Théâtre et danse : actu des spectacles. Blog Saisons.
Fil d'actu : théâtre de la villeFil Rss théâtre de la ville
Toute l'actu du Théâtre de la ville.

Le jeune public, c’est chic !

Posté par Nedjma le 20.10.09 à 15:48 | tags : théâtre de la ville, théâtre, jeune public

Le théâtre jeune public, on croit connaître. Des contes de fées ou des récits d’aventures bricolés, des marionnettes ou du théâtre d’objet, pas toujours de bonne qualité? C’est ce qu’on croit. En fait, les jeunes spectateurs, comme leurs aînés, ou presque, ont à leur disposition une quantité de spectacles étonnante. Eclectisme, qualité, inventivité, se déclinent aux quatre coins de Paris et de France, dans des théâtres de poche ou des salles plus imposantes. Et peu à peu, des metteurs en scène de renom s’emparent de ce genre spécifique. Joël Pommerat avait en son temps revisité Le petit chaperon rouge  ou Pinocchio  avec bonheur. Olivier Py, lui, explorait les frères Grimm et écrivait même des textes à l’attention des jeunes spectateurs. Derniers en date, Emmanuel Demarcy-Mota et Pascal Rambert.

Le premier, directeur du Théâtre de la Ville ouvre précisément, et pour la première fois, le site à des œuvres jeune public, « tout public » préfère-t-il dire. C'est le cas en ce moment avec « Wanted Petula ». Le troisième volet des aventures de Bouli Miro, signé de l’auteur Fabrice Melquiot et mis en scène avec talent et malice par le maître des lieux. Bienvenue dans un monde de rires et de larmes, de désillusions et de rêves, où un petit Prince fait à Taïwan côtoie une puce géante férue de littérature…

De son côté, Pascal Rambert, nouveau directeur du Théâtre de Gennevilliers écrit et met en scène « Mon fantôme ». Il confie : « L’idée m’est venue en observant mon fils, lorsque je le mettais au lit, il préférait les histoires que j’inventais à celles que je lui lisais (…) Avec Mon fantôme, je veux offrir aux enfants la possibilité de travailler sur leur imaginaire. Sous une tente. Sous des couvertures. En chaussettes et les yeux grands ouverts dans le noir. En somme, en petit, pour les petits, ce que nous faisons, ici au théâtre, en grand, pour les grands. »

Pas un langage différent, pas du théâtre gagatisant non, des images, des mots, des notes parfois de belle tenue, qui forgent de belle manière le goût du « vieux » public de demain…

Wanted Petula, Théâtre de la Ville. www.theatredelaville.com. Jusqu’au 27 octobre. A partir de 7 ans. Illus dr
Mon fantôme, Théâtre de Gennevilliers. www.theatre2gennevilliers.com. Du 2 au 9 décembre. A partir de 4 ans.




Sous le Volcan au Théâtre de la Ville

Posté par JdF le 02.10.09 à 18:46 | tags : festival d'automne, théâtre, théâtre de la ville

Guy Cassiers, qui avait déjà donné, l’an passé, son Triptyque du pouvoir au théâtre de la Ville, revient présentement avec Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry, qui raconte le dernier jour de la vie de Goeffrey Firmin consul britannique alcoolique, en poste dans une bourgade du Mexique, à la fin des années 1930. ce choix s’inscrit dans la longue série de romans que Cassiers à mis en scène (de Marcel Proust à Klaus Man) et dans laquelle il persiste puisqu’il s’est récemment attaqué à L’Homme sans qualité de Robert Müsil.
Dans Sous le Volcan, le dispositif est simple : sur la scène nue, ou presque, les acteurs surgissent de derrière un écran sur lequel sont projetées des images filmées au Mexique, évoquant moins la réalité qu’une nébuleuse de sensations visuelles et auditives qui traversent l’esprit embrumé (et pourtant lucide quant à sa propre déchéance) du consul. Dispositif assez statique, qui permet cependant un effet de va et vient entre extériorité et intériorité, entre les silhouettes tenues, raides parfois des acteurs, qui ne laissent paraître, de l’émotion ressentie par leurs personnages, que des bribes savamment mesurées, alors que derrière eux, le chocs des verres sur la tables, le foisonnement des paysages, les images de rodeo, renvoient à un maelström mental.
Comme toujours dans les spectacles de Guy Cassiers, les acteurs sont extraordinaires. Josse De Pauw, dont la lourde et large silhouette incarne à merveille le consul qui semble porter sur ses épaules tout le poids de son existence, est aussi l’adaptateur du roman. Katelijne Damen, déjà sublime, dans un double rôle, dans Mephisto for Ever, livre une interprétation bouleversante d’Yvonne, l’épouse de Firmin, qui lui revient après en avoir divorcé, pour se confronter de nouveau à l’impossibilité de leur amour.

Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry.
Adaptation Josse De Pauw, mise en scène Guy Cassiers, avec Josse De Pauw, Katelijne Damen, Bert Luppes, Marc Van Eeghem.


Jusqu’au 9 octobre au Théâtre de la Ville (www)

 

Illus. © Koen Broos







Angelin Preljocaj sur le fil

Posté par Nedjma le 31.08.09 à 12:45 | tags : danse, théâtre de la ville
C’est le coup d’envoi de la dense saison du Théâtre de la ville… et c’est de la danse.

Angelin Preljocaj, grand orchestrateur de spectacles flamboyants, de fresques spectaculaires (42 spectacles à son actif aujourd’hui), revient à l’essence, au solo.

La cinquantaine assumée, il s’est écrit un solo –spectacle créé au festival Montpellier danse cet été- pour « se retrouver face à lui, tout contre le mur, sans artifices, sans autre corps que le sien ».

Point de départ, le texte court, fulgurant, de Jean Genet, « Le Funambule », ode magnifique à son amant, funambule.

Le danseur et chorégraphe dira, et dansera ce texte. « Tu dois risquer la mort physique. La dramaturgie du cirque l’exige. Il est, avec la poésie, la guerre, la corrida, un des seuls jeux cruels qui subsistent », y écrit-il notamment.  Constance Guisset signe la scénographie.

« Le funambule », Théâtre de la Ville, du 3 au 15 septembre.




Rencontre avec Wim Vandekeybus, chorégraphe choc

Posté par Céline le 16.06.09 à 10:00 | tags : danse, spectacle à paris, théâtre de la ville, entretien
 
Wim Vandekeybus a présenté la semaine dernière à Paris sa nouvelle création, nieuwZwart. A cette occasion, Fluctuat a rencontré le chorégraphe pour lui poser quelques questions sur sa dernière pièce et sur l'ensemble de son travail.
A l'inverse des mouvements qu'il imprime à sa danse, Vandekeybus apparaît comme un homme élégant, calme et posé. Dans une loge du théâtre de la ville, il prend son temps pour nous expliquer l'orientation de sa nouvelle création, nieuwZwart, qu'il dit avoir voulu plus "abstraite" que les précédentes.
 
Apocalypse show

Si la présence d'un comédien sur scène, récitant le texte de l'écrivain Peter Verhelst, apporte effectivement une dimension poétique plus abstraite à la pièce, l'empreinte très brutale du chorégraphe est là : la pièce s'ouvre sur une ambiance de fin du monde. Des corps se meuvent, dans la douleur et l'hystérie. Une immense couverture de survie les recouvre ou les découvre. Un accessoire qui colle bien à Vandekeybus, chez qui les danseurs se jettent souvent à terre, se rentrent dedans, se ramassent après des courses de longue haleine. Même sur scène, il faut survivre. Survivre dans un monde dévasté, après l'accident (qui aura littéralement lieu vers la fin de la pièce). Survivre seul et devenir fou, comme les jeunes interprètes le font si bien. Survivre, enfin, comme le font les deux inoubliables personnages de La Route, le sublime roman de Cormac McCarthy auquel on ne peut s'empêcher de penser tout au long de la pièce...

