Christoph Marthaler



Christoph Marthaler Nationalité : suisse
Naissance : 1951 à Erlenbach
Age : 58 ans
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Christoph Marthaler est musicien de formation. Il travaille en collaboration avec des metteurs en scène avant de le devenir lui-même. C’est dans la France de 68 que se révèle à lui cette envie. Il suivra alors les cours de Jacques Lecoq. Marthaler investit les vieux bistrots, fait théâtre de tout et de rien, mélange les disciplines: Danse, chant, musique et théâtre composent un partchwork d’une grande vitalité alternative.
En 1992, il acquiert une notoriété internationale avec Murx den Europäer, murx ihn, murx ! (Flingue l’Européen, flingue-le, flingue !) une pièce autour de la réunification de l’Allemagne. Le spectacle mèle musique classique, chants patriotiques et chansons pop. En 1993, Marthaler suit Frank Baumbauer à la Schauspielhaus de Hambourg.
Il réalise Stunde Null (L’Heure zéro), sur l’Allemagne d’après-guerre, et Die Kunst des Servierens (L’Art de servir) qui fait une tournée internationale. La mise en scène de Casimir et Caroline d’Odön von Horvath en 1996 est un immense succès, on y parle de « génie ».

Le scandale de Zurich


En 2000, il prend la direction de la Schauspielhaus de Zurich. Si Marthaler a pu creuser un sillon subversif sur les scènes allemandes, très politiques et toujours en recherche de nouvelles formes, la rencontre avec le public suisse est plus difficile. Frank Baumbauer emploiera à sa nomination les termes de « merveilleux malentendu »… oxymore cocasse…
Il est à noter que le public se rajeunit. Dans ses spectacles, Marthaler passe la Suisse au crible, s’il est tendre avec les travers des classes populaires qu’il présente paradoxalement sans condescendance, il est critique avec les petits bourgeois. Et ceci dans une veine cynique et grotesque et des scénographies bigarrées.
A Zurich, Marthaler fait venir ses « petits compagnons » pas toujours très polis, Stefan Pucher, Falk Richter, Meg Stuart et Christoph Schlingensief qui monte des spectacles avec des punks hambourgeois ou des néonazis reconvertis. Si les spectacles du suisse parviennent tout de même à réunir les spectateurs ce n’est pas le cas pour l’ensemble de la programmation, et la crise budgétaire sévit. Le metteur en scène apprend dans le journal qu’il est limogé en août 2002.
Cette annonce prend la forme d’un scandale, à Zurich mais aussi à l’étranger dans le monde du théâtre, des pétitions et des rassemblements se forment en soutien. Luc Bondy et Gérard Mortier, Frank Castorf et Claus Peymann, ou Elfriede Jelinek se montrent solidaires. Un référendum (dont les suisses sont coutumiers) est mis en place et 52 % des zurichois désirent le maintien du metteur en scène, mais celui-ci résilie de lui-même son contrat.

Il a désormais une compagnie indépendante et réalise des mises en scène de théâtre et d'opéra toujours très courues sur les scènes internationales. Le Festival d’Avignon 2004 a présenté Groundings, sur le naufrage économique de la compagnie d’aviation Swissair. En 2005 il a créé à Vienne Schutz vor der Zukunft (Se protéger de l’avenir), en 2006 Winch only, spectacle musical et théâtral. Pour l’opéra, il a réalisé Pelléas et Mélisande, Luisa Miller, Fidelio, Pierrot lunaire, Kátia Kabanová, Les Noces de Figaro et Tristan et Isolde.

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