Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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L'actualité des spectacles à Paris sur Saisons.

Rencontre avec Wim Vandekeybus, chorégraphe choc

Posté par Céline le 16.06.09 à 10:00 | tags : danse, spectacle à paris, théâtre de la ville, entretien
 
Wim Vandekeybus a présenté la semaine dernière à Paris sa nouvelle création, nieuwZwart. A cette occasion, Fluctuat a rencontré le chorégraphe pour lui poser quelques questions sur sa dernière pièce et sur l'ensemble de son travail.
A l'inverse des mouvements qu'il imprime à sa danse, Vandekeybus apparaît comme un homme élégant, calme et posé. Dans une loge du théâtre de la ville, il prend son temps pour nous expliquer l'orientation de sa nouvelle création, nieuwZwart, qu'il dit avoir voulu plus "abstraite" que les précédentes.
 
Apocalypse show

Si la présence d'un comédien sur scène, récitant le texte de l'écrivain Peter Verhelst, apporte effectivement une dimension poétique plus abstraite à la pièce, l'empreinte très brutale du chorégraphe est là : la pièce s'ouvre sur une ambiance de fin du monde. Des corps se meuvent, dans la douleur et l'hystérie. Une immense couverture de survie les recouvre ou les découvre. Un accessoire qui colle bien à Vandekeybus, chez qui les danseurs se jettent souvent à terre, se rentrent dedans, se ramassent après des courses de longue haleine. Même sur scène, il faut survivre. Survivre dans un monde dévasté, après l'accident (qui aura littéralement lieu vers la fin de la pièce). Survivre seul et devenir fou, comme les jeunes interprètes le font si bien. Survivre, enfin, comme le font les deux inoubliables personnages de La Route, le sublime roman de Cormac McCarthy auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long de la pièce...

Voir l'entretien vidéo avec Wim Vandekeybus sur Fluctuat




Le théâtre musical à la fête...

Posté par Nedjma le 04.05.09 à 11:28 | tags : théâtre, spectacle à paris, musique

75 artistes sur scène, deux heures de spectacles et chansons, une invitation à découvrir des spectacles peut-être culte, un jour, et redécouvrir ceux qui l'ont été, assurément: "Les Misérables", "Cabaret", "Un violon sur le toit", "Chicago". Parmi ceux là, quelques coups de coeur de Flu, de retour: "Le cabaret des hommes perdus" et "Madame Raymonde", avec, dans l'un et l'autre des spectacles, le truculent Denis d'Arcangelo.

La comédie musicale dans tous ses états, ça vous tente? C'est au Théâtre Comédia que ça se passe...

Une initiative qu'on doit à DIVA, réseau de création pour le théâtre musical. A la direction musicale de la soirée, Raphaël Sanchez, Stan Cramer, Thierry Boulanger, Patrick Laviosa et Samuel Sene.

"Grande fête du théâtre musical", Théâtre Comédia, Paris, lundi 11 mai, 20h. Renseignements www

Illus "Le cabaret des hommes perdus" (dr)







Martha Graham Dance Company : faire revivre le mythe

Posté par Céline le 16.04.09 à 12:20 | tags : danse, théâtre du chatelet, spectacle à paris
Martha Graham est à la danse ce que Picasso fut à la peinture, Einstein à la physique, Stravinsky à la musique : une légende, une révolution. Hier au Théâtre du Châtelet, ce sont en ces termes que la chorégraphe - disparue en 1991 - a été présentée, avant que le rideau ne s'ouvre sur la première des trois pièces présentée dans la soirée par la Martha Graham Dance Company.

 

Crée en 1958, Embattled Garden - ou « Jardin assiégé » si l'on traduit littéralement - met en scène Adam (Tadej Brdnik) et Eve (Miki Orihara), Lilith et son compagnon, « un étranger » qui, d'abord niché dans un arbre, ressemble à s'y méprendre à un serpent. Dans cet Eden élégant imaginé par le designer Isamu Noguchi, les deux couples s'ébattent, s'échangent, s'émeuvent. Vêtue d'une robe jaune, maniant comme une reine flamenca son éventail sur la musique de Carlos Surinach, Lilith (Carrie Ellmore-Tallitsch), s'avance, sûre d'elle, débaucher Eve et séduire Adam. Sous la grâce des danseurs pointent le désir, le remords, la passion : tous les quatre composent le ballet amoureux de personnages bibliques, dont l'actualité n'a jamais fini de nous étonner.

 

Après les parades érotiques d'Embattled Garden, place à la gravité avec Sketches from "chronicle", pièce politique créée en 1936, inspirée par la Première Guerre mondiale et la dépression américaine. Composée de trois tableaux, la pièce s'ouvre sur un solo, Spectre - 1914 : Jennifer DePalo, avec sa robe immense au revers rouge, incarne à la fois les mouvements révolutionnaires et les séquelles de la guerre. Ce sont ensuite neuf danseuses qui investissent la scène pour Steps in the Street - l'un des plus beaux moments du spectacle. Les rondes et les traversées de ce groupe de femmes austères disent l'aliénation, la colère, la souffrance. Avec la troisième partie cependant, Prelude to action, la pièce s'achèvera sur une note plus optimiste : parmi les autres interprètes vêtues de noir, une danseuse en blanc (Jennifer DePalo) incarne-t-elle l'espoir d'une nouvelle voie ?