Voir l'entretien vidéo avec Wim Vandekeybus sur Fluctuat




Sasha Waltz et ses petites scènes de la vie berlinoise

Posté par Céline le 06.05.09 à 12:02 | tags : théâtre de la ville, danse
Sasha Waltz est à l'affiche du Théâtre de la ville, où elle présente deux de ses pièces. La semaine dernière, on a pu redécouvrir Zweiland (1997) qui, comme l'indique son titre - Zweiland signifie "deux pays" - interroge l'état et l'avenir d'une Allemagne divisée. Des personnages hauts en couleur s'y croisent, dans la clameur et dans le chaos : les corps chez Sasha Waltz respirent la vie, et s'ils font une trêve, ce n'est jamais que pour repartir de plus belle. Vivants : il souffrent et se tapent dessus, pètent les plombs et crient au loup, valsant sur les airs vieillots de disques rayés. Les mouvements sont souvent nerveux, cocasses, traduisant tantôt le besoin de se laisser entraîner dans la danse, tantôt la volonté de rompre avec le réel.
 


Une gestuelle que l'on retrouve dans Allée des cosmonautes, pièce créée en 1996 dans la lignée du cycle Travelogue (1993-1995), dans laquelle les six membres d'une famille berlinoise se supportent et s'insupportent dans le (trop) petit appartement d'une cité populaire. Le cadre social de la pièce est posé par les images du vidéaste américain Eliot Caplan, projetées sur plusieurs postes de téléviseurs (qui renvoient eux-mêmes à un certain mode de vie) : immeubles se détachant sur un ciel incertain, intérieurs sobres ou désuets...

Dans un même immeuble, combien d'autres familles comme celle qui s'agite sur scène ? Il y a quelque chose de La Vie, mode d'emploi de Perec dans la présentation de ce quotidien disséqué au mouvement près, entre les moments de torpeur et ceux, plus nerveux, où tout le monde se cogne dessus. La pièce pourra également faire penser à Good bye Lenin !, pour la tension sociopolitique qui la traverse parfois, à Charlie Chaplin, pour les déambulations burlesques de ses personnages, à Pennac pour la tendresse que ces derniers vous inspirent. Au moment où la famille, après s'être autant démené sur un long medley composé de tubes populaires, airs traditionnels et ritournelles jouées à l'accordéon par le père, finit par faire silence à la fin de la pièce, on regrette de ne pouvoir assister, encore, au prochain sursaut, au prochain réveil, et de recevoir autre bouffée de vie insufflée par les danseurs de Sasha Waltz.
 

Sasha Waltz & Guests au Théâtre de la Ville
Zweiland, du 27 au 30 avril.
Allée des cosmonautes, du 5 au 9 mai.
Photos © Sebastian Bolesch



Retour à l'Origine

Posté par Catherine le 21.04.09 à 00:24 | tags : danse, théâtre de la ville

Reprise d'un spectacle qu'on reverrait volontiers, encore et encore. En 2008 le théâtre des Abbesses, en 2009 le grand plateau du Théâtre de la Ville : Sidi Larbi Cherkaoui enflamme une nouvelle fois le public parisien avec Origine, un spectacle plein d'humour, de couleurs et de poésie. Deux danseuses, deux danseurs, quatre coins de la planète, quatre identités. L'une se contorsionne en pantalon bleu, l'autre disjoncte en escarpins rouges. L'un est baillonné, l'autre s'explique en japonais. Tous se retrouvent régulièrement pour des instants de communion parfaite, moments de grâce dont s'échappent immédiatement les individualités.
Bien évidemment, on retrouve les thèmes chers au jeune chorégraphe flamand - la différence, l'identité, les cultures. Mais la véritable matière explosive d'Origine, c'est la femme. D'abord, il y a les voix féminines qui accompagnent les danseurs sur le plateau, polyphonies traditionnelles ou religieuses parfaitement envoûtantes - même s'il est parfois étrange d'entendre "laudate Jesus" sur des images aussi décalées ! La femme indépendante, la femme par rapport à l'homme, en miroir et en complément. Quelques scènes de "ménage" raviront à n'en pas douter les femmes du public, mais les dévoiler serait gâcher le plaisir des heureux spectateurs qui ont toute la semaine pour applaudir le retour au Théâtre de la Ville de l'Origine de Sidi Larbi Cherkaoui.

