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L'actualité du Théâtre en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés à ces manifestations sur Saisons. Voir aussi l'actualité du festival d'avignon 2006
La BNF célèbre le siècle de Ionesco
Côté expo, sept thèmes, comme autant d’obsessions de l’auteur de l’absurde organisent un parcours qui se décline autour de documents audiovisuels, photos, ou tableaux. Le langage, l'engagement, la critique, l'accumulation –voir une collection démente de rhinocéros-, la mort, Dieu, encore l'illumination. Richissime. Illus dr. Exposition Ionesco, Bibliothèque nationale de France. La cantatrice chauve, mis en scène par Jean-Luc Lagarce, Théâtre de l'Athénée du 5 au 18 novembre.
Pierre Doris est mort
« On me surnommait le Frankenstein du rire, voire le pape de l’humour noir (…) mais moi je suis un tendre » avait dit en 1978, celui dont beaucoup considèrent qu’il a préfiguré l’humour de Pierre Desproges. « Entre le premier cri et le dernier râle, il n’y a qu’une suite de mots sans importance », avait-il aussi clamé. Il aura montré le contraire. Au paradis des caustiques, il devrait bien se fendre la poire avec Raymond Devos… Illus dr
Scènes de ménage, entre rires et larmes
Le mari, la femme, l(es) amant(s), éternel trio de théâtre, décliné sur l'air du on s’aime, on se trompe, on se quitte. Le thème est une source inépuisable d'inspiration pour la scène... qui accueille des scènes de ménage en cascade. Exemple, entre rires et larmes, avec deux pièces à l'affiche en ce moment: "Partage de midi", mis en scène par Yves Beaunesne, créé pour la Comédie-Française et en tournée actuellement après une escale au Théâtre Marigny, et "Sentiments provisoires", à l'affiche du Théâtre Marigny. Elle et ils. Dans "Partage de midi", Marina Hands est Ysé, créature fatale, longue chevelure blonde, robe rouge sang, lunettes de soleil, face à De Ciz, mari taiseux, Amalric, ex et futur amant, et surtout Mesa, amoureux déchiré (Eric Ruf, habité, incandescent). Dans "Sentiments provisoires", Sylvie Testud est une discrète Hélène qui quitte Marc (truculent Pierre Arditi), auteur à succès pour son meilleur ami, Felix (François Berléand), prof un peu terne. La phrase qui tue. « En amour, il ne faut pas comprendre, il faut perdre connaissance », lance Ysé, la femme interdite à Mesa, qui se consume de l’intérieur. « Il fait bien l’amour au moins? – Comme toi », réponse d’Hélène à Marc, elle éméchée, lui stupéfait, au moment de l’annonce de la rupture. Tragédie et comédie. Deux pièces, deux tons, aux antipodes. D'un côté, la mort au bout de l’amour, après une envolée mystique : on est chez Claudel, c’est sa propre histoire qu’il raconte, et ça ne rigole pas. De l'autre, c’est le badinage, art dans lequel Arditi excelle, comme toujours. Dans un cas, on souffre et ça se voit, dans l’autre on fait bonne figure. Tragédie contre comédie douce amère. Les deux valent le détour, pour des raisons, et des envies différentes. Illus Brigitte Enguerrand et dr. Partage de midi en tournée, les 5 et 6 novembre à Nîmes, le 9 à Tarbes, les 17 et 18 à la Rochelle. Sentiments provisoires au Théâtre Edouard VII, Paris 9e.Une déferlante d’arts en Normandie![]() Avant « Darshan » en son temple d’Aubervilliers, Bartabas a livré son dernier spectacle, « Liturgie équestre », inspiré par le grand-orgue Cavaillé-Coll, monument phare de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen. Philip Glass est à l’honneur au fil de plusieurs rendez-vous ("Dracula", un récital avec son ensemble). Côté théâtre, Joël Jouanneau présente, après Avignon son « Œil d’Œdipe », Arthur Nauzyciel son « Julius César », Jacques Vincey sa « Nuit des rois ». Danse à foison, enfin, avec les invitations de Fatou Traouré ou Mathilde Monnier et la pièce pour « seniors », "Kontakthof", de Pina Bausch (illus dr), autour de laquelle a été bâti un panorama de la danse allemande et de son évolution récente. Festival Automne en Normandie, jusqu'au 26 novembre. Programme complet ici. Le jeune public, c’est chic !