 

Autre période, autre discours : dans Night Journey, crée en 1947, Martha Graham a cherché à explorer les passions humaines en remontant aux origines. Le mythe d'Œdipe est ici revisité sous une nouvelle perspective, celle de Jocaste (Katherine Crockett), qui, sous l'ordre de Tirésias armé de son bâton (David Martinez), doit revivre son destin avant d'en finir. Pulsions et répulsions, souffrance et jouissance : le théâtre antique est ici détourné de ses dieux, les mouvements de la danse soulignant avant tout les contradictions de l'âme. Le chœur de femmes qui survient par intermittence sur scène n'y pourra rien : Jocaste a couché avec son fils Œdipe (David Zurak) et Jocaste doit mourir. Et c'est sur la mort de l'héroïne tragique que le rideau se refermera.

 

En dehors des trois pièces cités ci-dessus, deux autres programmes sont à l'affiche au Châtelet, jusqu'au 18 avril. La Martha Graham Company, qui n'était pas venu en France depuis dix ans, offre ainsi, pendant son passage à Paris, une occasion inespérée de redécouvrir la danse comme nous la voyons rarement : moderne, mémorable, mythique.

Voir les vidéos et les images de Martha Graham sur Fluctuat

Martha Graham Dance Company, au Théâtre du Châtelet du 14 au 18 avril.

Photos © John Deane 

Le site du Théâtre du Châtelet




En somme ! de Marion Lévy : dormir, rêver, danser.

Posté par Céline le 29.01.09 à 17:34 | tags : théâtre de chaillot, danse, spectacle à paris
L'un des points que nous avons de communs - il y en a certainement beaucoup d'autres - c'est notre besoin de dormir. Aussi la chorégraphe Marion Lévy a-t-elle fait du sommeil le thème principal de sa dernière création, intitulé... En somme !

 

Ancienne disciple de la reine Keersmaeker, Marion Lévy aime mêler la fugacité du mouvement - la danse - à la justesse du verbe - le théâtre. Pour écrire le texte de la pièce En somme (interprété par trois danseurs et deux comédiens), elle a ainsi fait appel à Fabrice Melquiot, qui a vite saisi les exigences poétiques d'un tel projet : « Je dors pour rêver, pour écrire ensuite : j'ai rêvé ».

Rêves, cauchemars, insomnies, peur de l'insomnie, du noir, de la solitude, bien être, agitation, oubli, réminiscence : pour exploiter sans fausses notes toutes les sensations et tous les états qu'impliquent le sommeil, Marion Lévy a également mené sa petite recherche auprès de spécialistes du sommeil. Ce discours scientifique est d'ailleurs incarné dans sa pièce par les deux comédiens (Aude Léger et Cyril Casmèze), excellents dans leur rôle de médecins obsédés par les « courbes et les graphiques », par les méthodes, les conséquences, les techniques et les remèdes : la pièce s'ouvre un  de leur exposé théorique - ponctué de touches d'humour bienvenues - auquel le public est invité à participer.

 

A l'inverse, les trois danseurs, sorte de « cobayes » à disposition des deux médecins, se laissent aller à leur sommeil, et se révèlent, alors, des dormeurs très différents et très... actifs. Retour en enfance, sensualité, animalité, fantasme au clair de lune : dans une mise en scène habile, Marion Lévy nous donne à voir le potentiel artistique de ce que nous vivons chaque nuit plus ou moins tranquillement sur l'oreiller. L'idéal, semble dire sa pièce, ce serait de dormir comme on danse, de dormir sans penser, de danser tout son saoul.

En Somme !, conception et chorégraphie Marion Lévy, textes Fabrice Melquiot. Avec Aline Braz Da Silva, Jung-Ae Kim, danseuses, David Lerat, danseur, Aude Léger et Cyril Casmèze, comédiens.

Théâtre National de Chaillot, Studio. Jusqu'au 31 janvier 2009, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h.




Les J-Dance : un regard sur la danse contemporaine japonaise

Posté par Céline le 28.11.08 à 12:18 | tags : danse, spectacle à paris

La Maison de la Culture du Japon inaugure ce soir les J-Dance 08 : deux grands noms de la danse contemporaine japonaise participent à cette édition, qui se situe à mi-chemin entre tradition et modernité.

Les 28 et 29 novembre, Kaiji Moriyama présentera trois de ses créations (un solo, un duo et un trio). Considéré comme un prodige de la danse, le chorégraphe intègre dans ses mouvements des éléments purement japonais, provenant notamment de pièces de théâtre Nô. C'est ainsi qu'il convie sur scène l'acteur de nô Reijiro Tsumura, figure incontournable au Japon. Révélation de l'Edinburgh Fringe Festival en 2001, Moriyama est, dit-on, « vif comme la lame d'une épée, aérien comme un elfe ».

Les 5 et 6 décembre, ce sera au tour de Shiro Daïmon de présenter sa pièce ONI-Les grands désirs des dieux, dans laquelle sont mêlées les techniques du nô, du kabuki, de la danse contemporaine, du théâtre et de la musique. Créée en référénce à l'univers fantastique de l'écrivain Ryûnosuke Akutagawa, ONI entraîne dans un monde « d'une beauté primitive, d'une féroce sensualité ». Fidèle à Paris depuis 1976, Shiro Daïmon s'entoure de grands musiciens, maîtres de l'improvisation, et notamment, pour cette création, de François Rossé.

Les J-Dance donnent l'occasion unique d'apercevoir une facette de la danse contemporaine japonaise. A ne pas manquer.


Kaiji Moriyama (3 pièces). Vendredi 28 et samedi 29 novembre à 20h à la Maison de la culture du Japon à Paris

OKINA avec Kaiji Moriyama et Reijiro Tsumura.

