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L'actualité du Théâtre du Vieux Colombier à Paris (Paris, 6e). Tous les billets consacrés à ses programmations sur Saisons.
Oh les beaux jours au Vieux Colombier![]() « La chose la plus terrible qui puisse arriver serait de n’être jamais autorisé à dormir (…) comme si au moment où vous êtes en train de vous assoupir, un grand dring vous obligeait à rester éveillé. Il n’y a pas un pouce d’ombre, rien que cette sonnerie qui réveille tout le temps. J’ai pensé qu’il n’y avait qu’une femme pour affronter cette situation et sombrer en chantant », commentait Samuel Beckett. Voilà sans doute pourquoi il fait de Winnie le premier personnage féminin central d’une de ses pièces, Oh ! les beaux jours ! La voilà, Winnie, dame d’un âge certain, « avec de beaux restes » et qui sombre en chantant. Winnie, qu’on découvre entravée jusqu’à la taille par une pyramide de sable gris-écru sous un ciel bleu et un soleil de plomb.
Souvent, l’auteur a exploré le thème du vide existentiel, qu’on comble comme on peut. Winnie donc, passe le temps, comme elle le peut, avec trois accessoires de rien : une ombrelle, un revolver, un miroir, une brosse à dents. Dresse l’inventaire de son sac, se coiffe, se regarde, égrène les souvenirs, répète, inlassablement, les mêmes gestes. S’apprête. A quoi ? A rien. Et se cherche une oreille attentive en la personne de Willy, compagnon de toujours, vissé à son journal, qui ne communique que par bruits. Le moindre signe de vie est pourtant bon à prendre pour Winnie, grave et légère à la fois, nostalgique fervente, gaie et frivole, qui se convainc que ses jours, qui se suivent, et se ressemblent, sont beaux.
Dans le deuxième acte, elle est ensevelie, plus profondément encore. Hors du tas de sable ne persiste que son visage. Et c’est là qu’éclate tout le talent de Catherine Samie, doyenne de la Comédie Française, dirigée par Frédérick Wiseman. D’une inflexion de voix, d’un regard, d’un sourire mélancolique, elle donne toute la profondeur de son personnage. Ses silences même sont précieux. C’est magnifique.
Oh ! les beaux jours de Samuel Beckett. Jusqu’au 4 novembre, puis du 22 mai au 12 juin 2007 au théâtre du Vieux Colombier. (Photo Lot). Plus d'infos sur le Festival Paris Beckett 80 ans de la vie d'une femme
Ce que l'on peut lire sur La Maison des morts, mis en scène par Robert Cantarella au théâtre du Vieux Colombier, n'est pas vraiment enthousiasmant. Pourtant, l'écriture de Philippe Minyana est parfois âpre, ses personnages prégnants, mais la tradition maniériste d'écriture théâtrale française, qui a tendance à enjoliver le texte d'ornements stylistiques sans utilité dramaturgique, s'y fait malheureusement sentir aussi. Et Minyana ne se dépare quasiment jamais d'un esprit de sérieux qui, personnellement, me fatigue.
Mais, enfin, les acteurs semblent s'être investis dans le spectacle, qui contentera certainement une part de son public, touchée par la peinture qui y est faite de la dureté du temps présent. La Maison des Morts de Philippe Minyana, mis en scène par Robert Cantarella, jusqu'au 11 mars, au Théâtre du Vieux Colombier. |
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