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Alexandre Georges-Pierre Guitry Nationalité : française Naissance : 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg Mort le : 24 juillet 1957 Métiers : Réalisateur, écrivain, Comédien, Metteur en scène |
Eu égard à sa répartie bien française, il était juste que Sacha Guitry entre au panthéon des grands metteurs en scène. La Cinémathèque française profite en 2007 du cinquantenaire de sa mort pour proposer une somptueuse rétrospective intégrale de ses films, tandis que plusieurs metteurs en scène revisitent actuellement les pièces de Sacha Guitry à Paris. Flu en a profité pour lui tirer le portrait et faire une sélection de photos de Guitry comédien.
Sacha Guitry, de son vrai prénom Alexandre, est né le 21 février 1885 à Saint-Petersbourg en Russie, du célèbre comédien Lucien Guitry et de Renée de Pont-Jest. Son enfance se déroule à la cour du tsar de Russie, devant lequel il fait ses premiers pas de comédien en 1890, voie qu'il poursuit lorsqu'il rentre en France. Il fait des caricatures et des dessins avant de s'essayer à l'écriture de pièces de théâtre.
L'œuvre théâtrale de Sacha Guitry est titanesque : près de 150 pièces, dont 124 crées entre 1902 et 1953. Il s'est essayé à tous les genres, du drame à la comédie, en passant par les spectacles musicaux.
Au début du XXieme siècle, Sacha Guitry s'inflitre dans les cercles artistiques, politiques et littéraires dominés par son père Lucien Guitry et sa mère spirituelle, Sarah Bernhardt. Comme une revanche face à ses échecs scolaires à répétition, il côtoie les amis de son père, auteurs, peintres, sculpteurs, tel que Jules Renard, Claude Monet et Auguste Rodin. En 1902 à seulement 17 ans, il propose à la scène sa première pièce, La Page, avec laquelle il obtient un succès d'estime. Il s'impose réellement avec Nono en 1905, qu'il joue au théâtre des Mathurins. Il signe un nouveau succès un an plus tard avec Chez les Zouaques. Cette période d'effusion créatrice se poursuit jusque pendant la guerre. Il monte notamment Faisons un rêve en 1916, pièce qui revélera Raimu, acteur de théâtre et de cinéma adoré par Marcel Pagnol. Son théâtre s'inspire de l'histoire et des grands hommes, et dépeint les moeurs bourgeoises et les rapports de classe avec humour et cruauté. Pendant les années 30, Sacha Guitry occupe toujours le devant de la scène parisienne avec des pièces musicales comme La S.A.D.M.P en 1931, et O mon bel inconnu en 1933. Aprés la seconde guerre mondiale, et 60 jours d'enfermement dus à des accusations de collaboration, Guitry raréfie ses apparitions au théâtre pour se concentrer sur le cinéma.
Ses pièces de théâtres témoignent de plusieurs époques et d'un certain esprit français, caustique et sophistiqué. Les situations causasses, la mise en âbime des intrigues, le rythme intrépide, et ce verbe à la fois drôle et impertinent lui ont valu un succès incommensurable dans les théâtres de boulevard, en tant qu'auteur mais aussi metteur en scène et comédien.
Sacha Guitry a mis du temps avant de s'intéresser réellement au cinéma. En 1915, il réalise Ceux de chez nous, sorte de film propogandiste mondain qui vante les amis intellectuels de son père. Il y revient bien plus tard, peu après une conférence donnée en 1932 au titre évocateur « Pour le Théâtre, contre le Cinéma ». L'homme assume ses paradoxes et réalise à peine trois ans plus tard, Pasteur qui est une adaptation de sa pièce et Bonne chance, film qui ne manque pas d'ingéniosité. Mais la critique s'abbat séverement sur lui, en déplorant le manque de recherche technique et la primauté donnée au texte sur l'image. En 1936 avec Le Roman d'un tricheur, il esquisse une peinture sociale, drôle et intelligente sur le monde oisif des salles de jeux. Dans ce film, aucun dialogue, la parole est seulement donnée au tricheur. La critique apprécie ses audaces. En 1937, il reçoit le prix du scénario à la Mostra de Venise pour Les Perles de la couronne. Autre grand film de Guitry, où il exprime une nouvelle fois son originalité autant que son amoralisme, Ils étaient neuf célibataires en 1939 : l'histoire de neuf clochards qu'un homme cynique veut vendre à des étrangères en quète de "maris honoraire " en même temps que de la nationalité française. Ce film est un véritable manifeste du cinéma de boulevard. Pendant l'Occupation, il s'essaye au drame avec Le Destin fabuleux de Désiré Clary en 1942 et avec Donne-moi tes yeux, en 1943. Aprés la Libération, synonyme pour lui de 60 jours d'enfermement, il enchaine les films dans lesquel il exorcise son amertume : Le Trésor de Cantenac en 1950, La poison en 1951 et La vie d'un honnête homme qui marque l'apogée de son humour acide et de son pessimisme. Ces dernières réalisations sont des fresques historiques : Si Versailles m'était conté en 1953, Napoléon en 1954 et Si Paris m'était conté en 1956, autant de films salués unanimement.
Sacha Guitry fut un homme incontestablement extravagant. Outre son caractère exubérant, séducteur, et provocateur, il était avant tout un créateur insatiable et talenteux. Brillant comédien, excellent metteur en scène et cinéaste, auteur génial, il a su créer avec son temps et bien au delà.
- Tout Guitry de A à Z : Guitry en 800 entrées, par Jacques Lorcey. Du même auteur : Les films de Sacha Guitry
- Sacha le Magnifique ! une biographie signée Francis Huster
- Sacha Guitry : Une vie de merveilles, biographie de André Bernard
- Sacha Guitry : Une vie d'artiste, biographie de Noelle Giret
- Je vous aime bien, Monsieur Guitry ! une déclaration signée Jean Piat
| Personnalités Similaires | Marcel Pagnol, Alphonse Allais |
| Inspirations | François Truffaut, Claude Monet |
| Collaborations | Edith Piaf, Louis De Funès, Michel Serrault, Darry Cowl, Arletty, Jean Cocteau, Ernst Lubitsch, Jean Gabin, Jean Marais, Gérard Philipe, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Jean Poiret, Robert Hossein |
| Amis/Famille | Auguste Rodin, Octave Mirbeau, Georges Feydeau |
| Ennemis | Louis Jouvet |
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Djemaa Pascal (invité)
21 Février 2007 à 11:23
Comment ne pas saluer bien bas, le Maître ,Sacha Guitry dont les bons mots et la finesse d'esprit sont demeurés inégalables? Auteur prolifique, cinéaste talentueux, homme à femmes discret mais efficace, M. Sacha Guitry a marqué des générations de cinéphiles et du large public théâtral qui ne manquait pas ses pièces. Agé de 38 ans, n'appartenant pas à ces générations ayant connu Guitry, je n'en demeure pas moins adepte des apparitions à l'écran -grand ou petit- du Maître qui me donnent des "frissons" dans le sens le plus positif du terme. Pascal Djemaa, journaliste-écrivain, auteur de "Max Linder, du rire au drame". |
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