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L'actualité des spectacles à Paris sur Saisons.
Rencontre avec Wim Vandekeybus, chorégraphe chocPosté par Céline le 16.06.09 à 10:00 | tags : danse, spectacle à paris, théâtre de la ville, entretien
Wim Vandekeybus a présenté la semaine dernière à Paris sa nouvelle création, nieuwZwart. A cette occasion, Fluctuat a rencontré le chorégraphe pour lui poser quelques questions sur sa dernière pièce et sur l'ensemble de son travail. A l'inverse des mouvements qu'il imprime à sa danse, Vandekeybus apparaît comme un homme élégant, calme et posé. Dans une loge du théâtre de la ville, il prend son temps pour nous expliquer l'orientation de sa nouvelle création, nieuwZwart, qu'il dit avoir voulu plus "abstraite" que les précédentes. Apocalypse show Si la présence d'un comédien sur scène, récitant le texte de l'écrivain Peter Verhelst, apporte effectivement une dimension poétique plus abstraite à la pièce, l'empreinte très brutale du chorégraphe est là : la pièce s'ouvre sur une ambiance de fin du monde. Des corps se meuvent, dans la douleur et l'hystérie. Une immense couverture de survie les recouvre ou les découvre. Un accessoire qui colle bien à Vandekeybus, chez qui les danseurs se jettent souvent à terre, se rentrent dedans, se ramassent après des courses de longue haleine. Même sur scène, il faut survivre. Survivre dans un monde dévasté, après l'accident (qui aura littéralement lieu vers la fin de la pièce). Survivre seul et devenir fou, comme les jeunes interprètes le font si bien. Survivre, enfin, comme le font les deux inoubliables personnages de La Route, le sublime roman de Cormac McCarthy auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long de la pièce... Voir l'entretien vidéo avec Wim Vandekeybus sur Fluctuat Le théâtre musical à la fête...
La comédie musicale dans tous ses états, ça vous tente? C'est au Théâtre Comédia que ça se passe... Une initiative qu'on doit à DIVA, réseau de création pour le théâtre musical. A la direction musicale de la soirée, Raphaël Sanchez, Stan Cramer, Thierry Boulanger, Patrick Laviosa et Samuel Sene. "Grande fête du théâtre musical", Théâtre Comédia, Paris, lundi 11 mai, 20h. Renseignements www Illus "Le cabaret des hommes perdus" (dr) Martha Graham Dance Company : faire revivre le mytheMartha Graham est à la danse ce que Picasso fut à la peinture, Einstein à la physique, Stravinsky à la musique : une légende, une révolution. Hier au Théâtre du Châtelet, ce sont en ces termes que la chorégraphe - disparue en 1991 - a été présentée, avant que le rideau ne s'ouvre sur la première des trois pièces présentée dans la soirée par la Martha Graham Dance Company.
En dehors des trois pièces cités ci-dessus, deux autres programmes sont à l'affiche au Châtelet, jusqu'au 18 avril. La Martha Graham Company, qui n'était pas venu en France depuis dix ans, offre ainsi, pendant son passage à Paris, une occasion inespérée de redécouvrir la danse comme nous la voyons rarement : moderne, mémorable, mythique. Voir les vidéos et les images de Martha Graham sur Fluctuat Martha Graham Dance Company, au Théâtre du Châtelet du 14 au 18 avril. Photos © John Deane En somme ! de Marion Lévy : dormir, rêver, danser. L'un des points que nous avons de communs - il y en a certainement beaucoup d'autres - c'est notre besoin de dormir. Aussi la chorégraphe Marion Lévy a-t-elle fait du sommeil le thème principal de sa dernière création, intitulé... En somme !
