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L'actualité du Théâtre en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons. Voir aussi l'actualité du festival d'avignon 2006
Marianne: deux caprices à l'affiche
Magnifique, incandescente, cette oeuvre de jeunesse de Alfred de Musset. Il l'écrit à 23 ans, en 1833, pour dire les affres de l'amour. Deux versions de la pièce sont actuellement à l'affiche à Paris. Celle de Sébastien Azzopardi, d'abord. Le jeune etteur en scène -qui signa l'hilarant "Tour du monde en 80 jours" et remet le couvert avec un autre spectacle dingue, "Mission Florimont" au Théâtre Tristan Bernard- opte pour une vision plutôt mélancolique. Fable musicale, tourbillon de masques et de notes, virevoltante, légère comme une bulle de champagne, et sombre à la fois. Au Théâtre 14, Marcel Maréchal, directeur des Tréteaux de France s'offre le rôle de Claudio et se tient sur le fil entre drame et comédie, sans jamais choisir vraiment. Les caprices de Marianne, mis en scène par Sébastien Azzopardi au Lucernaire, par Marcel Maréchal au Théâtre 14, jusqu'au 11 juillet. Wajdi Mouawad primé par l’Académie française
Les membres de la Coupole du quai Conti lui ont décerné leur Grand Prix du théâtre pour l'ensemble de son oeuvre dramatique dans le cadre d’un palmarès qui comprend quelque 70 prix (de littérature, de la nouvelle, de l'essai, de la biographie).
Le Grand Prix du théâtre a été créé en 1980. Mouawad, qui succède à Jean Anouilh, Marguerite Duras, Roland Dubillard et Valère Novarina recevra sa récompense en décembre prochain. En attendant, le créateur libano-québecois met la touche finale à son quatuor « Le sang des promesses », dont une partie (« Littoral, Incendies, Forêts ») sera présenté en intégrale dans la Cour d’honneur, lors d’une odyssée de onze heure. Le dernier volet, « Ciels » sera dévoilé dans la deuxième partie du festival… Illus © Jean-Louis Fernandez Ils n'iront pas à Avignon...
Pendant donc que la cité des Papes résonne des 40 spectacles du In et du petit millier du Off, entre cours et jardins, cloîtres et écoles, théâtres et rue, "Nous n'irons pas à Avignon" joue une autre musique, ça se passe cette année, du 1er au 26 juillet. L'affiche de la onzième édition montre un petit gars, jumelles à la main et titre "Vers l'infini et l'au delà". Voilà qui ouvre de larges horizons. Au menu, théâtre et danse, jeune public et jongle, cabaret et théâtre de rue. Des spectacles, et des débats, des reprises et des créations par des compagnies singulières, inventives, foisonnantes. Demandez le programme... Du 1er au 5 juillet: "Quanta ou la terrible histoire de Lulu Schrodinger", "Accroche-toi aux étourneaux", "Piano-Ball", "Les petites comédies de l'eau", "Oa", "Le cabaret historique de l'histoire de France" Du 8 au 12 juillet: "Ah bon", "Contre-image"; "Le titanos débarque", "Gênes 01" (adapté du très bon texte de Fausto Paravidino), "ça va bien", "Macbeth", "Penetrator". Du 22 au 26 juillet: "L'enfant qui ne fermait pas les yeux", "Les failles", "Spectractes", " Festival "Nous n'irons pas à Avignon" à Ivry et Vitry-sur-Seine, du 1er au 26 juillet. Réservations 01 55 53 22 26. Plus d'infos ici. Les journées de juin du Conservatoire Chaque année à la même époque, le Conservatoire supérieur d’art dramatique ouvre ses portes au public pour dévoiler les travaux d’élèves emmenés par quelques prestigieux professeurs. Ce sont les « Journées de juin ». Après Philippe Torreton, Jean-Damien BarbinDominique Valadié, on découvrira ces vendredi et samedi la classe de Daniel Mesguich, directeur de la vénérable institution (illus dr)De son côté, la classe de Yann-Joël Collin livre un montage d’Henry VI et Richard III de Shakespeare. On sait que le metteur en scène est fin connaisseur de l’auteur… Journées de juin: Classe de Daniel Mesguich, 26 juin à 20h30, 27 juin à 15h et 20h30. Classe de Yann-Joël Collin, les 27 et 29 juin à 28h, le 28 à 16h. Entrée libre, réservation au 01 53 24 90 16. Plus d'infos ici Festival Trans-09 à la Bastille
