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En somme ! de Marion Lévy : dormir, rêver, danser. L'un des points que nous avons de communs - il y en a certainement beaucoup d'autres - c'est notre besoin de dormir. Aussi la chorégraphe Marion Lévy a-t-elle fait du sommeil le thème principal de sa dernière création, intitulé... En somme !
Ancienne disciple de la reine Keersmaeker, Marion Lévy aime mêler la fugacité du mouvement - la danse - à la justesse du verbe - le théâtre. Pour écrire le texte de la pièce En somme (interprété par trois danseurs et deux comédiens), elle a ainsi fait appel à Fabrice Melquiot, qui a vite saisi les exigences poétiques d'un tel projet : « Je dors pour rêver, pour écrire ensuite : j'ai rêvé ». Rêves, cauchemars, insomnies, peur de l'insomnie, du noir, de la solitude, bien être, agitation, oubli, réminiscence : pour exploiter sans fausses notes toutes les sensations et tous les états qu'impliquent le sommeil, Marion Lévy a également mené sa petite recherche auprès de spécialistes du sommeil. Ce discours scientifique est d'ailleurs incarné dans sa pièce par les deux comédiens (Aude Léger et Cyril Casmèze), excellents dans leur rôle de médecins obsédés par les « courbes et les graphiques », par les méthodes, les conséquences, les techniques et les remèdes : la pièce s'ouvre un de leur exposé théorique - ponctué de touches d'humour bienvenues - auquel le public est invité à participer.
A l'inverse, les trois danseurs, sorte de « cobayes » à disposition des deux médecins, se laissent aller à leur sommeil, et se révèlent, alors, des dormeurs très différents et très... actifs. Retour en enfance, sensualité, animalité, fantasme au clair de lune : dans une mise en scène habile, Marion Lévy nous donne à voir le potentiel artistique de ce que nous vivons chaque nuit plus ou moins tranquillement sur l'oreiller. L'idéal, semble dire sa pièce, ce serait de dormir comme on danse, de dormir sans penser, de danser tout son saoul.
En Somme !, conception et chorégraphie Marion Lévy, textes Fabrice Melquiot. Avec Aline Braz Da Silva, Jung-Ae Kim, danseuses, David Lerat, danseur, Aude Léger et Cyril Casmèze, comédiens. Théâtre National de Chaillot, Studio. Jusqu'au 31 janvier 2009, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h. Gershwin, ça swingue!Dominique Hervieu et José Montalvo, déjà souvent programmés à Chaillot - dont ils assuraient la direction du volet danse - signent avec "Good morning, Mr Gershwin" la première création, très swing, de leur mandat de directeurs. Chaillot est désormais dédié en grande part à l'art chorégraphique et janvier joue les feux d'artifice festifs pour inaugurer cette nouvelle ère. Outre l'hommage foisonnant rendu au créateur de "Porgy And Bess" depuis hier (on y revient très vite dans le mag), Chaillot accueillera "Paradis" signé du même tandem, "La maison", un spectacle de danse jeune public de Nathalie Pernette et "En somme", beau mariage de danse et théâtre. Pas de doute, ça va remuer en 2009! Lire notre dossier spécial "Chaillot, nouveau temple de la danse" "Good morning, Mr Gershwin", jusqu'au 7 février 2009. Théâtre national de Chaillot
![]() (Illus Laurent Philippe CCN Créteil) L'Europe du hip-hop est à Chaillot
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Illus Virtuelevation copyright Dirk Korell. Europe hip-hop, Théâtre national de Chaillot, du 31 octobre au 2 novembre. www
Cher Ulysse à Chaillot
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Pas tout à fait le même, pas tout à fait un autre. Voilà en substance qui pourrait résumer cet Ulysse version 2007, de retour à Chaillot pour six représentations seulement, avant Grenoble. Il faut aller voir cette danse suave, lumineuse et désespérée tour à tour. Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta s'inspirait de l'épopée d'Homère pour une première version en 1981 qui écrivait, blanc sur blanc, la première page d'une nouvelle danse française. Nouvelle mouture en 1993, avant une troisième et dernière aujourd'hui même. Homère toujours là, Joyce aussi. Le chorégraphe a désormais accolé l'adjectif "Cher" à la pièce, comme pour montrer combien il y est attaché. Et nous aussi... Illus © Guy Delahaye. Cher Ulysse au Théâtre national de Chaillot du 12 au 17 octobre et à la MC2 de Grenoble du 23 au 26 octobre. Hamlet à Chaillot Hamlet, troisième ! Après avoir vu la création du spectacle à la Criée (Marseille) puis au festival d’Avignon, nouvel embarquement pour le texte de Shakespeare porté à la scène par Hubert Colas, homme orchestre de Diphtong Companie et fondateur du centre de création contemporaine marseillais Montevideo. Il propose une lecture passionnante, malgré sa durée (4h40) des célèbres errances du prince de Danemark. La version présentée à Chaillot dévoile une distribution un peu différente de celle de la création: Anne Alvaro interprète Gertrude et Philippe Duclos Claudius. Thierry Raynaud reste Hamlet, et c’est tant mieux. Sa silhouette longiligne, son corps élastique, tout de noir paré, habite le plateau de ses gestes fluides, dansés presque. Il est tourmenté, cruel mais malicieux. Dans un royaume d’Elseneur peuplé de spectres, il pleure son père et fulmine contre le complot qui lui a ôté la vie. La tragédie familiale et politique, tout autant que comédie métaphysique –cf le réjouissant épisode des clowns fossoyeurs, orchestré par Alain Gautré- est servie par une mise en scène précise et une technique brillantissime. Un dispositif scénique de toute beauté, aux lumières léchées (Encaustic) et projections fascinantes (Patrick Laffont) jette les personnages, créatures dérisoires dans une boîte noire à deux volets qui s’ouvre et se ferme. Implacable. Hamlet de William Shakespeare, mise en scène de Hubert Colas
Jusqu’au 19 novembre au Théâtre de Chaillot. (www) |
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