Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
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Des nouvelles de l'ailleurs : Asie, Europe, Moyen Orient. Voir aussi les fils d'actu Ici et là et International.

Do you love Lvov ?

Posté par Floriane le 12.10.07 à 15:56 | tags : international, sur la route, arts de la rue, festival
Dans RakkerpakEtonnant pays que l’Ukraine. Certains vieillards détalent, littéralement terrifiés, dès qu’un artiste ou un clown tente de les approcher ; certains jeunes adoptent une attitude agressive ; d’autres au contraire se prêtent volontiers au jeu et se portent complices … Un festival de théâtre de rue est souvent une bonne façon de sentir un pays, sa progression vers la démocratie. A Lvov, le festival Golden Lion ne fait pas exception. Là où les révolutions se conçoivent comme une campagne de marketing et où les manifestants sont rémunérés à l’heure, la rue s’avère le reflet d’une population tiraillée entre vieux réflexes et progrès inexorablement en marche : l’Europe n’est pas loin.
Quel écart pourtant entre le charme et le confort incomparables d’un hôtel comme le Swiss, sans conteste à l’heure occidentale, et le Lvov, vaisseau d’hébergement hors d’âge ! Quel inconfort de ne pouvoir communiquer directement avec les hôtes, lorsque les traductions entraînent d’inévitables (mais parfois « commodes ») incompréhensions …
Il n’en reste pas moins que Golden Lion proposait à l’affiche, fin septembre, une brochette intéressante de spectacles divers : de l’art clownesque généreux du Portugais Enano à la mise en scène léchée et chronométrée de Dansk Rakkerpak dans Le Boxeur et la Ballerine, en passant par les joyeux Hongrois de Langaleta Garabonias sur leurs chevaux-échasses. Les Polonais de KTO présentaient en ouverture leur Don Quichotte tout neuf, où le champ de moulins se transforme visuellement en une image grouillante de clochers (interprétation toute personnelle). En clôture : La Cerisaie, montée par le théâtre Voskresinnia, organisateur du festival. Que dire de ce projet si ce n’est que les dernières images saisissent, en pleine actualité politique. Au moment même où le parti pro-russe remportait les élections législatives, les cerisiers, sur scène, partaient en flammes, la révolution bolchévique gagnait du terrain … Au final, c’est la coalition orange qui s’emparera du pouvoir à Kiev mais ce Tchékhov, à Lvov, avait un goût de clin d’œil, sans doute involontaire.

Vive la foi aux Orientales !

Posté par Floriane le 07.07.07 à 10:05 | tags : sur la route, festival, musique, international, ici et là
Fin de matinée, dimanche, à Saint Florent le Vieil. A l’église, les ouailles recueillies digèrent le sermon. Au Palais Briau, le public tape dans les mains et scande « Djaï Guru » avec les Bauls, venus du Bengale, pour chanter leur foi en l’homme. Contraste saisissant et vivifiant. Il est des civilisations, en effet, où la religion n’est pas que sévère mais où elle s’exalte en rassemblements quasi festifs ou en tout cas pleins de ferveur communicative. Ainsi, les soufis d’Egypte, représentés au festival par Sheikh Taha, jamais sorti de sa congrégation de Louxor, contrastent-ils avec ceux de Turquie. Süleyman Erguner, digne joueur de flûte ney, avait plutôt plongé l’assistance de l’Abbatiale dans l’apaisement d’un retour sur soi-même.
C’est cela, les Orientales, un petit goût d’ailleurs au cœur de la douceur angevine, un savant et joyeux mélange de guimbardes chinoises, touva ou rajasthanaises; un art de présenter, à côté de pointures reconnues, de tout jeunes artistes en devenir. Impossible de les nommer tous ; impossible et inutile, car ils sont avant tout les porte-parole de l’un des langages les plus universels qui soient : la musique. Toutes les infos sur le site des Orientales.

Un caravansérail à Samarcande

Posté par Floriane le 05.09.06 à 11:06 | tags : international, festival, sur la route


Quel titre alléchant ! La mythique route de la soie, aux itinéraires variés, voyait s’y rencontrer les marchands et les cultures de l’Orient le plus extrême aux confins de l’Europe, en cette Asie centrale de steppes et de musiques. Sur la terrasse du château d’en haut, dans le domaine de Villarceaux où le Festival d’Ile de France a donné, dimanche dernier, le coup d’envoi de son édition 2006, les effluves se mélangent : voix rieuses des Ouzbèques de Mohi Sitora, chants diphoniques des Mongols du groupe Khan Bodg. Les Indiens, « gitans Dhoad du Rajasthan » (en fait implantés à Tours) sont un peu plus loin sur la prairie, où ils égrènent leurs ragas et leurs tours de fakir. Tout cela dans une atmosphère bon enfant, quoique cultivée : exigeants les chants et danses du Badakhstan (Tadjikistan), les bardes de Tengir-Too (Kirghistan), beaucoup plus en tout cas que l’entraînement irrésistible de l’orchestre tzigane de Turquie.
En cette rentrée, le public mélangé écoute avec bonhomie, répandu sur les pelouses ou camouflé sous les parapluies. La Fondaton Aga Khan, voisine, a sponsorisé les musiciens d’Asie centrale, au nom de la protection de ce patrimoine oral en péril. On ne peut que souligner cet effort qui offre à certains l’occasion de voyager tout en rester chez soi. Un tout petit effort supplémentaire de scénographie n’aurait cependant pas été superflu pour que cet événement soit totalement à la hauteur de son titre.
(illus. Via Kaboul ; (c) pidz)