Le premier, directeur du Théâtre de la Ville ouvre précisément, et pour la première fois, le site à des œuvres jeune public, « tout public » préfère-t-il dire. C'est le cas en ce moment avec « Wanted Petula ». Le troisième volet des aventures de Bouli Miro, signé de l’auteur Fabrice Melquiot et mis en scène avec talent et malice par le maître des lieux. Bienvenue dans un monde de rires et de larmes, de désillusions et de rêves, où un petit Prince fait à Taïwan côtoie une puce géante férue de littérature… De son côté, Pascal Rambert, nouveau directeur du Théâtre de Gennevilliers écrit et met en scène « Mon fantôme ». Il confie : « L’idée m’est venue en observant mon fils, lorsque je le mettais au lit, il préférait les histoires que j’inventais à celles que je lui lisais (…) Avec Mon fantôme, je veux offrir aux enfants la possibilité de travailler sur leur imaginaire. Sous une tente. Sous des couvertures. En chaussettes et les yeux grands ouverts dans le noir. En somme, en petit, pour les petits, ce que nous faisons, ici au théâtre, en grand, pour les grands. » Pas un langage différent, pas du théâtre gagatisant non, des images, des mots, des notes parfois de belle tenue, qui forgent de belle manière le goût du « vieux » public de demain… Wanted Petula, Théâtre de la Ville. www.theatredelaville.com. Jusqu’au 27 octobre. A partir de 7 ans. Illus dr Le père Tralalère ne manque pas d'air
Le Père Tralalère, création collective, mise en scène Sylvain Creuzevault, Théâtre de la Colline. Paris 20e, jusqu’au 31 octobre. Hamlet aux Laboratoires d'Auvervilliers - noir c'est noir
Le théâtre permanent de Gwenaël Morin se porte bien, merci. Après Lorenzaccio, après Tartuffe, Bérénice et tout récemment, un Antigone qui déchirait sa race dans la cour des laboratoires d'Aubervilliers, retour à l'intérieur avec Hamlet. Fidèle à sa recherche effrénée de théâââtre, la troupe du Théâtre Permanent s'essaie cette fois aux rideaux de velours (même si ceux-ci ne s'ouvrent que sur des fantômes), et au frapper des trois coups (avec chaussure en guise de brigadier). Et puisqu'il faut bien tenter tout pour voir ce que ça peut donner sur un plateau, une télé est allumée dans un coin, qui diffuse une version d'Hamlet en noir et blanc et costumes d'époques.Théâtre en rond version anguleuse, le dispositif permet aux spectateurs d'échanger des regards sous la lumière blanche des néons qui éclairent toute la salle. La reine tire la gueule, le roi (Gwenaël Morin himself) jubile, Hamlet suffoque dans ses habits de deuil : pantalon noir, chaussures noires, chemise noire, pull noir, cheveux noir. Noir, c'est très noir. Ce qu'on aime avec le théâtre permanent, c'est l'occasion si rare de suivre une troupe dans ses évolutions et circonvolutions : Renaud Béchet, qu'on avait découvert un peu hésitant dans Tartuffe, est aujourd'hui parfaitement convaincant en fils jaloux et, peut-être fou. Aux antipodes du Créon autoritaire qu'elle était il y a peu dans Antigone, Virginie Colemyn est maintenant la blanche Ophélie, tellement naïve qu'on l'adore d'emblée. Julian Eggericks l'enflammé aime toujours autant montrer son torse, et le petit boxer bleu moulant qu'il dévoile dans Hamlet répond au collant rouge de son évêque dans Lorenzaccio. n.b. Pour en savoir plus sur le Théâtre Permanent, n'hésitez pas à relire notre papier de mai dernier : www Illus ©Julie Pagnier Le Guillon flingueur de retour sur scène Avec ses allures de cocker triste et son air de pas y toucher, Le Stéphane Guillon, animal comique en voie de disparition, ne trompe plus personne. L'homme dezingue et flingue à tout va, avec un humour noir et brillant malgré des saillies inégales. C'est sur France Inter que ça se passe, chaque matin, du lundi au mercredi à 7h53, ça dure à peu près 5 minutes et ça marche du feu de Dieu. Les auditeurs adorent ou abhorrent, et le font savoir (courriers et mails). Quant aux personnalités invitées, elles subissent mais le plus souvent découvrent le forfait, après-coup. C'est le cas de Nicolas Hulot, qui, qualifié d'éco-tartuffe, a publié une réponse cinglante dans le Journal du dimanche de la semaine dernière, de Dominique Strauss-Kahn, traité à mots (dé)couverts de baiseur fou, ou de Martine Aubry, considérée comme un pot à tabac. Eric Besson, Nicolas Sarkozy -proie de prédilection de Guillon-, Jean Sarkozy, ou, plus douteux les victimes du crash aérien du vol France-Bréil... ont aussi fait les frais de la plume au vitriol de Guillon -revue et corrigée quand besoin par sa compagne...