Origine (2008), mise en scène et chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui
dansé et chorégraphié par Kazutomi Kazuki, Daisy Phillips, Valgerour Runarsdottir, Shawn Mothupi
avec l'Ensemble Sarband
Au Théâtre de la Ville, du 20 au 24 avril 2009




Mefisto on stage

Posté par JdF le 24.09.08 à 18:25 | tags : théâtre, théâtre de la ville

Adapté du roman de Klaus Mann, le spectacle de Guy Cassiers, Mephisto for ever, sous-titré "le jeu du diable", raconte l'ascension d'un acteur ambitieux sous le troisième Reich : Kurt Köpler, dont la carrière sera jalonnée de compromissions avec le régime.

Au vu de la montée de la droite nationaliste en Flandres, et bien que le Vlams blook ne puisse soutenir la comparaison avec le parti nazi, le choix de Guy Cassiers trouve des échos dans l'actualité. Guy Cassiers, qui fut directeur d'un grand théâtre municipal flamand s'interroge sur la situation du personnage et sa propension à faire passer ses convictions après sa carrière d'acteur, de metteur en scène et de chef de troupe, laquelle se scindera entre ceux qui acceptent de plier face au régime nazi et ceux qui choississent la résistance ou l'exil.

 

Une pièce de circonstance, qui ouvre un triptyque du pouvoir mêlant la seconde guerre mondiale, la guerre de Troie et les guerres qui se mènent actuellement. Si l'on en juge par Mefisto for ever, c'est un beau parcours qui s'ouvre au Théâtre de la ville. Ce premier opus est en effet un chef d'œuvre. Guy Cassiers structure son spectacle autour de scènes pivots : le départ de l'actrice juive et son remplacement par sa caricature aryenne (jouée par la même actrice), l'altercation entre le directeur Müller, cadre du parti, et l'acteur Niklas, militant nazi de la première heure, qui dénonce la ploutocratie du nouveau pouvoir (tout nazi qu'il est, ce dernier sera livré au peloton d'exécution), la dernière scène enfin où après la guerre, Kurt désemparé se voit repêché par un représentant du nouveau pouvoir.

 

Ces scènes sont jouées par des acteurs qui donnent parfaitement à saisir les ressorts qui animent leur personnages, tout en sachant s'en distancier : le geste suicidaire de Niklas qui préfère mourir que taire sa rage contre les nazis qui ont trahi leur promesses, suscite à la fois l'admiration pour son courage et la pitié devant l'aveuglement du personnage qui persiste à croire à un complot des "métèques". L'usage des écrans qui permets de distinguer les expressions des visages, notamment durant la scène entre Hamlet et sa mère, magnifiquement jouée par Kurt et Rebecca, est une splendeur. Le spectacle, dans son ensemble, est curieusement empreint d'une grande douceur : comme si l'action était enveloppée dans le cocon du théâtre qui ne laissait filtrer que partiellement la violence extérieure, car c'est bien cette tour d'ivoire qui est objet de fascination pour le spectateur et d'interrogation pour le metteur en scène.

Mefisto for ever d'après Klaus Mann, mis en scène par Guy Cassiers, jusqu'au 27 septembre au théâtre de la ville (www)

Crédit photo : © Koenbroos




Petit portrait de Sidi Larbi Cherkaoui

Posté par Lucie le 21.04.08 à 10:47 | tags : danse, théâtre de la ville
A partir du 22 avril certains chanceux (le spectacle est complet depuis longtemps) pourront aller voir la dernière création de Sidi Larbi Cherkaoui, Origine. Ici le danseur a comme point de départ l’énergie féminine.
Le 3 novembre 2007, Métropolis (Arté) dressait un petit portrait du chorégraphe. Alors faute de pouvoir voir le spectacle…






Christian Rizzo, Mon amour : Et si Gus Van Sant était chorégraphe...

Posté par Lucie le 13.03.08 à 18:01 | tags : danse, théâtre de la ville

Une bande de jeunes, en jeans slims ou jeans usés et sweat-shirt à capuche (capuches qu’ils ont remontées sur leur tête), nous tournent le dos et tapent le rythme d’un son électro-rock répétitif. Une immense boule noire sur le carré blanc de la scène, non sensible au son, reste, elle, imperturbable. Une plaque carrée est pendue à trois mètres du sol, parallèle à celui-ci. Le tout est baigné dans une fumée blanche qui confère une épaisseur plastique à l’espace.


