Copi quitte Buenos Aires lorsque, après le coup d’État qui a chassé Peron, son père, directeur de journal, doit s'exiler. Il le suit de Haïti à New York puis s’installe en France, seul, en 1963. Ses dessins à l’humour surréaliste lui permettent d’entrer au Nouvel Observateur. Il se fait connaître au travers de son personnage, une dame assise, avec un gros nez et des cheveux raides, parfois flanquée d’un poulet, qui, en argentin, se dit « copi ».
Il avait écrit et monté sa première pièce à Buenos Aires en 1962 (Un angel para la señora Lisca), mais c’est à Paris qu’il écrit l’essentiel de son œuvre. Sainte Geneviève dans sa baignoire, dont le titre étonnant et un brin provocateur représente bien son auteur. Les rapports familiaux pathologiques sont au cœur de La Journée d'une rêveuse (1968) qui traite d'une “mère qui construit son fils”. Sa verve iconoclaste s’en donne à cœur joie dans Eva Péron (1970) que met en scène Alfredo Arias, L'année suivante, c’est Jorge Lavelli qui avait déjà monté les premières pièces de Copi, lui confie, dans L’Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer, le rôle-titre.
Viennent ensuite Les Quatre Jumelles (1973), l’année suivante, Loretta Strong puis La Tour de la Défense (1981). Son ultime pièce Une visite inopportune sera créée en 1987, quelques semaines avant sa mort. Ses romans, comme son théâtre, hantés par les passions et à la décrépitude subies par le corps, interrogent la notion d’identité sexuelle et met à mal la structure familiale. Son destin d’exilé, son homosexualité hautement revendiquée, la maladie du sida qui l’emportera, tout cela a contribué à faire de lui un auteur prolifique, absolument original et trop tôt disparu.
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