Yoroboshi kasôkan, avec Kaiji Moriyama, Kaori Kagaya et Reijiro Tsumura.

KURUI (création) avec Kaiji Moriyama.


ONI - Les grands désirs des dieux, création de Shiro Daïmon, vendredi 5 et samedi 6 décembre à 20h à la Maison de la culture du Japonà Paris

Danseurs : Satchie Noro, Jean Guizerix, Shiro Daïmon
Musiciens : Shônosuke Ôkura (tambour ôtsuzumi), Shisuï Arai (luth biwa), François Rossé (piano), Eric Fischer (saxophone)

Réservation MCJP




Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet

Posté par JdF le 28.03.08 à 11:55 | tags : spectacle à paris, théâtre
Thierry de Peretti met en scène, au Théâtre de la Bastille, une pièce de jeunesse de Koltes adapté du Hamlet de Shakespeare. Koltes a resserré l'action de la pièce (qui ne dure du coup qu'une heure vingt, un record pour une pièce qui peut en durer quatre) autour de la cellule familiale. Ne sont présents que Hamlet, Gertrude Claudius et Ophélie. Huis-clos durant lesquels sont rejoués les principaux épisodes du modèle.

 

Thierry de Perreti accentue l'aspect intime de l'œuvre en donnant au spectacle une tonalité cauchemardesque : crudité des contrastes entre obscurité de la salle et lumière des néons, frénésie du jeu de Hamlet (qui surjoue volontairement ou non, les trois quarts du temps). Manifestement l'intrigue se situe à l'intérieur de la conscience du protagoniste, au sein de laquelle on est invité à entrer. Ce qui ne se fait de bon gré : surjeu dont j'ai parlé, léger énervement devant cet Hamlet déguisé en rocker années 1980 finalement peu crédible. Ophélie (Annabelle Hettmann) est pleine de naturel et d'émotivité dont elle sait moduler l'expression et sur elle, le look rock passe beaucoup mieux.

Crédits photographiques©Pierre Grosbois

Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet, de Bernard-Marie Koltes, mis en scène Thierry de Peretti, avec, Jean-Christophe Bouvet, Annabelle Hettmann, Lisa Martino, Pascal Tagnati, jusqu'au 20 avril au théâtre de la Bastille (www)




Quand les Brigands s'acoquinent avec Arsène Lupin

Posté par JdF le 04.01.08 à 19:31 | tags : comédie musicale, spectacle à paris

 

 

Vous devez vous dire : Arsène Lupin, on connaît, mais quid des Brigands ? Qui sont ces nouveaux associés du célèbre gentleman cambrioleur ? Eh bien voilà : ce sont les membres d'une compagnie d'acteurs/chanteurs et de musiciens qui remettent à l'honneur depuis le début de ce siècle l'opérette des années 1920 et 30.

En 2004, ils avaient présenté, d'abord à l'Athénée, puis au Théâtre de la Madeleine, Ta Bouche du même Albert Willemetz et avaient obtenu avec ce spectatcle un succès considérable. Avec Arsène Lupin Banquier, voilà que se clôt la trilogie autour du parolier. Une charmante comédie où l'on retrouve Lupin en position d'honnête homme, qui, à la suite d'un rocambolesque concours de circonstance se retrouve à la tête de la banque Bourdin, en lieu et place du vrai Bourdin, lequel est en fuite après avoir laissé son entreprise en failite. Par amour pour la nièce de Bourdin qui croit voir en lui son oncle, Lupin reprend l'affaire en main...

Et tout cela est délicieux : Lupin, Flo, son amante et complice, jalouse (on la comprend) de Francine, l'adorable nièce, le fiancé imbécile de celle-ci, le père de ce dernier encore plus bête que son fils, Gontran, l'assistant de Lupin... Tout ce monde joue et chante à ravir. Les scènes chantées sont entraînantes à souhait et les situations réjouissantes. Certes, les tentatives d'actualiser le spectacle passent bien mieux dans les dialogues que dans les moments chantés, où il arrive - heureusement rarement - que les chanteurs se mettent à singer certaines figures de la musique pop... Mais, au fond, tout cela n'est pas bien grave, et l'on resort de l'Athénée - qui fête actuellemnt ses 25 ans - en chantonnant... Une réussite.

Jusqu'au 13 janvier au théâtre de l'Athénée (www) puis en tournée. Dates et réservations ici.




Derniers soirs pour l'Orestie

Posté par Anne le 20.12.07 à 20:12 | tags : spectacle à paris, théâtre

David Géry relève le défi de mettre en scène l'ensemble de la trilogie de l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, avec quelques coupures certes, mais un mouvement d'ensemble totalement préservé.

La mise en scène est résolument contemporaine, avec caméra vidéo, écran géant, Clytemnestre met en scène le retour d'Agamemnon. La fin de la guerre de Troie devient affaire de communication, afin de mieux masquer le meurtre que Clytemnestre et Egisthe préparent.

Mais le plus fascinant dans cette mise en scène, c'est indiscutablement le rôle du choeur. Le choeur, simple spectateur de cette politique spectacle dans Agamemnon, qui peu à peu prend corps, s'impose jusqu'à devenir avec les Euménides le peuple, véritable acteur de la démocratie naissante. Rarement on aura entendu de manière aussi limpide et forte les propos du choeur, rarement il aura été incarné par des comédiens aussi remarquables qui, insensiblement, s'individualisent sans jamais rompre cependant l'unité du groupe. C'est impressionnant.