-10 minutes, un quart d’heure, l’entrée du public, longue et périlleuse pour cette salle de 560 places.-


Ce sont les premières images du spectacle de Christian Rizzo, elles marquent l’esprit tant elles sont stimulantes, denses et solides.

Vont suivre des balais de plantes vertes, de chaises en bois et de boules noires captivantes. La chorégraphie oscille entre le mouvement pur, la danse contact et la danse. Les interprètes se portent beaucoup, et se déportent souvent. Sans vraiment d’attache. Pour repère le vert des plantes, éléments qui composent une nature en pot mais bien vivante, efficacement luxuriante, et qu’ils déplacent sans cesse. Certains la transportent même dans leurs sacs : pour reconstruire un monde ?


May I touch you ?
Et comme second repère l’Autre, le plus important, qu’on essaie d’embrasser mais qui s’échappe, qu’on porte, qu’on supporte ou qu’on emporte, mais jamais de force. Ces contacts semblent exprimer la fragilité de celui qui est porté, et la force obligée de celui qui porte.

En fond sonore, s’ajoute aux mélodies trip-hop rock les paroles (in english) de poèmes de William Carlos Williams et des chansons de Morrissey, Marianne Faithfull ou Patti Smith interprétées par Mark Tompkins. Et celles-ci parlent de l’amour, de l’errance, du pardon, de la renaissance, de l’enfance, de l’autre, de la fuite, de la porte ouverte. Les mots créent une nappe englobante, qu’on écoute ou qu’on n’entend plus vraiment par moment mais qui berce et caresse.


« May I touch you ? » comme une litanie que répète Tompkins au micro, sur des longs rifs de guitares - Les instruments sont à demi-visible derrière un tulle noir en fond de scène, batterie, contrebasse, table de mixage.

« May I touch yoooouuu » comme un chant d’amour désespéré mais qui se risque à l’expression.
En écho à ces possibles rencontres, on voit sur scène des pas de deux ou des expéditions solitaires, des gestes simples et des éclats frénétiques. Sans forcément de grâce rigide, sans aucun académisme, mais dans l’harmonie, dans la complicité des corps. On verra petit à petit le visage des danseurs et des morceaux de peau. Et plus tard une invasion de boules noires et Tompkins seul dans ce désert absurde et enfumé, écho d'une douce apocalypse.

Et ça évoque Gus Van Sant, une innocence déchue, une délicatesse qui devient parfois abrupte, et la sensualité du jean, le rock et les plantes… si vertes…

Illustr©Marc Domage
Mon amour de Christian Rizzo au Théâtre de la Ville (www) du 11 au 14 mars. Réservez vos places pour les prochains spectacles de Christian Rizzo.




« Danse en mars »: tarif "découverte" au Théâtre de la Ville

Posté par Lucie le 05.03.08 à 15:59 | tags : danse, théâtre de la ville


En mars, le Théâtre de la Ville propose un tarif à 8 euros pour quatre spectacles: Mon amour de Christian Rizzo, Loin de Rachid Ouramdane, Holeunone de Karine Ponties et Text to speech de Gilles Jobin.

 

Christian Rizzo a un parcours atypique. Issu d’une formation en art plastique, il est devenu styliste et à créé une marque de vêtement. Il fut également musicien dans un groupe de rock avant d'arriver petit à petit à la performance, au théâtre, et… à la danse.
Ce chemin biscornu que notre société du « toujours tout droit sinon ça fait peur » qualifierait au mieux d'"étonnant" au pire d’ « incohérent » fait la force du chorégraphe. Celui-ci propose des chorégraphies singulières, très plastiques, où la musique obtient une place importante. Le chant du charismatique Mark Tompkins (chorégraphe de son état), accompagnera sa dernière création sobrement nommé « Mon amour ». A découvrir donc...

 

Egalement au "tarif":

 

-Le solo du chorégraphe Rachid Ouramdane Loin s’organisera autour du thème du déplacement, du voyage, de l’exil et des sensations de morcellement dont ces mouvements imprègnent le corps.