-. Quoi qu'il en soit, les cibles de Guillon sont aussi ceux qui lui font la meilleure pub, l'humoriste en convient et s'en sert même pour faire la promotion de son dernier spectacle. Oui le microphage revient à la scène, à partir de janvier prochain, au Théâtre Dejazet. Stéphane Guillon, Théâtre Dejazet, Paris, à partir du 12 janvier 2010. Changement de cap pour les théâtres Monfort et Aquarium On l'a dit, le Théâtre Silvia Monfort, dans le quinzième arrondissement de Paris vient de changer de mains. Après de longues années sous la direction de Régis Sauton, pour une programmation de facture plutôt classique, voilà que Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, spécialisés dans les arts du cirque, anciens directeurs des Arts Sauts, et ayant couru les scènes du monde entier pendant quinze ans posent leurs valises, aux rênes du théâtre. Théâtre rebaptisé « Le Monfort » et qui subit un coup de jeune. Physique (rénovation des lieux, de leur habillage, du site web), et artistique. Dans son édito d'intention, le tandem promet une saison « multiforme et résolument internationale, à la fois exigeante et accessible à chacun ». Et clame : « Nous rêvons d'un théâtre de notre temps, grand ouvert sur le monde. Plus qu'un lieu de représentation, il sera un espace de liberté, un lieu de vie favorisant les échanges et les rapprochements ». Un peu tarte à la crème, soit, on attend donc de voir à l'usage. De fait la programmation s'annonce très prometteuse. Après « Sonia », d'Alvis Hermanis, vu à Avignon à l'été 2008 (lire ici ), le Monfort accueille du 15 au 31 octobre, la compagnie Oh oui ! pour « Ce que nous vîmes ». Dans la foulée, d'autres compagnies de théâtre, cinq compagnies de danse, trois de nouveau cirque et plusieurs opéras chinois. A suivre...
A l'autre bout de la ville, au sein de la Cartoucherie de Vincennes, c'est le Théâtre de l'Aquarium qui a changé de main. La direction laissée vacante par le départ de Julie Brochen au TNS de Strasbourg, c'est François Rancillac qui a été officiellement nommé, le 12 mars dernier, au terme d'un feuilleton pour le moins rocambolesque. On peut s'en réjouir. Le metteur en scène, qui monta souvent Lagarce et présida, un temps aux destinées du Festival de Bussang vient du CDN stéphanois La Comédie. Sept années durant, avec son complice Jean-Claude Berutti, ils ont œuvré au développement de l'Ecole de formation, tissé une dense programmation faisant la part belle au contemporain, ont créé le Piccolo, théâtre itinérant sillonnant les chemins de Loire et Haute Loire. Lever de rideau avec une mise en scène de Rancillac, « Zoom » de Gilles Granouillet, suivi de « La tête vide » de Raymond Guérin. Un artiste associé, Antoine Caubet a été nommé pour trois ans et le nouveau directeur continue de célébrer l'itinérance avec des petites formes proposées en entreprise, association, appartement... Théâtre Silvia Monfort, Paris 15e.
Hymne à la femme - Médée au CDN de Sartrouville
Illus ©Christophe Raynaud de Lage Laure Manaudou, des bassins aux planches
On a connu les vedettes jetables de la télé-réalité, comme Jean-Edouard-du-Loft (comment ça, vous avez oublié ? le soupirant aquatique de Loana) qui donna notamment la réplique à Marie Laforêt. Puis les hommes politiques-hommes d'affaires-ex-détenus : figure exemplaire de « reconversion », Bernard Tapie qui fit des siennes dans « Vol au-dessus d'un nid de coucous », « Un beau salaud » et, plus récemment « Oscar ». Voilà maintenant que la scène pourrait servir de tribune à une sportive jeune retraitée. C'est le Journal du Dimanche qui nous l'apprend : Laure Manaudou s'est vue proposer le rôle de Monica dans l'adaptation théâtrale du film « Viens chez moi, j'habite chez une copine ». Mort d'Alain Crombecque, directeur du Festival d'Automne
L'homme, ami des artistes, défricheur de talents, a conseillé Patrice Chéreau, aux débuts des Amandiers, Jérôme Savary, et présidé aux destinées de manifestations théâtrales majeures en France : le festival d'Automne donc, mais aussi le festival d'Avignon. Il dirigea la vénérable institution entre 1985 et 1992, entre deux « épisodes » Bernard Faivre d'Arcier.
