Le théâtre n'est pas mort. On peut faire un vrai théâtre public qui marche ”
Fils de la comédienne et formatrice d’acteurs Véronique Nordey et du cinéaste
Jean-Pierre Mocky, Stanislas Nordey a grandi dans le milieu du théâtre. Ses mises en scène témoignent de la place prépondérante qu’a, selon lui, le comédien : dépouillées, elles se concentrent sur le geste et la diction. Longtemps, il a travaillé des comédiens formant un noyau soudé, entre lesquels circulent des interférences nécessaires à la vitalité de leur création.
La compagnie se constitue en 1987, au Festival d’Avignon, pour présenter, dans le off,
La Dispute de
Marivaux. Par la suite, Nordey se tourne vers des auteurs contemporains, comme
Pasolini,
Bêtes de Style (1991),
Calderon (1993),
Pylade (1994), puis,
Porcherie (1999). Qu’ils soient de
Pasolini, de
Guibert (
Vole mon dragon, 1994), de
Genet (
Splendid’s, 1995), de
Müller (
Ciment, 1995) ou de Didier-Georges Gabily (
Contention, écrite sur commande pour faire pendant à
La Dispute, lors de sa reprise en 1997,
Violences, monté en 2001), les textes choisis par Nordey déclinait une vision très sombre de l’humanité. Dans
Violences, Nordey semblait avoir renoncé à l’inventivité ses spectacles et s’être figé dans un maniérisme pesant.
Depuis, le metteur en scène a opéré un virage à 180° en montant en 2004
La Puce à l’oreille de
Georges Feydeau sans en renier l’héritage boulevardier : succession de situations loufoques, personnages truculents et haut en couleur. Après avoir été associé à la direction du Théâtre de Nanterre-Amandiers, Stanislas Nordey a dirigé le Théâtre Gérad-Philipe de Saint-Denis de 1997 à 2000. Nordey ayant choisi d’ouvrir le théâtre quasiment chaque jour de l’année, de proposer des tarifs à la portée de toutes les bourses et d’y proposer de multiples activités, sa gestion l’a conduit à assumer un lourd déficit. Depuis, Stanislas Nordey est devenu le responsable pédagogique de l'Ecole du Théâtre national de Bretagne. (Stanislas Nordey, Photo DR)