 

-Karine Ponties a construit sa dernière chorégraphie Holeulone autour d’un livre de science fiction de Daniel Keyes Des Fleurs pour Algernon. L’histoire d’un jeune homme manipulé par deux savants et qui devient alors une énigme pour lui-même.

 

-Text to speech est un logiciel de son, et c’est aussi le titre de la dernière création du chorégraphe suisse Gilles Jobin. Des bruits (texte historique, ou d’actualité, voix, musique, vibrations sonores) seront en effet remixés en direct par les interprètes (dont Jobin lui-même) afin de composer un spectacle entre composition chorégraphique et sonore.

 




Extase collective au Théâtre de la Ville

Posté par Floriane le 24.10.07 à 18:46 | tags : danse, théâtre de la ville

Que se passerait-il si toutes les couches de la société étaient gagnées par l’extase ? Si l’hystérie qui caractérise les grands mystiques s’insérait dans des comportements quotidiens, contaminés à leur insu par le religieux ? Face à la radicalisation croissante, notamment du catholicisme, Alain Platel donne sa réponse d’homme sensible, engagé. Conscient du fait social, on le savait, depuis cet interview, il y a une quinzaine d’années, au lendemain de la première victoire écrasante du parti d’extrême-droite, en Flandres. Le chorégraphe était alors incapable de parler de son travail, sonné par l’actualité, mais c’est ainsi qu’il se cernait le mieux, après tout : un homme, qui a choisi l’art de groupe pour s’exprimer.
« vsprs », sa dernière création, reprise au Théâtre de la Ville jusqu’au 27 octobre, est dans la droite lignée. Musiciens en scène, scénographie monumentale, thématique alertée sur l’impact croissant des religions … : on a vu cela, il y a quelques semaines, au même endroit, sous la patte de Sidi Larbi Cherkaoui. Et pourtant, alors que ce dernier choisissait de discourir, Alain Platel inscrit dans les corps la thématique, et ses interprètes, cosmopolites, prêtent toute leur virtuosité à cet ébranlement perpétuel. Personne n’en ressort indemne.




La vision de Sidi Larbi Cherkaoui

Posté par Floriane le 28.09.07 à 13:38 | tags : danse, théâtre de la ville

Sidi Larbi Cherkaoui est l’un des chorégraphes belges en vogue à Paris. Le Théâtre de la Ville en a fait une sorte de compagnon, accueillant ses créations depuis 2001 et présentant, en avril prochain, une deuxième pièce intitulée Origine. Pour l’heure, c’est Myth qui est l’affiche. 21 artistes sur scène, dont les 6 musiciens de l’ensemble musical Micrologus, une scénographie à plusieurs niveaux, un labyrinthe dessiné sur le sol … Fidèle à lui-même, le chorégraphe peint plutôt qu’il n’esquisse, explique tout en évoquant. Certains pourront trouver pléthorique la forêt de signes amassés sur le plateau ; d’autres s’y perdront avec délices, à la recherche d’un fil qui leur permettrait de sortir, de s’en sortir. Face à soi-même et à ses démons, à ses ombres, comment l’homme réagit-il, à l’ère de l’antagonisme entre religion et psychanalyse ? Tout un programme, traité de manière assez baroque par Sidi Larbi Cherkaoui, lui-même né de mère flamande et de père marocain. Le répertoire musical, dont les accents médiévaux se teintent parfois d’orientalisme, est sans doute le métissage le plus abouti du spectacle, où les danseurs acrobates n’hésitent pas à se transformer en héros de manga pour corser un peu plus les références esthétiques …
Jusqu’au 6 octobre au Théâtre de la Ville, puis en tournée en région et à l’étranger jusque juin 2008.