L'Orestie,

Jusqu'au 21 décembre au théâtre de la Commune à Aubervilliers.




Un spectateur's digest

Posté par Nedjma le 19.12.07 à 10:52 | tags : spectacle à paris, théâtre

 

Bon, résumons: les fêtes approchent à grands pas et avec elles leur cortège de repas interminables et de cadeaux pas toujours bien inspirés. Flu vous propose un spectateur's digest à vocations multiples pour cette période. Dans la sélection de nos pièces préférées du moment vous trouverez, au choix: des idées cadeaux intelligentes et réjouissantes; un moyen d'aller souffler un peu entre deux repas de famille; un endroit où passer l'un des deux réveillons si vous n'êtes ni cotillons ni dindes aux marrons. C'est parti, au rayon hit parade des spectacles les plus...

-le plus endiablé: "Divino Amore" d'Alfredo Arias. Un hommage tout feu tout flamme au théâtre de quartier romain des années 60-70. Kitsch, pailleté, musical. Avec l'incontournable Marilu Marini. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre.

-le plus voluptueux: "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux mis en scène par Luc Bondy. Clotilde Hesme et Micha Lescot forment le couple magnifique qui se prête au jeu de l'amour et du hasard avec un délice qui est aussi le nôtre. Au Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 22 décembre, puis en tournée en France.

-le plus mythique: "West Side Story" de Leonard Bernstein et Jerome Robbins. Le musical mythique célèbre ses 50 ans à Paris, et c'est un triomphe. Interprètes brillants, corps bondissants, ce Roméo et Juliette transposé dans un New-York frappé par la guerre des clans enchante. Au point que c'est archi-bondé. Il faudra se battre pour avoir une place! Au Chatelet jusqu'au 1er janvier.

-le plus désopilant: "Les Diablogues" de Dubillard, mis en scène par Anne Bourgeois, réunit un fabuleux tandem de clowns candides (Jacques Gamblin et François Morel) qui, en quête perpétuelle de sens déclenchent des non-sens en cascade. C'est un moment désopilant tout autant qu'un touchant hommage à leur créateur, Roland Dubillard. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre.

-le plus clownesque: "Taoub" par Aurélien Bory et des circassiens marocains. A la Villette jusqu'au 6 janvier.

Illus © Philippe Delacroix ; © Pascal Victor ; © A.Ch. Wulz/BB Promotion ; © Aglaé Bory




Un conte de Robert Lepage

Posté par Floriane le 18.12.07 à 15:58 | tags : spectacle à paris, théâtre

Lepage à Chaillot, même avec une production vieille de deux ans, on se dit qu’on ne peut pas rater ça. Quelles prouesses technologiques a-t-il encore pu inventer pour nous plonger dans l’univers d’Andersen ? Généralement, ces prouesses sont si fines qu’elles en deviennent invisibles, magiques et que le spectateur retomberait aisément en enfance, si les thèmes généralement abordés par le Québécois n’étaient si foncièrement « pour adultes ». Il n’en reste pas moins que Robert Lepage aime raconter des histoires, en mêlant les lieux et les époques, sans trop brouiller les pistes.

Avec son Projet Andersen, il ne faillit pas à la règle. Répondant à une commande de la Fondation danoise consacrée à l’écrivain, il revisite son œuvre, sa vie et s’en approprie quelques éléments qu’il confie à l’interprétation de Yves Jacques, son complice. Et pourtant, ce qui paraît une « bonne idée » s’avère bien vite un tricot naïf d’éléments biographiques remis tant bien que mal à la sauce contemporaine. La dramaturgie fait penser à un devoir de collège, et les effets scénographiques et visuels sentent le clin d’œil à des œuvres antérieures, tant appréciées à l’époque.
Allez, on aime tellement l’univers de Lepage qu’on se dit que la prochaine fois sera la bonne, même si cet exercice de commande n’est pas ce qu’il a fait de plus léger. Illustration © Emmanuel Valette

Projet Andersen, mis en scène par Robert Lepage

Au Théâtre National de Chaillot (www) jusqu’au 28 décembre 




Du cirque pour les fêtes

Posté par Floriane le 17.12.07 à 17:42 | tags : cirque, spectacle à paris

Sans faillir à la tradition, le cirque refait son apparition à l’occasion de Noël, même si tous les spectacles présentés ne sont pas destinés a priori aux enfants. Avec Taoub, La Villette (www) ne prend pas de grands risques. Le spectacle, créé il y a quatre ans, a déjà tourné un peu partout et l’on connaît ses vertus rassembleuses. Rien que la mention du « groupe acrobatique de Tanger » peut évoquer aux uns les vacances, aux autres les pratiques ancestrales, et attirer un public familial. Pourtant, le nom d’Aurélien Bory, bien connu des scènes parisiennes, devrait alerter, car le sieur s’est plutôt illustré dans des créations basées sur l’utilisation de technologies de pointe et les illusions visuelles. Mariage de la carpe et du lapin, le spectacle Taoub réussit pourtant à dérouler une historiette joliment illustrative, dont ceux qui comprennent les chansons en marocain peuvent pleinement profiter. Les autres se contentent de regarder les images et d’applaudir aux quelques prouesses, dont la technicité n’est pas le cœur du propos.
C’est un univers radicalement différent que propose le Cirque Trottola, dont la dernière création, Volchok, vient d’être présentée à l’Espace Cirque d’Antony. Les personnages principaux restent les mêmes que dans le premier spectacle de la troupe : un balaise et une puce, figure habituelle du couple de main à main. Mais alors qu’un univers fellinien se dégageait de leur première production, c’est un rythme clownesque qui s’impose ici, fait d’entrées et de sorties, de numéros s’enchaînant. Mention spéciale pour le maniement inédit du balai alors que les autres séquences sont plus convenues.
A signaler enfin, la présence dans le 18è, du Cirque Binet (www), dont la programmation est assurée par Adrienne Larue, le printemps et l’été et par la Mairie de Paris l’automne et l’hiver.