Ancienne disciple de la reine Keersmaeker, Marion Lévy aime mêler la fugacité du mouvement - la danse - à la justesse du verbe - le théâtre. Pour écrire le texte de la pièce En somme (interprété par trois danseurs et deux comédiens), elle a ainsi fait appel à Fabrice Melquiot, qui a vite saisi les exigences poétiques d'un tel projet : « Je dors pour rêver, pour écrire ensuite : j'ai rêvé ». Rêves, cauchemars, insomnies, peur de l'insomnie, du noir, de la solitude, bien être, agitation, oubli, réminiscence : pour exploiter sans fausses notes toutes les sensations et tous les états qu'impliquent le sommeil, Marion Lévy a également mené sa petite recherche auprès de spécialistes du sommeil. Ce discours scientifique est d'ailleurs incarné dans sa pièce par les deux comédiens (Aude Léger et Cyril Casmèze), excellents dans leur rôle de médecins obsédés par les « courbes et les graphiques », par les méthodes, les conséquences, les techniques et les remèdes : la pièce s'ouvre un de leur exposé théorique - ponctué de touches d'humour bienvenues - auquel le public est invité à participer.
A l'inverse, les trois danseurs, sorte de « cobayes » à disposition des deux médecins, se laissent aller à leur sommeil, et se révèlent, alors, des dormeurs très différents et très... actifs. Retour en enfance, sensualité, animalité, fantasme au clair de lune : dans une mise en scène habile, Marion Lévy nous donne à voir le potentiel artistique de ce que nous vivons chaque nuit plus ou moins tranquillement sur l'oreiller. L'idéal, semble dire sa pièce, ce serait de dormir comme on danse, de dormir sans penser, de danser tout son saoul.
En Somme !, conception et chorégraphie Marion Lévy, textes Fabrice Melquiot. Avec Aline Braz Da Silva, Jung-Ae Kim, danseuses, David Lerat, danseur, Aude Léger et Cyril Casmèze, comédiens. Théâtre National de Chaillot, Studio. Jusqu'au 31 janvier 2009, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h. Les J-Dance : un regard sur la danse contemporaine japonaiseLa Maison de la Culture du Japon inaugure ce soir les J-Dance 08 : deux grands noms de la danse contemporaine japonaise participent à cette édition, qui se situe à mi-chemin entre tradition et modernité. Les 28 et 29 novembre, Kaiji Moriyama présentera trois de ses créations (un solo, un duo et un trio). Considéré comme un prodige de la danse, le chorégraphe intègre dans ses mouvements des éléments purement japonais, provenant notamment de pièces de théâtre Nô. C'est ainsi qu'il convie sur scène l'acteur de nô Reijiro Tsumura, figure incontournable au Japon. Révélation de l'Edinburgh Fringe Festival en 2001, Moriyama est, dit-on, « vif comme la lame d'une épée, aérien comme un elfe ». Les 5 et 6 décembre, ce sera au tour de Shiro Daïmon de présenter sa pièce ONI-Les grands désirs des dieux, dans laquelle sont mêlées les techniques du nô, du kabuki, de la danse contemporaine, du théâtre et de la musique. Créée en référénce à l'univers fantastique de l'écrivain Ryûnosuke Akutagawa, ONI entraîne dans un monde « d'une beauté primitive, d'une féroce sensualité ». Fidèle à Paris depuis 1976, Shiro Daïmon s'entoure de grands musiciens, maîtres de l'improvisation, et notamment, pour cette création, de François Rossé. Les J-Dance donnent l'occasion unique d'apercevoir une facette de la danse contemporaine japonaise. A ne pas manquer. ![]() Kaiji Moriyama (3 pièces). Vendredi 28 et samedi 29 novembre à 20h à la Maison de la culture du Japon à Paris OKINA avec Kaiji Moriyama et Reijiro Tsumura. Yoroboshi kasôkan, avec Kaiji Moriyama, Kaori Kagaya et Reijiro Tsumura. KURUI (création) avec Kaiji Moriyama.