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Trans-genre, trans-gressif, trans-frontalier (entre théâtre, musique et danse)... Le festival trans-09 a commencé lundi au Théâtre de la Bastille. Et très bien commencé ! La pièce raconte le conte après le conte : les démêlés de la ressuscitée avec sa mère qui, chez Grimm, n’est que sa belle-mère, mais Walser aime à pousser le bouchon freudien un peu plus loin ! Nous entrons alors dans les tréfonds d’une névrose familiale pas piquée des hannetons : une mère à la sexualité dévorante, aimée par le chasseur qu’elle avait jadis envoyé tuer Blanche-Neige et par le prince qui la préfère à sa fille, asexuée, nostalgique du pays des nains, où l’amour, dit-elle, était si pur !). Dans un décor drapé de blanc, les acteurs et surtout les actrices interprètent la partition de Walser, en oscillant entre une intériorisation du tragique de l’affaire et un sur-jeu qui insiste sur le décalage entre la pièce et le conte. Festival Trans-09, jusqu'au 28 juin au Théâtre de la Bastille. Reprise de Blanche-Neige à l'étoile du nord, dans le cadre du festival "On n'arrête pas le théâtre" du 15 au 26 juillet 2009 Illus. "Blanche neige" dr. Audrey Tautou va jouer Ibsen
![]() Isabelle Huppert, coutumière du passage de la scène à l’écran sera chez Krzysztof Warlikowski dans « Un tramway nommé désir » à l’Odéon, on le sait. Nathalie Baye jouera aux côtés de Pascal Bongard dans « Hiver » de Jon Fosse, mis en scène par Jérémie Lippman. Jeune et frais, le trio Sara Giraudeau-Arié Elmaleh-Chloé Lambert, qui vient de jouer les levers de rideau du « Festival d’Anjou » sera de nouveau à l’affiche de "La nuit des rois", à Paris, au Théâtre Comedia dès le 5 septembre, sous la direction de Nicolas Briançon. Plus inattendu, les premiers pas sur scène d’Audrey Tautou. Amélie Chanel/ Coco Poulain, égérie du nouveau parfum Chanel sous la caméra de son fidèle Jean-Pierre Jeunet incarnera Nora dans « Maison de poupée » d’Ibsen, au théâtre de la Madeleine. "Maison de poupée", Théâtre de la Madeleine, janvier 2010.
Alice Belaïdi, révélation théâtrale de l’année
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Elle en a fait du chemin, Alice Belaïdi. La belle brunette avignonnaise se frottait toute jeune au théâtre sous la houlette du comédien Raymond Vinciguerra, dans les ateliers du Théâtre du Chêne Noir. Décrochait son premier rôle dans « Mireille », adapté par Gérard Gélas de l'oeuvre de Frédéric Mistral. Toujours dirigée de main de maître par le directeur du Chêne, elle a campé une héroïne de banlieue dans « Radio mon amour » ou Rosette dans « On ne badine pas avec l’amour » et, était Marianne, sous la direction de Françoise Chattot dans « Les caprices de Marianne » au théâtre marseillais du Gyptis. Avec toujours la même fraîcheur, la même grâce. Cette fois, elle incarne Jbara/ Sheherazade dans « Confidences à Allah », adapté du roman de Saphia Azzedine (éditions Leo Scheer). Créée l’été dernier à Avignon, la pièce est en ce moment à l’affiche du Petit Montparnasse parisien. Fille de rien, bergère des montagnes, prostituée pour des yaourts à la grenadine, Jbara est bannie puis devient poule de luxe et femme d’imam. Seule en scène, la comédienne incarne avec un talent fou la dizaine de personnages qui croise la route de l’héroïne. Emeut, amuse, bouleverse, surprend. Par sa maturité, son incroyable palette, sa présence sur le fil, son ton d’une grande justesse. Le syndicat