Reservez vos places pour Taoub sur Flu!




Une Marquise d'O. envoûtante

Posté par Anne le 13.12.07 à 22:52 | tags : spectacle à paris, théâtre
Plus que quelques jours pour admirer cette superbe mise en scène de Lukas Hemleb ! On connaît la nouvelle de Heinrich von Kleist écrite en 1805 : la Marquise d'O, c'est l'histoire d'un scandale, d'une femme de haute naissance, veuve depuis longtemps avec deux enfants, et qui se retrouve, comble de l'effroi, enceinte alors même qu'elle est l'incarnation de la chasteté et de la vertu ! Chassée de la maison paternelle, humiliée, déshonorée, elle s'en va, sûre d'elle-même, et fait paraître une annonce dans le journal local invitant le mystérieux père à se faire connaître ... Ce n'est pas sans humour que l'enquête sur cette grossesse improbable se mène. C'est toujours un défi que de mettre en scène un récit qui n'a rien de théâtral. Le parti pris de Hemleb est radical : les comédiens disent le texte tel quel sans aucune modification. C'est donc une nouvelle qui nous est racontée, le plus souvent en style indirect et paradoxalement les personnages s'incarnent immédiatement sous nos yeux : la magie opère, tant chaque comédien s'empare viscéralement du texte et le fait vivre avec virtuosité. On est soufflé de la force de ce spectacle, de la rigueur de la mise en scène, de la beauté de la scénographie (Lucio Fanti). Un véritable récit dramatique à cinq voix, de très beaux tableaux en ombre chinoise, et une Marquise d'O., superbe Cécile Garcia-Fogel, à la voix si envoûtante. On aurait tort de se priver ! Illus © Bellamy


La Marquise d'O,

Théâtre Gérard-Philippe, St-Denis, jusqu'au 16 décembre, à 20h30, dimanche à 16h.

 




Être ou ne pas

Posté par Arnaud le 11.12.07 à 18:50 | tags : spectacle à paris, théâtre



Lire aussi : Trois questions à Yves Noël Genod.

Une épaisse fumée asphyxie le plateau. Elle laisse derrière elle un champ de bataille, bordel innommable, petites choses, papiers, paillettes, poussières. L’espace est comme un débordement, une liberté déclamée haut et fort. C’est peut-être cette liberté qui caractérise le travail d’Yves Noël Genod. Il n’est pas l’un de ces militants qui nous vendent du « renouvellement » à tout va, mais simplement lui, au plus proche de ce qu’il aime et de ce qui lui parle : et c’est certainement pour cela que ses spectacles sont si singuliers, si innovants. Genod ne fait que du Genod. Et même si ses collaborations passées avec Loïc Touzé, Claude Régy ou François Tanguy ont laissé des traces palpables, des qualités de présences, une relation au corps et au temps particulière, c’est encore une fois différent.

Hamlet est un point de départ, un prétexte pour faire spectacle. Ou pour faire la réalité. Les mots de Shakespeare y résonnent mais de manière lointaine et au même titre que ceux de Johnny Hallyday. Le texte, qu’il soit d’Eddy Mitchell ou de Fabrice Melquiot n’est jamais commenté : il est matière à dire. Dans cette tour de Babel, les incantations poétiques, l’anglais télévisuel et le discours du quotidien cohabitent en toute indépendance et forment un magma du vivant. Le banal comme matière première à fabriquer du théâtre. Et inversement. Se perdre dans ces dimensions, ces discours, ces dialogues qui n’en sont pas, quitte par moment à sortir du spectacle. Mais qu’importe, les chemins pour y revenir sont foisonnants, partout des événements éclosent. Choisir. Peut-être l’homme nu qui se prend la tête de quelqu’un d’autre. Ou les confessions d’une actrice chatoyante « Au début, il était question qu’on fasse La planète des singes et j’y avais beaucoup réfléchi, mais finalement ça s’est transformé en Hamlet. Alors j’ai essayé de passer à Hamlet, mais La planète des singes et Hamlet continuaient pour moi d’être indissociables »* Ou alors par le chant englobant d’un anonyme singulier. Les solos se chevauchent, souvent drôles et surréalistes, toujours sensibles. Ils sont portés par de sublimes acteurs, aux auras bien disctinctes.

Être spectateur de cet Hamlet requiert de l’autonomie. Parmi tous les chemins, toutes les présences et les absences, la grâce, le sale, le fou, le choquant, le désopilant, l'étrange, le sincère... Dans ce drôle de beau bordel, cet ailleurs unique, il faut s’aventurer. Flyer de Patrick Laffont

*Extrait de Hélèna Villovitch, d’après et pour Marlène Saldana.

 

Hamlet, création d'Yves Noël Genod. Dans le cadre du Festival 100 dessus dessous (www), les 12 et 13 décembre à la Villette.




Trois questions à Yves Noël Genod

Posté par Arnaud le 10.12.07 à 11:30 | tags : spectacle à paris, théâtre


Yves Noël Genod est un metteur en scène fougueux et coloré. Déjà présent dans l'édition 2005 du Festival 100 Dessus Dessous avec sa pièce Lacroix n'est pas Dieu, il revient cette année avec Hamlet, une création qui ne laisse personne indifférent.