Lire aussi : V. à la Maison de la PoésieJe ne connaissais pas Tony Harrison avant de voir V. à la Maison de la Poésie. Depuis j’ai appris que le Daily Mail en avait fait sa une en 1987 lorsque la chaîne Channel 4 l’avait diffusé. Le tabloïd le fustigeait comme étant le poème de langue anglaise qui comportait le plus de gros mots. Texte paradoxal en ce qu’il intègre à une structure décasyllabique, donc classique, la réalité trash de l’Angleterre minière sous Tatcher. Chômeurs, skin, hooligans (ici synonymes ?) y rôdent sur fond de mines fermées et de mouvement ouvrier en déroute. V. à la Maison de la Poésie (www), jusqu'au 22 novembre 2009.
![]() Robin et Gregorio diabloguent à Marigny
Ces sketches radiophoniques datant de 1953 étaient devenus courtes pièces de théâtre en 1975. Voilà deux saisons, Jacques Gamblin et François Morel étaient, sur la scène du Rond-Point puis en tournée ces deux redoutables diabloguistes (lire ici). Cette fois, les comédiennes Muriel Robin et Annie Grégorio s’y collent. L’intérêt, sans doute, viendra de la mise en scène de Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point. Pierre Lescure l’accueille à Marigny et fait, une nouvelle fois le pont entre théâtre public et privé. C’est plutôt une bonne nouvelle même si, bien sûr, les risques sont minimes. Lescure s’est, pour son début de saison, appuyé sur de grands succès déjà éprouvés : « Partage de Midi », créé à la Comédie-Française puis « Vers toi, terre promise », créé à la Manufacture de Nancy et présenté dans la foulée au même Rond-Point. Les Diablogues, mis en scène par Jean-Michel Ribes, du 8 octobre au 31 décembre, Théâtre Marigny, Paris.
Le spectacle vivant, parent pauvre du nouveau budget
Le président du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles met ce chiffre en regard de celui de l’inflation (1,2%) et évoque, au final, une baisse d’1 point. Mais que fait le Conseil de la création artistique présidé par Marin Karmitz, est-on tenté de se demander ? Et d’où viennent les 10 millions qui lui sont alloués ? Le temps risque d’être –de plus en plus- morose pour nombre de compagnies et lieux non identifiés comme des « paquebots de la culture » richement dotés, à Paris et en province. Exemple parmi tant d’autres, celui du Théâtre Toursky à Marseille qui a vu purement et simplement ses subventions de la Drac supprimées (lire ici)… Drac qui se sont vues demander, « dans un contexte économique difficile, la nécessité de poursuivre l’effort de maîtrise des coûts et le développement des ressources propres ».
Grève de la faim pour des subventions au Théâtre Toursky
Depuis 1996, pas moins de 85 000 personnes ont signé une pétition réclamant le rétablissement de 185 000 euros de subventions réduites peu à peu chaque année (15 000 euros l'an dernier) avant de disparaître totalement en 2009. Au sein du comité de soutien du lieu, les acteurs Michel Bouquet et Pierre Arditi ou le chanteur Maxime Le Forestier. Martin, qui avait déjà observe une grève de la faim en 1981 réclame la restitution totale des subventions. « L'Etat se désengage et je m'y oppose. Je suis pour une culture pour tous, pour un théâtre populaire », clame-t-il, argumentant que le Toursky, dont le taux de remplissage dépasse 90%, voulait pouvoir pratiquer des tarifs accessibles. Dans un courrier du 9 mars, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) informait déjà le directeur du théâtre qu'elle ne lui verserait aucune subvention, « dans un contexte budgétaire tendu », et compte tenu du fait que les collectivités locales soutiennent le Toursky. De son côté, la ville explique qu’elle ne pourra pas pallier éternellement le désistement des autres partenaires. « Depuis toujours, nous affirmons qu'oser faire fleurir un théâtre dans un quartier difficile représente un pari fou et des risques énormes. Nous persistons à penser que continuer à l'aider à fleurir constitue une réelle promesse pour l'avenir», assure l’équipe du théâtre sur son site , sous l’intitulé « Le Toursky entre en résistance ». Etrange concomitance, le directeur de ce lieu emblématique se retrouve poussé à de telles extrémités, dans une ville qui sera capitale européenne de la culture en 2013...
