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L'actualité du Théâtre du Rond-Point à Paris (Direction Jean-Michel Ribes - Paris, 8e). Tous les billets consacrés à ses programmations sur Saisons.
Sept secondes (Stanislas Nordey, Falk Richter): Frappes "chirurgicales"?
Stanislas Nordey présente Sept secondes de l’allemand Falk Richter au Théâtre du Rond Point. Il présentera Das System de ce même dramatruge au festival d’Avignon.
Crédits photographiques©Brigitte Enguerrand. Sept secondes/ In god we trust de Falk Richter, mise en scène de Stanislas Nordey, jusqu'au 27 avril au théâtre du Rond Point (www) Batailles - brochette de célébrités au Rond-Point
Batailles, de Jean-Michel Ribes et Roland Topor, mise en scène Jean-Michel Ribes. Rodrigo Garcia rase gratis...Posté par Nedjma le 09.11.07 à 17:30 | tags : spectacle à paris, théâtre, festival d'automne, rond-point
"Je ne pousse pas un cri. Ce serait plutôt une rumeur. Mais ce qui est susurré là n'est pas agréable à entendre ; peut-être même que cela fait encore plus mal aux oreilles qu'un hurlement." Ainsi Rodrigo Garcia, auteur-metteur en scène argentin installé à Madrid évoque-t-il son nouveau spectacle, "Et balancez mes cendres sur Mickey", présenté au Théâtre du Rond Point dans le cadre du Festival d'Automne. La note d'intention pourrait s'appliquer à toutes ses créations-manifestes tant l'homme manie (plus ou moins habilement d'ailleurs) l'art de la provoc. Quoi qu'il en soit, Garcia est un auteur, un créateur, et a des choses souvent intéressantes à dire. Les habitués savent qu'elles ne sont pas toujours bonnes à entendre... Aujourd'hui, c'est une drôle de polémique qui enflamme le milieu autour de "Et balancez mes cendres...". Rodrigo Garcia a, une fois de plus, comme il le fait régulièrement, sollicité des figurants, avec une annonce parue à la fois sur le site de l'ANPE spectacle et du Théâtre du Rond Point. "Urgent : le Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle (...) 15 jeunes femmes acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle". Rodrigo Garcia rase gratis. Enfin, presque. La rémunération est quand même de 200 euros bruts. La comédienne Sophie Caffarel et le très progressiste chroniqueur Alain-Gérard Slama notamment, s'émeuvent de ce fait et s'indignent que des directeurs de théâtre acceptent "pareille infamie". Et d'évoquer un spectacle "dégradant", renvoyant aux pires heures de notre histoire. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, qui ne devrait pas empêcher un public curieux, et ouvert, d'aller voir, par lui-même, de quoi il en retourne. Illus © Christian Berthelot "Et balancez mes cendres sur Mickey" de Rodrigo Garcia, au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 18 novembre. (www) Roland Dubillard : Diablogues de sourds
![]() Ce n'est pas un hasard si les mots de Roland Dubillard sonnent en plein au Théâtre du Rond-Point : on connait l'affection du maître des lieux Jean-Michel Ribes, pour le verbe de cet auteur, à qui il a consacré un festival en 2004 et qu'il a mis en scène dans Le jardin des bettraves la même année. Cette fois, c'est Anne Bourgeois qui s'attaque aux déferlements de langue de Dubillard, en mettant en scène Les Diablogues. Les comédiens Jacques Gamblin et François Morel, tous deux porteurs d'un univers bien à eux, incarnent "Un"et "Deux", personnages qui sont d'abord pour Anne Bourgeois, "deux être humains posés sur le plateau qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive : ils n’ont ni destin, ni histoire, ils ne sont pas des héros, ça pourrait être Monsieur Toutlemonde, vous ou moi." Un dialogue, une tentative du moins mais qui est contrarié par le fait qu'Un et Deux ont précisément deux grilles de compréhension différentes. Aussi, entre leurs spéculations existencielles sans réponse et leur volonté indéniable de comprendre coûte que coûte -mais comprendre quoi?- , ils se perdent dans la logique extrême du langage jusquà faire vaciller le monde : une exacerbation du quotidien qui vire au surréalisme et flirte avec l'irréel.
