« La modernité est la dernière des aberrations qui est venue crisper le rapport entre le poète et le plateau »
Enfant chéri d’Avignon, auteur prolifique, acteur, metteur en scène, homme de troupe. Il est directeur du CDN d’Orléans depuis 1998 et succèdera en mars 2007 à Georges Lavaudant, à la tête du prestigieux théâtre de l’Odéon.
Olivier Py est inscrit en Hypokhâgne et Khâgne au lycée Fenelon avant de suivre les cours de l’ENSATT à la rue Blanche, puis du Conservatoire national supérieur d’art dramatique à Paris. Il commence par jouer ses pièces dans des petits théâtres et des bistrots, avant d’avoir, à seulement 30 ans, les honneurs du festival d’Avignon. En juillet 1995, il y présente sa première épopée, La Servante, qui dure 24 heures. En 1996, il revient avec Apologétique et Miss Knife, son double de cabaret, une chanteuse travestie toute de plumes, strass et faux cils. En 1997, Py investit la Cour d’honneur qu’il arpente fesses à l’air, couronne sur la tête et lyre à la main pour le très lyrique Visage d’Orphée. Il retrouvera la cour en 2006 avec un spectacle d’hommage à Jean Vilar.
Entre-temps, on a vu, à Avignon et en tournée, son Apocalypse joyeuse et ses Vainqueurs, autres spectacles au long cours (entre six et dix heures à chaque fois).
Ses textes sont édités aux Solitaires intempestifs et chez Actes Sud.
Homo et catho reconnu, Olivier Py évoque souvent sa foi dans ses textes. Il est notamment inspiré par
Paul Claudel, dont il met en scène Le Soulier de satin en 2003.
Au printemps 2006, il fait l’objet d’une mini-rétrospective au Théâtre du Rond Point, à Paris. On y découvre sa dernière création, Illusions comiques, ode à la joie, incroyable hommage au théâtre et aux acteurs. Dans sa tentative d'élaborer cent définitions du théâtre, il y écrit notamment: "Le théâtre est la première pensée humaine et sa dernière question", "Le théâtre qui ne cherche pas une définition du théâtre n'est pas du théâtre" ou encore "Le théâtre est au silence ce que le sel est à la mer".
Celui qui accumule les prix (fondation Beaumarchais, Centre national du livre, nouveau talent du théâtre SACD, prix du jeune théâtre de l’Académie française) n’est pas seulement poète et metteur en scène. Il est aussi comédien. Au théâtre, on l’a notamment vu chez
Jean-Luc Lagarce(Le Malade imaginaire), Pascal Rambert ou François Rancillac. Au cinéma, il joue dans les films de Jacques Maillot (Nos vies heureuses) et
Cédric Klapisch(Chacun cherche son chat, Peut-être).
Olivier Py est aussi résolument engagé. En 1995, il entame une grève de la faim pour protester contre le massacre de Srebrenica et écrit dans la foulée le texte Requiem pour Srebrenica. En juillet 2005, il signe dans Le Monde une tribune consacrée aux débats qui agitent le festival d’Avignon. Il la conclut ainsi : « Il n’y a plus qu’à souhaiter au théâtre et à l’enfant de Jean Vilar, non pas des lendemains qui chantent, mais des aujourd’hui qui interrogent inlassablement. »
+ Moi j'aimerais rencontrer Olivier Py pour savoir qui il est vraiment, cet homme à la fois épris de..