Danseurs : Satchie Noro, Jean Guizerix, Shiro Daïmon Réservation MCJP Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet![]()
Thierry de Perreti accentue l'aspect intime de l'œuvre en donnant au spectacle une tonalité cauchemardesque : crudité des contrastes entre obscurité de la salle et lumière des néons, frénésie du jeu de Hamlet (qui surjoue volontairement ou non, les trois quarts du temps). Manifestement l'intrigue se situe à l'intérieur de la conscience du protagoniste, au sein de laquelle on est invité à entrer. Ce qui ne se fait de bon gré : surjeu dont j'ai parlé, léger énervement devant cet Hamlet déguisé en rocker années 1980 finalement peu crédible. Ophélie (Annabelle Hettmann) est pleine de naturel et d'émotivité dont elle sait moduler l'expression et sur elle, le look rock passe beaucoup mieux. Crédits photographiques©Pierre Grosbois Le jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet, de Bernard-Marie Koltes, mis en scène Thierry de Peretti, avec, Jean-Christophe Bouvet, Annabelle Hettmann, Lisa Martino, Pascal Tagnati, jusqu'au 20 avril au théâtre de la Bastille (www) Quand les Brigands s'acoquinent avec Arsène Lupin
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Vous devez vous dire : Arsène Lupin, on connaît, mais quid des Brigands ? Qui sont ces nouveaux associés du célèbre gentleman cambrioleur ? Eh bien voilà : ce sont les membres d'une compagnie d'acteurs/chanteurs et de musiciens qui remettent à l'honneur depuis le début de ce siècle l'opérette des années 1920 et 30. En 2004, ils avaient présenté, d'abord à l'Athénée, puis au Théâtre de la Madeleine, Ta Bouche du même Albert Willemetz et avaient obtenu avec ce spectatcle un succès considérable. Avec Arsène Lupin Banquier, voilà que se clôt la trilogie autour du parolier. Une charmante comédie où l'on retrouve Lupin en position d'honnête homme, qui, à la suite d'un rocambolesque concours de circonstance se retrouve à la tête de la banque Bourdin, en lieu et place du vrai Bourdin, lequel est en fuite après avoir laissé son entreprise en failite. Par amour pour la nièce de Bourdin qui croit voir en lui son oncle, Lupin reprend l'affaire en main... Et tout cela est délicieux : Lupin, Flo, son amante et complice, jalouse (on la comprend) de Francine, l'adorable nièce, le fiancé imbécile de celle-ci, le père de ce dernier encore plus bête que son fils, Gontran, l'assistant de Lupin... Tout ce monde joue et chante à ravir. Les scènes chantées sont entraînantes à souhait et les situations réjouissantes. Certes, les tentatives d'actualiser le spectacle passent bien mieux dans les dialogues que dans les moments chantés, où il arrive - heureusement rarement - que les chanteurs se mettent à singer certaines figures de la musique pop... Mais, au fond, tout cela n'est pas bien grave, et l'on resort de l'Athénée - qui fête actuellemnt ses 25 ans - en chantonnant... Une réussite. Jusqu'au 13 janvier au théâtre de l'Athénée (www) puis en tournée. Dates et réservations ici. Derniers soirs pour l'OrestieDavid Géry relève le défi de mettre en scène l'ensemble de la trilogie de l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, les Choéphores et les Euménides, avec quelques coupures certes, mais un mouvement d'ensemble totalement préservé. La mise en scène est résolument contemporaine, avec caméra vidéo, écran géant, Clytemnestre met en scène le retour d'Agamemnon. La fin de la guerre de Troie devient affaire de communication, afin de mieux masquer le meurtre que Clytemnestre et Egisthe préparent. Mais le plus fascinant dans cette mise en scène, c'est indiscutablement le rôle du choeur. Le choeur, simple spectateur de cette politique spectacle dans Agamemnon, qui peu à peu prend corps, s'impose jusqu'à devenir avec les Euménides le peuple, véritable acteur de la démocratie naissante. Rarement on aura entendu de manière aussi limpide et forte les propos du choeur, rarement il aura été incarné par des comédiens aussi remarquables qui, insensiblement, s'individualisent sans jamais rompre cependant l'unité du groupe. C'est impressionnant. L'Orestie, Jusqu'au 21 décembre au théâtre de la Commune à Aubervilliers. Un spectateur's digest![]()