Fluctuat : Lorsqu’on est devant votre Hamlet, on est peu dérouté. On ne sait pas bien si les acteurs ont une liberté absolue pendant le spectacle ou si, au contraire tout est savamment orchestré dans le détail, et les petites choses. Quelle place occupe l’improvisation dans votre travail ?
Improvisation totale pendant le temps de travail ; rien - ou le moins possible - n'est prévu avant le temps de plateau ni même la distribution. Un pied sur le plateau, tout commence, tout est improvisé, les solutions affluent. Avec le téléphone, on appelle les gens au fur et à mesure selon le besoin organique du travail, de l'invention. Il faut peut-être juste une idée de départ. Ici, par un effet du hasard, c'était un titre : Hamlet et un acteur, Julien Gallée-Ferré. Un mois plus tard, le spectacle ressemble à tout sauf à un solo de Julien sur le thème d'Hamlet. Quoique... on peut le voir aussi comme ça. Aucune - j'insiste : aucune - improvisation pendant le temps de la représentation, sauf celle inhérente au fait de jouer ."Jouer, c'est improviser." Bob Wilson.

 

Le blog d’Yves Noël Genod (www)

Le site du Festival 100 Dessus Dessous (www)

 




Beignet ou café ?

Posté par Marion D le 07.12.07 à 12:11 | tags : spectacle à paris, théâtre
Rien du tout, merci ! En effet, la joyeuse équipe de *Melk Prod a fait un voyage à la Nouvelle Orléans, comme l'indique le nom de la pièce, et y rapporte cette aventure. S'y sont-ils ennuyés ? En tous cas, nous on s'ennuie quand on les voit hésiter et ne pas trouver de réponse à la question existentielle suivante : est-ce qu'on mange un beignet avec de la crème dedans si possible ou est-ce que l'on se contente d'un café ? Les temps sont durs au pays de Katrina, les choix sont cornéliens. Mais bon, on les suit dans leur petit périple, et l'on apprend, qu'il n'est pas facile de sortir du casino pour aller dans une boîte de jazz parce qu'il faut se décider, il y en a plein quand même, et puis en plus on a mal aux fesses quand on est assis au fond du mini-van loué à l'aéroport. Alors bien sûr, le ton est sensé être drôle, et si parfois l'on sourit, comme lors de la prestation du prédicateur de l'église baptiste à la messe de laquelle nos joyeux lurons ont assisté, l'ironie la plus mordante n'est pas vraiment au rendez-vous. Illus © Isabelle Meister

Melk Prod goes to New Orleans
, de Marco Berrettini

Jusqu' au 13 décembre, au Théâtre de la Bastille (www)



Gilbert et George au Vieux Colombier

Posté par Floriane le 07.12.07 à 10:37 | tags : spectacle à paris, théâtre

Atterrés, deux abonnés sortent du théâtre, incapables de comprendre le « parti pris parodique » que la mise en scène de Dan Jemmett impose aux comédiens pris au piège de ces Précieuses ridicules, au risque de le devenir eux-mêmes. Rude, la critique ! Quelques minutes plus tôt, le public applaudissait pourtant à tout rompre. Mais qu’applaudissait-il ? Ses comédiens favoris, habitués à se glisser dans n’importe quel personnage d’un soir à l’autre, et de se plier à toutes les exigences des metteurs en scène ? L’esthétique 60’ qui devait rappeler à quelques têtes chenues de bons souvenirs ? Le rythme plus que soutenu qui fait tendre vers la mécanique de boulevard cette farce sans respiration ? Ou les gags, si courus sur les scènes anglo-saxonnes qu’ils en excluent parfois tout autre forme d’approche.
Les spectateurs du Vieux-Colombier applaudissent sans doute tout cela : le show, les paillettes, la performance d’acteur, tout ce qui réconcilie le « grand public » avec le théâtre. Reste les autres, comme sonnés par ce qu’ils viennent de voir, et qui ne cessent de répéter ; « Mais pourquoi ? Quel intérêt ? ». Illus © Brigitte Enguérand

Les Précieuses ridicules, mis en scène par Dan Jemmett

Jusqu’au 29 décembre, en alternance, au Vieux Colombier (www)




Taoub dans la hotte du Barbu

Posté par Arnaud le 06.12.07 à 13:01 | tags : cirque, parc de la villette, spectacle à paris

De la rencontres de l'acrobatie marocaine et du nouveau cirque est né Taoub, ou Tissu en arabe. Conjugant le cirque, le théâtre et la vidéo, ce spectacle questionne "les ressources d'un tissu social ou familial." Avec pour seul décor un immense drap, les douzes acrobates de Tanger et le metteur en scène Aurélien Bory signent une fresque éclatante et audacieuse. Autant de bonnes raisons pour que Taoub fasse partie de la hotte de Flu ! Illus © Aglaé Bory

Taoub,

Par Aurélien Bory et le Groupe Acrobatique de Tanger,

Jusqu'au 6 janvier au Parc de la Villette. (www)

Réservez vos places pour le spectacle Taoub sur Flu!




