Plus qu’un autre peut-être, je suis atteint du mal de la clarté. ”
Arrivé à Paris en 1932, il se forme auprès du comédien Charles Dullin. En 1942, il monte
Père de Strindberg. En 1947, il organise à Avignon une première « semaine d’art dramatique » durant laquelle sa compagnie joue plusieurs spectacle. Le succès de la manifestation le conduit à la tête du Théâtre National Populaire à partir de 1951. Il donne alors la pleine mesure de son talent, signant des mises en scène qui font date :
Le Cid, puis
Prince de Hambourg, toutes deux avec Gérard Philipe, marquent la consécration de l’acteur, du TNP et de Jean Vilar (lire aussi la
chronologie du Festival d'Avignon).
En 1963, alors que le TNP a donné plus de trois mille représentations et accueilli plus de trois millions de spectateurs, Jean Vilar en abandonne la direction. Désabusé, il constate : « On voudra bien admettre qu’il est extrêmement ingrat d’être responsable pendant douze ans d’un théâtre populaire dans une société qui, de toute évidence, ne l’est pas ». Il se consacre alors essentiellement au
festival d’Avignon qui accueille durant trois semaines, au mois de juillet des compagnies venues du monde entier.
En 1968, le festival est perturbé par les jeunes spectateurs et certaines des troupes invitées qui comparent, selon un slogan resté célèbre, Jean Vilar au dictateur portugais Salazar. Faite à celui qui tentait de montrer à un public de masse « des œuvres de haute culture et un art de la scène libéré et exigeant », l’injure doit être relativisée au regard du goût de l’époque pour les formules outrancières. Au demeurant, la formule ne reflète en rien le parcours de cet homme qui s’est tenu, toujours avec rigueur et de manière parfois désespérée, à un idéal humaniste peu réalisable dans les conditions actuelles de la société.
(Jean Vilar, Photo DR)