Madeleine Renaud



Madeleine Renaud Nationalité : française
Naissance : 21 February 1900 à Paris
Mort le : 23 September 1994

Métier : Comédienne
Je suis une interprète, un instrument, je sais ce que j'aime et je n'aurais aucun intérêt, même en gagnant des fortunes, à jouer des textes de facilité. Il est évident que j'ai eu le bonheur de trouver des auteurs comme Beckett, comme Billetdoux, comme Duras qui m'ont apporté des textes admirables, et j'espère pouvoir servir encore des textes pareils. (entretien avec Guy Wagner, 3/02/1976)
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Le théâtre entre dans la vie de Madeleine Renaud à ses 18 ans et n’en sortira qu’à ses 89 ans en 1989. Elle déclare alors non sans malice « je ne trouve plus de rôle à mon usage ».
Issu d’un milieu aisé, la jeune femme, désireuse d’indépendance et d’aventure, renonce à la facilité d’une vie bourgeoise en s’engageant très jeune dans le théâtre. Elle entre à la Comédie Française à 21ans. C’est là qu’elle rencontrera l’audacieux élève de Charles Dullin, le non-conformiste Jean-Louis Barrault, de dix ans son cadet, qui deviendra son mari et proche collaborateur. Cet homme qui puise une partie de son inspiration dans le travail d’Artaud et du mime Etienne Decroux, qui fut membre de la troupe d’Agit-prop de Jacques Prévert, quitte la vieille institution avec sa femme pour fonder en 1948 la compagnie Renaud-Barrault. Celui-ci aura eu le temps de réaliser au sein de l’illustre maison des mises en scène à la façon du cartel.
Madeleine Renaud défendra les exigences du Français, où elle fut l’interprète de plus d’une centaine de rôles, mais reconnaîtra avoir fait le théâtre qu’elle aime hors de ses murs.

Lutte et périgrinations

La compagnie sera indépendante et privée, et n’aura aucune subvention jusqu’en 1958/1859, date à laquelle André Malraux nomme Barrault à la direction du théâtre de l’Odéon. Cette situation et la confiance du Ministre de la Culture confèrent au couple une totale liberté de création. Ils montent des textes de Ionesco, Duras, Beckett, Kafka… L’évènement notable de ces 9 ans sera l’épisode de la Querelle des Paravents. Roger Blin invité à l’Odéon présente une version sulfureuse, corrosive et anarchiste, sur fond de guerre d’Algérie, de la pièce de Genet.
Leur éviction suite aux évènements de 1968 - Barrault a ouvert son théâtre aux étudiants et Malraux désapprouve- est vécu par les époux comme un évènement douloureux. Ils s’installent alors dans une ancienne salle de catch l’Elysée Montmartre pour deux spectacles (texte de Rabelais, puis de Jarry) avant de quitter les lieux, le directeur voulant y faire du théâtre érotique. La compagnie se retrouvent pour un an au Palais Royal, pour une saison au Sarah-Bernardt, avant d’échouer au théâtre Marigny. Une idée saugrenue pousse Barrault a loué puis construire un théâtre de bois dans la gare désaffectée d’Orsay. L’investissement de ce lieu, conçu selon leur idée, sera la période la plus joyeuse pour les artistes et le vecteur du théâtre le plus exigeant. Une totale indépendance leur permettra de monter des spectacles d’avant-garde, de rechercher des formes singulières et d’avoir comme fer de lance l’idée d’un théâtre-lieu de vie, chaleureux et vivifiant. L’installation se déplacera dans l’ancienne patinoire des Champs-Élysées, actuel Théâtre du Rond Point.

Tempérament atypique

Reconnu par tous comme étant une femme pleine de charme, Madeleine Renaud a cultivé l’audace et la fraîcheur, la folie et la hardiesse jusque dans ses vieux jours. Et ce, autant dans ses personnages que dans sa façon de vivre au sein des différents théâtres de la compagnie. En 1963, débute sa collaboration avec Samuel Beckett et l’avènement du rôle de Winnie de « Oh les beaux jours », prestation mythique qu’elle jouera jusqu’à la fin de sa carrière. Le dramaturge irlandais lui confiera également la mise en scène de « Dis Joe » et la dirigera sur un soliloque, « Pas moi ». Elle dira de lui « ce que j’aime, c’est qu’il n’est pas un intellectuel, c’est un homme de chair et de ventre ».
Madeleine Renaud fera quelques apparitions au cinéma, notamment au côté de Philippe de Broca et Jean Choux. Elle meurt en 1994, âgée de 94 ans, neuf mois après le décès de son compagnon de toujours Jean-Louis Barrault.

(illustr1 Oh les beaux jours, mise en scène de Roger Blin; couverture Paris Match n°44)

Personnalités associées à Madeleine Renaud

Inspirations Eugène Ionesco, Marguerite Duras, François Rabelais, Franz Kafka, Alfred Jarry
Collaborations Samuel Beckett

Madeleine Renaud : vos commentaires

sarah (invité)   11 Juillet 2008 à 17:55   

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