|
Tous les billets relatifs à William Shakespeare sur Saisons.
Le Viol de Lucrèce : comment représenter les violences sexuelles au théâtre ?![]() (illus. © Pascal Victor) A. & C., affres et consternation !Posté par JdF le 05.02.06 à 19:56 | tags : théâtre, musique sur scène, la ville/châtelet, shakespeare
Dèjà, les affiches étaient prometteuses, les initiales en guise de titre aussi. Ceux qui se sont risqués à aller voir Antoine et Cléopâtre adapté par Lewis Furey (voir quelques posts ci-dessous) risquaient gros. Eh bien, ils en ont eu pour leur argent : ambiance sonore et lumineuse du plus bel effet, chorégraphie pleine d'originalité, "genre star-ac en moins bien", ai-je entendu, adaptation du texte tout en finesse, ponctuée de trouvailles de génie!Bref, on se demande quelle mouche a pu piquer Gérard Violette de présenter un tel spectacle au Théâtre de la Ville. Qu'attend-il pour programmer une nouvelle adaptation de Starmania ? A. & C., d'après, William Shakespeare, livret, musique, mise en scène Lewis Furey d’après Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, au Théâtre de la Ville. A. & C., Shakespeare revisité
"Lewis Furey, chanteur culte à la touche underground raffinée, passe à la mise en scène musicale. Il crée A. & C., variation shakespearienne de la plus haute modernité autour du thème de l’amour maudit et sacrifié. Sur fond de fracture béante entre un empire romain arrogant et une Égypte ancrée dans sa résistance, Antoine et Cléopâtre incarnent l’impossible tentative de conciliation entre deux cultures. Ils en mouront mais inscriront leurs noms dans la légende. Lewis Furey, en adaptant pour la scène la tragédie de Shakespeare, fait d’eux les figures de proue d’un spectacle où s’articulent à flux tendu les images, la musique et la danse".
A. & C., livret, musique et mise en scène de Lewis Furey, d'après Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, au Théâtre de la Ville, du 31 janvier au 4 février. (illus. photo de la production) Viol de Botho Strauss à l'Odéon - Derniers jours
Ce fut l’un des événements marquants de la rentrée théâtrale. Ceux qui n’ont pas encore vu la pièce (attention, il ne reste plus que quelques jours !) auront certainement entendu parlé des images fortes que constituent notamment une scène de viol dans toute sa durée et surtout, la figure, émergeant d’une poubelle, de la victime, nue, ensanglantée, choquée, mutilée. Images insupportables pour certains qui quittent la salle. Car c’est bien l’acte violent qui intéresse l’auteur. Et il ne se contente pas de représenter cet acte, il l’expérimente, le teste, le questionne. Parfois, sa pièce suit l’intrigue shakespearienne. Parfois, elle la dépasse : Lavinia s’exprime après le viol et la mutilation et veut continuer à vivre. Parfois, le dépassement va très loin : Lavinia en arrive à désirer son violeur et à tenter de faire l’amour avec lui. Constamment, la pièce invite le spectateur à questionner ce qu’il voit : dès le tableau n°2 : les comédiens, dans une fausse "rencontre avec le public", viennent parler de leur façon d'aborder leur personnage. Et pendant toute la durée de la pièce, Lukas, un enfant laissé là par sa mère avec pour recommandation de rester tranquille, assiste à une débauche de barbarie. Mise en abyme aux contours flous puisque le gamin prend régulièrement part à l’action, d’abord fils cadet de Titus puis compagnon de jeu de Lavinia. Et Luc Bondy de prendre parti dans le débat engagé par Botho Strauss sur les effets de la représentation de la violence, en ajoutant une prise de pouvoir finale par l’enfant-spectateur.
Viol de Botho Strauss, d'après Titus Andronicus de William Shakespeare Mise en scène Luc Bondy, traduction Michel Vinaver et Barbara Grinberg Théâtre de l'Odéon, Ateliers Berthier, jusqu'au 19 novembre 2005 [illus. photo Ruth Walz] |
Discussions en cours sur le forum théâtre :
|