Bon, résumons: les fêtes approchent à grands pas et avec elles leur cortège de repas interminables et de cadeaux pas toujours bien inspirés. Flu vous propose un spectateur's digest à vocations multiples pour cette période. Dans la sélection de nos pièces préférées du moment vous trouverez, au choix: des idées cadeaux intelligentes et réjouissantes; un moyen d'aller souffler un peu entre deux repas de famille; un endroit où passer l'un des deux réveillons si vous n'êtes ni cotillons ni dindes aux marrons. C'est parti, au rayon hit parade des spectacles les plus... -le plus endiablé: "Divino Amore" d'Alfredo Arias. Un hommage tout feu tout flamme au théâtre de quartier romain des années 60-70. Kitsch, pailleté, musical. Avec l'incontournable Marilu Marini. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre. -le plus voluptueux: "La seconde surprise de l'amour" de Marivaux mis en scène par Luc Bondy. Clotilde Hesme et Micha Lescot forment le couple magnifique qui se prête au jeu de l'amour et du hasard avec un délice qui est aussi le nôtre. Au Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu'au 22 décembre, puis en tournée en France. -le plus mythique: "West Side Story" de Leonard Bernstein et Jerome Robbins. Le musical mythique célèbre ses 50 ans à Paris, et c'est un triomphe. Interprètes brillants, corps bondissants, ce Roméo et Juliette transposé dans un New-York frappé par la guerre des clans enchante. Au point que c'est archi-bondé. Il faudra se battre pour avoir une place! Au Chatelet jusqu'au 1er janvier. -le plus désopilant: "Les Diablogues" de Dubillard, mis en scène par Anne Bourgeois, réunit un fabuleux tandem de clowns candides (Jacques Gamblin et François Morel) qui, en quête perpétuelle de sens déclenchent des non-sens en cascade. C'est un moment désopilant tout autant qu'un touchant hommage à leur créateur, Roland Dubillard. Au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 31 décembre. -le plus clownesque: "Taoub" par Aurélien Bory et des circassiens marocains. A la Villette jusqu'au 6 janvier. Illus © Philippe Delacroix ; © Pascal Victor ; © A.Ch. Wulz/BB Promotion ; © Aglaé Bory
Un conte de Robert Lepage![]() Lepage à Chaillot, même avec une production vieille de deux ans, on se dit qu’on ne peut pas rater ça. Quelles prouesses technologiques a-t-il encore pu inventer pour nous plonger dans l’univers d’Andersen ? Généralement, ces prouesses sont si fines qu’elles en deviennent invisibles, magiques et que le spectateur retomberait aisément en enfance, si les thèmes généralement abordés par le Québécois n’étaient si foncièrement « pour adultes ». Il n’en reste pas moins que Robert Lepage aime raconter des histoires, en mêlant les lieux et les époques, sans trop brouiller les pistes. Avec son Projet Andersen, il ne faillit pas à la règle. Répondant à une commande de la Fondation danoise consacrée à l’écrivain, il revisite son œuvre, sa vie et s’en approprie quelques éléments qu’il confie à l’interprétation de Yves Jacques, son complice. Et pourtant, ce qui paraît une « bonne idée » s’avère bien vite un tricot naïf d’éléments biographiques remis tant bien que mal à la sauce contemporaine. La dramaturgie fait penser à un devoir de collège, et les effets scénographiques et visuels sentent le clin d’œil à des œuvres antérieures, tant appréciées à l’époque. Projet Andersen, mis en scène par Robert Lepage Au Théâtre National de Chaillot (www) jusqu’au 28 décembre Du cirque pour les fêtes![]() Sans faillir à la tradition, le cirque refait son apparition à l’occasion de Noël, même si tous les spectacles présentés ne sont pas destinés a priori aux enfants. Avec Taoub, La Villette (www) ne prend pas de grands risques. Le spectacle, créé il y a quatre ans, a déjà tourné un peu partout et l’on connaît ses vertus rassembleuses. Rien que la mention du « groupe acrobatique de Tanger » peut évoquer aux uns les vacances, aux autres les pratiques ancestrales, et attirer un public familial. Pourtant, le nom d’Aurélien Bory, bien connu des scènes parisiennes, devrait alerter, car le sieur s’est plutôt illustré dans des créations basées sur l’utilisation de technologies de pointe et les illusions visuelles. Mariage de la carpe et du lapin, le spectacle Taoub réussit pourtant à dérouler une historiette joliment illustrative, dont ceux qui comprennent les chansons en marocain peuvent pleinement profiter. Les autres se contentent de regarder les images et d’applaudir aux quelques prouesses, dont la technicité n’est pas le cœur du propos. Reservez vos places pour Taoub sur Flu! Une Marquise d'O. envoûtante![]()
Théâtre Gérard-Philippe, St-Denis, jusqu'au 16 décembre, à 20h30, dimanche à 16h.
