Pour qu’une troupe puisse être le miroir du monde, il faut qu’elle se compose d’éléments très divers ”
Peter Brook a derrière lui une carrière éclectique : théâtre, films, opéras. Metteur en scène depuis l’âge de dix-sept ans, il monte, en 1955,
Titus Andonicus à Londres, puis il assure la direction de Royal Shakespeare Theater à Stratford-upon-Avon, où il présente
Le Roi Lear. Par ailleurs, son travail expérimental: "Saison du théâtre de la cruauté" mêlant textes d'
Artaud et
Les Paravents de
Genet en 1962 a démontré qu’on ne pouvait le cantonner à la pratique d’un théâtre consensuel. Il s'inspire à la fois du "théâtre brut" et du "théâtre sacré", ce qui donne aussi le célèbre
Marat-Sade de Peter Weiss, en 1966.
Lorsque Peter Brook se fixe en France en 1970, ses mises en scène ont été des succès commerciaux et lui ont assuré une renommée internationale. Il traverse alors une crise d'identité qui le conduit à fonder le Centre international de recherches théâtrales qui s'installe en 1974 aux Bouffes du Nord. Il réduit le décor
a minima et s’inspire des traditions théâtrales et musicales extra-européennes pour monter
Timon d'Athènes de
Shakespeare (1974),
L’Os (fabliau africain),
La Conférence des oiseaux adapté d'un conte persan (1979), et
Ubu (1977). Le célèbre
Mahabharata, adapté de l'épopée indienne qui raconte l'origine du monde, est créé en Avignon en 1985 dans une représentation à ciel ouvert donnée du crépuscule à l'aurore. Ensuite, viendront
La Tempête avec Sotigui Kouyaté (1990), puis
L’Homme qui (1993) et
Hamlet avec Adrian Lester (2000).
Peter Brook a renoncé aux processus de fabrication classique du spectacle pour se livrer à une pratique du théâtre qui se résume à la présence de l’acteur et du musicien. Se concentrant sur le présent de la représentation, Peter Brook cherche à développer chez le spectateur une perception plus intense de la présence de l’autre. (Peter Brook, photo DR)