Casimir et Caroline à Nanterre-amandiers
Après sa création dans la cour d'honneur, lors du dernier festival d'Avignon, le spectacle est à Nanterre. La mise en scène très clinquante, ainsi que les pauses musicales rock, dues à une bande de musiciens vêtus d’étranges costumes rayés à paillettes, alourdissent le spectacle, qui tend à s’étirer en longueur. C’est dommage car la pièce d’Ödön von Horváth, une histoire d’autant plus sinistre qu’elle a pour cadre un lugubre parc d’attractions, est très bien servie par ses acteurs.
Illust. © Phile Deprez Sous le Volcan au Théâtre de la Ville
Sous le Volcan, d’après Malcolm Lowry.
Illus. © Koen Broos
Laurent, Roland, Georges, et les autres…
Non, on ne se livre pas à un excès de nostalgie, mais on se réjouit de voir, en même temps, et sur deux grandes scènes parisiennes, deux grands maîtres de théâtre à l’affiche. Dans « Philoctète », c’est Laurent Terzieff, 74 ans, qui revient à l’Odéon, à l’endroit même où, voilà il jouait « Tête d’or » de Paul Claudel. Retour au théâtre public donc, après avoir de longues années joué avec sa compagnie –et célébré nombre d’auteurs anglo-saxons, Eugène O’Neill ou, plus récemment Ronald Harwood- Il est cette fois à l’affiche du texte de Jean-Pierre Siméon, d’après Sophocle, dans une mise en scène de Christian Schiaretti. A ses côtés, la jeune garde du TNP. Dans « Simplement compliqué », texte doux amer et bourré d’humour de Thomas Bernhard, Georges Wilson qui joue et signe la mise en scène est un vieil acteur qui se retourne sur son passé. Il y a quelque chose de poignant à le voir, ce grand monstre de théâtre, dans un autoportrait en creux. Il se marre, éructe, se souvient, s’attendrit sur une fillette venue lui apporter du lait. Comme dans « Minetti », plane l’ombre de Shakespeare, évidemment. Wilson est l’invité des Bouffes du Nord dans le cadre d’un hommage à l’âge. Il s’appuie sur une canne, affiche une silhouette amaigrie mais la présence, la voix sont là. Du haut de ses 88 ans, il bouleverse. Autre sacrée figure de la décentralisation, qui recevait voilà quelques mois le Molière du meilleur acteur dans un second rôle pour sa performance dans « Coriolan », Roland Bertin. Il sera à l’honneur d’un Grand portrait, à la Comédie-Française, le 3 octobre. Illus dr. Philoctète Théâtre de l’Odéon, Paris, jusqu’au 18 octobre, puis en tournée. Simplement compliqué, Théâtre des Bouffes du Nord, Paris, jusqu’au 24 octobre. Portrait d’acteur, Comédie Française, samedi 3 octobre, 16h. Conversation(s) avec Ariane Mnouchkine
Cette conversation au long cours est complétée par des notes de travail extraites d'un stage organisé par le Théâtre du Soleil en février 2009. A découvrir dans la collection "Mettre en scène" d'Actes-sud, avec une introduction signée Béatrice Picon-Vallin. Tant d’images à la ferme du Buisson
A voir notamment lors du festival 2009, « Moscow » (illus). Le collectif Berlin poursuit son grand œuvre sur les villes du monde et s’attache à la capitale russe après Jérusalem et Bonanza (spectacles présentés ici même, lors de l’édition 2008 de Temps d’images). Dans « Les belles endormies », Kris Defoort et Guy Cassiers, l’un des artistes qui avaient fait sensation lors du festival d’Avignon 2008, adaptent un roman du Japonais Yasunari Kawabata, sous forme d’opéra vidéo. Création estampillée Temps d’images 2009, « L’ultima volta che vidio moi padre » déroule son fil entre dessin animé et musique. François Verret et Sylvie Blum explorent des sentiments mêlés dans « Mixed feelings », installation d’un homme et d’une femme « dos à deux ». On assistera encore à une « Nuit curieuse », parcours de découvertes ludiques et rencontres singulières (le samedi 10 octobre, soit une semaine tout rond après la Nuit blanche parisienne…), à des projections de films, des installations au Centre d’art… Temps d’images 2009, du 2 au 11 octobre, Ferme du Buisson, Marne la Vallée. Lire aussi notre dossier sur le festival Temps d’images 2007.