national de la critique l’a élue hier, révélation théâtrale de l’année à la Cité de la musique. Belle reconnaissance chargée de promesses pour la suite... Elle voisine ainsi avec Alain Françon, grand prix pour sa mise en scène de « La cerisaie » et « Tartuffe » de Stéphane Braunschweig, meilleur spectacle créé en province. Ludmila Mikaël et Hervé Pierre sont respectivement sacrés meilleure comédienne et meilleur comédien pour « L’amante anglaise » et « La grande magie ». Illus Manuel Pascual. "Confidences à Allah", Théâtre du Petit Montparnasse jusqu'au 28 juin. Festival Off d'Avignon, Théâtre du Chêne noir du 7 au 29 juillet. "Vivant" au Studio-théâtre de la Comédie FrançaiseOn était habitués à voir Pierre Meunier montrer, au théâtre de la Bastille, des spectacles saugrenus, fait sà partir de pierres et autres matériaux, animés par divers mécanismes. Ici, le projet est d’une veine bien plus classique : un texte d'Annie Zadek sur les derniers jours de Léon Tolstoï, un monologue, en fait, interprété par Hervé Pierre, est une évocation poignante de cette fuite dérisoire de Tolstoï, quittant son foyer, sa femme et mère de ses nombreux enfants, cherchant à échapper à cette figure d’écrivain monumental, incarnant la Russie éternelle qu’il est devenu. Le voilà dans une gare. Derrière lui, les trains passent, couvrant sa voix. L’écrivain ressasse ses obsessions : sa femme, le désir qu’il éprouve pour elle et l’impression d’enfermement qu’il ressent auprès d’elle). Julie Sicard, figure muette, vient prendre soin de lui : lui ôter ses vêtements de route, lui passer sa robe de chambre. Lui, absorbé par sa litanie, l’ignore, mais se laisse faire. La peur de mourir le hante, ainsi que l’impuissance qu’il ressent face à l’immense misère qui l’entoure. Dans une ouverture pratiquée au fond du décor, des têtes de papier mâché apparaissent au fur et à mesure qu’il égraine les cas les plus pathétiques qui lui reviennent en mémoire, tandis qu’autour de lui, les toiles peintes se détachent des châssis. Pierre Meunier a su discrètement intégrer au ressassement de ce vieil homme tout à la fois monumental et misérable, ses propres idées fixes et faire parler les objets inanimés. Vivant d'Annie Zadek, mise en scène de Pierre Meunier, avec Hervé Pierre et Julie Sicard. Jusqu'au 28 juin au Studio théâtre de la Comédie-Française. Illus: Cosimo Mirco Magliocca.
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Le Café de la Gare, 40 ans, toujours mordant
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Peu à peu, le petit café-théâtre voit venir à lui un dense public avide d’humour noir et débridé. Le prix des places se décide à la roue, les acteurs et spectateurs se retrouvent autour d’une soupe. Le lieu s’avère trop petit et la fine équipe finit par déménager dans le 4e arrondissement, rue du Temple. Aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts. Nombre des fondateurs ont passé l’arme à gauche, Bouteille chemine de son côté. Sotha elle, est toujours là, en gardienne du temple. Elle continue de programmer comédies et solos grinçants –l'excellent Didier Porte notamment-. Pour fêter la flamboyante quarantaine du Café de la Gare, elle recrée son western « La mort, le moi, le nœud », à l’affiche depuis mars dernier. Ce dimanche, on y verra, en plus, une exposition photos et une projection. Bon anniversaire ! Illus la troupe de "La mort, le moi, le noeud". DR La mort, le moi, le nœud. Soirée anniversaire le 14 juin. Café de la Gare, 41, rue du Temple, Paris 4e. 01.42.78.52.51.Scène de ménage au 104