L'Orient en scène

Posté par Floriane le 30.08.06 à 10:52 | tags : international, festival, sur la route
La rentrée parisienne s'annonce pimentée de toutes les saveurs de l'Orient. Celles de la Route de la Soie, de l'Asie Centrale au Caucase, grâce au Festival d'Ile de France ; celles de la Thaïlande, à laquelle Cultures France consacre une programmation choisie ; celles enfin de l'Inde à travers trois versions du Mahabharata au Théâtre Claude Lévi-Strauss, quai Branly.
Le coup d'envoi de cette Route de la soie francilienne sera donné le dimanche 3 septembre, au Château de Villarceaux (95), sous le titre prometteur « Un caravansérail à Samarkand », pour se terminer le 15 octobre avec « Les voix de la méditerranée ». Entre temps, la Danse des derviches, l'Orient russe, les Nuits d'Istanbul, la Légende de Rama auront été évoqués par des artistes d'horizons divers, musiciens pour la plusieurs, mais aussi récitants.
La Maison des cultures du monde accueillera, elle, du 15 au 17 septembre, la compagnie Joe Louis, l'une des rares compagnies de théâtre de marionnettes traditionnelles de Thaïlande. Chacune des poupées, manipulée par trois marionnettistes, représente l'une des figure du khon, ce théâtre traditionnel masqué et dansé que les Parisiens auront l'occasion de découvrir, dans le cadre du festival Tout à fait thai, à l'Opéra de Massy, les 29 et 30 septembre, joué par des acteurs en chair et en os, cette fois.
Enfin, entre le 29 septembre et le 8 octobre, le quai Branly présentera, dans son Théâtre Claude Lévi-Strauss tout neuf, trois versions du Mahabharata, retraversé par des compagnies d'Inde, du Japon et d'Italie. Un mélange détonnant, à coup sûr !
(Crédit photo : © Alice Pitoëff)

La Strada de Graz : un festival en actions

Posté par Floriane le 10.08.06 à 11:58 | tags : arts de la rue, international, festival, sur la route
La guardia Flamenca

Pascal et et Josy se baladent, en plein centre ville, vêtus de leurs seuls sous-vêtements. Aux terrasses, on les regarde à peine, deux policiers suivent à distance respectable et rassurent ceux qui s’interrogeraient, même pas interloqués : « C’est Strada ! », et les sourires de s’installer sur les faces, avant de replonger qui dans le journal, qui dans la conversation entre amis.
Strada fêtera l’an prochain ses dix ans, c’est beaucoup pour un festival, le seul du genre, dédié aux arts de la rue et à la marionnette, en cette Styrie verdoyante. Assez, en tout cas, pour que la population y soit habituée et considère comme acquis ces « légers décalages dans les rouages du quotidien » qu’affectionnent particulièrement la compagnie Cacahuète. Polis, les Autrichiens, policés même, voire indifférents (ce qui pourrait s’avérer pire, vu les scores d’un certain parti, pas tout à fait à gauche, il y a quelques années).

Jo BithumeLes compagnies françaises étaient à l’honneur cette année : Jo Bithume qui signait l’inauguration, et le final (avec son spectacle sur Frankenstein), Tango Sumo, toujours vifs et courageux malgré les intempéries, les Alama’s givrés, fidèles au festival au point d’avoir traduit une partie du texte en allemand, pour la plus grande joie des spectateurs.
De production locale ? Point, pas dans la rue en tout cas, ou pas encore, car les stagiaires de Cacahuète, qui ont appris en une petite semaine les principes rouages de l’intervention, pourraient bien, si on leur donne la chance de persévérer, s’inscrire dans la filière de ce qui, il n’y a pas si longtemps, s’affichait sous le nom d’actionnisme (viennois) dont l’un des fers de lance était précisément de Graz ! Et ça tomberait particulièrement bien puisque sa fille, Diana, n’est autre que la co-directrice du festival. Pas morte, la relève !

La Strada
Du 25 juillet au 5 août 2006 à Graz (Autriche)
Site officiel



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