Être ou ne pas![]() Une épaisse fumée asphyxie le plateau. Elle laisse derrière elle un champ de bataille, bordel innommable, petites choses, papiers, paillettes, poussières. L’espace est comme un débordement, une liberté déclamée haut et fort. C’est peut-être cette liberté qui caractérise le travail d’Yves Noël Genod. Il n’est pas l’un de ces militants qui nous vendent du « renouvellement » à tout va, mais simplement lui, au plus proche de ce qu’il aime et de ce qui lui parle : et c’est certainement pour cela que ses spectacles sont si singuliers, si innovants. Genod ne fait que du Genod. Et même si ses collaborations passées avec Loïc Touzé, Claude Régy ou François Tanguy ont laissé des traces palpables, des qualités de présences, une relation au corps et au temps particulière, c’est encore une fois différent. Hamlet est un point de départ, un prétexte pour faire spectacle. Ou pour faire la réalité. Les mots de Shakespeare y résonnent mais de manière lointaine et au même titre que ceux de Johnny Hallyday. Le texte, qu’il soit d’Eddy Mitchell ou de Fabrice Melquiot n’est jamais commenté : il est matière à dire. Dans cette tour de Babel, les incantations poétiques, l’anglais télévisuel et le discours du quotidien cohabitent en toute indépendance et forment un magma du vivant. Le banal comme matière première à fabriquer du théâtre. Et inversement. Se perdre dans ces dimensions, ces discours, ces dialogues qui n’en sont pas, quitte par moment à sortir du spectacle. Mais qu’importe, les chemins pour y revenir sont foisonnants, partout des événements éclosent. Choisir. Peut-être l’homme nu qui se prend la tête de quelqu’un d’autre. Ou les confessions d’une actrice chatoyante « Au début, il était question qu’on fasse La planète des singes et j’y avais beaucoup réfléchi, mais finalement ça s’est transformé en Hamlet. Alors j’ai essayé de passer à Hamlet, mais La planète des singes et Hamlet continuaient pour moi d’être indissociables »* Ou alors par le chant englobant d’un anonyme singulier. Les solos se chevauchent, souvent drôles et surréalistes, toujours sensibles. Ils sont portés par de sublimes acteurs, aux auras bien disctinctes. Être spectateur de cet Hamlet requiert de l’autonomie. Parmi tous les chemins, toutes les présences et les absences, la grâce, le sale, le fou, le choquant, le désopilant, l'étrange, le sincère... Dans ce drôle de beau bordel, cet ailleurs unique, il faut s’aventurer. Flyer de Patrick Laffont *Extrait de Hélèna Villovitch, d’après et pour Marlène Saldana.
Hamlet, création d'Yves Noël Genod. Dans le cadre du Festival 100 dessus dessous (www), les 12 et 13 décembre à la Villette. Trois questions à Yves Noël Genod![]()
Fluctuat : Lorsqu’on est devant votre Hamlet, on est peu dérouté. On ne sait pas bien si les acteurs ont une liberté absolue pendant le spectacle ou si, au contraire tout est savamment orchestré dans le détail, et les petites choses. Quelle place occupe l’improvisation dans votre travail ?
