs personnages, le tout évoque une soirée chic où les invités se livrent à des jeux de rôle et à quelques numéros de karaoké : une amusante soirée entre amis, où le spectateur fait antichambre. Hommage à Jean Vilar Le 27 juillet, Olivier Py lira des extraits des écrits de Jean Vilar dans le cadre de l'hommage que le festival d'Avignon rend à son fondateur. À l'occasion de la 60eme édition, comment ne pas faire référence à celui qui lança la première semaine d'art dramatique en 1947 (à ce propos se reporter à notre historique du festival d'avignon), mais aussi celui qui incarna jusqu'à sa mort, le 28 mai 1971, l'idée même de théâtre populaire, idée mirage peut-être, mais idée encore bien ancrée dans les esprits, comme les polémiques surgies lors de la dernière édition. L'Odéon réouvre... une histoire à recommencer ?![]() |
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