Au revoir parapluie

Posté par Floriane le 22.05.07 à 11:38 | tags : cirque, théâtre, théâtre de la ville
On aimerait tant être sorti de la salle à la fin de la première partie, au bout de 45 minutes de spectacle exactement … Ce serait tellement merveilleux de rester sur cette impression de génie absolu, incarné sous nos yeux, sur scène, alliant l’inventivité la plus débridée et la maîtrise parfaite des enchaînements … Mais il y a la deuxième partie, les images non pas de trop (ce serait criminel de qualifier ainsi ces perles) mais comme jetées d’un geste incontrôlé sur la page du plateau. Comme on aimerait que James Thierrée n’ait pas souhaité « tout donner », comme à son habitude, en un seul spectacle mais qu’il ait gardé en réserve quelques-unes de ses idées prodigieuses pour les développer dans une prochaine production.
On avait un peu le même sentiment dans le spectacle du Cirque Invisible, au Rond-Point. Un rythme de music-hall endiablé, peu habituel sur les scènes françaises, y entraînait les parents de James au surplus d’images qui, toutes plus drôles ou inventives les unes que les autres, finissaient par déboussoler le public, rassasié avant que le rideau finisse par tomber.
Dommage … On a tant d’admiration pour le talent multi-facette de cet artiste incroyable, petit fils de …, qui s’est donné les moyens d’une formation éclectique mais solide. Et ces idées qu’il a dans la tête, de fuite, de perte, de voyages aboutissant inévitablement au cœur du chapiteau protecteur, lui sont tellement personnelles mais tellement proches de nous. Mais ce serait tellement bien si la chanteuse était aussi bonne dans le lyrique que dans l’ethnique, et si le mime sur la musique était exploité de façon moins systématique … Reste l’interprétation irréprochable d’une sorte de lutin danseur japonais et d’un clown suédois aguerri qui apportent un écho et un contre-poids essentiels à l’interprétation de James Thierrée qui a remporté cette année le Molière du théâtre en région.
Au revoir parapluie - A l’affiche du Théâtre de la Ville jusqu’au 30 mai (www).



Diverses facettes de l'Inde au Théâtre de la Ville

Posté par Floriane le 12.05.07 à 18:40 | tags : ici et là, théâtre de la ville
kuchipudiDécidément, l'Inde est à l'honneur, en cette fin de saison, dans la capitale française, après un hommage remarqué au dernier Salon du Livre. C'est pourtant avec un artiste iranien, Kayhan Kalhor, que le programme de mai débute, les 12 et 14. Ce joueur de kamantche invite, le samedi, le Turc Erdal Erzincan, au baglama, pour un duo de cordes contrasté. Le lundi, c'est le chanteur iranien Hamid Reza Nourbakhsh qui l'acompagne.
Et puis, c'est la plongée dans l'Inde, sous ses facettes les plus inattendues. Duo de mandoline et de guitare, le 26 mai, avec U. Shrinivas et Debashish Bhattacharya ! Non, ce ne sont pas des instruments " locaux " mais les couleurs sonores ont su charmer les deux interprètes depuis fort longtemps. Le 14 juin, les cousins Daga (Wasifuddin au chant dhrupad et Bahauddin au rudra vina, instrument de la famille du sitar) finissent en beauté l'année des musiques du monde dans le théâtre parisien.
Dans la foulée, du 12 au 16 juin, Maria-Kiran et Shantala Shivalingappa, du 19 au 23, clôturent la programmation de danse. La première présenta l'an dernier un Bharata/Bach remarqué, basé sur le rapprochement entre le rituel des temples indiens et la messe. Elle revient avec La Face cachée où elle revisite le bharata natyam pour relater les transports amoureux des divinités indiennes. Enfin, c'est au kichipudi, une danse apparue au XVè siècle, que la seconde se consacre, quand elle ne danse pas chez Pina Bausch. Gaieté et pirouettes garanties !
Au Théâtre de la Ville à Paris (www).Sur le mag : présentation de la programmation "spectacles d'ailleurs" au Théâtre de la Ville.



Plus ou moins l'infini ?!?

Posté par Floriane le 20.04.07 à 15:45 | tags : cirque, danse, théâtre de la ville
Plus ou moins l'infiniPour ceux qui ont aimé Erection de Pierre Rigal présenté récemment au Théâtre des Abbesses, le dernier spectacle de la Cie 111 devrait être un régal. Petit organigramme : Aurélien Bory a conçu et mis en scène Erection ; il a également conçu Plus ou moins l'infini, mis en scène par Phil Soltanoff, le directeur artistique de mad dog, une compagnie de théâtre expérimental new yorkaise. Bory vient de la physique, du cinéma, de l'acoustique architecturale et (pas accessoirement du tout) du jonglage. Nourri de références liées au Bauhaus et au constructivisme, c'est tout naturellement que la trilogie dont le spectacle présenté au Théâtre de la Ville est le dernier volet soit basé sur les jeux du corps dans l'espace. Ici, c'est la ligne qui est reine dans ce que Bory n'hésite pas à appeler son " théâtre cinétique ". Tout cela a l'air très compliqué mais sur le plateau, c'est tout bonnement la magie qui opère, au sens le plus littéral d'une illusion parfaitement maîtrisée.
Plus ou moins l'infini, du 19 au 26 avril au Théâtre de la Ville (www)