Le blog d’Yves Noël Genod (www) Le site du Festival 100 Dessus Dessous (www)
Beignet ou café ?![]() Melk Prod goes to New Orleans, de Marco Berrettini Jusqu' au 13 décembre, au Théâtre de la Bastille (www) Gilbert et George au Vieux Colombier
Les Précieuses ridicules, mis en scène par Dan Jemmett Jusqu’au 29 décembre, en alternance, au Vieux Colombier (www) Taoub dans la hotte du Barbu
Taoub, Par Aurélien Bory et le Groupe Acrobatique de Tanger, Jusqu'au 6 janvier au Parc de la Villette. (www) Réservez vos places pour le spectacle Taoub sur Flu! Malavoy est Gary / Ajar![]()
Il a eu mille vies, Romain Gary. Né Romain Kacew, puis devenu Romain Gary et Emile Ajar, ce mystificateur brillant, fut auteur de talent, résistant, homme à femmes. André Asséo lui a consacré à une pièce et Christophe Malavoy l'a adaptée et mise en scène, se glissant dans la peau de l'écrivain. A voir sur la scène du Petit Montparnasse. Toutes les femmes de Tchekhov sur un plateau![]() On n'est pas forcément férus d'anthologies, best of et autres morceaux choisis de théâtre, qui saucissonnent les textes originaux pour bâtir des canevas pas toujours très fins. Voilà pourquoi on avance sur la pointe des pieds face à ce "Femme de Tchekhov", où deux femmes, précisément, une comédienne et une metteuse en scène proposent une plongée dans les textes de l'auteur, et dans les portraits de femmes magnifiques qu'il a dessinés... Mère, fille, amante, nièce, révoltée, amoureuse, désireuse de nouveaux horizons, inquiète, douce ou folle, elles se dévoilent, doucement, à traits fins. Irina, Sonia, Anna Petrovna, elles sont nées dans Les Trois soeurs, Oncle Vania ou Platonov et ce spectacle les assemble, les réunit, plutôt habilement d'ailleurs. Pour leur prêter sa voix, et ses traits, une seule actrice donc, Catherine Aymerie, habitée et fougueuse. Elle les incarne, elle est une et plurielle à la fois, et nous invite au voyage en une heure, une heure seulement. Et on va loin... Théâtre Darius Milhaud, jusqu'au 17 décembre. 01 42 01 92 26. Comme elles sont pâles …![]() « Qu’est-ce que Maeterlinck ? C’est un Marthaler ». La devinette, qui figure en tête des documents de communication de l’Odéon, est des plus justes ; l’inverse aussi. Après avoir découvert le dramaturge flamand en montant Pelléas et Mélisande, le metteur en scène suisse a décidé de poursuivre son exploration et de consacrer un spectacle entier à ce symboliste belge, prix Nobel et joué sur les scènes du monde entier. C’est une connaissance intime de l’œuvre et du contexte d’origine de Maeterlinck que ce spectacle éponyme reflète. Tressage des textes plus qu’habile, jeu sur les langues (français, néerlandais, allemand : les trois langues nationales belges et celles de la distribution, plus l’anglais), scénographie saisissante de réalisme revisité : tout concourt à mettre en valeur le propos. Des ouvrières ou des patrons, qui a le destin le plus tragique ? Englués dans une attente pesante, sans issue apparente autre que le rêve, ni les uns ni les autres ne s’en sortiront. Le recours systématique à la musique et une lumière feutrée en douche donnent à la mise en scène la couleur des brouillards où Maeterlinck plonge la plupart de ses intrigues. Un symbolisme contemporain, teinté de la tendresse inaliénable de Marthaler pour les petites gens. Maeterlinck ? C’est bien un Marthaler ! Illus © Phile Deprez Maeterlinck, mis en scène par Christoph Marthaler. Au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 4 décembre, puis en tournée en Allemagne et aux Pays-Bas (www) Deux fois Caterina Sagna à Bastille
"Deux chorégraphies de Caterina Sagna sont reprises: Exercices spirituels (créée en 1998, re-créée en 2007), et Transgedy (création 2001). Deux soli apparemment très différents, mais dont la juxtaposition nous permet d'appercevoir le très vaste talent de la danseuse-chorégraphe. Le premier, interprété par elle-même, est sombre, sobre, épuré. D'abord, seuls les doigts dansent, précis, fins, ils racontent, ils sont fleurs, ils sont animaux. Puis ils laisseront les bras et le corps se mouvoir, au fur et à mesure que la danseuse se dépouille de ses couches de vêtements et que le décor tombe lui même en lambeaux de papier. Le très énergique Alessandro Bernardeschi interprète le second