A quoi pourrait bien ressembler une création sur un thème aussi peu sexy ? Pour le savoir, on court au 104. Le Cinq, espace dédié aux artistes locaux et amateurs a accueilli plusieurs mois durant les répétitions de la pièce. Première représentation publique, à ciel ouvert, le jeudi 2 juillet. Dress code : les filles en rose, les garçons en bleu. Et détail de taille, c’est gratuit… Les hommes et le ménage, texte et mise en scène Catherine Richon. Avec Adeline Arias, Charles Corbeau, Nassim El Kabli, Nina Munzel, Catherine Richon, Sonia Sellak. Le 2 juillet, 18h, Cour Curial du Cent Quatre. Pour plus d’infos, c’est ici 60 bougies pour le Festival d'Anjou Non, ce n'est pas Avignon. Mais le festival d'Anjou, qui célèbre cette année ses soixante ans d'existence -soit presque autant que son glorieux aîné- peut se targuer de proposer, chaque joli mois de juin venu, une affiche artistique de haute tenue, du théâtre classique, du théâtre contemporain, des créations, des reprises de grands succès. Le metteur en scène Nicolas Briançon a succédé à Jean-Claude Brialy aux rênes de la manifestation et il a continué de la porter haut, en présentant ses créations notamment. "Jacques et son maître" voilà deux ans, "La nuit des rois" cette année avec une affiche réunissant Sara Giraudeau, Arié Elmaleh et Chloé Lambert. Pour cette soixantième édition, on retrouvera aussi "Les belles soeurs", carton plein à Paris, "Mon père avait raison" de Sacha Guitry, avec les Brasseur père et fils, "L'antichambre", mis en scène par Christophe Lidon, "Une trompette au paradis" de Boris Vian, mis en scène par Jérôme Savary, et enfin, le 22 juin, une soirée anniversaire orchestrée par Nicolas Briançon et Thierry Harcourt... Précision: tout se passe dans des endroits de rêve...60e Festival d'Anjou, du 12 juin au 4 juillet. www « Talking Heads » joue les prolongations"Moi d'abord, j'ai un secret, c'est que je parle jamais de moi. Ces dames anglaises qui s'expriment avec des mots châtiés n'ont a priori rien que de très ordinaire. Tout va bien, semblent-elles dire. La vie est belle. Rien à signaler. Seulement voilà, déjà elles parlent beaucoup. Et puis, entre deux phrases, on perçoit quelques failles. Certes tout est merveilleusement formidaaable ! Mais quand même…"
L’une est seule et malade, la voisine de l’autre a assassiné son mari… Trois tranches de vie, trois récits intimes, déployés avec l’humour noir et doux amer, entre rires et tragédie, et so british d’Alan Bennett. Ici, c’estJean-Marie Besset qui traduit, et Laurent Pelly qui signe la mise en scène. Le trio au féminin de « Talking Heads » (Christine Brücher, alias Peggy, Charlotte Clamens alias Miss Fozzard et Nathalie Krebs en Rosemary) a triomphé au Théâtre du Rond-Point pendant un mois, le voilà qui joue les prolongations, pour trente représentations, au Théâtre Marigny. On ne les manque pas !
![]() Illus Brigitte Enguerrand « Talking heads », à partir du 12 juin 2009, Théâtre Marigny.
Le prix Ibsen pour Ariane Mnouchkine
Avignon 2009: demandez le programme Nous évoquions voilà quelques semaines les grandes lignes du programme 2009 du festival d'Avignon, telles que les avaient dévoilées les deux directeurs, Vincent Baudriller et Hortense Archambault. Cette fois, ça y est: le programme officiel est paru -disponible dans toutes les bonnes crèmeries, et plus largement sur le site web du festival. Wajdi Mouawad artiste associé, Amos Gitai ordonnateur du spectacle d'ouverture, Emmanuelle Devos qui rejoint la distribution de "Angelo tyran de padoue", première mise en scène de Christophe Honoré pour le théâtre, avec une édition en large part placée sous le signe des relations entre théâtre et cinéma. Et puis la Cour d'honneur enfin livrée à Warlikovski -on attend ça de pied ferme... On en oublie forcément. On y reviendra, quotidiennement, bien sûr, dès le 7 juillet, sur le pont...63e Festival d'Avignon, du 7 au 29 juillet 2009. |