Les Diablogues de Roland Dubillard. Mise en scène Anne Bourgeois, du 21 novembre au 31 décembre au Théâtre du Rond-Point (www) Le Rire de RésistancePosté par Arnaud le 31.10.07 à 18:07 | tags : rond-point
Université du Rond-Point : Le Rire de Résistance (première session) Du 8 au 27 novembre, au Théâtre du Rond-Point ou sur leur site internet (www)
Philippe Caubère ou l'histoire sans fin![]() La gorge se noue à en faire mal lorsque, après un dernier charivari des personnages récurrents de sa saga, Philippe Caubère s’envole, une dernière fois, porté par les Voix bulgares et l’ultime lettre de sa mère. Il est temps de refermer le livre des souvenirs, de laisser le plateau à d’autres figures, d’autres fantômes. Cet épilogue à L’Homme qui danse s’est imposé en deux parties. Impossible de caser en une seule soirée le désarroi du jeune comédien au chômage et le désastre de son premier grand rôle « sans Ariane » : Lorenzaccio à Avignon. La gorge se serre, car on se dit que les signes avant-coureurs d’un « changement de style », explicitement étalés dans La Ficelle, sont peut-être la fin d’une époque. L’incroyable capacité à faire vivre en scène plusieurs personnages, la virtuosité qui caractérise Caubère comme les danseuses indiennes, on la retrouve dans La mort d’Avignon. Mais on sent comme une angoisse, une colère sans aucun doute, de l’acteur face à ceux qui, après tant d’années, le rangent encore parmi les « one show men », les comiques aux blagues pas toujours légères, alors que depuis 25 ans maintenant, il cisèle un art de l’acteur à nul autre pareil. On ne se lassera jamais de voir et revoir encore les nombreux épisodes de sa saga, heureusement éditée en DVD et en livre aujourd’hui, même s’il reste quelques « numéros » à sortir. C’est à la force du poignet qu’il a conquis tout cela, grâce à sa productrice aussi, fidèle contre vents et marées. Alors, respect, et triomphe à cet acteur dont bon nombre auraient un tas de choses à apprendre. Marceau vient de trépasser ; non, Caubère n’est pas un mime qui parle, mais un acteur, qui a consacré sa vie à en écrire le roman. La mort d’Avignon de Philippe Caubère au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 27 octobre (www). Photo : Michèle Laurent. Non solum Sergi !
On le connaît surtout au cinéma, pourtant Sergi Lopez a fait ses armes sur les planches. Le voilà seul en scène au Théâtre du Rond-Point avec Non Solum..., mis en scène par son complice Jorge Pico. Un titre à plusieurs interprétations. Car d'abord, s'il joue solo, Sergi Lopez n'est pas complètement seul, vu qu'il campe mille et un personnages, façon Philippe Caubère. Ensuite, parce que « non solum... sed etiam », en latin dans le texte, signifie « pas seulement... mais encore ». Une façon de dire que ce spectacle-là a de nombreuses facettes. Annoncé comme une comédie existentielle, c'est aussi un one-man show, ou un concert à cappella ( !), avec ses grands éclats de rire et ses moments plus profonds. C'est un homme venu rendre visite à sa maîtresse, Brigiiiiitte, qui se trouve nez à nez avec un plombier, puis un employé du cadastre, puis un autre, puis dix, puis 100 : la porte ouverte à toutes les interrogations. Tout juste arrivé sur terre (ou ailleurs), un autre raconte sa première expérience sexuelle avec jubilation. C'est, encore, un petit gars timide se découvrant rebelle et orateur en enfilant des lunettes magiques. C'est assez bien écrit, bien joué et habité par cet acteur enthousiaste et généreux en diable. Mais parfois un peu longuet. Non solum de et avec Sergi Lopez, mis en scène par Jorge Pico au Théâtre du Rond Point (www) jusqu'au 3 mars (illus © fdg/ccastro). Oulipo, pièces détachéesQuand on se délecte aux exercices de style et autres jeux litttéraires, ou à l'écoute les papous du dimanche sur France-Culture, l'idée d'un spectacle intitulé Oulipo, pièces détachées, c'est plutôt réjouissant. Et en effet, c'est un spectacle qui plaira aux amateurs : des textes conçus à partir de contraintes plus ou moins farfelues, des acteurs qui sont ici plutôt des diseurs et une mise en scène minimale. Car, en l'occurrence, c'est l'oulipo (ouvroir de littérature potentielle) et non la théâtralité qui est à l'honneur.
Jusqu'au 11 novembre au Théâtre du Rond-Point. Olivier Py : entretien exclusif
Olivier Py au Rond-Point : à vaincre sans péril ...
Maj : lire aussi notre entretien avec Olivier Py Olivier Py : La Jeune Fille, le diable et le moulin
Maj : lire aussi notre entretien avec Olivier Py La jeune fille, le diable et le moulin, d'après les frères Grimm, mise en scène Olivier Py, dans le cadre de la Grande Parade de Py, jusqu'au 26 mai 2006, au théâtre du Rond-Point (www) Illusions comiques d'Olivier Py Aux éditions Actes Sud, vient de paraître Les Illusions comiques, pièce d'Olivier Py créée au CDN d'Orléans et qui sera reprise en juin au Théâtre du Rond-Point, dans le cadre d'une programmation Olivier Py dont nous aurons l'occasion de reparler. "Nous vivons trop dans l'actualité et pas assez dans le présent. Tout comique est au fond, un moraliste, mais un moraliste qui a l'honnêteté de dire" Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais". Ou pour dire autrement, il y a deux sorte de comiques, ceux qui rient des autres et ceux qui rient d'eux mêmes." Virtuose ! En plus d'être l'acteur que l'on connaît pour l'avoir vu dans les sketches des Deschiens et dans le cinéma français (films d'auteur et film grand public, il y en a pour tout les goûts), François Morel compose des chansons et chante. Ce qu'il fait présentement dans Collection particulière, le tour de chant qu'il présente au Théâtre du Rond Point. Mais il joue aussi : il joue un chanteur vaniteux et jaloux du talent de son accompagnateur (il faut dire qu'avec un nom pareil, il a de quoi être jaloux : Reinhardt Wagner, au demeurant, excellent pianiste et compositeur). Parce qu'il a le sens de la musique, François Morel, il chante juste, mais on ne peut pas dire que c'est Tino Rossi. Et il le sait. C'est pourquoi il a imaginé un spectacle tout en drôlerie et en effets décalés. Car en ce domaine, François Morel est un virtuose.
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