solo. Sorte de clown triste et habité par une sombre folie, il campe un artiste inspiré qui parfois ressemble à un chippendale ridicule, guidé par Shakespeare! Très drôle, il cherche à séduire le public, le regarde, le questionne, le fait rire. Il s'emporte, s'oublie, il tombe et se relève, et nous interpelle avec un humour éclatant. Présenter ces deux courtes pièces à la suite, qui semblent contraster complètement, permet d'aborder un travail chorégraphique très riche, aux multiples facettes et d'aborder l'étendue de l'expérience de Caterina Sagna." Exercices spirituels / Transgedy, chorégraphies de Caterina Sagna, Théâtre de la bastille du 28 novembre au 6 décembre. www Lagarce : les difficiles retours![]() On l'a déjà souvent évoqué: c'est l'année Jean-Luc Lagarce. Une année d'hommage vivant à l'auteur contemporain le plus joué sur nos scènes, à l'occasion du cinquantenaire de sa naissance. Une année riche d'expos, de spectacles, de rencontres. En 2008, son texte "Juste la fin du monde" entrera au répertoire du Français et intègrera le programme du bac. Dans la première, montée par la compagnie Les Possédés -qui livrait déjà une très belle version du Pays lointain, l'an dernier-, Hélène, Louis, Antoine se retrouvent dans la maison qu'ils ont partagée, où ils se sont aimés. Le temps a passé, la distance s'est installée et ils sont désormais accompagnés de leurs moitiés respectives. Belle partition collective, magnifique jeu d'acteurs faussement distants, humour mélancolique et féroce. Une fois encore, le jeune collectif sert l'auteur de belle manière. Illus Derniers remords avant l'oubli ©Olivier Marty. "Derniers remords avant l'oubli", Théâtre de la Bastille jusqu'au 25 novembre puis en tournée. Les inaccoutumés, la scène de l'expérience
Haut lieu de la création contemporaine, voilà 12 ans que la Ménagerie de verre fait la part belle à la danse et à l'expérience au gré de son festival automnal "Les inaccoutumés". Sous-titré "Objet chorégraphique contemporain", l'événement se veut un laboratoire expérimental et accueille 12 spectacles pour 25 représentations. A voir notamment, Rachid Ouramdane, Benoît Lachambre et Louise Lecavalier dans "I is memory", les "Héroïnes" de Julie Nioche ou encore Christophe Huysman et Jacques André dans "La course au désastre". Les inaccoutumés à la Ménagerie de Verre, Paris 11e. 01 43 38 33 44. www Un cercle diabolique
Drôle d'objet que ce diabolo qui tourne, virevolte, s'envole, revient sur son fil, sans jamais perdre sa légèreté aérienne. Tout un spectacle basé sur ce simple accessoire, ça semble improbable? Fou? En tout cas, la compagnie Tr'Espace invente grâce à lui un langage technique et virtuose, soit, mais aussi poétique, foisonnant, amusant. Il s'agit de cirque bien sûr, de danse aussi, tant les corps de Petronella von Zerboni et Roman Müller, acrobates-danseurs diablement doués s'accordent au mouvement de leur instrument, le diabolo donc. A leurs côtés, le musicien Mischa Blau signe une riche partition contemporaine et, à mille lieux de faire tapisserie sonore est partie intégrante de la pièce, tout comme la lumière. Le tout tissé autour d'un cercle lumineux majestueux qui va, et vient. Le spectacle "Le cercle" annonce "diabolos, danse, contrebasses et bien d'autres choses encore". C'est aussi pour ces mille autres choses qu'il faut courir le découvrir, dans l'écrin magnifique qu'est le Ranelagh. Le Cercle, Théâtre Ranelagh, jusqu'au 25 novembre. 01 42 88 64 44. Micha mieux que Louis ?![]() Bon, il se trouve que Micha Lescot remplace Louis Garrel. Pas sûr qu'on doive le regretter. Ledit Micha a déjà eu l'occasion de s'illustrer brillamment sur les planches, notamment dans "Victor ou les enfants au pouvoir" mis en scène par Philippe Adrien, dans "Henry V" mis en scène par Jean-Louis Benoît ou, plus près de nous chez Denis Podalydès en footballeur anxieux aux guiboles interminables: c'était, la saison dernière dans "Le mental de l'équipe". On ira donc juger sur pièces, et plutôt deux fois qu'une. Illus © Pascal Victor La seconde surprise de l'amour de Marivaux, mis en scène par Luc Bondy, au Théâtre Nanterre-Amandiers. Jusqu'au 21 décembre. (www) A lire, notre chronique sur La seconde surprise de l'amour. |
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