Malavoy est Gary / Ajar

Posté par Nedjma le 06.12.07 à 09:46 | tags : spectacle à paris, théâtre

 

Il a eu mille vies, Romain Gary. Né Romain Kacew, puis devenu Romain Gary et Emile Ajar, ce mystificateur brillant, fut auteur de talent, résistant, homme à femmes. André Asséo lui a consacré à une pièce et Christophe Malavoy l'a adaptée et mise en scène, se glissant dans la peau de l'écrivain. A voir sur la scène du Petit Montparnasse.
Gary/Ajar, théâtre du Petit Montparnasse à 19h. 01 43 22 77 74. www




Toutes les femmes de Tchekhov sur un plateau

Posté par Nedjma le 05.12.07 à 10:11 | tags : spectacle à paris, théâtre

On n'est pas forcément férus d'anthologies, best of et autres morceaux choisis de théâtre, qui saucissonnent les textes originaux pour bâtir  des canevas pas toujours très fins. Voilà pourquoi on avance sur la pointe des pieds face à ce "Femme de Tchekhov", où deux femmes, précisément, une comédienne et une metteuse en scène proposent une plongée dans les textes de l'auteur, et dans les portraits de femmes magnifiques qu'il a dessinés... Mère, fille, amante, nièce, révoltée, amoureuse, désireuse de nouveaux horizons, inquiète, douce ou folle, elles se dévoilent, doucement, à traits fins. Irina, Sonia, Anna Petrovna, elles sont nées dans Les Trois soeurs, Oncle Vania ou Platonov et ce spectacle les assemble, les réunit, plutôt habilement d'ailleurs. Pour leur prêter sa voix, et ses traits, une seule actrice donc, Catherine Aymerie, habitée et fougueuse. Elle les incarne, elle est une et plurielle à la fois, et nous invite au voyage en une heure, une heure seulement. Et on va loin...
Femme de Tchekhov,

Théâtre Darius Milhaud, jusqu'au 17 décembre. 01 42 01 92 26.




Comme elles sont pâles …

Posté par Floriane le 03.12.07 à 14:58 | tags : spectacle à paris, théâtre

 

« Qu’est-ce que Maeterlinck ? C’est un Marthaler ». La devinette, qui figure en tête des documents de communication de l’Odéon, est des plus justes ; l’inverse aussi. Après avoir découvert le dramaturge flamand en montant Pelléas et Mélisande, le metteur en scène suisse a décidé de poursuivre son exploration et de consacrer un spectacle entier à ce symboliste belge, prix Nobel et joué sur les scènes du monde entier. C’est une connaissance intime de l’œuvre et du contexte d’origine de Maeterlinck que ce spectacle éponyme reflète. Tressage des textes plus qu’habile, jeu sur les langues (français, néerlandais, allemand : les trois langues nationales belges et celles de la distribution, plus l’anglais), scénographie saisissante de réalisme revisité : tout concourt à mettre en valeur le propos. Des ouvrières ou des patrons, qui a le destin le plus tragique ? Englués dans une attente pesante, sans issue apparente autre que le rêve, ni les uns ni les autres ne s’en sortiront. Le recours systématique à la musique et une lumière feutrée en douche donnent à la mise en scène la couleur des brouillards où Maeterlinck plonge la plupart de ses intrigues. Un symbolisme contemporain, teinté de la tendresse inaliénable de Marthaler pour les petites gens. Maeterlinck ? C’est bien un Marthaler ! Illus © Phile Deprez

Maeterlinck, mis en scène par Christoph Marthaler. Au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 4 décembre, puis en tournée en Allemagne et aux Pays-Bas (www)

New : Réservez vos places pour le spectacle Maeterlinck avec la rubrique Sortir de Flu (Billeterie théâtre).




Deux fois Caterina Sagna à Bastille

Posté par Nedjma le 29.11.07 à 18:00 | tags : danse, spectacle à paris

Marion Diouris, qui a vu les spectacles de Caterina Sagna, et les a aimés, partage avec nous son enthousiasme...

 

"Deux chorégraphies de Caterina Sagna sont reprises: Exercices spirituels (créée en 1998, re-créée en 2007), et Transgedy (création 2001). Deux soli apparemment très différents, mais dont la juxtaposition nous permet d'appercevoir le très vaste talent de la danseuse-chorégraphe. Le premier, interprété par elle-même, est sombre, sobre, épuré. D'abord, seuls les doigts dansent, précis, fins, ils racontent, ils sont fleurs, ils sont animaux. Puis ils laisseront les bras et le corps se mouvoir, au fur et à mesure que la danseuse se dépouille de ses couches de vêtements et que le décor tombe lui même en lambeaux de papier. Le très énergique Alessandro Bernardeschi interprète le second solo. Sorte de clown triste et habité par une sombre folie, il campe un artiste inspiré qui parfois ressemble à un chippendale ridicule, guidé par Shakespeare! Très drôle, il cherche à séduire le public, le regarde, le questionne, le fait rire. Il s'emporte, s'oublie, il tombe et se relève, et nous interpelle avec un humour éclatant. Présenter ces deux courtes pièces à la suite, qui semblent contraster complètement, permet d'aborder un travail chorégraphique très riche, aux multiples facettes et d'aborder l'étendue de l'expérience de Caterina Sagna."

Exercices spirituels / Transgedy, chorégraphies de Caterina Sagna, Théâtre de la bastille du 28 novembre au 6 décembre. www




Lagarce : les difficiles retours

Posté par Nedjma le 23.11.07 à 12:43 | tags : cité internationale, spectacle à paris, théâtre

On l'a déjà souvent évoqué: c'est l'année Jean-Luc Lagarce. Une année d'hommage vivant à l'auteur contemporain le plus joué sur nos scènes, à l'occasion du cinquantenaire de sa naissance. Une année riche d'expos, de spectacles, de rencontres. En 2008, son texte "Juste la fin du monde" entrera au répertoire du Français et intègrera le programme du bac.
Deux superbes pièces, résolument lagarciennes, emblématiques de son oeuvre, sont actuellement à l'affiche: "Derniers remords avant l'oubli" et "Juste la fin du monde". Toutes deux traversées par un thème essentiel chez lui: le difficile retour, les impossibles retrouvailles qu'elles soient familiales, amoureuses ou amicales, après une longue absence. Avec une constante: le choix du mot juste, précis, dans des échanges contrariés.