Jean-Luc Lagarce : un dernier tour et puis s'en va
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De Bourges cette semaine à Paris en novembre, de Quimper en janvier à Tourcoing en avril, trois spectacles vont tourner. A voir, et à revoir : « La cantatrice chauve », pièce culte de Ionesco, dans la mise en scène dépoussiérée de Lagarce même. Puis « Les règles du savoir-vivre dans la société moderne », mis en scène par François Berreur, qui fonda avec Lagarce la maison d'éditions Les Solitaires intempestifs. Enfin, et surtout, orchestré par le même Berreur, la magnifique « Ebauche d'un portrait », avec Laurent Poitrenaux dans le costume de Lagarce. Illus JJ Kraemer. Reprise de Sonia d'Alvis Hermanis au théâtre Sylvia Montfort
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Sonia, c'est un spectacle que nous avions vu au Festival d'Avignon de l'année passée. Quelle excellent initiative que celle du theâtre Sylvia Montfort que d'ouvrir sa saison avec le spectacle d'Alvis Hermanis ! Le théâtre, scène municipale du XVe arrondissement, à la programmation jusquà présent assez sage, pour ne point dire un peu fade, vient de changer de direction. Les deux nouveaux venus, Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, issus des arts du cirque et acrobates de leur état, se lancent dans une programmation d'avant-garde. Avec Sonia, ce n'est pas seulement l'avant-garde qui est au rendez-vous, car le spectacle, avec son côté désuet, plonge ses racines dans la riche tradition théâtrale de l'Europe orientale. Sonia c'est un spectacle surprennant et qui touche, malgré (ou grâce à des procédés de décalages), la corde sensible. À lire, le billet de Catherine, rédigé sous la canicule avignonaise, ici À voir, Sonia, d'après le roman de Tatiana Tolstaya, mise de scène d'Alvis Hermanis, jusqu'au 8 octobre au Théâtre Sylvia Montfort (www) Illus. © Pierre Antoine Grisoni Le Bartabas nouveau va arriver
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Zingaro fêtera à cette occasion ses 25 ans d'existence, en créant son nouveau spectacle, pour la première fois, au Fort d'Aubervilliers, à domicile donc et en le présentant tout au long de la saison. "Nous avons fait plusieurs fois le tour du monde et maintenant c'est au monde de venir dans le 93" commente l'artiste... Avant de s'interroger: "Si les chevaux ont forgé ma personnalité, il m'intéresse de comprendre maintenant comment ils m'ont permis d'évoluer, de mûrir dans le temps et pourquoi ils continuent à me mener par le bout du nez". Darshan à partir du 4 décembre, Fort d'Aubervilliers. Conception, scénographie et mise en scène Bartabas. Bonnaffé, tout un poème
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Une histoire belge, ou plutôt ch'ti, puisque l'homme est de Douai. Mais dans "L'oral et hardi", il célèbre les textes de Jean-Pierre Verheggen, poète belge atypique s'il en est. L'auteur triture la langue, s'amuse avec. L'acteur procède à un montage de plusieurs textes et les délivre au fil d'une performance étonnante, exercice de style délirant qui mêle numéro forain, récital poétique, partie de campagne d'élu de proximité et logorrah-bouffe (sic). Voyez en ouverture, cet incroyable appel: "Avec moi, pour ne jamais entrer en poésie comme on entre en religion! Avec moi, Curetons de l'aporie et Petites Soeurs de Charité du patarafe! Avec moi, Stropiats de l'harmonie! Piets-bots de la grandiloquence! Simplets du brouillage..." On s'y perd un peu, on s'y retrouve parfois, surtout on rit souvent. La pièce a grandi, changé, de petits festivals en lieux de plein air en passant par la Maison de la poésie. Avant une tournée, autre escale parisienne au Théâtre de la Bastille où les spectateurs roulaient quasiment sous leurs fauteuils voilà quelques soirs... Illus Xavier Lambours. "L'oral et hardi". Textes de Jean-Pierre Verheggen. Mis en scène et joué par Jacques Bonnaffé, Théâtre de la Bastille jusqu'au 9 octobre. |
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