J’ai entrepris un certain nombre de projets dans des champs, des axes apparemment éloignés de la danse. En fait, c’est parce qu’ils étaient éloignés de la danse que cela m’a intéressée. ”
Formée au CNDC d’Angers, Mathilde Monnier chorégraphie en collaboration avec
François Verret et Jean-François Duroure, avant de signer seule
Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt (1988). De nombreuses pièces s’ensuivent, souvent marquées par la confrontation avec « l’autre » : d’autres arts (notamment avec le musicien Louis Sclavis ou, plus récemment, l’écrivain
Christine Angot), d’autres cultures (
Pour Antigone, en 1993, associe des danseurs burkinabés à sa compagnie), ou encore l’altérité gestuelle des autistes rencontrés lors d’ateliers en hôpital psychiatrique (
L’Atelier en pièces, 1996). Ses dernières pièces continuent de faire jouer les codes du spectacle :
Déroutes (2002) brouille les frontières de l’espace de représentation ;
Publique (2004), sur la musique de
PJ Harvey, interroge la limite entre la danse pratiquée en studio et celle qui surgit dans d’autres cadres (boîte de nuit…). En 1994, Mathilde Monnier est nommée à la tête du Centre Chorégraphique National de Montpellier. Elle en fait un lieu ouvert à d’autres chorégraphes et à des projets atypiques, comme « Potlatch, dérives » (2000), qui envisage la transmission de la danse sous forme de dons croisés, ou ex.e.r.ce, formation pour artistes chorégraphiques qui réinvente la notion de projet artistique.