Dans la première, montée par la compagnie Les Possédés -qui livrait déjà une très belle version du Pays lointain, l'an dernier-, Hélène, Louis, Antoine se retrouvent dans la maison qu'ils ont partagée, où ils se sont aimés. Le temps a passé, la distance s'est installée et ils sont désormais accompagnés de leurs moitiés respectives. Belle partition collective, magnifique jeu d'acteurs faussement distants, humour mélancolique et féroce. Une fois encore, le jeune collectif sert l'auteur de belle manière.
Dans "Juste la fin du monde", c'est sa famille que Louis vient retrouver pour lui annoncer qu'il va mourir. D'annonce il n'y en aura pas, que des échanges ratés, nourris de frustrations, de maladresses, d'amour étouffé. François Berreur, qui fut longtemps son compagnon de route et fonda avec lui "Les solitaires intempestifs" connaît assurément son Lagarce. Il a une vraie intelligence du texte, et livre une mise en scène tendue, solide. Bruno Wolkowich en frère bourru, à la fêlure enfouie, est parfait. Hervé Pierre, costard de smoking et noeud pap, genre de Monsieur Loyal un peu hors du temps, nous a seulement semblé un peu trop mûr, massif pour camper Louis, qu'on préfère plus fragile.

Illus Derniers remords avant l'oubli ©Olivier Marty.

"Derniers remords avant l'oubli", Théâtre de la Bastille jusqu'au 25 novembre puis en tournée.
"Juste la fin du monde" Cité Internationale, jusqu'au 25 novembre puis en tournée. www




Les inaccoutumés, la scène de l'expérience

Posté par Nedjma le 21.11.07 à 10:22 | tags : danse, ménagerie de verre, spectacle à paris

Haut lieu de la création contemporaine, voilà 12 ans que la Ménagerie de verre fait la part belle à la danse et à l'expérience au gré de son festival automnal "Les inaccoutumés". Sous-titré "Objet chorégraphique contemporain", l'événement se veut un laboratoire expérimental et accueille 12 spectacles pour 25 représentations. A voir notamment, Rachid Ouramdane, Benoît Lachambre et Louise Lecavalier dans "I is memory", les "Héroïnes" de Julie Nioche ou encore Christophe Huysman et Jacques André dans "La course au désastre".

Les inaccoutumés à la Ménagerie de Verre, Paris 11e. 01 43 38 33 44. www




Un cercle diabolique

Posté par Nedjma le 20.11.07 à 09:46 | tags : cirque, spectacle à paris, théâtre ranelagh

Drôle d'objet que ce diabolo qui tourne, virevolte, s'envole, revient sur son fil, sans jamais perdre sa légèreté aérienne. Tout un spectacle basé sur ce simple accessoire, ça semble improbable? Fou? En tout cas, la compagnie Tr'Espace invente grâce à lui un langage technique et virtuose, soit, mais aussi poétique, foisonnant, amusant. Il s'agit de cirque bien sûr, de danse aussi, tant les corps de Petronella von Zerboni et Roman Müller, acrobates-danseurs diablement doués s'accordent au mouvement de leur instrument, le diabolo donc. A leurs côtés, le musicien Mischa Blau signe une riche partition contemporaine et, à mille lieux de faire tapisserie sonore est partie intégrante de la pièce, tout comme la lumière. Le tout tissé autour d'un cercle lumineux majestueux qui va, et vient. Le spectacle "Le cercle" annonce "diabolos, danse, contrebasses et bien d'autres choses encore". C'est aussi pour ces mille autres choses qu'il faut courir le découvrir, dans l'écrin magnifique qu'est le Ranelagh.

Le Cercle, Théâtre Ranelagh, jusqu'au 25 novembre. 01 42 88 64 44.




Micha mieux que Louis ?

Posté par Nedjma le 19.11.07 à 18:00 | tags : nanterre-amandiers, spectacle à paris, théâtre
C'était une des affiches prometteuses de l'automne théâtral: Clotilde Hesme et Louis Garreldans "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy. Le tout dans le cadre du très foisonnant Festival d'Automne. Imaginez plutôt, les Amants Réguliers de Philippe Garrel, amants aussi dans les sublimes Chansons d'amour de Christophe Honoré, partageant l'affiche, et la scène dans un délicieux marivaudage.

Bon, il se trouve que Micha Lescot remplace Louis Garrel. Pas sûr qu'on doive le regretter. Ledit Micha a déjà eu l'occasion de s'illustrer brillamment sur les planches, notamment dans "Victor ou les enfants au pouvoir" mis en scène par Philippe Adrien, dans "Henry V" mis en scène par Jean-Louis Benoît ou, plus près de nous chez Denis Podalydès en footballeur anxieux aux guiboles interminables: c'était, la saison dernière dans "Le mental de l'équipe". On ira donc juger sur pièces, et plutôt deux fois qu'une. Illus © Pascal Victor

La seconde surprise de l'amour de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy, au Théâtre Nanterre-Amandiers. Jusqu'au 21 décembre. (www)

A lire, notre chronique sur La seconde surprise de l'amour.






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