Erection luminescente aux Abbesses + parcours Rigal / Bory

 

Pierre Rigal est un artiste singulier : ancien sportif de haut niveau, venu sur le tard à la danse, intéressé par l’image, et complice d’Aurélien Bory. C’est ce dernier qui a conçu et mis en scène son spectacle Erection, donné dernièrement pour deux soirées exceptionnelles au théâtre des Abbesses, ainsi que le quatuor, Arrêts de jeu, à l’affiche au Théâtre de la Cité internationale, du 5 au 10 mars prochains. Aurélien Bory, toujours lui, est également le concepteur de Plus ou moins l’infini, présenté au Théâtre de la ville du 19 au 26 avril. Belle actualité pour cet artiste, inclassable à dessein.

Dans Erection, les qualités athlétiques de Pierre Rigal sont parfaitement mises au service de la recherche scénique et esthétique qu’il partage avec Aurélien Bory. Jeux de lumières, illusions d’optique affrontent la matérialité du corps du danseur qui s’en amuse, s’y heurte, s’y glisse, s’y coule, avant d’y disparaître. Au final, face détournée, seule reste visible la projection du corps filmé, sur le dos de l’interprète.
On est là dans la performance, certes, physique et visuelle ; dans l’expérimentation aussi, qui n’est pas sans rappeler celle des avant-gardes d’il y a un siècle déjà lorsque les principes photographiques, notamment, étaient traficotés par les plasticiens et les chorégraphes. Rien de vraiment révolutionnaire, donc, mais du travail bien fait, plaisant et sacrément bien assumé !

Erection de Pierre Rigal et Aurélien Bory, c'était aux Abbesses du 2 au 22 février.
A suivre :
Arrêts de jeu, de Pierre Rigal et Aurélien Bory à la Cité internationale, du 5 au 10 mars 2007
Plus ou moins l’infini, conçu par Aurélien Bory, au Théâtre de la ville du 19 au 26 avril 2007

 Illustrations : ci-dessus, Erection, ci-dessous, Arrêts de jeu. DR.

 


 




L’Arménie et l’Inde en février, au Théâtre de la Ville

Posté par Floriane le 09.02.07 à 15:38 | tags : ici et là, théâtre de la ville
Qui a entendu une fois le son du doudouk, l’instrument à vent emblématique de l’Arménie, peut s’approcher un peu de la déchirure profonde qui endeuille ce peuple depuis des générations. Aucun instrument, sans doute, n’est plus profondément pleureur, nostalgique, mais pudique à la fois. Lévon Minassian, issu de la diaspora installée à Marseille, sera accompagné le 10 février de sa sœur Roselyne, chanteuse, et de Gaguik Mouradian (illus.), joueur de kamantché (la vièle à pique largement répandue en Orient).

Samedi 10 février à 17h, au Théâtre de la Ville (www)
Lévon Minasian & Armand Amar, Songs from the world apart, CD paru chez Long Distance

Le 17 février, c’est Dhruba Ghosh qui fera chanter son sarangi, cette vièle à cordes frottées dont le son est proche de la voix humaine. D’ailleurs, pour mieux en jouer, Dhruba Ghosh s’est perfectionné en chant ! Fils d’un joueur de tabla renommé, que le célèbre Ravi Shankar venait visiter à ses heures, c’est l’hommage de Rostropovitch que l’Indien a reçu, en 1988. Musique et sensibilité sans frontière.
Samedi 17 février à 17h, pour la première fois au Théâtre de la Ville (www)






  Discussions en cours sur le forum théâtre :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines